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Tome premier. A - B.
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72
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A D A. A D A M.

(4) Arrian.Libr. 1.

{«) Diodor.Sicul. Libr.X VU.Strab. Libr.XIV.

(s) rlut. inAlexandre,t a i- á '7-

(t) On faftl-le ordinaire -ment le Para-dis urrejïrcy& le Jardind* Eden.

(b) Touchantttf Serpent ,•votez, les %e-marques de

F ^Article

d' Eve.

(c) Votez, lestint) premiersChapitres de laGenèse.

(i) GaraísejDoctr, Cu-rieuse , pag.213.

(2) Photiusex Hélladio,Bibiioth.fa*. 1583,nwn. 279.

(3) SommeThéologi-cjue, paç 12 6.oie il raportececi avec millealtérations.

C4) DanielFranciis .Discjuìs deïndicib. Li-bror prohi-bít Epi ft.dedicat »

(5) NomméFlorentinSchilling ,Clerc ‘Régulierde St. Paul,& Barnabite.

( 6 ) Augtlst.deCivic.Dei,Libr. XlV,Cap. XV. I.

(7) ibid. CtL ibr. XI. deGeneíi adliter. Cap.XXXì ; &Libr. I , *

Napt. &Coacupisc.Cap. ; crLibr. [ Lo-cutionarain Geaesratra.* 9 , èrLier. U dePeccat. Me-rit. St Re-nais. Cap.XXII '

(3l '-d. deCivit. Deí,Libr. XlV,Cap. XVII.

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le Roiaume, au bout de six ans , & défendit Halicamasse contre Aléxandre (d). Les révolutions,qui arrivèrent en ce teins -la , furent favorables à Ada : elle implora la protection de ce Conqué-rant contre l’Ufurpateur , lui livra la ville d’Alinde , qui étoit encore à elle , & lui promit de tra-vailler à le rendre maître de plusieurs autres (e). Alexandre lui fit un tres-bon accueil, & la ré-tablit dans fa première autorité fur toute la Carie, lors qu’il eut subjugué la ville d’Halicarnaflè.Elle crut lui pouvoir marquer fa gratitude , en lui envoiant toutes lòrtes de rafraîchisi'emens , con-fitures , pâtisseries , viandes délicates , avec les meilleurs cuisiniers qu’elle put trouver : mais il luirépondit qu’il n’avoit que faire de tout cela , & que Léonidas son Gouverneur lui avoir autrefoisdonné de plus excellons cuisiniers , en lui aprenant, que pour dîner avec appétit , il faloit se levermatin & J'e promener , U que pour faire un souper délicieux , il faloit f aire m sobre dîner (f).

ADAM, tige & pere de tout le genre humain , fut produit immédiatement de Dieu le sixiè-me jour de la création. Son corps aiant été formé de 1a poudre de la terre (J) , Dieu lui souflaaux narines respiration de vie , c’est-à-dire , qu’il l’anima , & qu’il en fit ce composé qu’on apellehomme, qui comprend un corps organisé , & une ame raisonnable. Le même Dieu , qui avoirproduit Adam , le plaça dans un beau jardin (a) ; & , pour le mettre en état d’impofer un nomaux animaux , il les sis venir vers lui : puis , il fit tomber fur lui un profond sommeil, & lui ôtaune côte (B) , de laquelle il forma une femme. Adam reconut que cette femme étoit os de sesos , [f chair de fa chair , & vécut avec elle , fans qu’ils eussent honte de se voir nuds. II y avoirdans le jardin un arbre , dont Dieu leur avoir défendu de manger , à peine de la vie. Cependant,la femme, séduite par un serpent {b) , ne laissa pas d’en manger , & de persuader à Adam d’enmanger aussi. Dès lors, ils s’aperçurent qu’ils étoient nuds (C) , & se firent des ceintures avecdes feuilles de figuier cousues ensemble. Dieu vint leur prononcer la peine dont il vouloir punirleur crime , les chassa du jardin, & leur fit des habits de peau. Adam donna le nom d’Eve â fafemme , & consomma son mariage. II devint pere de Caïn & d’Abel, & puis de Seth, & de plu-sieurs autres fils & filles, dont on ne fait pas le nom, & il mourut à l’âge de 930 ans (f). Voilà toutce que nous savons de certain fur son chapitre. Une infinité d’autres choses , que l’on a dites de lui,sont, ou très-fiiusl'es, ou très-incertaines : il est vrai qu’on peut juger de quelques-unes, qu’elles nesont point contraires à l’analogie de la foi, ni à la probabilité. Je mets en ce dernier rang ce quel’on dit de fa vaste science (D) : nous ne lisons rien dans la Genefe , qui ne soit moins propre ànous donner cette idée , qu’à nous en éloigner ; néanmoins il pourroit être qu’Adam sortit desmains de son Créateur avec les sciences infuses , & qu’il ne les perdit point par son péché , nonplus que les mauvais Anges ne font pas devenus moins favans depuis leur chute , & que les crimes

des

(A) De la foudre de la terre. ] Photius, si l’on en croit lePere Garasse ct) , a raporté que les Egyptiens disoient quela Sapience fondit un œuf dans le paradis terrestre, d'ou ms pre-miers fores sortirent comme une f aire de poulets. Je ne pensepas que Photius ait dit cela , & jc serois tort trompé , Ji cen est point une paraphrase trop licentieuse de ce Jésuite,forgée sur ce que Photius raporte touchant un certain hom-me marin , nommé Oé , que quelques-uns faisoient iflu ext S sr»» 7 «y«*a sfa (z) , c’eft- 4 -dire , selon le P. Garasse, enUn autre Livre (3) , de la race du premier de tous les hommes,qui s’apelloit Oeuf: ou, selon le P. Schottus, e primo parenteífa. II y auroit mille recherches à faire suri Oeuf, quiservit, selon la doctrine des Anciens, à la génération deschoses , lors que le Chaos fut débrouillé. Nous en touche-rons quelques particularisez fous le mot Arimanius.

(B) Et lui ôta une côte.] Un Auteur moderne (4) , vou-lant montrer aux Catholiques Romains , qu’ils ont tort dese croire plus habiles que les Proteítans, leur reproche en-tre autres bévues celle d’un Prédicateur (5), qui dit qu’A-dam avoir été sonné de Pune des côtes d’Eve. II rapor-toit qu’un Philosophe , aiant proposé ces trois questions àThéodore , disciple de St. Pacômc : Quel homme n est pointné , mais est mort î Quel homme est né , mais n est point mort}Quel homme est né zx mort, mais non pas pourri? eut pour ré-ponse , que les trois personnes en question étoient Adam,Enoch , & la femme de Loi h. Adam n est point né ,ajouta le Prédicateur; car il a été formé de l'une des cô-tes d’Eve. Son Sermon a été imprimé à Vienne en Autri-che , l’an 1654 , avec l’aprobation dú Sous-Doien des Pro-fesseurs en Théologie , qui étoit alors le Pere Léonard 6a-chin , Jésuite. Cet Aprobateur déclare qu’il a lu le Livre ,& qu’il n’y a rien rrouvé contre la foi, ni contre les bon-nes mœurs. Preuve du peu d’attention avec quoi les Cen-seurs des Livres examinent certains manuscrits.

; C) ils s'aperçurent qu ils étoient nuds. J L’Ecriture ditque leurs yeux furent ouverts. Cette expression fit croireau peuple qu’Adam & Eve furent aveugles , jusques à cequ’ils curent transgressé le commandement de Dieu. Nequeenim cxci creati erant, ut tmperitum vulgus opinatur (6). St.Augustin réfute solidement cette fausseté en divers endroitsde lés Ecrits (7) , 8c dit que cette ouverture des yeux denos premiers peres , consista en ce qu’ils s’aperçurent decertains mouvemens corporels qu’ils ignoraient auparavant,£c qui leur donnèrent de la honte : Extitit in motu corforisquidam impudent novitas, unde ejfet ìndecens nudttas , ex fecitattentas , redditque confuses (8).

(D) Ce que l’on dit de fa vaste science. ] Mr. Moréri ne secontente pas d’assûrer en général qu’Adam avoit une par-faite connoijfance des Sciences , ZT fur tout de l Astrologie , dontil aprit plusieurs beaux secrets à ses enfans , il aj otite que so-sephe dit qu Adam grava sur deux diverses tables des observa-tions qu il avoit faites fur le cours des Astres. J ai cherchecela dans Josephe ; mais j’y ai seulement trouvé . que lesdescendans de Seth . fils d’Adam , inventèrent l’Astrologie,& qu’ils firent graver leurs inventions fur un pilier de bri-que , 8c fur un pilier de pierre ; afin de les préserver de ladestruction générale , qui, selon les prédictions d’Adam,

devoit arriver une fois par le feu , 8c une fois par le délu-ge (p). Quand on est capable de falsifier de la sorte un W Joseph.Auteur qu’on cite , on ne regarde pas assez près au textede ses témoins , pour ne leur rien faire dire que ce qu’ils u.’ 'déposent ; ainsi, je ne m’étonne nullement que Mr. Mo-réri attribue à nôtre premier pere d’avoir imposé le nomaux plantes ; je ne m’en étonne point, dis-je , encore queTEcriture ne le fasse Auteur que du nom des bêtes. Ceux,qui infèrent de cette imposition de noms , qu’Adam étoitun grand Philosophe, ne raisonnent pas assez bien pour mé-riter d’être réfutez. Pour revenir à la vaste science qu’onattribue à Adam , je dis que , selon l’opinion commu-ne (10), il savoir plus de choies dès le premier jour de h ct°) r.insvie , qu aucun homme n’en peut aprendre par une longue Saliani A u*expérience. II n’y avoit guéres que l’avenir casuel, les ...

pensees du cœur , 8c une partie des individus, qui éclia- , 0 , \passent a son esprit. Cajétan , qui a osé lui dérober la par-faite conoissance des astres 8c des élémens, en a été fortcensuré. Quelques -uns aiant voulu mettre en dispute siSalomon ne doit point être excepté de la thèse générale,qui met les lumières d’Adam au dessus des lumières de tousles autres mortels, ont été condamnez à reconoître qu’A-dam étoir plus habile que Salomon. 11 est vrai que Pinédoen excepte la Politique ; mais on n’a point d’égard à sonsentiment particulier : on prononce que l’entendement spé-culatif du premier homme étoit imbu de toutes les conoif-sances philosophiques 8c mathématiques , dont le genre hu- ,main est naturellement capable ; 8c que son entendementpractique possédait une prudence consommée à l’égard detout ce que l’homme doit faire , soit en particulier , soit enpublic : 8c, outre cela , toutes les Sciences morales, 8c tousles Arts libéraux, la Rhétorique, la Poésie, la Peinture, laSculpture , l’Agriculture , l’Ecriture , 8cc. Chacun fait leslouanges qui ont été versées à pleines mains fur la mémoired Aristote , comme si 1 on s’étoit étudié à renvier les unsfur les autres. On avoit déjà épuisé toutes les idées, 3 ctoutes les comparaisons, lors qu’un bon Chartreux , vou-lant escalader un superlatif auquel on n’eût point encoreporté la vue , soutint que la science d’Aristote étoit aufíiétendue que celle d’Adam (n). Quelques Rabins se sont (n) Hen»contentez d egaler en fait de science le premier homme à de Haffia.Moïse 8c à Salomon (u) ; mais quelques autres ont fou- vivoittenu qu’il surpassoit en cela les Anges, 8c en ont allégué TvTTtpour preuve le témoignage de Dieu luì-même (13). Ils di- ' j

sent que les Anges aiant parlé de l’homme avec quelquesorte de mépris, lors que Dieu les consulta sur sa création, pent . sediict-Dieu leur répliqua que l’homme étoit plus habile qu’eux ; pag. s°-& , pour les en convaincre , il leur présenta toutes sortes (13) â' 4 .d’animaux , 8c leur en demanda le nom. Ils ne furent que P a x 4S, s Í!répondre. Tout auíîi-tôt, il fit la même question à l’hom- s7 ‘me , qui les nomma tous l’un après Fautre : 8c interrogéquel ferait son nom > 8c quel étoit celui dg Dieu , il répon-dît tout-à-fait bien , 8c donna à Dieu le nom de Jéhovah.

Selon ces mêmes Rabins, voici le sens qu’il faut donner àcet Aphorisme de leurs Docteurs , La taille d’Adam $’éten-dait dé un bout du monde jusques à lé autre , c’est qu’il copois- (14J df-soit toutes choses (14). f«i- s s -