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Tome premier. A - B.
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(£) Plut. inAgesilao ,pag. 6 17, F.(r) Id. pag.60s. Xeno-phon de Ré-bus Grie.Libr. IV,pag. 224.

(d) Corne!.Nepos inAgesil. Vità,Cap. U.

ft) Ex Cor-ne! io Ne-pote, ib id.(f) Plutar.in Agesil.pag. 6x1, S,(?) Talem sempcrntorem

praùuity ut coîempore omni-bus appartterÎTynift file fuis-ses » S partantsuturant nonfuisse. Corn.Nepos , inAgesil. Vitâ,Cap. VI.

{h) Plut. ÌHAgesilao,p a*. 616 , B,

(») Id. ibid, C.(k) Plut." inAgesil.

617 , 6iS.Cornel. Ne-pos, ìn A^esi

çx agesilaus.

Celui-ci répara , par un grand nombre de belles actions, ce qu’il y eut d’irrégulier dans cette pre-mière démarche ; & , tout petit qu’il étoit, de mauvaise mine, 6c boiteux (B ), il aquit à juste ti-tre la réputation d’un grand Capitaine. II étoit brave , vigilant, promt : il menageoit bien sesavantages, il profitoit bien des occurrences, il entendoit toutes les ruses de la guerre, & il s’étoitmis fur un pied , qu’il trompoit ses ennemis, lors même qu’il leur faisoit savoir ses véritables in-tentions (C). II n’étoit pas bien aise qu’ils ignorassent le métier des armes ; car il ne savoit alorscomment les faire donner dans le piège (b). II savoit aussi tromper ses propres soldats, en substituantaux mauvaises nouvelles qu’il recevort une relation íupofée d’un grand triomphe ( c ). Cela vautla peine d’être remarqué , afin de désabuser ceux qui croient que ce n’est que depuis l’inventionde la Gazette que l’on trompe le public. Dès qu’Agesilaus fut fur le Trône , il conseilla aux La-cedemoniens de prévenir le Roi de Perse , qui faiíoit de grans préparatifs de guerre , & d’allerl’attaquer dans ses Etats (d). II fut choisi pour cette expédition , & il remporta tant d’avanta-ges fur l’ennemi, que si la Ligue que les Athéniens & les Thébains avoient formée contre Lacé-démone n’eût traversé ses entreprises , il auroit porté ses armes victorieuses jusques au centre de kMonarchie des Perses. II renonça de bonne grâce à tous ces triomphes, pour venir au secoursde la Patrie , & il la tira d’assitire très-heureusement, par la bataille qu’il gagna sur les Alliés dansla Béotie (D). H en gagna une autre auprès de Corinthe (e) ; mais il eut ensuite le déplaisir devoir les Thébains remporter des victoires signalées fur ceux de Lacedemone. Ces malheurs l’ex-posérent aux murmures de bien des gens ; mais, après tout, ils n obseurcirent point ía gloire. II■avoit été malade pendant les premiers avantages que l’ennemi remporta (f) > 6c , lors qu'il fut enétat d’agir , il arrêta par fa valeur , 6c par ía prudence , les suites des dernieres victoires des Thé-bains : de'forte qu’on crut, que s’il avoit été en bonne santé au commencement, on n’auroit paseu du pire , 6c que fans lui tout auroit été perdu à la sin (gì. On ne peut nier qu’il n’aimât la guer-re plus que l’intérêt de lés sujets ne le demandoit (h) > car, s’il eût pu vivre en paix , il eût épargnéà fa Patrie beaucoup de pertes , 6c ne l’eût point engagée a des entreprises qui ne se terminèrentque par une extrême diminution de la puiíî'ance des Lacedemoniens. Cette avidité insatiable deguerres 6c de combats, le poussit fur ses vieux jours à une chose qui fut généralement defìiprou-vée (i). II avoit plus de quatre-vints ans, lors qu’il entreprit de mener des Troupes en Egypte,pour soutenir Tachus, qui s’étoit soulevé contre les Perses. N’étant pas content de ce Tachus,il l’abandonna , pour se jetter dans le parti de Nectanabe, parent de Tachus. II rendit de grans ser-vices à ce Nectanabe , après quoi il voulut s’en retourner à Lacedemone ; mais il mourut demaladie en chemin, l’an 3 de la 104 Olympiade (E ._ II étoit âgé de quatre-vint-quatre ans,dont il en avoit régné quarante-un (k). Mr. Moréri a tait ici quelques sautes ( F ). Nous verrons

(4 plue <»Agesilao ,pag. 55 >6 , E.

(S) Senecade Constan-tia sapientis,iap. XVU,pag. 691.

(9) Plut. inAgesilao ,pag. 596.

(10) Id. ibid.

(11) Id. ibid.

(rz) Corn.Nepos inVira Agesil.Cap. VIII.

(13) Plut. mAgesilao,^?,SIS. Volez.

V.Artille de

Tachus.

(14) Cornel,Nepos 1» vi-ra Agesilai,Cap. VIII.

flj, Idem ,ibid. Cap. III.Vide eìiamPlut. 'ii Ages.pag. 600, F.

(X6) Wic-quef. Mé-moires desAmbassad.fil. »7o.

lycotycîiicie un Oracle , qui de'fendoit aux Lacedemoniensle laisser régner un boiteux. Cela , dit Lysimder, m re-\arde pas les défauts du pied ; mais les défauts du sang , zsr ceéroit Leotjchide , qui seroit clocher votre Roiaume ; lui , quit’est pas de la race de vos Rois.

(R) Tout petit qu'il étoit, de mauvaise mine , v boiteux.']

Q étoit tout le premier à faire des railleries de fa mauvaiseambe (7) ; Sc c’est le parti que prenent en pareil cas tou-:es les personnes d’esprit. On fait avorter par là tous lescomplots des moqueurs. Materia petulantibus , zsr per con-tumeliam urbanis detrahitur,fi ultra Marnerprior occupes. Ne-mo ahis rijum pr&buit, qui ex fe cepit. Vaiinmm hominem na-tum o" ad rifum , cr ad odium,feurram suisse venus um ac di-cacem , memoris. prodilum eft. In pedes fuos ipfe plurima dice-bat , or* in sauces concis as : fie intmteorum, quos plus habebatquam morbos , cr ìn prìmis Ciceronis urbanitatem effugìt (8).La gaieté d’Agesikùs, & la force avec laquelle il íoutenoitles plus rudes exercices, réparaient tous ses défauts corpo-rels (9) ; car, fans cela , son extérieur méprisable lui eûtfait grand tort. Aéysrai ìè y.iKpéí re yvnr 3 ot.t xett rsft inl/istùxciTX'ppévtiTin;. Dicitur autem fuijje pufillus cr specie asper-nanàa (10). Les Ephores avoient mis à 1 amende le ll-oiArchidamus son pere , parce qu’il avoit épousé une petitefemme (ïi) ; d’aù ils conclurent, qu’il ne leur vouloir don-ner que des Roitelets. Cornélius Nepos parle plus expres-sément que Plutarque de la mauvaise mine d’Agefilaíis. At-que hic tantus vìr, dit-il (12) , ut naturam fautricem habue-rat in tr'tbuendis animi vìrtutibus , fie maleficam nafíus est in,corpore , exiguus ct" claudus altéra pede , qux res etiatn nonnul-lam afferebat deformitatem , atque ignoti faciem ejus cum in-tuerenv.tr , contemnebant. Jamais le minuit pr&fentia famam'ne fut plus vrai qu’a son égard. Sa renommée savoit pré-cédé en Egypte , & l’y avoit représenté sous les idées lesplus pompeuses. Dès qu’on fut son débarquement , oncourut en foule pour le voir : jugez de la surprise où sonfut , en votant un petit bout d’homme > couché sur l’Jier-be , mal-habillé , mal-propre. On ne se put empêcher derire , & de lui apliquer la fable dune montagne qui enfan-te une souris (13). Le mépris ne diminua point , lorsqu’on eut vu ce qu il choisit parmi les ra fraîchi démens quele Roi lui envoia (,14). Votez ci-dessous la Remarque (G).

(C) il trompoit ses ennemis , lors même qu'il leur faisoitsavoir ses véritables intentions .] C’est parce qu’ils ne croioientpas qu’un Capitaine íi fin donnât à conoître son dessein.Vìdit fi quoejjêt iter faêturus palam pronunciaffet, hostes noncredituros aliafque regiones occupaturos , nec dubitaturos aliuâeste fitíítriim ac pronunciajfet. Itaque cum Me Sardes fe itu-rum dixìstet , Tifi'aphernes eamdem Cariatn defendendam puta-vit (15). On ne pourrait pas faire ici une juste aplicationde cette pensée de Mr. de Wicquefort. George Douning,Ambassadeur d’Angleterre , n avoit pas afiez, de probité, ni deprudence , pour fe persuader, qu'il ny a point de Ministre quitrompe plus feurement ni plus agréablement, que celui qui netrompe jamais ; parce qu en butant le grand chemin , ceux quicherchent les détours er les faux fuyans ne le rencontrent pointcn leurs routes (1 6), La comparaison entre un tel Ministre

& notre Agesilaus clocherait beaucoup; car ce Roi deLacedemone , en publiant ce qu’il vouloit faire , ne trom-pa ses ennemis, que parce qu’en d’autres rencontres il avoitcaché ses desseins. Un Général, qui s’est établi fur ce pied-là , ne sauroit guere se servir d’un stratagème plus sûr , quede faire courir un brait sincere de ses marches. La ruseest alors tiès-bonne , parce qu’elle est d’un tour nouveau,& que les ennemis n’y ont pas été encore attrapez. Lisezce pafíage de Xenophon : c’est Cambyses, qui parle à Cy-rus son fils, & qui compare les nouvelles ruses de guerreavec les nouveaux airs de Musique. Kuì ç-çóè'pa, h

r/> 7 í tixtrix-dìç ra nca y. ct t eiyíj) pù. AásKifieT, TroXÌs j's yen h rtfTroXeptiKolç ru xutvu y-rpru 1 ,]y.u]a íoookiuu. ruera yuo

yÍÀÁov y-uì t^u 7 tu]x)i b'úvavTUi roiiç 7 roÀey.í&í (17). At ficut inMuficis quoque nova gy florìda habentur plurimum in pretio ,fie in rébus bellicis nova inventa exifitmantur longe illufiriora ;quoniam hue magis queunt hostes decipere. Nous dirons ail-leurs (18) , qu’il y a des gens, qui, à force d’être sots,évitent qu’on ne les trompe.

(D) Aréss gagna fur les Alliés dans la Beotie.] La bataillese donna à Coronée. Xenophon , qui y servit sous le RoiAgesilaus, le témoigne (19), & Plutarque 1e dit aussi (zo).Lambin , dans son Commentaire sur ce s paroles de Corné-lius Nepos, apud Coroncam , quos omnes gravi pralio vicit , avoulu corriger fans nécessité le mot Xaiçmslav de Plutarque,par celui de K-opmsíav. Plutarque a fait mention de cesdeux lieux , fans prétendre que k bataille fe soit donnée aupremier. Mais , dit Lambin, Agesilaus put-ìl , en sortant dela Phocide , s avancer dans la Béotie jusques à Chéronce , fiChéronée eft dans la Phocide ? Non , fans doute ; mais ce fiest faux , & Lambin témoigne par là qu’il ne savoit guerede Géographie. Votez le Commentaire de Kirckmaier surCornélius Nepos , à la page 7 11, Charles Etienne a erréencore plus grossièrement, lors qu’il a mis Coronée dansle Peloponnefe. Mrs. Lloyd , & Hofman, l’ont suivi danscette faute.

{£) ll mourut de maladie en chemin, l’any de la 104 Olym~piade.] Une tempête l’aiant obligé de relâcher , on le por-ta dans un lieu désert, nommé le Port de Menelas, & il ymourut (21). Hic cum ex TEgypto reverteretur .... venis-fetque ìnportum, qui Menelai vocatur, jacens inter Cyrenas z?JEgyptum , in morbum ïmplicttus decejfit (22). Ce fut l’an 3de la 104 Olympiade , selon Calvilìus, mais on voit parlà , que son calcul ne vaut rien ; car depuis la 3 année dela 95 Olympiade > commencement selon lui du régne ssA-gefilaiis, jusques à la 3 année de la 104 Olympiade , il n’ya que 36 ans : êe , néanmoins, il en donne 41 à ce régne.Mettons-en donc le commencement, avec Helvicus, à la2 année de la 93 Olympiade, & k fin à k 3 année de la 104.

(F) Mr. Moréri a fait _ ici quelques fautes. ] H est faux,I, que Leotychide fût fils naturel du Roi Agis ; II, QueLysander ait soutenu avec chaleur les prétentions de Leo-tychide (23) : III, Qu’Agesilaus ait jamais campé auprèsde k ville d’Heronce , dans la Beotie (24) : IV, Qu'il a iteu Pair noble & plein de majesté (2;- : V, Qu’il ait dit que^ Oracle, qui excluoit de b Couronne les boiteux, fe de-

( 17 ) Xeno-

phon, Cyro'

pa;d. Eib.I>circa fin.pag. ri.

(18) Dons l*

%emorijue(F)

de B ArticleSlMONIDÍ-

(19) Xeno-phon, deReb. Grâce.Libr. IV,pag. 225.

( 20) Plut. stAgesilao ,pag. fioj.

(21) Plut.pag. 618.

(22) Corn.Nepos in Vrtâ Agesil.jisb fin.

1 Sur c»srémiereses voîez.tynarcfiuc

f fe nepas (juenila Beotie,îtteursy ilt eu une- nommée

[Voie