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Tome premier. A - B.
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Eze-

(39)

- Chap.

*• H.

me s ers‘t V'rlìtm de

(40) Hie-

*? n - Ubr.in.

VomintMt.

111 Ezccuiel.

< 4 l)CytiH.

111 Eíaiam,

Libr, j/ .

< 4 Z) EsaïeXVUI,Tf.ïé-z,

Í43) Cytill."> Esaiam .

*-'W. U. JePfi fers de la■Traduílion de■*fr. de Lon-Sepierre,

?«í reparte cet“ffage dansses Notes furEion,^ 45 .

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I - Cap.

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ADONIS. ADRASTE. 8z

Feint que Venus cacha , ou même qu’elle enterra ce sien mignon fous des laitues (K) ; puis qu’ilsobfervoient que cette plante rend inhabile à Pacte vénérien. On comprendroit peut-être leur allé-gorie, s’ils avoient entendu par là que Venus avoit mis fur les dens son favori , & qu’elle l’avoit faittellement paífer par l’alembic , qu’il n’étoit plus comparable qu’à la terra damnata , & qu’au caputmortuum des Chymilles ; mais ils ne parlent pas d’une telle explication. Ils n’ont pas dit tousqu’il loit mort de íâ blessure (L). II y avoit auprès de Byblos une rivière nommée Adonis,qui defeendoit du mont Liban. Elle devenoit rouge une fois Pan , à cause que les vens y trans-portaient beaucoup de poulîiére , qui resscmbloit à du vermillon. On ne manquoit pas alorsde dire que c’étoit le teins de pleurer Adonis j que c’étoit le tems où il recevoit des blessuresfur le Liban, & où son sang couloit dans cette rivière (t).

qui estaient astìses pleurantes Thammus (39) , est Adonis. IIn’i pas oublié de remarquer les deux faces de cette fête :d’abord on pleuroìt Adonis comme mort ; & puis on lechantoit, & on le loiioit comme revenu au monde : Plan-gitur a mulierihus qaafi tnortuus, cy postea revivisçens canituratque laudatur (40). St. Cyrille nous aprend diverses parti-cularisez de cette fête. II dit qu’on la célébroit encore dansAlexandrie (41 ) ; & , quand il explique ces paroles , Mal-heur jur le pats .... qui envoye par mer des Ambastadeurs,

C r ce en des vaistéaux de jonc fur les eaux (42,) , il veut quel’on les entende des Lettres que l’on envoioit pour faire sa-voir qu'Adonis étoít retrouvé. Ils prenaient , dit-il (43) ,un vase de terre ; ey ensuite, écrivant une Lettre aux femmes deBiblas , comme fi Adonis eût été véritablement retrouvé, cy lamettant dans ce vase, ils le scclloient,çyle mettoient fur la mer,âpres avoir employé quelques cérémonies. Ce vase , à ce quilsastiiroient , se rendoìt de lui-même à Bìblos dans certains joursde lannee , cy quelques fernmes chéries de Venus t y recevantcestoient de pleurer, âpres avoir ouvert la Lettre , comme fi Ve-nus eut retrouvé son Adonis. Lucien dit qu’il a vu à Byblosla tête de carton , que les Egyptiens y envoioient tous lesans, lans autre cérémonie que de la jetter dans la mer. Lesvens la portoient tout droit à Byblos clans sept jours , quiétoit le tems ordinaire qu’on emploioit pour paífer d’Egyp-te à cette ville. Procope de Gaze raconte ceci tout de mê-me que Saint Cyrille (44). Selon ce dernier , les Grecscroioient que Venus étoit descendue dans les Enfers, pourle recouvrement d’Adonis ; & , comme ils disoient qu ason rKour l’on avoit su qu’elle l’avoit retrouvé (45) , il sa-lait que les commencemens tristes 8c lugubres de la fête seterminassent par de grandes réjouïíîances.

(K) Sous des laitues.'] C est Callimachus, qui a dit queVenus cacha Adonis fous des laitues (46). Selon Cratinus,elle en fit autant à Phaon, pour qui elle avoit beaucoupd’amour. Qu’avoit fait Athénée de son bon sens, lors qu’ilavança que les Poètes ont voulu signifier par une semblableallégorie , que les laitues causent une espece d’impuissanceà ceux qui en mangent ordinairement ? Si elles avoient cet-te vertu , Venus les auroit-elle choisies , pour en faire unecouverture à ses mignons ? Ne les eût-elle pas abhor-rées jusqu’au nom & à la vue ? N’eût-elle pas craint queleur simple attouchement ne fît un mauvais effet ? Remar-quez une différence entre Callimachus 8c Eubulus : ce der-nier a dit , qu’après qu’Adonis fut mort , Venus Vent errafous des laitues : d’où il inféré que cette plante n’est bonneque pour les morts (47). L’origine de tous ces contespourroit bien être ce que l’on disoit, qu’Adonis, aiant bienmangé d’une certaine laitue qui croiffoit dans File de Cy-pre , fut tué par un sanglier. Ceux qui feront réfléxionfur l’endroit où le sanglier le blessa , trouveront sans peinele dénouement de tout ceci. Adonis étoit devenu impuis-sant , pour avoir trop mangé de ces laitues : voilà pourquoion a feint qu’après cela il reçut à Faine une blessure mor-telle. II ne faut donc point préférer le mot x.oi]u.<pvym àcelui de xa}aép«.ym (48) ; & il est beaucoup plus raisonna-ble de penser que Nicander a parlé de cette laitue commed’un aliment d’Adonis , que de croire qu’il en ait parlécomme d’un asyle qu’Adonis chercha contre le sanglier.

f avertirai mon Lecteur , que Mr. de la M on n oie n’estpas de ce sentiment. Voici une Remarque , qu’il a bienvoulu me communiquer. „ Le xcc]a,pvym des Manuscrits,, est préférable de beaucoup au y.xlatpaym des Imprimez.„ Nicandre , dans l’endroit que cite Athénée , parle d’une„ forte de laitue , fous laquelle, dit-il, Adonis s’étoit réfu-„ gié , lors que le sanglier le tua. Cela fait un fort bon„ sens ; au lieu qu’il y en auroit trop peu à dire que c’est de„ cette laitue qu’Adonis avoit trop mangé , lors que le san-„ gîter le tua : l’.expreffion ne seroit, ni claire , ni suivie ;-, 8c ce ne seroit qu’un mélange confus de l’allégorie 8c de,, la fable. II faut prendre garde dc plus que Splìa^ étant,, du féminin, il faudroit í? ou K» xa.'la.cpa.ylis, parce qu’a-„ lors S fe prend adverbialement pour quo”. II est certainque Casaubou a préféré x.aì<z.<p-jym à (49) : st a

confirmé son sentiment par les paroles qui se trouventdans la même page d’Athénée, ô êpiS'a.yJoa.n àvroy-pú-

■scu (50) , in pulchris laHucis abdidijse ; mais il auroit dûprendre garde qu’Athénée ne les raporte qu’après avoir ci-

té un long passtge d’un Poète , qui a dit que si quelqu’unmange de ces laitues, il ne peut rien faire avec une fem-me (51). Remarquez bien que les paroles de ce Poète sui-vent immédiatement ce qu’a dit Nicander. Or c’est unsigne qu’Athénée n’a point écrit » xctTxtpvym , mais í» ou>js Ku.'ìu.tpa.ym. C’en est un signe d’autant plus clair, quenous voions que cet Auteur aiant cité Callimaque , qui adit que Venus cacha Adonis fous des laitues , observe quec’est une allégorie destinée à montrer que ceux qui man-gent ordinairement de cette herbe, deviennent lâches 8c in-valides par raport à cette Déesse: a' ^Myoptssm rSv xottslSi

0 r: ûc<r. 9 -£veT$ ùsft wtfiç, ûtppoê'írrtcc òi y,pâ}pt.s]ioi ôptS'x^t.

Ea quidem allegoria Poétis innuentibus, qui affiduè laflucâ ves-cuntur,ad Venerem este invalidas. II ne faut point se faire uneafaire de ce que Nicander auroit mêlé fort confusément l’al-légorie avec la fable ; car les Poètes font tout pleins de cemélange. Remarquons de plus, qu’il a entendu tvès-mal lemot qu’il a voulu expliquer. Bpcvêto Ísíyea-d-x.1 pntft sraçà Kv-srploìc B-píS'a.x.a. (32). Laélucam àCypriis dicit vocari Brenthin.

II a pris un sapin pour une laitue (33). Cette faute sa dû 'conduire à changer la tradition ; car il a bien vu qu’il eûtété ridicule de suposer qu’Adonis sc réfugia fous une laitue.11 a donc conté qu’elle lui servit d’aliment.

(L) Ils rìont pas dit tous qu il soit mort de sa blessure.] Con-sultez sur cela le troisième T orne de la Bibliothèque Univer-selle (54). On peut ajoûter aux Remarques que l’on y trou-ve un passage dePtolomée fils d’Hephestion (55) : c’est ce-lui où il est dit que ce vers de l’Hyacmthe d’Euphorion ,

K.ajx.V 7 oç pistvoç tûv û. 0 ít\ícéci. vlstev ,

Soins Cocytus sua vaincra lavit Adonìm ,

n’a pas été entendu. II signifie toute autre chose que ceque l’on pense ; car il nous aprend qu’un certain Cocyte ,disciple de Chiron, avoit guéri Adonis de la blessure du san-glier. Les cérémonies de la fête nous doivent persuaderqu’Adonis n’en mourut pas. On s’affligeoit au commence-ment, comme s’il eût été mort ; 8c ensuite, l’on sc réjouis-'soit, comme s’il fût revenu au monde. „ II n’est pas dtffi-„ este de deviner, que l’on a formé cette fable lùrquel-„ ques expressions fortes des Egyptiens ou des Phéniciens,„ qui disoient que ceux qui étoient guéris d’une grande ma-„ ladie , ou échappez d’un grand péril, avoient été tirez„ du tombeau. On en trouve divers exemples dans les„ Pseaumes (ç6).,, Ajoutez à cela ,, que c’étoit la cou-„ tume des Orientaux , de consacrer des figures d’or des„ parties du corps dans lesquelles ils avoient été incommo-,, dez. On en trouve un éxemple dans le I Liv. de Samuel,„ ch. vi. fi. 4. Adonis ayant été blessé dans Faine , 8c étant

,, guéri de fa blessure , st consacra un phallus d’or.

„ L’on avoit un très-grand respect pour cette figure dans„ les mystères d’Osiris (37) ". Nous trouvons ici la confir-mation de la Remarque précédente : les nuages se dissipent;on commence à voir le jour. Venus crut avoir perdu pourjamais, non pas la vie, mais le sexe de son mari ; soit qu’ef-fectivement un sanglier lui eût maltraité cette partie > soitqu’un sortilège , ou bien quelque autre principe que nousne conoissons pas, y eût jette un dévolu , 8c une funestemortification ; voilà le sujet de ses larmes. Mais la plaieaiant été consolidée , ou le charme aiant été levé , Venusse persuada que sou mari ressuscitoit , 8t qu’il lui revenoitdu plus profond des Enfers : voilà le sujet de sa joie ; 8c ,a fin de conserver la mémoire de tout cela plus mystérieuse-ment , 8c plus honorablement tout ensemble , st fut dit quetous les ans la fête d’Adonis seroit célébrée de telle 8c detelle maniéré. II seroit aisé d’adapter à cette hypothèse lesexplications de Macrobe : son Soleil descendant aux partiesinférieures du Zodiaque , 8c puis remontant aux supérieu-res ■: son sanglier , l’image du froid , 8c par conséquent deceux qui apartienent au titre du Droit Canonique De frigt-àis cy maleficiatis : sa Venus désolée, à cause qu’elle estveuve de son Soleil > 8c puis riante au retour de ce bel astrequi la rend féconde. Chacun, voit qu’il ne seroit pas difficilede faire usage des conventions de Venus 8c de Proferpine,je veux dire de ces semences concentrées au sein de la terrependant quelques mois , dont elles sortent ensuite pour lapropagation de l’espece.

ADRASTE, Roi d’Argos , fils de Talaus & de Lysianasse (a) , fille de Polybe, Roi de Si-cyone , s’aquit une grande réputation dans la fameuse guerre de Thebes, où il s’engagea pour sou-tenir les droits de Polynice son gendre [A] , qui avoit été exclus de la Couronne de Thebes par

Eteocle

(a) Les droits de Polynice son gendre.] Pausanias dit qu’A- dent que ce mariage ne se fit si u âpres que Polynice exclusdraste avoit marié fa fille avec Polynice , avant les disputes par l’on frète se fut retiré chez Adraste. Ils content que Ty-pour la succession de Thebes (1) : mais d’autres préten- dée s’y retira en même tems : & que ces demt réfugiésTOAf, i w ' ’ ' * L z étoient

(t) LUdiart.de Dea Sy-ila.

(s 1) Amphisin lalemo.

(52) Athe-

D2US, Libr.n , Cap.

xx vm,

pag. 69.

(53 ) volez, laBibíiothequ*Universelle,

Toene I/I,pag. Z8. .

( 54 ) Pag-V.(Sî) ApudPhotium,pag. 472.

(s6)Biblío~theq. Uni-vers. Ton.III, p“g. Z I.

(57) Lh-me-me, pag.ìl.

(X) Paufan,Libr. II,pag. S o.