ADAMITES. ADONIS.
8i
(i) Dans U? 'Article j
Picards*
( 4 ) Votez
* Article
Myrrha.
si)Ovìd.Me-**m. Libr.X.*■ 337 .si) Hyginus.c 1 - CLXIK
Lc dc fort bonne famille , courir tout nus ; & qu’il y en eut d’aslez fanatiques , pour monter furdes arbres , où ils attendirent vainement que le pain leur tombât du Ciel, jusques à ce qu’ils tom-bèrent eux-mêmes à demi-morts fur la terre. Je citerai ailleurs (t) un Ecrivain (k) qui attelleune partie de ces faits.
ADONIS , mignon de la Déesse Venus , étoit fils de Cinyras, Roi de Cypre. (a?). Les Poè-tes ont prétendu que Myrrha (a) , fille de ce Roi (b) , devint fi éperdument amoureuse de son pe-re , qu’elle se fit introduire dans son lit, sans qu’il fût qui elle étoit. Quelques-uns disent qu’ellesc servit de l’artifice des filles de Lot (c). Adonis fut le fruit de cet inceste. II étoit parfaitementbeau ; Lc il parut si aimable aux yeux de Venus , qu’elle l’enleva (B) , & qu’elle quitta tout pourêtre avec lui. Le Ciel même lui sembla un séjour peu agréable, en comparaison des montagnes &des bois, où elle íùivoit Adonis, qui étoit un grand chasseur (C). Jugez si les Poètes n’ont pas dis-tillé toutes les figures de leur art (d) , pour représenter la douleur inexprimable qui saisit le cœurde cette Dédise, lors qu’un sanglier lui eut tué son cher Adonis (D). Jamais deuil n’a été plus cé-lébré ,. ni plus immortalisé , que celui-là : presque tous les peuples du monde en perpétuèrent lesouvenir par un grand attirail de cérémonies anniversaires (£). Quelques Auteurs disent que ce ne
fut
(k.) Lambèr*tus Horten-sias, ìn Híst.Tumult. A-uabaptist.
(d) Ovidíus,M.etim.Libr.X. Biòn,
£ ìêÚÀ?.. u.Volez, auffiTheocrite,Lb'.êÓÁZ. Aíáiir , entre UsModernes,Mr.Ménage, dtmsses ,PoéiiesGreques,t*&- i«7-
Meirfius deinfula Cy-k-°. i,/ r ."> a p. IX.
I 2 ) Apollo-
Ht- 238.b) Ovid.t ^ n m.Uir.í’ *■ 48 o.
» 3 .
(4) Faust n.*» Bœoticis.
si) Stiabo,L,br - XVI,H- s 20.si) Antonia.
Ca f-XxxiV.
si) Vide^nckeri
5 ?»» »
ìlTiï c *r-
(A) Fils de Cinyras, Roi de Cypre .] Presque tous les Au-teurs conviennent que Cinyras régnoit en cette Ile (1),encore que quelques-uns aient dit qu’il avoir régné prémie-rement dans r Assyrie (2). V oiez l’Article B y r t o s. Ovi-de le fait naître dans l’Ile de Cypre ; mais il veut queMyrrha , fuiant son pere , qui la vouloir tuer , après qu’ileut conu son inceste , ait traversé l’Arabie , 8c soit accou-chée d’Adonis au païs des Sabéens (3). II n’eût pas malfait de remarquer en quatre mots, que Cinyras étoit passéde file de Cypre dans l’Arabie, ou que Myrrha s’étoit em-barquée dans cette Ile. Lors qu’Adonis naquit, fa mereavoir déjà été métamorphosée en l’arbre d’où coule la myr-rhe. Nous aprenons de Ptolomée fils d’Hephestion, queVenus , cherchant Adonis , dont elle avoir su la mort, letrouva à Argos, ville de Cypre , dans le Temple d’ApollonErithien. II y avoir donc des gens, qui disoient qu’il avoirété tué dans cette Ile. Properce est de ce nombre , lorsqu’il dit dans la XIII Elégie du II Livre »
Tejlis , qui niveum quondam percujfit AdonimVenant em Idalio vertice , dur us aper.
Il y avoir à Amathonte , dans nie de Cypre, un Templed’Adonis 8c de Venus (4). Strabon dit que Byblos étoit leséjour du Roi Cinyras, 8c qu’on y voioit des Temples d’A-donis (;). Notez qu’Antoninus Liberalis conte que Myr-rha , qu’il apelle Smyrna, étoit née au mont Liban, 8cque son pere s’apelloit Theias (6). Aparemment, Panyasislui avoir donné le même nom , 8c non pas celui de Thoas,qu’on lit aujourd’hui dans Apollodore (7). On le lit auffidans Probus fur la X Eclogue de Virgile , avec cette cir-constance , que ce Thoas étoit Roi de Syrie 8c d’Arabie :c’est d’Antimachus que Probus emprunte cela.
(B) Venus — Penleva. ] Ce fait n’a été guere remarquépar les anciens Ecrivains : je m’en étonne; car st étoit conud’un chacun. Les Peintres en faisoient la matière de leurstableaux, tout comme du ravissement de Ganymede : c’estce que Plaute nous aprend.
Me. Hic mihi; numqua. vidìstì tabulantpifíam inpariete ,
Vbi aquila catamìtum raperet , aut ubi Venus Adoneum f
'L-L-- c«>.
U*'J’ *«>.
11 > *.34.
si> Ovid.^f'-Liír.*> h.j
• 532 .
si°) Virgi,
f H. f,
v. 18 . '
ív, L y c <>-
faton.
U Apot.
£â'"'
(C) Le Ciel lui sembla un séjour peu agréable en comparai-son ... des bois ou elle suivoit Adonis, qui étoit un grand chas-seur .] Lisez ce passage d’Ovide :
Abstinet & cœlo : cœlo presertur Adonis :
Hum tenet : huic cornes efi : ajfuetaque semper in umbrûIndulgere fibi , formamque augere colendo ,
Per juga , per filvas , dumosaque saxa vagatur (9).
Virgile représente Adonis fous une autre idée, que fouscelle de chasseur,
Ne te poeniteat pttoris , divine pdèta ,
Et formosus oves ad fiumina pavit Adonis (10).
Peu de gens, ce me semble, ont parlé de ce mignon deVenus comme d’un Berger. Servius débite fur ce passagecertaines choses, qui ne font pas moins éloignées de la tra-ditive commune que celle-là. Quelques-uns ont dit quecette inclination pour la chasse étoit l'ouvrage des Mu-ses (11). Elles vouloíent du mal à Venus, de ce qu’elleavoit inspiré à plusieurs d’entr’elles de l’amour pour lesmortels. Afin d’en tirer vengeance , elles chantèrent de-vant Adonis quelques airs, qui lui donnèrent une passionviolente pour la chasse. C’est peut-être par là qu’il devintodieux à Diane; car gens de même métier ne s’aimentpas trop. Quelques-uns ont dit que la colere de Diane futcause qu’un sanglier tua ce jeune homme (12).
(L>) Lors qu un sanglier lui eut tué son cher Adonis."] Theo-crite feint que Venus s’étant fait amener ce sanglier le que-rella rudement ; mais qu’il lui fit ses excuses fur la pas-sion violente qui l’avoit saisi à la vue d’une si belle cuisse.11 la voulut basser , & le fit d’une maniéré trop emportée.- 2L eut tant de regret, qu’il trouva que ses défenses méri-£QM, â .. -
toient d’être coupées, 8c qu’il les brûla lui-même (13). C’estainst qu’un Ecrivain docte Sc poli (14) a expliqué le der-nier vers de cette Idylle de Theocrite. Les Editions portentex.ce.iE t«s 'éeoirotí , excujfit amores ; mais il croit qu’il faudroitlire òéotTocí, dentes, au lieu à'eçcoTxç. Ce terrible baiser mefait souvenir d’une pensée du Cavalier Marin : il introduitle Dieu Pan , qui se vante que les taches qu’on voit fur laLune font les impressions des baisers qu’il lui a donnez. IIfaloit qu’il y astàt d’une grande force. Quelles caresses !pour peu qu’on y ajoutât , elles ressembleraient à celles dessinges. On dit qu’ils étouffent quelquefois leurs petits, àforce de les caresser. Qu’auroit dit Horace fur tout ceci,puis que pour une bien plus petite chose il a parlé de cettemaniéré ?
Sive puer furens
ImpreJJit mtmorem àente labris notant.
Non , fi me satis audias ,
Spores perpetuum dulcia barbareLadentem oscula , qutt Venus
(suinta parte Jui nedaris imbuìt (13).
Nous parlerons peut-être de ces sortes de morsures dansl’Artide Flora.
Notez qu’un très-bon Critique m’a fait savoir que lacorrection pour -/-->?«; n est point nécessaire. La vé-
ritable explication de ce vers, dit-il, est que le sanglier ™ ws,orçoc-oJàv , en se jettant dans le feu , exccu ’éçu'lcttbrûlaen même tems fes amours, il y a non seulement de la raison , •mais de la finejje, à dire que ce sanglier, brûlé auparavant parson amour , avoit trouvé à, son tour le secret de le brûler. Po-litien a bienfait valoir cette pensée dans l"Epigramme qu il fitfur Pic de la Mirande, qui jetta au feu ses vers d"amour. Ajou-tez, a tout ceci, qu il efi bien dificile de s" imaginer comment l'a-moureux sanglier auroit pu mettre ses dens auseu c? les brûler,fansse brûler lui-même.
(E) Grand attirail de cérémonies anniversaires .] Aristo-phane , dans fa Comédie de la Paix , compte la fête d’A-donis pour l’une des principales fêtes des Athéniens. Pres-que tous les peuples de la Grece la célébraient : les femmesy joiioient le principal personnage , en pleurant la mort dece galant, ou de ce mari (16) de Venus. Pemina mifirabiliplantiu in prim&vo flore fuccijam spem gentis folitis fletibus con-clamabant, ut lacrymare cultrices Veneris sape speêlantur insol-lemnibus Adonidis sacris (17). Elles y faisoient des funérail-les en peinture, comme nous l’aprend Plutarque, dans la Vied’Alcibiade , 8c dans celle de Nicias. Les Courtisanes n’é-toient pas des moins empressées à célébrer cette grande fo-lemnité , comme on le peut recueillir d’un passage du Poè-te Diphilus, raporté par Athénée (18). On n’oublioit pasde dresser deux lits , dans l’un desquels on couchoit la figu-re de Venus, 8c dans l’autre celle d’Adonis. C’est ce qu’onaprend de Theocrite (19). Les Esprits forts se moquoientd’un culte de Religion , qui confistoit à pleurer ; §uid ab-fardius quam ... hommes jam morte deletos reponere in Deos,quorum omnis cultus ejfet futurus ìn luâlu (10). St. Augustinaprouve cette raillerie : Sacra sunt Veneris , dit-il (21) , ubiamatus ejus Adonis aprino dente extinòlus juvenis formofijfmiusplangitur. Les peuples de Syrie étoient encore plus fous àcet égard-là , que les Grecs ; puis qu’ils ne fe contentoientpas de gémir 8c de pleurer : ils se donnoient aussi la disci-pline ; 8c, après s’être fouettez , 8c avoir assez pleuré, ilsfaisoient le sacrifice des morts pour Adonis, 8c fe rasoientla tête. Les femmes, qui ne vouloient pas être rasées, dé-voient se prostituer tout un jour aux étrangers ; 8c l’argentqu’elles gagnoient étoit emploié à un sacrifice, qu’on of-frait à Venus. Le deuil finissoit par la joie ; car on fei-gnoit qu’Adonis avoit recouvré la vie. Lucien , qui nousaprend ces circonstances, dit aussi que les Syriens préten-doient qu’Adonis avoit été tué par un sanglier dans leurpaïs (22). Voiez la Remarque (i), où nous dirons, entreautres choses, que cette fête fe célébrait encore à Aléxan-drie, autems de St. Cyrille. La procession étoit pompeu-se; puis que la Reine mêmey portoit le simulacre d’Ado-nis. Arfinoé , femme de Ptolomée Philadelphe, reçoit furcela de l’encens de Theocrite (23). Les femmes, qui ac-compagnoient la Reine, portoient des fleurs 8c des fruits,8c cent autres choses. On prétend que tout cela , 8c lesimulacrepiêmed’Adonis, devoit être jetté dans la mer,
L vu
(13) Thcoca
XXXI , enXXX} fdond*autres Edi-tions.
(14) Mr. dei-ongepieirc:Viriez j a Tra-duction deBion, fag 47Edit. de Paris ten i6$6 } in 12.
(15) Hoiât.Od. XIII,Libr . i .
(16) Venus,dans PlcLjUeXXXI deTheociite.le non.me sonMari. 2 6 fit#
70V
tTVTpetç •
Tun* meumvìruw percHs-fisti ? Bion,dans Ptdyilefur la mond ^Adonis , re-préstmeVenus ,fi oo a c-& 7 to-7iv , apellantson Mari : &Ciccron, deNaturâDeor.
Ltb. 111 } Cap*23.parle d*uneVenus de Sy-rie , mariée 4^Adonis Votezd Idy lle XV de
Théocrite,drFirm.Mater-nus, de Er-lor.pïof.Re-hg. f«g. 21.
(17) Amm.Marcel. Libr.XIX, Cap. I.
(18) Athen.Libr. VU,pag. 2J12.
(1 s) Theocr.Eidyll. XV.
(20) Cicerode NaturâDeor. Libr.r,Cap. XV.
(21) AUgust.de Civiç Dei
. Libr . VI, Cap.VIL Voiez,auffi Film.Matern. deErrore pro-fan. Aelig.21.
(22) Lucia-nus de DcaSyria.
(2}) Theo-Crit. Eidyll.XV. Voiez USommaire dt
msi t Idyllf.