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Tome premier. A - B.
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AGESILAUS. AGESIPOLIS.

(„) Flutarc.in Ageíìlao,pag. 606, D.

C») Fausan..Libr. III,fng.SÌ ,ÍT96.

(46) Valer.Maximus,Libr. Vin,Cap. VIII,snb fin.

(47) /Elian.Var. Hist.Libr. XII,Cap. XV.

11 ne fera pas inutile de remarquer le peu de cas qu’il faifoit de ceux, qui tiroient beaucoupde gloire de nourrir & de dresser des chevaux , pour la dispute du prix aux jeux Olympiques. 11voulut leur faire voir que ce n’étoit pas grand’ choie , & que c’étoit une affaire de dépenlë, & nonpas une preuve de mérite & de vertu ; ct , pour cet effet, il persuada à fa sœur d’afpirer à cettevictoire (n). Cette Dame , aiant fait dresser des chevaux à cet exercice , fe mit fur les rangs , &gagna le prix. Ce fut la première femme qui remporta cette gloire ( 0 ). Elle s’apelloit Cyniica. Jene croi pas que Dicearque l’ait ignoré , lui, qui fe plaignoit de ne trouver pas quel étoit le nom dela fille d’Agesilaiis (A). II l’auroit su , s’il avoit fait ce que fit Plutarque ( L).

te Seneque au dernier chapitre du I Livre De Tranquillkate.11 y a là plulieurs choses qui manquent d’éxactitude. I. IIauroít falu spécifier qu’Agesikiis ne folâtroif qu’avec ses en-fans. II. Le Traité De Tranquillttate ne contient qu un Li-vre. III. II n’est rien dit, ni d’Alcibiade , ni d’Ageíilaiis,dans le chapitre cité. IV. II n’y est point dit que Socratefaifoit gloire de folâtrer avec les enfans : on sc contente dedire q u'il n’en avoit point de honte. Cum puéril Socrates lu-dere non erubefeebat. V. Valero Maxime, & Elien > qui re-portent ce jeu de Socrate , disent qu’Alabiade iy surprit.Non erubuit tune cutn interposita arundine cruribus fuis cumparvulis fiUolis ludens ab Alcibiade rifus est (46). tusJI

KctTíXÓÇSít Tsor'e ùzroA’Lx.iÇiúí'isrra.íÇm purù Acsftjrf okàess iri

íiyortx (47). Socrates etiam aliquando deprehensius est ab Alci-biade ludere cum Lamprocle adhuc infante ; mais je ne mesouviens pas d’avoir lu que d’autres y aient surpris Alcibia-de. VI. Ces deux Auteurs observent que c’étoit avec sespropres enfans que Socrate folatroit.

(K) fe m croi pas que Dicearque ait ignoré . le nom

de la fille d'Ageftlaus. J Cynisca fut, non seulement la pré-miere femme , qui gagna aux jeux Olympiques le prix dela course de chevaux ; mais auífi , la plus illustre de toutescelles qui dans la fuite remportèrent une semblable victoi-

re (48). Le Poète Simonide l’honora d’unt Epigramme (49).Elle conlacra , pour un monument de fa victoire , deschevaux d'airain, qui furent placés à feutrée du Temple deJupiter Olympien (50). Sa figure , faite par Apelles, & or-née de plusieurs inscriptions, se .voioit au Temple de Junonà Elide (51). Les Lacedemoniens lui érigèrent un monu-ment de Héros, H'çuov (52.). II n’y a donc point d’aparen-ce que le nom de la sœur d’Ageftlaus ait été inconu à au-cun Historien Grec.

(Z) Il auroit fu le nom de la fille d’Ageiìlaiis, s’il avoitfait ce que fit Plutarque .] Ce dernier Historien nous aprend,que Dicearque s’étoit mis fort en colere, de ce qu’òn ne sa-voir pas le nom , ni de la fille d’Ageftlaus , ni de la mered’Epaminondas. O' Amaiu^proc Ì 7 roymáx.T 7 >rí 9 . StomachaturDiuarchus, e/c (53). Pour moi, continue-t-il,J’ai trouvé dansles Regîtres des Lacedemoniens , que la femme d’Agefilaus fenommoit Cleore , cr que l’une de fes deux filles s’apelloit Apolia,(sr l’autre Prolyta. On ne doit pas trouver mauvais que Di-céarque se soit fâché de la négligence des Historiens : carnous aimons naturellement à conoître la famille des granáhommes. Ii étoit un peu étrange , que le nom des filles& de la femme d’Ageftlaus ne se trouvât que dans les Ar-chives de Lacedcmone.

( 48 ) Pari,'Libr. III ,fag. 88.

(49) ld.tbiâ<

(50) Idet»\

Libr. Vypag. 1 59 -

(51) Idemi

Libr. VJypa*. 178.

( S z) Idem *Libr. III »pag. §6.

(63) Plutartíin AgeiilaOip*& 606,

{a) Dans reluide M:nerve>à Ter se,X’aufanías,Libr.pag. 86 .

Çb ) Id, ibid.

(c) Diodor.Siculus, Libr.XlV,Cap,XC.

(d) Xeno-phon , deRcp. Gxîcc.Libr. IV ) jpag. 31 Z ,

(1) e'Vé/ ...

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Olympìam 0 -ratulum ton-sulfuras profi-cìfcitur . Xc-noph. dcGestis Gra:c.Libr. IV tpag. zir.

AGESIPOLIS, I du nom , Roi de Lacedemone , succéda à Pauíànias son pere , qui s’é-toit réfugié dans un Temple («) , dès qu’il avoit fu qu’on defiprouvoit la conduite qu’il avoit te-nue , en concluant une paix avec les Thébains. On le laissa dans cet asyle, & l’on éleva fur le Trô-ne Ageíîpolis , fous la tutele d’Aristodemus (/-). Ce fut en la 5 année de la 96 Olympiade (c). IIétoit majeur , lors que les Lacedemoniens résolurent d’attaquer tout à la fois les Athéniens, & lesThébains ; mais, comme ils jugèrent, qu’il ne feroit pas de la prudence, pendant une telle guerre,den’être pas assurez des Argicns, ce fut par ceux-ci qu’ils commencèrent y). Agesipolis, char-gé de les attaquer , fe fit un scrupule, fur ce qu’ils lui demandèrent une treve. II voulut donc s’é-claircir avec Jupiter, fur un tel cas de conscience, & il le consulta en personne, dans le fameuxTemple d’Olympe. II lui demanda, fi l’on pouvoit rejetter les propositions de treve, que les Ar-giens fàifoient ; & si l’on ne pouvoit pas prétendre, qu’ils prenoient très-mal leur tems, vu qu’ilsavoient attendu à parler de paix, que les Troupes de Lacedemone fussent à la veille de les attaquer?L’Oracle répondit, que les demandes des Argiens étoient injustes , ct qu’on pouvoit les refusersaintement (e). Agesipolis, pour mieux prendre íès précautions, courut aussitôt a Delphes, afinde savoir si le sentiment du fils (f) feroit conforme a celui du pere (g) (A) ? Le Réponse d’A-

{A) Si le sentiment d’Apollon feroit conforme a celui de Ju-piter ? ] Recueillons de ceci une vérité, qui est d’ailleurs as-sez manifeste : c’est que la Religion des Païens étoit fondéefur des idées de Dieu aussi fausses que f Athéisme. Je neparle point des sentimens du commun peuple ; je ne parlepoint de fabus de quelques particuliers : je parle du cul-te public , pratiqué par les personnes les plus éminentes, &soutenu de la majesté de l’Etat. Voici un Roi de Lacede-mone , qui, après les sacrifices que l’on offroit solemnelle-ment , & comme des préliminaires d’une expédition (1) ,& après même la réponse favorable du plus grand des Dieux,va consulter une autre Divinité , incertain fi elle réfutera ,ou fi elle confirmera , cette réponse. II croioit donc queles décisions de Jupiter n’étoient pas telles que l’on pût tou-jours les suivre en sûreté de conscience ; & il suposoit, queles lumières d’Apollon n’étoient pas toujours conformes àcelles de Jupiter. N’étoit-ce pas croire que tous les Dieux,fans exception du plus grand , étoient bornez dans leurs co-noiffances, & que d’eux aux hommes il n’y avoit que ladifférence du plus au moins ? Le tot capita tot senfus , au-tant de sentimens que de têtes , avoit lieu, selon cela, dans leCiel > à-peu-près comme fur la terre. On consultoit Jupi-ter , comme l’on consulte le plus fameux Avocat d’un Par-lement > lors qu’on a dessein de s’engager à un procès. Laréponse de cet Avocat n’affùre pas les plaideurs prudens:ils font bien aises d’avoir l’avis de quelques autres Juriscon-sultes ; Lc , il y a tel homme , qui fait consulter fou affairedans toutes les Cours du Roiaume aux plus habiles Doc-teurs. Les Païens en ufoient ainsi à l’égard de leurs Ora-cles : 'ils en confultoient plusieurs fur les mêmes cas ; afinde voir fi les Dieux fe contrediroient les uns les autres, 8cafin de prendre mieux leurs mesures par la comparaison desréponses. Ainsi, leurs Dieux étoient auffi chimériques > quela Divinité de Spinoza; car il est auffi impossible , qu’uneNature bornée soit Dieu, qu il est impossible , que le Mon-de soit l’Etre suprême , qui gouverne toutes choses par unesage providence. Confirmons ce que j’avance fur la fausseidée que les Païens se formoient de Dieu. Us n’étoientpoint scandalisés du fort différent qu’avoient les victimes.Celles, qu’on offroit à une Divinité, fàifoient espérer, pen-dant que celles, que l’on offroit à une autre, fàifoient crain-dre. Apollon Lc Diane , enfans jumeaux de Jupiter , scconcrediioient quelquefois : le frété rejettoit une victime ;la sœur l’adtaettoit. Le Paganisme ne trouvoit rien là de

pollon

scandaleux : il eut bien Voulu plus de concorde dans les pro-messes du bien ; mais enfin ,■ il ne croioit pas que la naturedivine donnât l’exdusion à l’ignorance , au caprice , à ladiscorde : il aquiesçoit donc à cela, comme à des effets in-évitables de la nature des choses. Ne croiez pas que les ob-jections de Cicéron aient dessillé les yeux à beaucoup degens. ffjuid quum pluribus Diìs immolatur , qui tandem eve-nit ut litetur alìis , aliis non litetur ? Qua autem inconstantiaDeorum efl, ut prirnis minentur extis , bene promittant fecun-dis ? Aut tanta inter eos dijjênfio , supe etiam inter proximos,ut Apollinis exta bona fint , Diantt non bona (2) ?

U11 Auteur moderne s’est servi de cette conduite de no-tre Agesipolis, pour faire voir, que par raport aux Oracles,le plus grand des Dieux du Paganisme ne conservoit pointson avantage , ni sa supériorité. Les Oracles de Jupiter, dit-il (3) , tels qu’estoient ceux de Trophonius , de Dodone , esr de

Hammon, n avoient pas tant de crédit, que celui deDelphe _

Car , ni en durée , ni en estime , ils n ont jamais égalé ce der-nier. Et cela fe prouve , outre le consentement de la plupart desAuteurs qui en ont parlé, par ce que rapporte Xenophon de Age-sipolis (*) , qui , âpres avoir consulté Jupiter Olympien , er re-çu fa réponse , fut à Delphe trouver Apollo , lui demandant,comme à un Juge de dernier ressort, s’il estoit du mefme avis queson pere ? Aristote attribue cette efpece de raillerie dévote, à. unHegefìppus, au second livre de fes Rhétoriques. Ce Dallage four-nit la mafiere de deux Notes. La I est , que’ les idées dcl'Eglise Gallicane, touchant le Concile, Lc fur le Pape, par-lant même ex cathedra , peuvent être comparées à celles duPaganisme , touchant les Oracles de Jupiter , & celui deDelphes. Le Jupiter Olympien , répondant à une question,trouvoit dans l’esprit des peuples beaucoup de respect : onrendoit bien des hommages à son autorité ; mais enfin, sonjugement, quand même il auroit été rendu ex cathedrâ, ouplutôt ex tripode, ne paífoit pas pour irréformable. Voilà lePape de l’Eglise Gallicane. L’Apollon de Delphes étoit leJuge de dernier rejfort : voilà le Concile. Ma II Note est,qu’Agesipolis y procéda tout de bon : ]] n’y eut point dansson fait une raillerie dévote. Pour ce qui est d’Hegefippus,je n’en répons point. II fut peut-être assez malin , pourvouloir tendre des pièges aux Oracles ; afin de les insulter,s’ils ne s’entr’accordoient pas. C’est une honte , auroit-il pudire, que vous répondiez le oui o 1 le non. 11V''-íttîtgç l v AeX-Ç>o 7 ç tTrvçÚTX túv éeov , frçttTsçov'OXvu.sstxtrH, cì

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Cuì Dem res-pendit sas etejfie indtteiasnon rite obiattsrefpteere. XC-,noph. deiteb. Grxc.Libr. IV,png. 312.

{f) C'est-à-dire, d’Apol-lon.

(g) C'eì-ì-dire , de J t*púer.

(z) CìcetO,de Divinat,Libr. II,Cap. 17.

(}) La tíoòtheleVayenLettre CV 1 .Tarn. XI,ì a í- 449 -

(*) Libr.lV*Historiai,