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Tome premier. A - B.
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ACHILLE. A C H I L L E A.

paíîoit pour le plus bel homme de son tems (N). Si fa beauté le rendit aimable aux femmes , ilne les aimoit pas moins de son côté (O) ; & l’on a dit même que ses amours s’étoient répanduesfur les personnes de son sexe (P). Nous verrons , dans l’Article suivant, ce qu’iì fit après se mort,° .'"--O" dont TVrmllien a varié. Te vous renvoie à T ’tìomericus Jchilles de

(7) Tmprimí

à Leìde F sAn * A

J ’ 6 % V Ts ôc un miracle qu’il opéra, uone 1 cixuuiv.ii a —.. - - •

ouvrages des feu Mr. Drdmcourt (q) , comme à un recueil de littérature le plus complet qni sc puisse, voir

Saviurs , Mai

( I43 )PhilOS-trate, in He-1dk.pag.70s,les nomme ,àç%ctl-*5 yÁixecç ,ce ^eVigéne-ie traduitesAnciens, c [niestoient aumeíine eage

qu’Achille.

Cela est tr'es-équìvocfue : ileû,t mieux va-lu fe jervirdu mot de sié-cle , que de ce-lui éFdge ; &,fans doute ,Philostrate avoulu direjionqiéils étaientcontemporainsavec yAchtlle*mais qu* ilsF étoient entre

(144) Dio-dor. Sicul.Libr. VI.

(145) Ho-nier. Iliad.Libr. IX.f. 188.

(146) Ibid.Libr. II.f. « 7 Ï-

(147) Voiez,le Banquet

dt Platon.

(148) Sta-tius, Acllill.J.ibr. I > t.

3 35 * DictysCretensis ,Libr. I-

(149) Philos-trate , de laVie d’Apol-lonius > Livr.IV. Chap. V.Vigenere citeLivre III 3 Ctdit y;:r l’Om-bre apparu t

prérmerément

de !a hauteurde sept «ai-dées.

touchant ce Héros du Paganisme.

discipline de Chiron, diverses matières > qui avoient infini-ment moins de raport à 1 a guerre qu a 1 amour; Hyacinthe,Narcisse , Adonis, Hilas, <kc (143).

Achevons cette Remarque par quelque chose qui con-cerne la lyre même d’Achille. Quelques-uns disent que Co-rybas, fils de Jasus 8c de Cybelc , étant passé en Phrygie,avec son oncle Dardanus, y établit le service de Cybele,donna son nom aux Corybantes qui étoient les Prêtres decette Déesse, Sc y transporta la lyre de Mercure (144). Ellefut gardée à Lyrnesse , doit Achille remporta , lors qu’ilse saisit de cette Ville. Homere n’est pas de ce sentiment :puis qu’il dit que la lyre de ce Héros avoit été trouvée dansla ville d’Eetion , c’est-à-dire dans Thebes de Phrygie > lors

que les Grecs la pillèrent (145).

(JV) Le plus bel homme de son- tems. j Au lieu de cefait, dont on a des preuves si authentiques, Mr. Moréris’est contenté d’observer que Philostrate dit qu Achille étoitde belle taille. Achille se vante lui-même dans le XXI Livrede l’Iliade d’être grand & beau , « soyse 5 re : 8 c lors

qu’Homere a voulu parler de Nirée , il a remarqué, qu’a-près Achille , c’étoit le plus beau de tous les Grecs ;

TéUpsuç , 05 xÚÀLie'oç àràç ùtro I v A/«v jjAíhT ait lOdAcc'i Áa-vctcov , us T tíuvy.oso. Tî VjXsimci (146).

• Nireus , qui formofiffimus vir ad llium venitC&terorum Danaorum , post laudatifpmum Pelidem.

Voiez le Scholiaste d’Homere fur le vers 131 du I Livre del’Iliade , où il dit qu’Achille , le plus beau de tous les Hé-ros , avoit tellement le visage dune femme, qu’il lui futaisé de passer pour fille à la Cour de Lycomede (147). Plu-rimus illi Invitéla virtute décor ( c’est Stace qui parle ) fallit-que mentes Ambiguus , tenutque latens discrimine sexus (148).Pour ce qui est de la taille , je ne remarquerai point ce quePhilostrate dit dans la Vie d’ApolIonius, que l’Ombre d’A-chille , évoquée par ce Philosophe, parut d’abord de cinqcoudées, & puis de douze , & d’une beauté qu’il n'étoitpas possible d’exprimer(r49). Je ne dirai point non plus, avecLycophron , qu’Acbille avoit neuf coudées ; ce n’est pointce qu’on nomme belle taille ; cela n’est bon que pour Quin-tus Calaber, qui ]’a converti en Géant (150) ; 8c , ce neservit pas le moien de justifier le Sieur Moréri. Disons donc,qu’il est fort vrai que l’Auteur qu’il cite (151) , donne unebelle 8c haute taille à ce Héros, 8c un visage d’où il sor-toit des rasons , un nex., ni aquilin , ni crochu , maïs tel qu’ildevoit tousíours demeurer. C’est ainsi que Vigenere a traduit,fur la Version Latine aparemment : j’aimérois mieux tra-duire tel qu’il devoit être , 8c donner au verbe yúxha cettesignification.

(O) U ne les aimoit pas moins de son côtés La lubricitéd’Achille fut un fruit précoce , 8c de durée. Nous avons. - -^ Les

vu

aime uu un ii.uj.t_ _— -- ...

que dès 1 âge de dix ans > il engrossa Deidamie.

A. a -f, f. __u II f.ird

(T50Ì CC CalaberBeroïc. pag. 7 ° 5 -

V Ll , v| 1 -l 1 — VIW ■ -o- — —-. ...

fuites furent dignes d’un si prompt début. II ne tarda paslong-tems à traiter de la même forte Iphigenie (752Ù ; & siDiane crut qu’on lui avoit offert une vierge pour victime,

(151J Philostrate in

en la personne de cette fille d’Agamemnon , elle fut prisepour duppe : Achille avojt mis bon ordre , qu’au pis aller,Iphigenie ne sortît point de ce monde , avant que d’avoirgoûté les joies de la conception , 8c les douleurs de l’en-fantement. II vit Helene fur les murailles de Troie , 8c endevint si furieusement amoureux , qu’il en perdit le repos ,

8c qu’il recourut à fa mere , pour la prier de trouver quel-que moien de le faire jouir de cette femme (153). Belemploi pour une mere ! Thetis ne laissa pas de l’accepter,

8c d’inventer une maniéré de maquerelage , qui consista àfaire acroire à son fils qu’il jouïssoit de la belle Helene;mais ce ne fut qu’un songe : 8c, néanmoins, ce régal ima-ginaire apaisa les tourmens d’Achille, On eut beau lui ôterfit Briseïs, il ne coucha pourtant point seul : il avoit eu tropde soin de ses provisions de lit. II pouvoit trouver des re-lais chez lui , en cas de besoin : Diomedée prit la place deBriseïs (154). Dès qu’il eut vu Polyxene , fille de Priant,il voulut en faire íà femme ; 8c , n’aiant pu satisfaire ce dé-sir pendant sir vie , il demanda après fa mort qu’on la luisacrifiât, afin qu’il en pût jouir aux champs Elysées (15 s.II avoit si bien mérité en ce monde d’être nommé (156)tpùíjtxoi;, áo-eAyiìç, ùy.pci-rs , i^arixárttroì (l 57 ) > qu'on crutque même dans l’autre il avoit besoin de femmes ; 8c c’estpour cela qu’on l’y a marié avec Medée 8c avec Helene.II fut accusé d’être devenu amoureux de l’Ainazone Pen-thésiîée , peu après lui avoir ôté la vie , 8c d’avoir assouvifa passion fur ce corps de femme frais tué (158). Nous enparlerons dans F Article deTníEsiiE. Voiez auffi F Arti-cle de T e n e s.

{P) S’étoient répandues fur les personnes de son sexe. ] II yen a <^ui veulent que Troïlus > fils de Priam , soit mortétouffe entre les bras du lascif Achille , qui le vouloir vio-ler, 8c qui trouva trop de résistance (159). On a donné untour fort malin au choix qu’Ajax suggéra à Matelas : il luiconseilla de faire porter à • Achille par le bel Antilochus lanouvelle de la mort de Patrocle. Philostrate , qui dit assezclairement quelles pouvoient être les liaisons du Héros avecle messager choisi, s’est trompé fur Fauteur du choix (160};car ce ne fut point Menelas , comme il 1 e dit, qui j estales yeux fur Antilochus ; ce fut Ajax, qui le píoposa à Me-nelas ( 161 ). Mais c’est principalement envers Patrocle",qu’on a donné un tour criminel à la tendresie d’Achille.Platon prend son parti là-dessus contre Eschyle (iôz). Xeno-phon est en cela de l’avis de Platon (183). Sextus Empiri-cus traite la chose en homme de sii profession ; je veux di-re, pyrrhoniquement (164). Mais Lucien 8c Philostrate (165)y mettent tout leur venin : l’un d’eux prétend qu’Achille nese tint point assez sur ses gardes en pleurant la mort de sonami, 8c qu’il se laissa échaper la vérité par ces paroles, «>j-pàv tí râr râv sòrrsds òpuXÍu. xcíAAíLv (166) , femorumCAtuo-rum sanléla conversatio melior. Que dirai-je de ces deux versde l’Ëpigramme XLIV du Livre onzième de Martial ?

Bryseis multum quamvis a-versa jaceret ,

Alacida propior levis amìcus erat.

(tj3) Tzet-zes , in Ly-cophron.

(154) Ho-'mer. Iliad.L-br. IX,f. 660.

(- 55 ) Sene-ca mTroad.f. 945 *

( 156) Liba-nius , pro-gymn. pa&loi, L, &pag.izi, AiDerlam. IV,pag. z56, Bi& Orat. IX,pag. 258 , C*

(t s7) riu-tarch. inAmator,pag. 761, D.

(158) Tzet-zes in Lyco-phr. Liba-nius , Pro-gymn. pag.101, Cj ifpag. IJ 3 , -'d-

(159) Serviusin Jsneïd.Lycophron ,

y. 307, & ibiTzetzes.

fi 6 o) 7 » An-til. pag. 670,& lcon. paç,.789,. Z).(1S1) Ho-mer. Iliad.Libr. XVI,f. 628,651,653, 655.

(162) InConviv.Tom. III ,pag. 180, A.

(16}) InConviv.pag. 898, A-

Lijbr. I, t. 514; Libr. III, f. 7 I«> 722 .(152) Vide Tzetzem in Lycophron.

(164) Sext. Empir. Pyrrh. Hyp. 1 II , pag. 152 , A. (165) Philostr. in Epist,pag. 903 , A. (:66) Lueian. in Amorib. pag. 1072, Tom. 1 , Edit. Saimurimsis.

(a) TtiníiHíst. Natnr.Libr. IV.

Cap XII.

& XIII,Pausan. Libr.III, pag. 122,

(b) Mêla,Libr- II,

Cap. VII.Scylax >pag. 2 8.

(c) Autor?c-ripli PontiEuvini ab isiVoílio edìtus:Quìntns Ca-issier, fseb fin,Libr. III.

ACHILLE A Ile du Pont Euxin , que l’on a nommée aussi l’Ile des Héros , l’Ile Maca-ron (a) , ou T Ile des Bienheureux , Leuce , &c , étoit, scion quelques-uns , vis-a-vis du Bo-rysthene & scion quelques autres, vis-à-vis du Danuoe. ^ Le nom dJchtllea soi fut donne , acause que l'on y voioit le tombeau d’Achille (b) , & qu’elle etoit conktcree a ce eros Thetis,ou Neptune , la lui donnèrent 'c) ; & il V obtint les honneurs divins , T™P , Oracle , Autel ,Sacrifices, & ce qui s’enlíut. Qudques-uns parlent de cette Ile comme si elle avoit ete inhabi-tée & s’il n’y avoit eu aucune sûreté à vouloir y passer la nuit (d) : c est ce qui faisoit que lesgens qui y prenoient terre sc rembarquoient vers le soir apixs avoir vu les antiquitez du lieu, leTemple / & les dons qui avoient été consacrez à Achille Ce Héros n y etoit point seul > les âmesde plusieurs autres Héros y avoient aussi leur demeure (J) : & , quant a lui, il taloit bien qu ily fíit en corps & en ame ; puis qu’il y épouse Helene, & qu i en eut un fils, qm s apclla Eupho-rion , que Jupiter aima criminellement & sens succès , & qu il tua d un coup de foudre , pour leDunir deson refus (E. D’autres disent qu’Achille y avoit pour femme Iphigenie, que Diane yavoit transportée , après soi avoir communiqué le don d’une immortelle jeunesse avec la nature di-vine tf\ D’autres , enfin , veulent que la femme, qu’il épouse dans l’autre monde, fut la fameu-r Medée fí) - commune opinion lui donnoit Helene pour femme. ^ eít le senti-

ment ciue Philostrate & Pausenias ont suivi {h). Le premier raconte , que si les etrangers , quiaLrdo-ent dans cette Ile , ne pouvoient point faire voile le jour même , il faloit quhls paffiissent1a nuit dans leurs vaisteaux , ou Achille & Helene les venoient voir , buvoient avec eux , & chan-

toient

droit où il raporte que cette Ile étoit an lieu dangereux.

r- 'T/l'ir'irA soL ìníuld T.P.UrP (ti

(d) Amm,Maxceli.

Libr. XXlhCap. VIII.Vous trouve*rez, ses partr 0les dans laHemarqut(A).

(e) Ptolem.Hephast.apud !Pho-tjum, pag.480.

(/) Anton."Liberalis,Cap. XXVII.(g) Tzetzes

in Lycophr.Schol. Apol-lon. Libr.lV «{h) Pausa-nias, Libr.m, pag.102 .

(i)Dïonyf.

îerieget.

(2) Pausan.Libr. III .

k-t- ie ~'

(A) Les âmes de plusieurs autres Héros y avoient auffi leurdemeure (1).] C’est ce qui paroit par un paísiige de Pausa-nias , où il raconte que Leonyme , Général des Crotonia-tes, étant ailé à File de Leuce , pour y aprendre le reme-de qui le guérirait d’une blessure , raporta qu’il y avoit vu

Achille , les deux Ajax , Patrocle., Antilochus, Sec (%) .

Je m étonne qu’Ammiea MarceIJin oublie cela dans l’en- cette particularité.

droit où il raporte que cette lie étoit un lieu dangereux.

In hac Tanricâ, dit-il (3) > insula Leuce fine habitatoribus ullisAchilli est dedicata ; in quam fi fuerint quidam sorti delati ,vífis antiquitatis vefligiis temploque zsrdonariis eidem heroi con - —ficratis vesperi répétant naves , ajunt enim non fine discrimine Ca ?‘vit & Ulic quemquam pernoíîan. Peut-être aussi ignoroit-il

s'ect-c. r»cn*Pir , ii1oriti»

(3) Amm,

Marcell.

Libr.XXIh