6 %
ACHILLE A. A C H M E T.
(^ ) Votez,U ‘Remarque(D).
mal raporté par Mr. Moréri , qui d’ailleurs nous fait un Article à part d’une fontaine Achil-l e e ( G ) , dans laquelle Achille s'étoit lavé , & qui avoit une propriété merveilleuse. Achillen’étoit pas le seul, qui fìt des miracles dans file de Leuce : Helene fa femme s’en mêloit auffi (k ),comme nous le dirons dans l’Article de Stesichore. L’abondance est ici plus nuisible quela disette (/j).
(il) la
'ÌRemarqHc(L)de C ArticleACHILLE ,vers le milieu.
(zz) Hof-jnan. VoteAchillea.
(zi)Ctux quitraduisent , ily avoit là uneFontaine deJacob , fe-roient mieuxde dire , UFontaine deJacob etoitlà j o'AyCommele Port-T^oialyil y avoit làunPuits^qu'onapelloit laFontaine deJacob. .
(14) E’v Mí-x-pì jv jjvëìvcu A*£<A-Míov KCtÁX-pttvijy.Athéniens,Liùr . 1I }
Cap. VI.
(2s ) Hdir. *ìlcinov . An.1611, m 4.
(z 6) Freins-ìiem. Su-plcm. in q.Ctirt. z. 7.
24.
me chose qu’Antigonns Carystius ; mais il est plus vraisem-blable , que Pline n’a point eu en vue la pensée d’Antigo-nus Carystius , 8c que Solin avoit lu ce fait ailleurs revêtude circonstances plus particulières que celles de Pline. Carquelle négligence ne seroit-ce point à ce dernier , si, pournous faire conoitre que les oiseaux ne voioient jamais audcísus d’un Temple , il s’étoit servi d’une expression quilignifie qu’ils ne voioient jamais au delà ? Ces deux choiesfont si peu la même , qu’il n’y a rien de plus aile , que dene passer jamais par dessus une maison , & néanmoins de lalaiflèr derrière foi. II n’est pas plus difficile de s’élever cnvolant jusqu’au dessus d’une maison , fans passer plus outre.Déplus, les Anciens aimoient si fort à diversifier les mi-racles , qu’il n’est gueres aparent , après ce qu on débitoitdès le tems d’Antigonus Carystius, qu’on ait attendu jus-ques à Solin à débiter que les oiseaux s’enfuioìent à la vuedu Temple d’Achille. Quoi qu’il en soit, on ne pourroitpas prouver par Pline contre Solin , que les oiseaux y en-trassent ; & , en tout cas. Mr. Moréri fera dire à Pline plusqu’il n’a dit, & sc sera laissé tromper par ces paroles de• Charles Etienne dans les deux Editions ci-dessus cot-tées (11) , Achillis ìnfitlam nulla avis transvolat. Pli», ro.
29. 10. Mais il prendra fa revanche avec usure fur Mr.Hofman , qui attribue la même chose à Strabon aussi. C’estfans doute pour avoir vu que Mr. Moréri citoit Strabonimmédiatement après Pline , & pour n’avoir pas pris gar-de , que cette citation de Strabon , avec celle de Pompo-nius Mêla , qui la fuit, se raporte à d’autres choses conte-nues dans l’article. Nullam hic avem volare , (dit-il) Plin.
I. 10. c. 19. habet er Strabo l. IZ (12).
(G) Un Article à part d’une fontaine Achille' e.] CetArticle m’avoit paru d’abord un sujet à critiquer : il mesemblait que cette fontaine ne s’apelioit pas ainsi en nompropre substantif, ou substantifté ; mais, en épithete, ou cnnom adjectif, commun à toutes les choses qui apartien-nent à Achille. Eu un mot, fans Achilleus , Sc fontained’Achille , me sembloient la même chose. Or , comme ilferoit ridicule de faire un Article de Jacobée, pour cettefontaine de Jacob, dont il est parlé au chap. IV de SaintJean (23) , laquelle un Traducteur Latin pourroit apellers’il vouloir fontem Jacob&um, il me sembloit auffi qu’on n’endevoir pas faire un de lepithete & Achilleus , dont Freins-hemius fe sert en parlant de la fontaine d’Achille. Mais,après avoir consulté Athénée (24) , j’ai trouvé que cettecritique feroit douteuse , parce qu’il m’a paru qu’on peutmettre en contestation, st cette fontaine s’apelloit Ajviz-Aeíív substantivement > ou adjectivement, & si elle ne peutpas entrer en son ordre alphabétique , avec autant de rai-son que les Iles d 'Achillea. Elle y entre dans le ThrésorGéographique d’Ortélius (25) , fous le mot AchilUum , 8cpuis fous le mot Achillius sons ; ce qui, en tout cas , vautmieux que l’Achillea , fins Mileti , de Mr. Hofman.
Je n’éxamlne point si Freinshemius a bien expliqué lepassage d’Athenée, qui regarde les singularité?, de cette fon-taine (26). Je 111e contente de dire , qu’au moins on de-voir citer Athenée , connne Freinshemius l’a cité , c’est-à-dire au VI chapitre , & non au 2 du 2 Livre. Mr. Hofmancite co mine Mr. Moréri , & ils avoient été précédez cn ce-la par Ortélius. C’est peu de chose , si on le compare avecserrent de nous donner Aristobule fils de Galîànder , aulieu d’Aristobule natif de Cassandrie. C’est ce que fait Mr.Moréri.
On ne sauroit trop sc plaindre de la négligence de ceuxqui font des Additions aux Dictionaires ; car bien souventils y cousent des choses qui sont contraires à celles qui yfont déjà ; 8c, en général, ils oublient d’accommoder detelle forte s Addition au fond fur quoi ils la posent, qu’iln’en résulte point de dissonance :
Primo ne médium , medio ne dìfirepet ìmum (27).
Par exemple , ceux , qui ont augmenté le Dictionaire deCharles Etienne , n’ont point fait difficulté d’y fourrer, fousle mot Achillea, ces paroles d’Ortélius toutes crues, 8c fansle moindre changement, Video à Nebrijfenfi Caceariam , C2>À Carolo Stephano Gacariam in fuis Diciionariís pon-i , fed proPonté infula , quam dtcunt apud Aíelam Collifaria diei, ex dé-pravas à forte leílione , c ?c : ce qui fait un sens assez singu-lier ; car c’est faire parler Charles Etienne de son propreDictionaire dans le Dictionaire même, comme st c’étoit unautre Ouvrage qu’il citât : 8c encore paroit-il incertain enle citant, de ce qu’il avoit avancé fans nulle marque d’in-certitude dans l’endroit qu’il cite.
(H) L'abondance est ici plus nuisible que la disette. ] Si l’onrencontre dans cet Ouvrage le récit de plusieurs prodiges,8c de plusieurs traditions miraculeuses, ce ne fera pas unsigne que je veuille les faire passer pour véritables ; je necrains point les délateurs de cc côté-là : si c’étoit mon in-tention , je n’en raporterois que très-peu. Je faí bien qu’ences sortes de matières la crédulité est la source de la multi-plication , Sc qu’il n’y a point de meilleure pépinière quecelle-là (28) ; mais , enfin , on en abuse avec tant d’exces,qu’on guérit tous ceux qui ne sont pas incurables. La cré-dulité est une merc , que fa propre fécondité étouffe tôt outard , dans les esprits qui se servent de leur Raison. II att-roit donc été de l’intérêt des Païens , qui ont voulu déifierleurs Héros, de ne leur attribuer que peu de miracles : lamaxime vr aéo« '-iy.urv 7T, dimidium plus toto , 8c cette au-tre, ne quid nimis, étoient ici de saison. Ceux, qui ont tantmultiplié les saints Suaires , les images de la Sainte Viergefaites par St. Luc , les cheveux de la même Sainte , leschefs de Saint Jean Batiste , les morceaux de la vraie croix,
8c cent autres choses de cette nature , dévoient aussi songerà ces deux maximes ; car , à force de redoubler la dose,ils ont énervé leur venin , '8c ont fourni tout à-la-fois lepoison 8c l’antidote : ipsa fibi obstat magnìtudo (29-). Achille,dans file de Leuce , a eu la même destinée qu’en allant àTroie : les mêmes miracles, qui ont pu tromper les Lec-teurs , les ont pu détromper, comme la même lance , dontil avoit blesié Telephe, lui fournit l’emplâtrc qui guérit'par-faitement la blîssure.
Avisà ceux «]nìfont des Ad-ditions à unDictionaire.
(27) Horatide ArteFoët.fr. 152.
(2S) ProdigiMeo anno multanunciata sunt 9q A UA quo ma-gii íredeiantsimplkes ac re-lipiofi bomi-nes , cc ct ia mplura nanti a-bantur.
T. Livius,Lib.XXX/K
Cj V- 41.
(29) Florin,in Prottm .
Vulnus Achillio qu& quondam fecerat hosti ,Vulneris auxiliutn Pelias hafta tulit (30).Nysus c? JEmonia juvenis qua cuspide vulnusSenserat , hac ipsa cuspide senfit opem ( 31 ).
( 3 9) Ovid.Remed. A-moi. Libr. I,f- 47.
Mats je ne songe pas que le nombre de ceux qui fe desa-
6 petit, enque ce n’ess
bissent par la multiplication des prodiges estcomparaison de ceux qui ne se désabusent pas, ^ u CIt
pas la peine-de-changer son train , 8c de prendre pour sonétoile polaire , en faisant voguer la flotte de ses marchan-dises (32), les deux maximes que j’ai raportées. Nous ver-rons dans la Remarque (g_) de l’Article de Pyrrhus ,Roi d’Epite , une fausseté de Camerarius, touchant un pré-tendu miracle de notre Achille.
(a) íUgaltii
Frais. LibrlAchmetis.
(b) Leuncla-vius, à Franc-fort
AsHMFT fils de Seirim, On a un Livre dc fil &çon , ,ui contient Vinremrétmon des son-ACHMb 1 > ms Qe ^ j. 1 ' , p OTs „. ( t cs Egyptiens. H fut traduit de Grec en Latin,
ges, selon la doctrine des Indiens , , ? ^êdía f Hugues Echerien (J). On le publia en
environ l’an 1160 , par Léon c ( ^lé qu’on trouva dans la Bibliothèque de Sam-
Latin, l'an i í7 7 M, un ’l Suvrane d’Apomasares (d). Le docte Leunclavius fit
bucus (c) ; mais on le donna c° ses^Annales des Turcs (e). Mr. Rigault est le pré-
; c - lavoir lui-même cette méprisé au public , dans icsjv ^ ^ -
mier nui n nnWiê ^ n,u„-o^ „a C,.,, "
1, f. 64 .
(iz) Quartierpour la dure-té > ou Ji Conveut le Gali-matias de cet-te Figure*
Abumasherfeu Albuma-sitr. VideCatal. 1Oxoniens/"!?•. 3 S.
(e) RigaltiiPra:f. inAchmet.
(1) Barth.Aíivers. Libr.XXXI ,Ç*p. Xlgy
Ptrcgrinamium rimicsr a V e -
Sarrazin
plaires Grecs de la Bibliothèque du Roi de France , fur lesquels Mr. Rigault ~pubha”le Livresonges , ne portent point que l’Auteur sc nommât Achmet fils de Seirim II est vrai, que cnmnSle commencement y manque , on peut soupçonner , que lors qu’ils étoient entiers , se n om 1TerAuteur y paroissoit a la tete. Mais enfin , ce ne sont que des conjectures, qui peuvent être forti-fiées
(A) Hugues Echerien .] B.uthius le nomme HugonemEteriarium , 8c dit que c’étoit un excellent Auteur , Scripto-rem avo suo luculentum (i). II y z une faute d'impres-sion dans Barthius, auffi bien que dans ces paroles de Mr.Rigault, Hugonì Echeriano dedicavit . II faloit dire HugonemEterianum , Hugonì Eteriano. Allatius, au chapitre XI du
(f) On le ditpourtant dansle Catalogued’Oxford,
m- 5. ■
Ql GesntBiblioth.
(h) Rigalt,îizf. inAchmet,
II Livre de perpétua consens* Ecclesu Occidentalis efOrientalis ,écrit mal Hugo JEtherianus. Baronius ,' Bcltaniiin., 8c plu-sieurs autres , écrivent Hugo F.therianus ; mais Eterianus estplus correct. ' C’est le nom d’un Auteur Ecclésiastique duXII siécle. Ceci m’a été communiqué pat Mr. de laMonnoie. -