Band 
Tome premier. A - B.
Seite
66
JPEG-Download
 

66

A C O N C E.

(r) Volez. - en.U Titre k laf n de la T{e-marque (B),(d) P.st ilittdtr, quoexcidit tlûkisinchoatuw îl-iud de Métho-de Opttfculwn,fcis me bis je-dem etc locitmmutas t, .Ar-gentoratumfrimo , deiniein Angliam.Acontius, inEpist. adJoh. Wol-num Tigu-lintun deRationeedendorumIûbrotum,

f,%g. 410.

Elle eji datéede Londres le20 de Novem-bre IJ-Si.

(2) Heulne-

lus. Sa Lettreejl dotée dit 29d* Août 1641.J'Vfe.Baillet,Vie de DesCartes, Tom.Hipu £-138.

(îj Bailles,ik-mîme.

f4) AcontiiEpist. adWollìum,t*£- 4'a-

(j) Le PerlRapin , dansIa Préface deIa Compa-raison deThucydide& de Titelive.

conde Edition à Bâle, l’an 1610, où l’on trouve bien la Lettre d’Aconce de Ratione edendorum Li-hrorum , dans laquelle il donne des conseils si salutaires à ceux qui ie veulent ériger en Auteurs;mais on n’y trouve pas son Traité de la Méthode (c), qui est une bonne piéce (B ), quoiquel’Auteur ne l’eût publiée que comme un Essai (d). II avoit compose en Italien un Ouviage tou-chant la maniéré de fortifier les villes , lequel il mit lui - meme en Latin , pendant ion séjour enAngleterre (#) ; îxuús je ne croi pas c^u on 1 ait jamais imprime. II travailloit duíli a, une Logi*que (/) à quoi la mort aparemment l’empécha de mettre la derniere main. Ce fut dommage ;car c’étoit un homme qui penfoit juste, qui avoit beaucoup de discernement, Sc beaucoup depénétration. II s’étoit formé l’idée ìa plus raisonnable de cet Ouvrage , Lc si se croioit oblige d’ytravailler avec d’autant plus de soin , qu’il prévoioit qu’on alloit passer dans un siécle encore pluséclairé que celui où il vivoit (C). Sa conjecture étoit bien fondée (D). II n’a pas eu fur la Re-ligion les mêmes principes que Calvin : il panchoit beaucoup vers la tolérance ; & st a eu en gé-néral certaines maximes, qui l’ont rendu fort odieux à quelques Théologiens Protestans (£). J’aitrouvé peu de choses concernant ses avantures. 11 dit lui-même en paslant, qu’il avoit emploieune bonne partie de fa vie à l’étude de Bartole , de Balde , & de semblables Ecrivains barbares ,Lc plusieurs années à la Cour (,?)• r . . . ,

La Lettre d’Aconce, qui a été publiee l’an 1696 (h), fait voir un eípnt exact, qui enten-dit 1 a bonne Logique. Elle est datée de Londres, le f de Juin 156s , Sc sort d’éclaircissement àune chose qu’il avoit dite de Sabellius , & qui avoit été critiquée. Notez , qu’encore que la plu-part des Théologiens Protestans regardent cet homme avec horreur , st y en a parmi eux qui l’ontfort loué (F).

(í)Acontiuí,Epistolâ adWoifîum ,P a $- 4 TO *

(/) Ibidem ,4 iL

($ ) Idem-,

ibid. '

(h) Par Mr,Crénius , *la pa%e 13 ï »<ár Juiv . de IaII Partie ,desAmmatfver-íiones Philo-logicx &.Hictoiicîe.

(B) Qui est une bonne piéce.] C’est le jugement qu’en afait un savant Cartésien (2) , dans une Lettre qu’il écrivitau Pere Merscnne , peu après que les Méditations de Mr.Des Cartes eurent vu le jour. „ II témoignoit goûter fur„ toutes choses la Méthode avec laquelle Monfr. Defcartes„ avoit traitté son sujet ; il en admiroit les propriétés , &„ relevois les avantages qu'elle avoit fur celles des écoles-, ordinaires : mais, fur tout, il estimoit son jugement, 8c„ les raisons pour lesquelles il avoit préféré la méthode„ analytique , ou de résolution , à la méthode synthétique ,,, ou de composition , tant pour enseigner, que pour dé-,, montrer. II n’avoit encore trouvé rien de semblable jus-„ ques là , hors le petit Livre de la Méthode, composé par„ Jaques Acontius, qui, outre cet excellent Traitté, avoit„ encore donné un bel essai de la Méthode analytique,„ dans son Livre des Stratagèmes de Satan, qu’il conseille de„ lire à tous ceux qui aiment la paix de l’EgJise ; quoi„ qu’Acontius n’y soit pas éxemt des préjugés de fa Com-,, munion, & qu’il ait eu intention d’y favoriser ceux de

son parti (3) ”. Cette petite piéce d’Aconce , sousle titre de Methodus five recla ìnvestigandarum tradendarum-que Artiurn ac Scientiarum ratio, fut insérée, fan i6;8, dansun Recueil de Dissertations de Studìis bene instituendis , quifut imprimé à Utrecht.

(C) Qu'on alloit paster dans un fìécle encore plus éclaire quecelui ou il vivoit.] II faut l’entendre lui-même : voici cequ’il dit, après avoir touché les autres raisons qui rendoientfort difficile l’éxécution de son projet. Intellìgo etiam me mficulum incidijfe cultum pnter modum, nec tam certe vereor eo-rum, qui regnare nunc videntur,judicia,quàm exorientem quan-dam feculi adhuc paulo cultiorìs lucem perthnefeo. Etfi enimmultos habutt habetque etas nostra vires prisantes ; adhuc ta-men videre videor nescio qu'td magissuturum (4).

(D) Sa conjecture étoit bien sondée. ] Je croi que le XVIsiécle a produit un plus grand nombre de fa vairs hommes,que le XVII ; & , néanmoins , il s’en faut beaucoup quele prémier de ces deux siécles ait eu autant de lumières,que l’autre. Pendant que le régné de la Critique & de laPhilologie a duré , on a vu par toute l’Europe plusieursprodiges d’érudition. L’étude de la nouvelle Philosophie ,& celle des langues vivantes, aiant introduit un autre goût,on a cessé de voir cette vaste 8c cette profonde litérature ;mais, en récompense , ii s’est répandu dans Ia Républiquedes Lettres un certain esprit plus fin , 8c accompagné d’undiscernement plus exquis : les gens font aujourd'hui moinssavans, 8c plus habiles. Aconce avoit donc raison de voiren éloignement un siécle qui seroit un juge plus à craindrepour la Logique qu’il méditoit, que ne le pouvoir être lesiécle d’alors. Ce n'est pas moi, au reste , qui m'érigeainst en juge de la supériorité de nôtre siécle : je ne faisque me conformer au sentiment des conoìsseurs les plusfins. Nous sommes dans un tems , ditI’un deux (5), oùl’on devient sensible au sens 8c à la raison plus qu’à tout lereste. „ En quoi on peut dire à la louange de notre sié-,, cle , que nous conoissons déjà mieux le caractère des,, Auteurs anciens, 8c que nous sommes plus entrez dans,, leur esprit ;> que ceux qui nous ont précédez. La diffé-„ rence , qu’il y a entre eux 8e nous, est qu’on se'piquoit„ bien plus d’érudition dans le siécle passé , que dans celui-

„ çi. C étoit le génie de ce tems-là , où rien n’a

„ été plus en vogue que la grande capacité , 8c une pro-„ fondé litérature' : on étudioit à fond les Langues : on„ s’appliquoit à réformer le texte des anciens Auteurs par„ des interprétations recherchées, à pointiller sor une équi-„ voque, à fonder une conjecture pour bien établir une„ correction : enfin, on s’artachoit au sens littéral d’un Au-„ teur ; parce' qu'on n’avoit pas la force de s’éiever jusqu’à,, l’esprit, pour le bien connoitre , comme on fait à pré-„ sent, qu’on est plus raisonnable 8c moins savant, 8c„ qu’on fait bien plus d’état du bon sens tout simple , que,, d’une capacité de travers ”.

(£) Odieux à quelques Théologiens Protestans.] qu’on

ne m’accuse point d’avancer ceci en l’air 8c sans preuve , jeciterai les paroles d’un Ministre de la Haie. „ Jacobus Acon-„ tius , dit-il (6), (de quo jurt quod de Origene dici filet ,ubi (6) Saldemií

„ benè , nemo melius ; ubi malè , nemopejus,). dt-Dbns-.&c,

„ fuit .... vir vere doíìus, fid ingenii ut acris qu'tdem , ita ’ 3Î *’

„ O j elatioris , cr jufto l'tberaliorh : quin à nescio qualiscepti-„ ctsmo c? indijferenttsmo in ipsam Theologiain mtroducendo,, baudquaquam alteni, quod traâlatu suo de Stratagematis Sa-„ tanae testatumsatisfecit ; libello ( Simone Gotdartio judice)

„ omnium malorum peffimo (*j. Voetius ei adfcribit (f),

„ quod vel imperite vel sobdole communem confessions„ conceptum molitus sit , sob cujus vexillo militari possunt„ 8 c ipû Ariani ”. Ce qui vient d etre raporté de SimonGoulart ne fe trouve point, que je sache , dans ses Li-vres : je croi qu’on ne le tient que d’Uytenbogard , qui adit dans quelqu’un de ses Ouvrages , que lors qu’il étudioità Geneve , st fut censuré de la lecture d’Acontius par Si-mon Goulart, 8c averti que le Livre des Stratagèmes deSatan étoit le plus méchant Livre du monde , este librum■ omnium malorum pestimum (7). J’ai trouvé un autre pastagede Voetius concernant cette matière : ce Docteur y metAconce parmi les Hérétiques, qui sortirent d’Italie , sousle prétexte de la Réformation (8) ; 8c il assure , que si l’onavoit pris garde au venin qui est caché dans quelques en-droits de son Livre (J) , on l’auroit excommunié , ou con-traint de signer un formulaire d’orthodoxie. Judìcetur quisanguis in herba latuerit, quod hic vir in fundamentalibus astér-tìonibus nunquam ro ifíodo-tm trium perfonarum statuent, necadverfarios, Samosatemm, Photimm, Arr'mm , Eunomium ,Pneumatomachos, aut eorum errores rejecerit , contemus solossilos rejetlos , qui negarent filtum non este alìum d pâtre [st).

(P) ll y en a parmi les Protestans , qui f ont fort loué. ]

Mr. Crénius fournit des preuves de ces deux faits. II ob-serve (xo) que Conrad Bergius déclare qu’Aconce a raison-né prudemment 8c pieusement. Ce Bergius étoit Ministre8c Professeur en Théologie à Breme. Le Livre, où il parlade la sorte , est intitulé, Praxis Catholica divini Canonis con-tra quajvis Harefis csr Schismata, c rc, 8c sot imprimé à Bre-me , Fan 1639 , in 8. Rivet, en aiant eu un exemplaireex dono autoris , y écrivit quelques Remarques , dont je ra-porte celle qui concerne Aconce. Miror cur pag. 524, tantifaciat vir doélus judiciutn Acontii, hominis ambiguë fideicrSo-cinianorum vel prodromi , vel commilìtonis , cujus rei gratiâ abArminïanis loties récusas est cr commendatus, etiam in variaslinguas vulgares transtatus. Huic homint feopus fuit, ut ex totolibro apparet, ad tam pauca necestaria doílrinam Christianamarílare , ut omnibus fiítis in Chrifiiantsmo pateret aâitus admutuam communionem. Vellem dotìist. pium virum à tali-bus laudandis cr imitandis abftimiffe (n). Le Livre, qui mefournit ce passage , m’aptend aussi , qu’Iftc Junius (12I ,

Ministre de Délit, mettoit Aconce , les Remontrans, 8cSocin , dans la même classe, 8c le regardoit comme unhomme , qui vouloir réduire’à l’unité toutes les sectes, 8cles enfermer dans une même arche , comme Noé enfermatoutes sortes d’animaux dans la sienne , où elles forent con-servées , quoi quelles se nourrissent de différente pâture.

On voit dans le même Livre le jugement que Peltius faisoitd’Aconce : c'est qu’en réduisant à un petit nombre lespoints nécesiàires au salut, 8c en demandant la tolérancepour les opinions qui combatoient les autres articles , il n’yavoit point d’héréues à quoi il réouvrît la porte (13). En-fin , on voit dans le même Ouvrage , que non seulement pa „ , TArminius 8c Grevinchovius ont donné beaucoup de louait- fi Rc .ges à notre Aconce ; mais aussi , qu'Amésius , 8c George - ;

Pauli (14), Théologiens Réformez , l’ont fort loué. JacoboArminto t amen in Restons, ad Excerpta Theol. Leidens. pag. 6 ^.

Acontius est dívinum prudentias ac moderationis lumen.

Amesto prafat. ad Puritan. Anglicanos ey? Grevinthovto in Abf-terstone calumn. Smoutìì pag. 12 ç. ttpud B. Hulfimannum in De-dicat. Suppléments Breviarii Théologies pag. 6 idem Acontius estbmuthrciloí I» tcíIo yqaépdàc , qui fomentent Ecclesise An-glican* calore & rore cœlesti fovit scdulo (13).

. ACOSTA

(*) Tri- _gland. Hist.ïccles. pag.232.

ft) Voetius,Polit. Ecclesi

P r.r:. ìll, iuindice, ér pag*31 , 398 -

( 7 ) Uytenbo*gard, Histojria , BclgicèconscriptA,Cap-1 - pag. 7 ,Edit. in 4 .

( 8 ) Voe-tius, Diijuf.Theol. Tom.I, pag. 4 ps.0 ) Tag . 114.I2 3 » 34 * *Edit. Bf.jil.±An. 1610.

(9) Voe-tius, Disput-Theol. Tâ.I - P 45 - 5 oi.(ïo)ThonvCreuius,Animadv..Philolog-

& Historí-car. Panels}3 2 *

(n) Rivet.apud Cre-nium, ibid.pag. 30.

(n)lsaac Ju-ìîins in Exa-mine Apolo-gie Remon-

ítrantium ,

pag, 45 , apud

Crenium »ibid.

(13) Peltíuí

in Dedicationt

Harmonie»apud Cre-xîium, ibid.

íoimato au-gustano, feuApologiapitfDiftatis ftiiîdé Aug Con-seil'. apudCienium »ibìd.paç.' 32*(iS)Crenius?ibid. pag. 3 !»