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Tome premier. A - B.
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AGESIPOLÍS.

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pollon fut toute semblable à celle de Jupiter ; &, alors, Ageíìpolis ne balança plus, 8c fit mar-cher son armée du côté d’Argos. Les Argiens lui envolèrent deux Hérauts, pour lui demanderL paix: il leur répondit, que les Diçux avoíent trouvé bon qu’il n’acceptât point ces offres, 8ccontinua fa marche. Il y eut un tremblement de terre, le prémier jour qu’il campa dans leursEtats j 8c, comme une partie des troupes jugea que c’étoit un signe qu’il faloit s’en retourner, ildissipa leur superstition, par la remarque que ce prodige étoit arrivé après leur entrée dans le paisennemi. II marcha donc plus avant, s’aprocha de la ville d’Argos, & la serra de bien près. T1

II

l’eut peut-être subjuguée, si la foudre, qui lui tua quelques soldats, 8c si quelque autre mauvaisprésage ne l’eût obligé à se retirer {h). N’oublions pas son émulation: dès qu’il fut entré aupais des Argiens, il s’informa jufqu’où Agesilaiis l’avoit ravagé quelque tems auparavant; 8c il n’eutcette curiosité, que pour renchérir for les exploits de ce Prince, qu’il t-âchoit de surpasser , com-me s’il avoit été un athlete aparié avec lui (z). La paix générale, que les Lacedemoniens pro-curèrent à la Grece (k), par les négociations d’Antalcidas leur Ambassadeur à la Cour de Perse,l’an z de la p8 Olympiade, fut bien-tôt suivie de la guerre particulière qu’ils déclarèrent aux ha-bituas de Mantinée. Agesilaiis, aiant prié qu’on le dispensât du commandement des troupes, cefut Agesipolis, qui marcha contre l’ennemi. II ravagea le territoire de Mantinée, 8c il fobjugaenfin cette ville. L'expédient, dont il se servit, est trop curieux, pour n’être pas raporté (B).II y a quelque aparence, que ce fut dans cette guerre, que Pelopidas 8c Epaminondas furent dé-gagés du péril ( C ) à quoi leur courage 8c leur amitié les exposèrent. II fut envolé quelques an-

xir, dit maître de la ville de Torone.cxiris-«s o. '

so Xenoph.

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Mais, comme les grandes chaleurs de l’été ne l’empêchoientpoint de fatiguer extrêmement, il fut attaqué d’une fievre continue , qui l’emporta dans septjours (»), l’an 14 de son régné (0). Volez ce que je critique à N Mr. Moréri (£). Agesilaiisne fut point aise de cette perte, comme on l’auroit cru (F) : il en pleura, 8c en eut un long regret,à ce que dit Xenophon (/>). Notez qu’Agesipolis ne laissa point de postérité (y), 8c que Cleom-

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(m) XeNd"plion , deJR.eb. Gra^C.Liv. V ,

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(») Id. ihid-i.gag. z 29.

(o) Dio-doius Sicul*Lìhr, . XlV 9Cap, CXI ,paq_. 65o, d?"Lib. XV,

Cap . xxm t

pag, 674,ad annttm IOlymp. ioo,

(p) Votez.

la 'Remarque

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(A taufan.Lib. II ,pag, 36 .

b) Aristo- ffí ”* (4)- Hegefipfts Delphis interrogabat Deum, cumaccepiffette t Rlictor. pritts Oraculum Olympia , num ipfi eadem vìderentur qua patri ,

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quasi turpe effet contraria dicere. Si notre Agesipolis avoit euun mauvais dessein contre Apollon, à l’exemple de ce ma-lin personage, dont Esope a fait l’histoire (;) , il y auroitété atrapé ; car la réponse de Delphes fut semblable à cel-le d’Olympe.

t ( B ) L’expédient , dont il se servit , est trop curieux, pourn être pas raporté .] II boucha le cours de la riviere , quipassoit par le milieu de la ville : cela causa une inondation,qui affoiblit de telle sorte les fondemens des maisons & desmurailles, que les habitans craignirent quelles ne tombas-sent ; &, comme ils virent, que si quelque pan de muraillese renversoit, leur ville seroit emportée d’assaut, ils capi-tulèrent. Ils n'obtinrent que des conditions très-dures ; caron les força daller demeurer à la campagne, divisés enquatre cantons, & l’on démantela leur ville ; on auroit pu-ni de mort leurs Magistrats, fi le pere d’Agesipolis n'eûtintercédé pour eux (6). Xenophon, qui narre toutes ceschoses, ne touche point une circonstance , que Pausaniasraporté. Agesipolis détourna vers les murailles de la villele cours de la riviere. Or la brique de ces murailles n’é-tant point cuite se fondoit dans l’eau , comme la cire sefond par la chaleur du Soleil. La raison, pourquoi les Man-tinéens avoient préféré la brique crue à la brique cuite ,est qu’elle ne se brisoit pas, & ne se dérangeoit pas, lorsqu’on batoit les murailles. Agesipolis réinventa point cestratagème; il ne s’en servit qu’après avoir su que LimonVavoit emploie pour se rendre maître de la Ville d’Eionesur le Strymon (7).

(C) Que Pelopidas ç? Epaminondas furent dégagés du périlsPlutarque raconte que les Thébains envolèrent du secoursaux Lacedemoniens dans l’expédition de Mantinée ; & quel’aile, où ces deux braves combatirent, aiant plié , ils nereculèrent point. Pelopidas reçut sept blessures, & tombafur un monceau de corps morts. Epaminondas courut àlui, & s’oposa seul à plusieurs, bien résolu de mourir, plu-tôt que d’abandonner son ami. II fut blessé en deux en-droits , & se défendoit néanmoins vigoureusement, lorsqu’Agesipolis, menant des troupes de l’autre aile de far-inée, les dégagea l’un & Vautre (8). Vous me direz, queXenophon ne parle d’aucnne bataille , quand il raconte cequi se passa dans cette guerre de Mantinée : mais je vousrépondrai, que Pausanias observe, qu’Agesipolis avoit ga-gné une bataille, avant que de mettre le siégé devant la

Ville, Cl ; eupot T)]g-£v ò Ays îp-ìçtoA/ç TÍÏ , x.cu ùç ro rsV-

xstT£xA£(o-£ riìíMcivTitéccç (p). Cum vero Agefipolis Man-tinensesprdio superatos intra mœnia compuliffet ; &j’ajoûte-rai, que Xenophon même remarque , qu’il y avoit destroupes auxiliaires dans Vannée de Lacedemone (10). No-tez, quel’événement, dont Plutarque fait mention, précédala supercherie, avec laquelle Phebidas se rendit maître de laforteresse des Thébains (11). Ce caractère chronologiqueconvient à l’expédition d’Agesipolis contre Mantinée.

(D) Il fut envoié quelques années âpres, eso] je ne fais cetteremarque, que pour censurer Pausanias, qui conte qu’A-gesipolis, abandonnant à regret la guerre d’Argos, tournatoute fa colere contre les Olynthiens. Otira pùt àì í* tîjç

A pyoxlfop âvéÇtvl'sr ax.av tsrt fe O’Ámêím ìsroisl ro ctoêiçrpct]i«n (iz). Invitiffìmus itaque ille ex Argivorum finibuscastra movit , & contra Olynthiosbelli impetum convertit. Quine croiroit, cn lisant cela, que Vexpédition d’Olyntbe futune suite immédiate de celle d’Argos? Qui ne s’imagine-roit qu Agesipolis, en sortant de l’Argolide, prit la route

de la Macédoine ? Cependant cela est faux. II se paflaquelques années entre ces deux expéditions. La guerre ceMantinée, dont le même Pausanias a dit quelque chose,suivit celle d’Argos > & précéda de six ans celle d’Olynthe.Notons ici une taule de Calvilius. II place la guerre d’Ar-gos fous Van 4 de la 96 Olympiade, peu après la mort dePausanias, Roi de Macédoine (13). Or Agesipolis montafur le trône la même année que mourut ce Pausanias (14) ;Sc, parce qu’il étoit mineur, on le mit fous la tutele d’A-ristodemus (iy). II faudroit donc, si Calvisius étoit éxact,que la guerre d’Argos concourût, ou à-peu-près, avec îaprémiere année du régné d’Agelìpolis. & que cette guerreeût été conduite par Aristodemus ; car il est certain , ouefous la minorité d’Agesipolis, on mit son tuteur à la tetedésarmées, lors qu’il écheoìt à ce Roi d’aller en campa-gne (16). Calvisius ne manque pas d’observer qu’Aristode-mus y alla Van 3 de la 96 Olympiade, à cauie du bas âged’Agesipolis (17). Voici en quoi sise trompe c’est qu’ilmet la prémiere année de son régné à Van z de la 96 Olym-piade , & la guerre d’Argos trop peu après la mort de Pau-sanias , Roi de Macédoine.

(E) Voiez. ce que je critique à Mr. Morêri .] „ Agesipolis

„ fut surpris d’une fievre ardente, 8c revint toujours à la„ fraîcheur des eaux d’un certain Temple de Bacchus, qui„ étoit à Aphite, si s’y fit porter, 8c mourut le 7 jour de„ fa fievre, après être sorti de ce Temple, pour ne le point„ souiller par sa mort., ,, Ce sont les paroles de Mr. Mo-réri. 11 y auroit de Vinjustice à critiquer l’expreffion revinttoujours à la fraîcheur ; car il est aisé de voir que les Impri-meurs ont mis revint au lieu de rêvant (18). Mais onpeut dire deux choses. L’une, qu’il auroit falu s’exprimerainsi ; Se souvenant du Temple de Bacchus , qu il avoit vu àAphite, il souhaita de jouir de ïombre o 1 de la fraîcheur deseaux claires de cet endroit-là. Il y fut porté en vie, mais ilmourut hors du Temple, le 7 jour de Ja fievre (19). En secondlieu, c’est une glose chimérique, que de nous venir conter,que, par un respect religieux pour la sainteté du Temple , ilne voulut pas y mourir. Xenophon , ou quelque autreAuteur digne de foi, ont-ils dit cela? Pour n’en faite pasà deux fois, critiquons ici la faute que Mr. Moréri a faitedans V Article d’Agesipolis II. 11 allure que ce Prince, aiantété en otage durant fa jeunesse , répondit à ceux qui lui enfaisoient reproche, C'est parce que les Rois portent les défautsde leur Empire. Cette réponse est auísi fausse, que contraireà ce bon mot,

Quicquià délirant Reges, pleéluntur Achìvi (zo), .c’est-a-dire,

Les Princes font les folies, pleurs sujets en portent la peint.

Voici le fait. On lui dit un jour, Tout Roi que vous êtes,vous avez. été en otage, avec les principaux de lu yeuneffe deLacedemone : vos femmes, z? vos enfans ríy ont point été. C estparce qu il étoit juste, répondit-il, que nous portaffìons nous-mèmes la peine de nos propres fautes (zi).

(Fj Agesilaiis ne fut point aise de cette perte, comme on l’au-roit cru.] Xenophon nous porte à croire , qu’il régnois en-tre ces deux Princes une émulation fort propre à produirel’inimitié. Mais Plutarque nous les représente commefort unis. II observe qu’Agefipolis doux 8c modeste , 8Cs’intrigant peu dans les affaires publiques, se laissa gagnerpar son collègue Agesilaiis (zz) , qui, le conoissant decomplexion amoureuse, lui parloir toujours de beaux ^gar-çons , 8c le poussoir de ce côté-là, 8c l’y servoit même.

’Kiê'ài

(13) SethîCalvisii,Chronol.a d ânn. Man-,di 3557 ,gag. 162.

f 14) DÎO-dorus Sicul,J.ibr. XIV,Cap. XC,pag. 637.

(ij) Xeno-'phon deReb. gestisGraxor.

Libr. IV,pag. 301.Pausanias »Lib. II,pag. 86.

(ií) Xeno-phon, deReb. gestisGrxcor.

Libr. IV,pag. 301.

(17) Calvi-sius , Chro-nol. pag.,X60.

(18) On amis rêvant,dans les Edi-tions de JJol-

(19) Voiez.Xenophon,Liv. IV,paf. ;rs,33 °.

(20) Horar,Ipist. II,)Libr. I,Vers. 14.

( 21 ) Plu-tarch. inApopluh.Laconic.fag. 21 J»

(12) Plut.in Agesil&Lpag, «07, A*