AGIS. A G R E D A.
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gesilâiis , qu’il lui fut impossible de se maintenir. Leonidas fut rapelé à Lacedemone : Agis seretira dans un Temple ; & Cleombrotus dans un autre. La femme de ce dernier fe conduisit d'u-ne maniéré qui la rendit admirable à tout le monde ( c). Leonidas fe contenta de frire exiler son ( c ) mu .vgendre ; âpres quoi, il s’apliqua tout entier à la ruine d’Agis. Un des Ephores , qui souhaitoit chb-de ne point rendre ce qu’Agesistrata lui avoit prêté , fut le principal instrument de l’infortune de vo°uV/mcette famille. Agis ne sortoit de son Asyle , que pour aller se baigner. Un jour , qu’il retournoit - 4r,ide ‘du bain à son Temple , cet Ephore l’entraîna dans la prison. On lui fit son procès , on le con-damna à la mort, & on le livra à l’Exécuteur. Sa mere & fa grand’-mere demandoient avec ins-tance , que pour le moins on accordât à un Roi de Lacedemone la permission de plaider fa causedevant le peuple. On craignit que ces paroles ne fissent trop d’impression , 6c l’on se hâta dèsl’heure même d’étrangler Agis. L’Ephore, débiteur d’Agesistrata , permit à cette Princesse ^ Va! ^d’entrer en prison : il permit la même chose à la grand’-mere , 6t puis il les fit étrangler l’une. r^masaprès l’autre. Agesistrata mourut d’une maniéré tout-à-fait glorieuse (d). L’Epouse d’n gis (?) , A M p HPrincesse trés-riche , & fort fige , êc l’une des plus belles femmes de la Grece , fut arrachée de.son logis par le Roi Leonidas , 6c contrainte d’épouser le fils de ce Prince. C’étoit un jeune gar-Çon, peu capable encore du mariage. II régna après son pere , 6c eut une fin pour le moins aussi A s iatis -tragique que celle d’Agis , dont il avoit tâché d’éxécuter les desseins. II s’apelloit Cleomene (/).
Mr. Moréri ne raporte pas comme il faut ce que dit Agis ( E ) à ceux qui plaignoient íà destinée. ««vitaAgí*Les autres Dictionaires font très-fautifs fur cet Article ( F). Meursius ne devoit pas dire que cet meìusf 1 ™"Agis régna neuf ans (g) ; car le passage de Diodore de Sicile , qu’il allégué, regarde un autre t?) MeurtAgis. Celui, dont il est ici question , perdit la vie dans la 13s Olympiade. Les considérations uac^dlm!de Plutarque , fur le íuplice de ce Roi, se verront dans l’Article A m p h a r e s. t*g- «z.
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cette hardiesse pendant quelques mois, 8c pour cause ; maisquand les événemens ont passé ce terme , il ne faut pluscontredire les grands Acteurs.
(E) Mr. Moréri ne raporte pas comme il faut ce que dit Agité]Voici ce que dit Agis , en voiant pleurer un des Sergens :Ne me pleures point ; car , puis qu on méfait mourir avec uneinjujlice fi criante, je fuis d'un plus grand mérite que les auteursde -,ma mort (7). Au lieu de cela , Mr. Moréri lui fait dire.Ne pleure point ; car ceux qui pleurent font beaucoup plus dplaindre que moi. Ce n’est point la feule faute de cet Arti-cle. Mr. Moréri dit faussement > 1 , fhf au commencementdu régne d’Agis, un Ephore , nommé Epitadeus, fit ordon-ner que les peres pourróient déshériter leurs enfans : 2. Qu’ Agis
redîifia les termes de cette Ordonnance , qui repeupla en peu detems la Ville : 3 , que les plus considérables donnèrent lesmains au dessein d’Agis. Lisez Plutarque , vous verrez,1, qu’il y avoit long-tems qu’Epitadeus avoit fait passerson Décret : z , qu’Agis n’eut point le bonheur d’y fairechanger la moindre chose : 3 , que ce furent les gens ri-ches , qui s’opoférent à son dessein. Est-ce consulter lesoriginaux ? Est-ce les entendre ?
(F) Les autres Diâlionaires font très-fautifs fur cet Article.]Charles Etienne confond cet Agis avec un autre plus an-cien , 8c le distingue de celui que les Lacedemoniens pendisrent. Mr. Hofman ne commet que la premiers de ces deuxfautes. Lloyd n’en corrige aucune.
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AGREDA (a) (Marie d’) Religieuse visionaire , & semeuse par uii Ouvrage quela Sorbonne a censuré , a vécu au XVII siécle. François Coronel son pere , 6c Catherina deArena fa mere , qui demeuroient à Agreda, ville d’Efpagne, fondèrent un Couvent dans leur mai-son , le 19 de.Janvier ióip. Une révélation particulière les y pousse. Notre Marie y prit l’ha-bit de Religieuse , le même jour que sa mere , 6c que sa sœur j elle y fit profession avec sa mere ,le 2 de Fevrier 1620 (b). Elle fut élue Supérieure , l’an 1627 j 6c , pendant les dix prémieresannées de se Supériorité , elle reçut de Dieu 6c de la Vierge Marie plusieurs commandemens d’é-Crire la Vie de la Sainte Vierge. Elle résista à ces Ordres , jusqu'à Van 1637, qu 1 elle commença àV écrire. L'aiant achevée, elle la brûla, avec plusieurs Ecrits qu'elle avoit composez sur d'auttes sujets :elle íuivit en cela le conseil d'un Confesseur , qui la conduisait en Vabsence de son Confesseur ordinaire.Ses Supérieures , £5? le prêmier Confesseur , l'en reprirent très-aigrement, £5? lui commandèrent d'écrireune seconde fois la Vie de la Sainte Vierge. Dieu £5? la Vierge lui réitérèrent le même commandement.Elle commença d’obéir le 8 de Décembre (c) i6yy. Elle divisa cet Ouvrage en trois parties , con-tenues en huit livres , qui ont été imprimez à Lisbonne, à Madrit , à Perpignan , £5? à Anvers. Le pré-mier a été traduit d'Espagnol en François , fur VEdition de Perpignan , par le Pere Croset , Rêcolet .Cette Traduction fut imprimée à Marseille , l’an i6p6 (d). II y a tant de folies dans cet Ou-vrage {A) , si capables néanmoins de plaire aux dévots outrez de la Sainte Vierge , que la Facultéde Théologie de Paris jugea à propos de le censurer {B). Elle en vint à bout, malgré les opo-
sitions,
(b) U ProsesJìon desisatisfut différée’ 9parce qu*ellen*avoir pasPâge. Jour-nal des Sa-vans du 16 d*Janvier 1696,pag. 51 > Z r.Edition deHollande .
(c) C*efllcjoutde U Concep-tion delaVier*gtf danslendrier.
(d) Tiré dtêJournal desSavans du16 de Jan-vier 1696,
(A) il y a tant de folies dans cet Ouvrage.] On y voit,„ qu’auffi-tôf que la Vierge fut venue au monde, le Tout-„ puissant ordonna aux Anges de transporter cet aimable„ enfant dans le Ciel Empyrée ; ce qu’ils firent plusieurs„ fois. Que Dieu assigna cent de chacun des neuf Chœurs„ des Anges, c’est-à-dire 900 , pour la servir : 8c qu’il en„ destina 12 autres, pour la servir en forme visible 8c cor-„ porelle : 8c encore 18 des plus relevez, qui defeendoient„ par l’échelle de Jacob , pour faire les Ambassades de la„ Reine au grand Roi. Que pour mieux ordonner ce: in-„ vincible escadron, on y mit à la tête le Prince de la Mi-„ lice céleste , St. Michel. Que la prémiere conception du„ corps de la .très-Ste. Vierge fe fit en un jour de Diman--, che correspondant à celui de la création des Anges. Que,, si la Vierge ne parla pas dès fa naissance , ce n’est pas„ qu’elle ne le pût faire; c’est qu’elle ne le voulut pas. Qu’a--, vant l’àge de 3 ans, elle balayois la maison , 8c les An-,, ges l’aidoient, 8cc. II y a je ne sai combien de pareil-, . „ les imaginations. ” Voilà les extraits, qu’un Journaliste
VsOu o!re ^testant en a donnez (1). Un autre Journaliste , qui estdes Saván 8 ' 5 Un bon Catholique , nous assure (2) , qu’ow ne trouve dansKncmù. 1555 h* fi x prémiers Chapitres , que des visions , par lesquelles la140, ’ Sœur Marie de Jésus dit, que Dieu lui découvrit les mystères
» . T de la Sainte Vierge , zv les décrets qu il fit de créer toutes cho-
d« s” tnal Et .que dans le vingtième Chapitre (3), elle fait
du 15 sfs k récit de ce qui arriva à la Sainte Vierge , pendant les neufan mois quelle fut dans le sein de Sainte Anne , quelle vient en-suite a la naijfance de la Sainte Vierge, au nom qui lui fut don-ne > aux Anges qui furent chargés de fa garde, aux occupationsdes dìx-huit prémiers mois de son enfance , à l’entretien qu'elleeut avec Dieu d la fin de ces dix-huit mois, à ses conversationsavec Saint Joachim & Sainte Anne , & aux saints exercicesTQM. L ~
aufquels elle s'oeupa jusqu d ce qu elle sut mise dans le Temple déJérusalem. Si quelqu’un s’imaginoit, que parmi tant devisions , il n’y a rien qui concerne l’Apocalypfe, il se trom-pèrent lourdement ; car notre Marie , non Contente d’a-voir expliqué le XII chapitre des Révélations de St. Jean ,s’est fort étendue à expliquer le XX par raport à la Concep-tion de la Sainte Vierge (4). 11 seroit bien surprenant qu’elle r.) Journaleût pu voguer sur cette mer plusieurs années, fans donner des savansdans cet écueil. Si vous souhaitez de conoître le Titre de daiedijM-son Ouvrage dans la Traduction de Thomas Croset, lisez vicr 1696 'ce qui suit. La mystique Cité de Dieu , miracle de la Toute- S 3 -
puijjance , abîme de la Grâce , Histoire divine de la Vie de laTres-Sainte Vierge Marie Mere de Dieu , notre Reine or Maî-tresse, manifestée dans ces derniers fìécles par la Sainte Vierge àla Sœur Marie de JesuS , Abeffe du Convent de [immaculéeConception de la ville d'Agreda , de lOrdre de Saint François ,
C V écrite par cette même Sœur, par ordre de ses Supérieurs CV deJes Confejseurs.
(B) La Faculté de Théologie de Paris jugea d propos de lécensurer.] La censure, qu’elle publia , ne m’est conue quepar le Journal des Savans, oìlj’ai vu, I. Que la sixièmeproposition condamnée porte , que Dieu donna à la SainteVierge tout ce qu’il voulut , & lui voulut donner tout ce qu ilput , CT lui put donner tout ce qui rìètoit pas ïêtre de Dieu (5). ^ Journal
II. Que la septième proposition est conçue en ces termes: des savans„ Je déclare, par la force de la vérité, 8c de la lumière en daz 6 .it n>*„ laquelle je vois tous ces mystères ineffables , que tous les,, privilèges, les grâces, les prérogatives, les faveurs, 8c 7 7 ‘
,, les dons de la très-pure Marie , y comprenant la dignité„ de Mere de Dieu , dépendent 8c tirent leur origine d’a-„ voir esté immaculée , 8e pleine de grâce en fa Concep-„ tion i deforte que , fans ce privilège, tous les autres pa-
N „roitroien*