A C H M E T- À C I D A L I U S. 6z
fiées par une autre considération : c’est qu’on a écrit d’une main plus fraîche le nóm d’Achmet furl'un des deux éxemplaires. Ce nom ne paroissoit pas dans l’éxemplaire , dont Léon Tuícus se ser-vit au XII siécle , pour faire sa Traduction : c’est ce qu’on inféré de la Version Italienne, que l’on(0 Patrice a de cet Ouvrage , composée par Tricasso (/'). Mr. Rigault en a tiré le Prologue , & l’a donnéen Latin ; quoi qu’il estime que ce n’est point Achmet même , mais Léon Tuícus , qui l’a com-MamuZ’ posé (k.). Barthius avoit la Traduction de ce Léon, & il croit que son éxemplaire fut écrit au teinsmême de ce Traducteur ll). Les échantillons, quil en donne , font voir qu’on n’avoit point tra-dc Du'vet- duit a la lettre , & qu’on avoit retranché bien des choses. Ce qu’il y a de considérable , c’est queà - le nom d’Achmet, & celui de Seirim , sont au titre du Manuscrit, avec ceux de Syrtiacham , deV) tâ-- Baram , & de Tarphan. Le prémier de ces trois derniers personnages {m) , étoit Interprète desfe-Rigaitii. songes à la Cour du Roi des Indes ; & le second l’étoit à celle de Saanifan, Roi de Perse ; & le troi-(0 Batthiî siéme, à celle de Pharao, Roi d’Egypte (n). Barthius conjecture de là , qu’Achmet, & Seirim ,LiíTxxxi, étoient aussi deux Interprètes de songes dans quelque Cour Barbare. Quoi qu’il en soit, l’Ouvragea t-xîr. ' a été compilé par un Chrétien ; car l’Auteur le commence au nom de la Sainte Trinité (o).chim yrba ~ Mr. Rigault ne regarde le texte Grec, que comme une ancienne Traduction de l’Ouvrage. L’Ori-rì- ginal étoit en Arabe.
gaitii. Lambécius fait fleurir Achmet au IX siécle, à la Cour de Mamoufn , Calife de Babylone.
Mr. du Cange n’est pas de ce sentiment. Voiez son Glossaire Grec , au mot
(n) Cela paroítle com-mencement d»n , du ni^dr
àulV chapitresda Livre.
(o) Votez. Ufin du UChapitre^
A CI DA LIUS (Valens) auroit été un des bons Critiques de ces derniers siécles', si uneplus longue vie lui eût permis de porter à leur perfection les talens qu’il avoit reçus de la natu-re (a). II naquit à Wistoch , dans la Marche de Brandebourg , & aiant vu diverses Académiesd’Allemagne , d'Italie , & de quelques autres pais , où il sc fit fort aimer (A) , il s’arrêta à Bref-law , capitale de la Silésie. II y attendit assez long-tems quelque emploi ; mais , comme rien ne Thuanmist,
venoit, il passa dans la Communion Romaine , & y trouva bientôt le Rectorat d’une Ecole {B).
On dit qu'à peine quatre mois furent expirez , qu’il lui arriva un accident tout-à-fait étrange. II
fuivoit une procession du Saint Sacrement, & il tomba tout-à-coup en phrénésie. On le porta
chez lui, & il mourut bientôt après. Quelques - uns dirent qu’il s’etoit tué lui-même (C). Ce
fut dommage ; car il avoit de l'esprit, Le il travailloit beaucoup. Cette grande aplication fut la
caufe de fa mort, si nous en croions Mr. de Thon (£) qui dit, que pour avoir trop veillé , en (t) ibidem.
composant ses Divinations far Plante (D), il devint sujet à un mal (E) qui l’emporta dans trois
jours , le z f de Mai iypf. II ne faisoit que commencer fa zp année (F). Nous avons plusieurs
Ouvrages de fa façon {c). On lui avoit imputé à tort un petit Livre (G) , qui fut imprimé l’an (-) r*;«. (t
j j-pj- %et»arqueí,D).
W ValensÀcìdal. in
pag.
a ° 9 , zifi
Konig. Bi-wliotheca:
J6.
U) Nijsa <tdfiuvium cogno-itinem , Epis**°pi Wratifla-}f e nsis fcdes.«uno ii\Cluverii In-to °d. L ib.Ul,c “f’. XIII,t a g -196 Edit.
An.
*697.
C4) Pag.
218 > 318 .
(5) Barthius
c m cela
* fanai»furf°n Exemptai-dís '‘oëlìes■ Acidalius.V ?!”~ Koni-E 11 Bibliothv «- 8 c nov)t“g. 6.
(A) Où il se fit sort" aimer.] Parle commerce de Lettresqu’il entretenoit avec Vincent Pinelli , Jérôme Mercurial,Antoine Riccobon , Ascagne Perfio , 8cc , on peut voir laconsidération qu’avoient pour lui les Illustres d’Italie : ilavoit demeuré trois ans en ce pais-là (1).
(B) Le Retîorat d’une Ecóle.) C’est Barthius, qui l’affûre :Reéîor Scholtt Neujfana faâlus , dit-il (2). Je croi qu’il faloitdire Neijsana ou Nijfana. Neisse , qu’Acidalius nomme tou-jours Nyjfa dans ses Lettres, est à trois ou quatre lieues deBreflaw. L’Evêque de ce nom y réside (3). Celui qui l’é-toit alors avoit pour son Chancelier Jean Matthieu Wac-ker , qui aimoit les Sciences 8c les Savans. II fit venir Aci-dalius a Neisse, 8c le logea chez lui. Voiez les Lettres d’A-cidalius (4). Je n’ai point remarqué dans celles qu’il a écri-tes de ce lieu-là , qu’il ait jamais fait mention du Rectoratde l’Ecôle.
(C) Quil t étoit tué lui-même (3).] Cliristien Acidalius,frété de Valens , n’a pas osé franchir le mot, quand il s’estplaint des calomnies qui avoient été répandues touchant lamort de son frété ; mais il ne faut plus douter , après ceque Barthius avoit écrit dans l’un de ses Livres, que le sujetde ces plaintes ne fût le bruit que l’on fit courir, qu’Aci-dalius s’étoit tué : chose, qui fit bien pousser les exclama-tions en Chaire. Voici comme parle Christien Acidalius,après avoir dit que son frété fut enterré pompeusement.XJt mirarisatis nequeam calida multorum in judicandonimiumpracìpitantium c? temerariorum ingénia , qui cjr iffius morbier loci etiam sape ignari quicquid maledícendi libido diblavit ,vtl fama qux.
Tarn fibli pravique tenax qudm nuncia veri ,
f.*) Chris-ï! an - Acida-^.’aPrafat.JP'st-Valen-Acidalii,M «nn>U
Ur »”>, An-*» 162s.
fil U. ibïd.
(«) ValensAcidal.Epist.
kî-Z I 7 , 3 Z«.( s ) B.irth.
* om. /
de òbìtu ipfiut sparfit propagare porro in exteras etiam regionesC -y proptignare , imo nefeio quas non tragœdias etiam in concio-nibus ad plebem, ubi regnare soient, excitare non erubuerunt (6).II ne nie point que son frété n’eût eu des transports au cer-veau , qui bouleversèrent fa Raison : Cravijfimmn illud fe-brium acutarum fiymptoma paraphrenitidem aliquoties Jenfit,quoâ extremum malorum animam etiam sua fede ejecit ( 7 ).Mais il soutient que de très-habiles Médecins , & la fa-mille de Mr. Wackcr , chez qui Valens étoit malade, l’assss-térent jusques à fa mort. II n’y a peut-être rien fur quoila fabuleuse renommée débite plus de mensonges, que furles maladies & fur la mort des hommes Illustres : c’est pour-quoi , les Prédicateurs, & en général tous les Moralistes, de-vroient être extrêmement réservez à faire des réfléxìons là-dessus. On ne fauroit se défier, autant qu’il le faut, de la té-méraire crédulité , ou de la malice artificieuse de ces fortesde Nouvellistes.
(D) Ses Divinations fur Plaute .] II eut d’un côté le plaisirde les voir annoncées dans le Catalogue de Francfort (8), &de Vautre le déplaisir de faire cent plaintes contre la lenteurde fon Libraire. En un mot, elles ne parurent qu’après famort. Barthius fait cas de cet Ouvrage. Pauci, dit-il (9),eum Comici locum afiecuti sunt .... solus Acidalius retflumfenjum percepit, ut aha mulîa in Cornue, Mí. Teiíììer dit
qu’on estime fort le Commentaire d’Acidalius fur QuinteCur-ce (10). II le dédia à l’Evêque de Breflaw > qui l’en récom-pensa bien , comme les remercimens le témoignent dans laLXXXIX Lettre de l’Auteur. II fit des Notes fur Tacite,fur les XII Panégyriques , & fur Velleius Paterculus , ou-tre des Harangues , des Lettres , & des Poésies 11). Ce der-nier Ouvrage , inféré dans les Délices des Poètes Allemans,contient des vers épiques , des odes , 8c des épigrammes,que Borrichius ne trouve que médiocres (12). Sa Disser-tation de Conflitutìone Carminis Elegiaci plaît à Barthius (13).
(£) Il devint sujet à un mal. ] Mr. de Thou n’expliquepoint quelle étoit cette maladie ; mais on aprend bail-leurs , qu’Acidalius s’échaufa tellement le sang , lors qu’ilemploia trop de veilles à commenter Plaute , qu’il fut sujetdepuis ce tems-là à des fièvres chaudes. Voici comme sonfrété en parle. Uratìfiavia , qu$ Stlefiorum Metropolis , per fef-quiannum plus minus utrumque fe mihiprttftitit , ( praecepto-rem & patrem ; ) donec inde Nyjfam evocatus famìliari morbofuo , quem ex nìmiis vigiliis in adornandis Plautinìs Divinatio-nibus fuis contraxerai , biliofi alias etiam habitus juvenis , F E-bri scilicet acutissima opprìnuretur (14). II futgrièvement malade plus d’une fois en Italie -, & il écrivoità ses amis, que la fièvre étoit son mal ordinaire en ce pais-là. Voiez ses Lettres, à la page 97 , & à la 112.
(F) ll ne faifoít que commencer fa 29 année. ] C’est ainsique je traduis ce Latin de Mr. de Thòu , cum vix annum28 exceffijjet. Du Rier traduit , n ayant pas encore atteint favingt-huitième année. Je laisse à juger aux lecteurs s’il amieux rencontré que moi. Mr. Bailler ne donne que 27ans 8c quelques mois à notre Acidalius (15). H a peut-êtredécouvert que l’on n’avoit pas apris à Mr. de Thou avectoute forte d’éxactitude l’âge de ce jeune Auteur.
(G) On lui avoit imputé à tort un petit Livre , wc.~\ Gess-ler l’a justifié de cette fausse imputation, comme st paroitpar ce pailàge de Placcius ; Prioris (16) aublor quomodo nonex vero fit habitus Valens Acidalius , vide apud Geiflerumdecadis 3. n. 8 (17). Nous parlerons de cette Dissertationdans 1 Article Gediccus : mais, fans aller plus loin, jedois dire ici fur quel fondement elle fut attribuée à notreAcidalius. Comme il cherchoit à dédommager le Librairequi avoit imprimé son Q. CurCe , 8c qui se plaignoit sou-vent d’y avoir perdu (18), il lui tomba entre les mains unEcrit que plusieurs personnes avoient déjà fait copier : c’estcelui dont il est ici question. II le lut, 8c l’aiant trouvéplaisant, il le copia, 8c Voffrit à son Libraire, comme unecopie lucrative. II ne l’exhorta pas néanmoins à la mettrefous la presse : on crut fans doute qu’il suffiibit de lui direquelle pourroit le dédommager du mauvais débit de Q.Curce ; mais on lui déclara que c’étoit à lui à voir cequ’il vouloir faire là-dessus, 8c à bien éxaminer fi les rail-leries trop fibres de la pièce ne le commettraient pas. Celane réfroidit point le Libraire ; il fe hâta d’imprimer. Oncria terriblement contre la Dissertation ; on le mit en Jus-tice : 8c , parce qu’il avoua d'où la copie lui étoit venue ,on se déchaîna d’une maniéré épouventable contre ValensAcidalius, qui s’étonna qu’oa s’allarmât tant pour des jeux
( 10) Teiflîer,Eloges ciresde Mr. deThon, Tons.II, pag. 2ij.( 1 r ) Lì-ml+
(íz)Borrich.Diííert. dePoët. ptg.ir;.
(\ì) InCÌSO*dian. apudKonigii Bi-blioth.paj.í.
( 14) Christ.Acidal. Prfat, Episto-lar. Val.Acidalii.
(1$) Baíllét,jugem. furles Poët.num. 1346.
(«) cy?-
à-dìre 5 Di$*icitationisMulieresnon esteHomines.
(17) Plaeciusde Anony-mis , pag 7 z m
(18) Vtgênashomìnum Imricupìdum est ,cum aviditcuiejtts emotu-mentum Edi-licnis non j'arìtrespoftdijsec ,cjuestum per*sape dejagifra sua . Va-lens Acidal,Epist, apo-log. ad ial*tem Episttg
faruyk
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