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Tome premier. A - B.
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65
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(i) Augnst.«e SetnvòncDomim inMonte,

Libr. i ,

u í- XVI.

(?) Augus-stnus con-Faust.Manìch.

Libr. XXII,

c - xxxvir.(î) Rivetiâxeteit.líXHIïn Genes.°PM. Tarn.' í > ?--g. 281 .U) II y «Gonstantius

***** P Ouvra-& de St. Au-gustin , que

($) August.

Setmonc^omini intoonte,

Lìbr, /,

Ca P- XVI.

jj) Kivcti ì0 ?er. Tom.**?% i8i.

ACINDYNUS. ACONCE. 65

cevoít cette somme le jour qu’il lui marquoit. Le terme alloit expirer , fans que ce pauvre hom-me se vit en état de satisfaire le Gouverneur. II avoit à la vérité une belle femme ; mais quin’avoit point d’argent : ce fut néanmoins de ce côté-là que l’espéunce de là liberté lui aparut. Unhomme fort riche , brûlant d’amour pour cette femme , lui offrit la livre d’or d’où dépendoit lavie de son mari, & ne demanda pour toute reconoisiance que de passer une nuit auprès d’elle (V). (.) ptiucmtCette femme , instruite par l’Ecriture que son corps n’étoit point fous fa puissance, mais fous cel- ^le de son mari, communiqua au prisonnier les offres de ce Galant, & lui déclara qu’elle étoit pré- vJLTfiaùrite de les accepter , pourvu, qu’il y consentît, lui, qui étoit le véritable maître du corps de fa fém- ^™”iíusti-me j & s’il vouloit bien racheter fa vie aux dépens d’une chasteté qui lui apartenoìt toute entie- nusdeserm.re , & dont il pouvoit disposer. II l’en remercia , & lui ordonna d’aller coucher avec cet homme, mom'"' mElle le fit, prêtant même en cette rencontre son corps à son mari : non , par raport aux désirs a c- ubr.coutumez > mais par raport à Penvie qu’il avoit de vivre (d). On lui donna bien Pâment qu’onavoit promis ; mais on le lui Ota adroitement, & puis on lui donna une autre bourse, ou il n y nonmjimm-avoit que de la terre. La bonne femme de retour à son logis, ( car elle avoit été trouver le Ga- Znímù!',°nlant à fa maison de campagne, ) n’eut pas plutôt aperçu cette tromperie, qu’elle s’en plaignit , /«/W-publiquement. Elle en demanda justice au Gouverneur , & lui raconta le fait d’une maniéré fort àgàu-I'ingénue. Acindynus commença par se déclarer coupable ; puis que ses rigueurs & ses menaces > b;i .avoient fait recourir ces bonnes gens à de tels remôdes : il fe condamna a paier au Fisc la livred’or ; ensuite , il adjugea à la femme la Terre d’où avoit été prise celle qu’elle avoit trouvée dans ^ Dms !ala bourse. St. Augustin n’ose décider si la conduite de cette somme est bonne ou mauvaise (J) : Xçmarqut& il panche beaucoup plus à l’aprouver , qu’à la condamner (B) -, ce qui est assez surprenant (C). i\A r tkíeNous avons vu ci-deílùs (e) le même relâchement de Morale dans Saint Chrysostôme , au sujet de Abime-la conduite d’Abraham St de Sara. > i e c h.

(.A) N'ose décider fi la conduite de cette femme est bonne oumauvaise. ] Cela elt clair par ces paroles : Nihil hic in altc-rampartem dispute-, liceat cuìque astimare quod velit (i). Ail-leurs , il met en question , st la chasteté d’une femme per-drait son intégrité , en cas que pour la vie de son mari, Scpar son ordre , elle couchât avec un autre homme ? Scru-pulostus dijputari potest utrum illius mulieris pudicitìa violare-tur , etiam fi quifquam carni ejus commïxtus foret, cum id infe fieripro mariti vitâ , nec illo nesciente sed jubente permitte-ret , nequaquam fidem deserens conjugales» , çy poteftatem nonabnuens maritalem (z) ? Rivet , aiant cité ces paroles, ajou-te (3) que St. Augustin raporte que le cas arriva fous l’Em-pereur Constantin (4) , lors qu’Acindynus, 8cc.

(B) Beaucoup plus a l'aprouver , qu ct la condamner, j Celaparoit manifestement par ces paroles : Non ita est extstiman-dum ne hoc etiam femina , viro permìttente, facere poste videa-tur ; quod omnium fenfus excludit. Quamquam nonnulh causaposttnt exiftere ubi cy uxor mariti consens» pro ipso marìto hocfacere debere videatttr .... Nihil hic in alteram partem dispu-to. . . . Sed tamen narras 0 hoc fatto ( savoir celui de la fem-me dont le mari étoit en prison fous Acindynus) non itarespuit hoc sensus humanus , quod in illa muliere viro jubentecommìstum est , quemadmodum antea , cum fine ullo exemplores ipsa poneretur , horruimus (5). Je ne fat donc fur quoi fefonde le Théologien Protestant, que j'ai cité dans la Re-marque précédente , lors qu’il assure que St. Augustin pan-che plus vers la condamnation , que vers la justification decette femme. A»S faSlo Acinàinï explicato , liberum unicui-que permittit Augufiûnus aftimare quod velit , quamvis in eampartem propenfior videatur , quod id fieri non.liceat ( 6 ).

(C) Ce qui est astezsurprenant. ] Un grand Théologiencomme lui ne devoit-il pas savoir, que notre vie, qui n’estqu’un bien temporel & périssable , ne nous doit pas êtreassez précieuse , pour nous sembler digne d’être rachetéepar la désobéissance à la Loi de Dieu ? Car comme cettedésobéissance est un péché , qui nous soumet à une peineéternelle , & un mal moral, qui blesse un Etre infini, iln’est pas moins contre la prudence , que contre la droiteraison , d’aimer mieux commettre un péché , que perdresa vie. Je ne dis rien des abîmes de corruption , que l’onouvre de toutes parts fous nos pieds , en nous disant qu’u-ne chose, qui ferait un crime , si on la faisoit sans avoirdessein de sauver sa vie , devient innocente , lors qu’on lafait pour sauver sa vie. Le prisonnier d’Acindynus auraitfait un honteux maquerelage , 8c consenti à un adultéréproprement dit, s’il avoit permis à fa femme de coucheravec le Galant, afin de gagner une livre d’or ; mais par-

ce qu’il n’y consent, qu’afin de sauver sa vie , ce n’est plusun consentement à l’adultere , c’est une chose permise.

Qui ne volt, que si une telle Morale avoit lieu , il n’y au-rait point de précepte dans le Décalogue , dont la craintede la mort ne nous dispensât ? Où sont les exceptions enfaveur de l’adultere ? Si une femme n’est pas obligée d’o-béïr au commandement de ne point souiller son corps,quand cela peut épargner à son mari le dernier suplice , ellene sera point obligée à y obéir , quand il s’agira de sauverfa propre vie ; car Dieu n’a pas exigé de nous que nousaimassions personne plus que nous-mêmes. On pourra doncimpunément transgresser la loi de la chasteté , afin d'éviterla mort. Pourquoi une semblable raison ne rendra-t-ellepas permis i’homicide , le vol, 1e faux témoignage , l’ab-juration de fa Religion, 8cc ? Les plus grands hommes fontsujets à donner à gauche, & à s’égarer dans les cheminsles plus unis. Est-il bien difficile de conoître , qûe SaintPaul n’a point prétendu qu’un mari pût disposer du corpsde fa femme en faveur du tiers & du quart : Saint Paul,dis-je , lors qu’il a dit que la femme n’a point la puissancede son corps, Sc que cette puissance est à son mari ? Ce-pendant vous voiez que Saint Augustin s’embarrasse dansces paroles de l’Apôtre , 8c qu’il fait grand fond fur la dis-tinction marito jubente , poteftatem non abnuens maritalem.

Nous verrons ailleurs (7) , qu’il s’est servi de cette doctrine (7) Dam Ude Saint Paul, pour justifier Abraham 8c Sara , touchant le* ^cmarquc(t)concubinage d’Agar. Ecoutons un Théologien, qui, pour “P 1 ' Anultavoir vécu plusieurs siécles après ce Pere , ne lailïe pas d’ê- 55 A *tre meilleur Moraliste fur ce point, gaa in re ( savoir l’a-vanture de la femme dont le mari étoit prisonnier d’Acin-dynus ) mìrum est talem ac tantum virum potuiffe dubìtare,cum ex sacra Scriptura constet apertisthne malum aliquod pœntnunquam este redimendum malo culptt , <ty vitam potius este de-ponendam , quam ut eam nobis aut aliis fervemus id facientesex quo Deus ojfenderetur. Nullo modo itaque cenfendum est lì-cìtum este adulterìi remedium vel marito, vel uxori vitanda al-terius necis causa ; quin potius mortem expefíare convenit , imovero ultro expetere auam alterutrius castìtatem prodere , ob cujusconservationem mtâta pudicistìma sœmina non solum ab aliis oc-cìdi suftinuerunt , sed etiam ( quod tamen probare nolim ) fibtipsts vim intulerunt , non solum inter Ethnicas , sed etiam in-ter Çhrifiianas ( 81 . II cite l’éxemple de Sophronie : j'en fa) Rîvctïparlerai en son lieu. Oper. Tsm.

Lisez les Amœriuates suris de Mr. Ménage , au chapitre I >P A X 281 -intitulé , De mariti lenocinio Adulterarum viros ordinarìnon potuiste. C’est le X chapitre de cet Ouvrage. Voiez-enla page ;z de TEdition de Leipfic, en 1680, in 8.

ACONCE (J a Qji e s ) en Latin Acontius , Philosophe , Jurisconsulte, & Théologien,naquit à Trente , au XVI siécle (a). II embrafla la Réformation ; & , aiant passé en Angleter-re , au tems de la Reine Elisabeth , il reçut mille marques de bonté de cette Princeíso , commeil le témoigne à la tête du Livre qu’il lui dédia (aí). C’est le fameux Recueil des Stratagèmes duDiable , qui a été si souvent traduit, & si souvent imprimé. La prémiere Edition est celle de Ba-ie , en isós : l’Auteur mourut peu après en Angleterre (b). Jacques Grassérus en procura une se-conde

artem ( muniendorum oppidorum ) conferrem , ex parte pri-vatis sum rationibus adduêíus , etenim in hoc voluntarìo meoexilio inopiam UTCUNSjjJE fublevat , cy otiï adaliastu-dia stppeditat NO N NIHIL, impetrato mihì ab hujus sapien-tiffìmi. atque optima Regin/t liberalitate honesto fiipendio (1).Quelles restrictions ! 8c qu’elles marquent qu’il est difficilede contenter les éxilez !

Notez qu’il obtint cette Pension , non pas en qualité deThéologien ; mais en qualité d’Ingénteur : cela paroit parlá raison qu’il allégué pourquoi il donnoit son tems à unQuvrage de la fortification des villes.

{A) A la tête du Livre qu il lui dédia.) Au lieu d’Epitredédicatoire , il se contenta d’une inscription canonisante,qui commence par, DivaElisabeth/e, A n g 11 a ,Francis, Hibernia, Regxn/e. II déclare qu’il luidédie son Livre , afin de lui témoigner sa gratitude : Infignum memoriamque gratì anìmi ob partum ejus liberalitate ,quem in Angliam propter Evangelics. veritatis profejfionem ex-torris appulistet, humanisttm'èque exceptus estes, literarum otium.n dit dans lâ Lettre à Wolfius, que fa pension soulageoiten quelque forte son indigence , Sc lui donnoit quelqueloisir pour étudier. Ut autem quicquid est opéra id istam inT O m. /

(a) More’rile met faajft-ment au XV*siécle,

(b) GraíTe-ius, in Epift,ad Lelîorem ,initia Stra-

tagematuiti

Satanx.

fi) Acon-tu EpíA. adWolhum déRationeedendoruruLi .’rorum,