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Tome premier. A - B.
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AGA R. AGATHON.

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Leurs Ecrivains ne marquent pas cette raison, Sc ne reconoistënt qu’un raport très-éloigné entreAgar Sc cette pierre (K). Un Auteur cité par Eusebe vouloir fans cloute parler d’Agar, lorsqu’il disoit qu’Abraham épousa une servante Egyptienne, dont il eut une douzaine d’eniàns, qui«'emparèrent de P Arabie, Sc la partagèrent entre eux (d). Les Rabins ont avancé une autre ta-ble, lavoir qu’Ismaël refliiscita avant que de naître: «ir, disent-ils, sa mer e perdit son fruit en pu-nition de sa vanité , (s par les fatigues da voiage-, mais fa déférence pour F Ange , qui lui conseilla des'humilier fous fa maîtresse , obligea Dieu à ranimer son enfant.

Cornélius à Lapide allure dans la page 171 de son Commentaire sur le Pentateuque, queToltat a cru cette rêverie. C’elt à tort que l’on accuse Calvin d’avoir vomi les injures les plusgrossières contre Abraham Sc Sara, au sujet du concubinage d’Agar : mais on a plus de raison detrouver foible l’apologie de St. Augustin pour cette conduite du Patriarche. Voiez les Remar-ques (/) & (As) de l’Article de Sara.

(d) Meïo,apud Ale-xand. Voiy-t ift. citanteEuíeb. FrœpiEv. Ubr.lX,Cy. XIX,

( 2 4) Euthy-

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Vufliumde

® ri g. Idol.L 't>r. u,st'f- XXXI,tir Lìbr. vjCapke '

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*%£tv ,pliera Vene-* ls haberc.Jsoflìus , de-Y'gineAdololatria;

Cap.

X XXl,p a ,4^7 Edit.t cancosurt.I 15 ) Suïdasl»

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jfo) Ar no .t a í- i 9 s.

f. 18.

312 Euseb '"*». îI S o.

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rPÇcimine^ïstoiiar,A wb. p a ,

«3 &fi.

Vxmibui.

les fonctions de paranymphe : cela ressembloit plus à desnoces, qu’à toute autre chose ; & l’on nous viendra direqu’un tel mariage le consomma sur une pierre. Ce conteseroit bon à débiter, s’il s’agissoit d’un maître , qui auroiteu peur de fa femme, & que cent raisons auraient obligéà faire son coup à la dérobée, par tout où il en auroit trou-vé Foccaslon: persuadé que s’il la laiíî’oit échaper, pour at-tendre un meilleur gîte, il ne la retrouverait peut-être defa vie. Quoi qu’il en soit, nous aprenons d’Euthymius Zi-gabenus, que îcs Sarrazins honoraient & baisoient une pier-re, qu’ils nommoient Brachthan; & que quand on leur endemandait la raison, les uns répondaient que c'étoit à cau-se qu’Abraham avoir conu Agar sur cette pierre , les autresque c’étoit à cause qu’il y avoir attaché son chameau en al-lant immoler Isac (24). Le' même Auteur dit que cettepierre étoit la tête de la statue de Venus, la Divinité queles anciens Ismaélites avaient adorée. Le Formulaire desanathèmes , que doit réciter un Sarrazin qui embrasse leChristianisme, confirme tout ce que dit cet Auteur ; caril marque que cette pierre est une figure de Venus (25), Scque les Sarrazins en parlaient comme d'une chose qui avaitservi à Abraham pour ce que dessus. Par occasion , je di-rai que la pierre, qui étoit adorée par les Arabes, & qu’ilsprenoieng pour le Dieu Mars, étoit toute noire Sc toutebrute. To d't xyxXtix Mêoç êçt /zÍAxí, tstç xytaiioç , xrirru-7 »;. Simulacrum auttm est lapis niger , quadratus , nullamstguram incìfam habens (26). Ridetis temporibus prifeis Persasfluvium colmste ... Informem Arabas lapidern (27).Maxime de Fyr , qui lavoir vue , dit seulement qu’elleétoit quarrée (28). La Mere des Dieux, que les Phrygiensadoraient avec un zélé tout particulier, n’etoit qu’une sim-ple pierre, & ils ne donnèrent qu’une pierre aux Ambassa-deurs Romains, qui souhaitoient d’établir à Rome le cultede cette Divinité. Is Legatos comiter acceptes Pe/fmuntem mPhrygiam deduxìt, facrumque iis lapidem quem matrem TreâmincoU este dicebant tradidit, ac déport are Romam jttffìt (29).Quelque mauvaise que fût l’idolatrie de ceux qui adorèrentla pierre dont Jacob fit un monument qu’il oignit, & qu’ilconsacra à Dieu (30), elle étoit plus tolérable que celle desSarrazins ; car ,1a pierre de Jacob lui avoir servi de che-vet, pendant une nuit qu’il avoir passée, pour ainsi dire,avec Dieu, tant les songes & les visions qui l’occupérentreprésentoient les choses célestes. Les Sarrazins n’auroientosé en dire autant par raport à leur prétendue pierre d’A-gar. Scaliger a ramassé une érudition très-curieuse tou-chant cette pierre de Jacob (31) ; mais ce que le savantPocock a dit, touchant celle que les Sarrazins honoraient,n’est pas moins considérable. J’en vais raporter quelquechose.

(K) Sju’un raport très-éloigné entre Agar ct* cette pierre .]Pour savoir éxactement leur Religion là-dessus, il fuit con-sulter Pocock (32). La pierre noire, qu’ils vénèrent, estau Temple de la Meque, à l’un des coins, a deux coudées& un tiers de terre. Ils suposent que c’étoit l’une des pier-res précieuses du Paradis, Sc qu’elle en descendit avecAdam; qu’elle y fut reportée, au te m s du Déluge; qu’el-le fut renvoiée au monde , lors qu’Abraham bâtissoit leTemple; & que ce fut F Ange Gabriel, qui la mit entre les

mains de cet Architecte (33). Elle avoir été au commen-cement plus blanche que la neige, Sc plus brillante que leSoleil ; mais elle devint noire , pour avoir été touchée parune femme qui avoir les mois. D’autres disent que les pé-chés des hommes lui firent perdre fa blancheur & son éclat :d’autres avouent qu’on l’a salie à force de la baiser, Sc dela toucher. Ce que St. Jean Damascerie & Euthymius as-surent , qu’on y a gravé une tête, qui est celle de Venus,seroit fort difficile à prouver par les Livres des Arabes. 11y a une autre pierre, qu’ils estiment sacrée, Sc sur laquelleils prétendent que se volt une figure ; mais c’est une figu-re de pied, Sc non pas une figure de tête : c’est la trace despieds d’Abraham, qui s’apuioit fur cette pierre, ou en bâ-tissant le Temple (34), ou pendant que fa bru (35) lui la-voir la tête, lors qu’il eut été faire une visite à Ismaël (36).Cette derniere pierre est enfermée dans un coffre de fer.Ahmed Ebn Yusef se vante de lavoir vue & baisée, & d’yavoir bu de l’eau du puits Zanrzam , & d’avoir pris gardeque la trace du pied droit est plus enfoncée que celle dugauche, & que les doits y font aussi longs que ceux de lamain (37). On cacha cette pierre dans une des montagnesde la Meque, lors que les Karmatiens firent mille profana-tions dans le Temple, & en enlevèrent la pierre noire(38).Or, puis qu’Euthymius Sc le Catéchisme à Fustige des Sar-razins convertis remarquent, que la pierre, fur laquelle onprétendoit qu’Abraham avoir eu à faire avec Agar, ou àlaquelle il avoir lié le chameau, étoit au milieu de FOra-toire, in medio'Uxa -m Ayís, ce n’est point de ia pierrenoire qu’il faut entendre cela; car elle est fichée dans uncoin du Temple: mais de la pierre où se voitla trace despieds d’Abraham. De plus, encore qu’aucunEcrivain Ara-be ne dise, que la raison pourquoi on vénéré cette pierreest qu’elle a fourni à ce Patriarche les usages dont Euthy-mius a parlé , il est à croire que la tradition reportée parEuthymius regarde plutôt la pierre où les pieds d’Abrahamfont imprimez > que la pierre noire ; d’où l’on doit conclu-re deux choses : 1 , Qu’Euthymius, Sc le Catéchiste desSarrazins, n’ont gueres conu distinctement les erreurs deces gens-là, par raport au culte des pierres : 2 , Que lesEcrivains Arabes ne réconcilient point de raport prochain& direct entre Agar Sc la vénérable pierre de la Meque.Agar n’y a que voir , queutant qu’Abraham y posa ses"pieds, pendant que la femme d’Ismaël lui lavoir la tête. 11y a une troisième pierre considérable à la Meque : elle estblanche, & passe pour être le sépulcre d’ismaël ; elle estdans une espece de parquet, proche les fondemens du Tem-ple. De toutes ces choses, on peut recueillir qu’il esttrès-facile de tromper l’homme en matière de Religion , Sctrès-difficile de Fy détromper. II aime ses piéjugés, & iltrouve des conducteurs qui le favorisent là-dedans, & quidisent dans leur aine, Quandoquidem populus vult decipi , de-cipiatur. Ils y trouvent leur compte, & quant à l’autorité,& quant au profit ; les çlus désintéressez aprehendent, lorsque la maladie est invétérée, que le remede ne fût pire quele mal. Ceux-ci n’osent guérir la plaie : les autres 11e lavoudraient pas guérir. C’est ainfi que Fabus se perpétue ' :les mal-honnêtes gens lé protègent ; les honnêtes gens létolèrent.

(33) Vain: la\er/itir<jtte •(F) dePArticleAbraham,

(34) Ex

Abujfeda.

( 35 ) Lafcni-me d’Ijmact.

(36) Ex Ah-med EbnYusef, dr Sa-fiodino.

(37) Ah-med EbnYusef, ,'nVÎ-ta Ismaëlis,

(38) VaieziE ^ArticleA R VO-UA H £ R.

W Vide i a .f riatoms

ï“ tÙHlus

f ota goras ,

«0.

gojj C ^°^ a ftés Aristophanis in Ranas , AS. I, Scen. II. (■) Plato in Frota-* t a &. zz 0 , Sff i n Convivio, fag. 1175.

AGATHON, Poëte Tragique, & Poète Comique {A ), disciple de Prodicus (a) & deSocrate (b ), est fort célébré par là beauté dans les Dialogues de Platon ( c ), où d’ailleurs on lui at-tribue un bon naturel (d). 11 y a quelques Auteurs, qui raportent qu’il étoit fort honnête hom-me, & que fa table étoit magnifique ( e). 11s fe fondent peut-être fur les festins qu’il donna après

que

rpúrrsÇcM XaizsTph;. Moriítss bonis , ir mtnfâ lamas, Scholiast. Aristopl:AS. I. Sc. 11 . Voiez. atílji Suïdas m A ydéav.

(d) Plato ,«Protagorâ,pag. zzo.

(e) A’yaûeç

toi» r porrovy.v.) tï;vin Ranas,

(A) Poëte Tragique , & Poëte Comique. ] Personne ne dou-te qu’il n’ait fait des Tragédies : il suffit donc de prouverqu’il a fait des Comédies. J’ai à citer là-dessus le Scho-lìaste d’Aristophane fur la 11 scene du I acte des Grenouil-les. Oùtoç ò A ’yáôav xafíaiSoTrotoí r S

Hic Agathon Comicus Socrate docente. Notez qu’il parle duRrême Poëte, qui est l’un des interlocuteurs de Platon dansle Festin, & qui très-certainement composa des Tragédies.Je cite aussi ces paroles de Philostrate , R-ù A’yáêm f ->

ÍÙYhìl a * rîî5 T ? cí ycnê'íx^ 7 roti}T'àç , n KúipLùtó'ícz ToCpavls r.tzs jc&AAíswîj oíJY,.VitìsSoJ’ rSi ìau.(Ssím yoçyiáÇei (i). Enimvero etiam Agatho

Phift. z,y. j tragicus , quem Comœdia sapientem ey elegantem agnovtt inïambìs s u is p^pe Oorgiœ stylum imitatur. Je fat bien que ces.paroles peuvent signifier qu’on le loua dans les Comédies ;TOME i.

mais elles peuvent aussi être prises en cq sens ; c’est qu’ilfit paraître son habileté, & son élégance, dans les Comé-dies qu’il composa. Un docte Critique conjecture que c’esten faveur de notre Agathon, que Socrate dit qu’il apar-tient à un même homme de composer des Tragédies &des Comédies ; & que st quelqu'un possede Fart des Tragé-dies, il est dès la Poëte Comique (z). Tí xérS àtìfhf ù »«<

xupt.ùiS'lar xxi rpxyœdtxt S7ríç-x<r3-xt rrotíís , xairty» Tiytyrgx-yctíiï'oxrotov ottx y.xíxûjfj.o,bo7rotottrjxi (f). Eijufdem'uirlofficiutneste tragœdiam comxdiamque componere , eumque qui arte tra-gicus est este quoque comicum. Je trouve assez vraisemblableque l’on multiplie les êtres fans nécessité, lors qu’on nousdonne un Agathon Poëte Comique, différent du nôtre.C’est ce qu’ont fait Voisins (4) , Moréri , Hofman, &c,

' M

(z) Kuhniuain AìlianiVar. Histor.Libr. II, CcifcXXI, pag.104.

(î) Plato inÇonvivioin fine ,

Í207.

(4) VoíïiiUde PoëtisGraccis

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