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A G R E D A, A G R I C O L A. 99
la prévision de ce scandale obligea 1 a Compagnie à insérer dans son Acte une déclaration (D ),qui eût été sans cela bien superflue > puis qu’il ne s’agifloit point des choses spécifiées dans cettedéclaration. N’oublions pas que le pere de Marie d'àgreda lè fit Moine dans un Couvent de l'Or-dre de Saint François , où deux de ses fils est oient déjà Religieux , (fi qu'il y vécut avec un grand éxem-ple -, (fi y mourut saintement (-?)> Encore moins faut-il oublier qu’on travaille à Rome à faire ca-noniser Marie d’Agreda. Voiez la Remarque (C) , au commencement.
droits de l’Eglise Gallicane , il s’m défistoit (23). Depuis cejour-là, juiqu’au tems de l’AíTemblée, on mit en usage plu-sieurs brigues. Le jour de l'Ajfemblée 'venu , Messieurs duSaussoy 6 í Gobillon condamnèrent le Livre (24) . ...-> Mais Moniteur le Caron montra , qu’il n’y avoir rienn qui méritât d’estre censuré , ce qu’il appuia de bonnes» raisons. Chacun eut ses partisans > qui parurent dans vint-„ neuf-Assemblées consécutives. Le Syndic baptisa ceux„ du party de Monsieur le Caron , Agredins , nom qui leur» reste”. L’aftaire hit conclue 1e 17 de Septembre. Oncria. dans la Jalle de l’Astemblée , d’une telle maniéré qu il fim-
bloit quonfufi dans une hale Çzy). Le lendemain ,
■Mejsieurs du Flos or du Mas , cy-devant Conseillers au Parle-ment de Paris , protestèrent de nullité contre la censure , o?firent signifier leurs protestations au Doyen or Syndic de la Fa-culté, qui subsiste, ne s en estant pas désistez, par aucun Able' 26).Depuis ce tems, le Syndic c t les Députez. Je font assemblez, , or
ont fait une autre censure . qui fut lue le premier O6I0-
bre ; mais , auparavant la leHure , Monsieur le Syndic fit sa-voir à la Faculté l'oppofitien qui lui avoit esté signifiée par cesdeux Mejfieurs. Il dit de plus , que Monseigneur de Paris lesayant fait venir dans ï Archevesché, les avoit convaincus parde fi bonnes raisons , que Monfieur l’Abbé du Mas s’y ejioitlaijjé aller, or qu il estoit sûr que lors que Monfieur du Flos au-roit ouy la leblure de la censure , comme elle estoit , il y donne-roit les mains. Léon lut donc l'ouvrage du Syndic , or l'on futsurpris qu il y avoit des propositions nouvelles or censurées , donton ri avoit point entendu parler dans la Faculté, qu on en avoitretranché plusieurs condamnées, être (27). Mes Lecteurs juge-ront ce qu’il leur plairra de ces extraits.
(D) Sjue la prévision de ce scandale obligea la Compagnie àinsérer dans son ASìe une déclarations, „ Elle a fait, avant„ toutes choses, une protestation solennele, quelle ne pré-„ tend rien diminuer par cette censure du légitime culte„ que l’Eglise Catholique vend à la Sainte Vierge ; qu’elle» l’honore comme Mere de Dieu ; qu’elie a une confiance„ particulière en son intercession ; qu’elle se tient au senti-„ ment de ses Peres touchant la Conception Immaculée;„ 8c qu’elle croit son Assomption au Ciel en Corps, &„ cn Ame (28) ". L’Auteur de la Lettre , dont on a vudes extraits dans la Remarque précédente , dit que la cen-sure , où l’on a établi pour dogme la Conception or t Assomp-tion de la Vierge, fut faite par le Syndic & les Députez , de-puis que le Corps de la Faculté eut mis la derniere mainau jugement (29). Cela montre , que l’on n’eut pas lecourage de publier la censure de la Faculté , fans y joindredes préservatifs ; &, par là, nous pouvons conoître à quelspérils on s’expose , quand on defaprouve les erreurs les pluspalpables qui amplifient les honneurs de la Sainte Vierge.On s’expose , non seulement à l’indignation des peuples ;mais aussi, à celle des Moines, 8c de plusieurs autres Ec-clésiastiques. On cherche donc des moiens de parer le couppar des préfaces étudiées (30). Quelle servitude ! & qu’ellefait voir que le mal est incurable ! Ce que Tite Live disoitde la République Romaine convient aujourd’hui à l’Eglise' de ce nom. Labente deinde paulatim disciplina , velut defi-•dentes primo mores sequatur animo : deinde- ut magis magisquelaps fint , tum ire coeperintprécipités , donec ad hac tempera,qutbus nec vitia nostra nec remédia patì posfumus , perventum
est (31). Elle ne peut souffrir, ni le mal, ni le remede.L’Ouvrage de Marie d’Agreda est manifestement plein defables , & de doctrines absurdes ; cependant > comme ilfavorise les fausses idées que l’on veut avoir de la dignitééminente , & du pouvoir illimité de la Sainte Vierge , ilfaut se servir de toutes fortes de machines , pour venir àbout de le censurer dans Paris. L’Auteur de la Lettre (32)fait plus de tort qu’il ne pense à son Eglise , & à íà Nation,lots qu’il étale les brigues, qui ont été emploiées par ceuxqui vouloient faire censurer la Cité mystique de cette Ab-besse Espagnole. II n’eút point falu cabaler , si les espritsn’euffent été dans un endurcissement prodigieux : il n’eûtpoint falu recourir à des adoucissentens. La censure auroitété faite du bonnet ; & personne n’en eût murmuré. Tousles Tribunaux de l’Inquisition eussent prévenu la Facultéde Théologie de Paris, au lieu qu’ils font tous demeurezmuets j ufqna présent -, si je ne me trompe : eux, qui sontsi alertes à condamner les Ouvrages qui s’oposcnt tant soitpeu aux traditions les plus douteuses, mais favorables àl’augmentation du culte des Saints (33).
Notez , qu’il y a une raison particulière , qui peut obli-ger la Sorbonne à quelque ménagement, Sc î’exposer auxopositions de plusieurs Docteurs. C’est qu’on a tiré tantde conséquences de l’épìthête de Mere de Dieu , qu’il n’y apresque point de pensée outrée touchant l’excellence 8c lepouvoir de la Vierge , qui ne puisse être en quelque façonsoutenue par les argumens ad hominem que ces conséquen-ces fournissent. On vous mene de dégré en dégré presquepar tout où l’on veut : les subtilitez des Scholastiques vousdésolent ; si vous reculez, on vous convainc d'inconsé-qucnce. De là est venu , que ceux qui se sont piqués deraisonner Conséquemment , & de favoriser tout à la fois làdévotion populaire , ont mieux aimé s’avancer toujours deplus en plus, que de reculer. Et, néanmoins, leur systèmen’est pas encore d’une figure régulière : il y manque la Di-vinité de Marie au sens literai ; puis que , selon l’ordre , laMere de Dieu doit être Déesse , 8c univoquement de mê-me nature que son Fils. Elle le seroit, si l’on vouloiradopter l’imagination du Cavalier Borri (34) ; mais on l'acondamnée. Un jour viendra peut-être, qu’on en conoîtrala nécessité , & qu’on quartera par ce moien la figure irre-guliere. C’est le vœu , croit-on , de beaucoup gens (2 y).Toqt est possible en ce genre-là , sous certaines circonstan-ces , Lomme vous diriez la combinaison des intérêts tem-porels, & des intérêts spirituels. Tout passe, lors que lesPrinces concourent avec les Chefs d’un parti Ecclésiastique,pendant certaines dispositions des affaires générales.
Finissons par dire , que si la Faculté de Théologie deParis a espéré que sa censure ôteroit du chemin de ceuxqu’on nomme Nouveaux Réunis une pierre d’achopemetit,elle s’est trompée : car les opositions, qu’il lui a falu sur-monter dans son propre Corps, 8c le mécontentement,qui a éclaté après la publication de la censure , ont beau-coup plus scandalisé les Réunis, que la censure n’auroit pu lesédifier. Outre que leur grand sujet de scandale est tout entierdans la Préface de cette censure : Préface , qui est un signalélevé de la Continuation d’une controverse' capitale ; jeveux dire , d’un culte , dont les excès ont excité quelquescurieux à philosopher , pour en découvrir l’origine (36).
AGRICOLA. Un nombre presque infini d’Auteurs portent ce nom ; mais comme il n’yen a que trois ou quatre , qui me soient un peu conus , je ne perlerai que de ceux-là.
AGRICOLA (George) Médecin Allemand, excella dans 1 a conoiflance des Métaux.II naquit à Glaucha , dans la Misnie , le Z4 de Mars 1494. Les découvertes , qu’il fit dans lesmontagnes de Boheme , après son voiage d’Italie , lui donnèrent une paflìon fi ardente de conoîtreà fond tout ce qui concerne les métaux , que lors même , que par le conseil de ses amis , il se sutengagé à pratiquer la Médecine à Joachimstal (rri , il donnoit le plus de tems qu’il pouvoit à l’é-tude des fossiles. Pour mieux satisfaire cette passion , il se transporta à Chemnits, où il s’apliqu'atout entier à cette étude. II y dépensoit, non seulement la pension qu’on lui avoit obtenue deMaurice Duc de Saxe ; mais aussi, une partie de son bien : de sorte qu’il remporta, de scs travauxbeaucoup plus de gloire, que de profit. II composa plusieurs Ouvrages fur k matière qui lui tenoitk plus au cœur , Sc quelques autres fur divers sujets (J). II examina ce que Budé , LéonardPortius, & Alciat, avoient observé touchant les poids & les mesures, & y remarqua bieri des fau-tes. Alciat se voulut défendre , Sc n’y trouva point son compte. Bodin soutient, qu’en compa-raison d’Agricoìa , les Arittotcs Sc les Plines n’ont été que des aveugles, fur les questions métalli-ques (b). II ne faut pas oublier , que lors que le Duc Maurice, Sc le Duc Auguste, allèrent join-dre
(A ) il composa plusieurs Ouvrages fur Id matière qui luitenoit le plus au cœur , or quelques autres fur divers sujets. ]Voici les titres de quelques-uns. De Ortu or Caufis Sub-ter raneorum. De Naturel torum qua effluttnt ex Terra. DeNaturd Fojfilimn. De tnedicclfis Fonttbus. De fûbterrdneis-fistmantibus. De veteribus or novis Metallis. De Re Metal-Itca. j e compte pour un Ouvrage de Politique > fa Haran-gue de iiello Turcis inferendo íi) ; pour un Ouvrage de Cón-X O M. x.
troverfe, son Traité de Traditiombus Apostolicis ; St pont unOuvrage de Médecine , son Traité de Peste. MeLhiorAdam ignore si ces deux derniers Ouvrages ont jamais étéimprimez ; je l’ignore aussi, quant au Traité de Contro-verse ; mais je fat que l’autre parut à Bile , Tan f 554 > &qu’il avoit été depuis imprimé deux fois, avant que Mel-chior Adam publiât son Livre. Voìez Mercldin dans sonLinderims reriovatus.
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(e) Journaldes Savantdu 16 de Jan-vier 1696 >5-.
(íi) Livius,Hiítoriar*Libr. /,
(32) Dent onei raporzé UTitre an com-ratnitmtnt dtla ‘Rjr/iar<]Hc
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San&orum
des J-.j taresd Anvers ontcte condamnez*far Vlnqnifì-tiondçTùlede *
f 34) Voter* U%emarque(B)de l y ^Article
Bokm,
& le Texte dectt Ariide,unpeu an desftiide st Endroitattqnel fe ra-porte cettcT(è~marque.
( 35 ) O si aa-
gultts ille Fro-ximns accédas,q ii nnnedefor-piat agelhm.
' Horat. Sat*Vl y Libr. II,f . 8 .
(z 6 ) Voiez /aKemarqtie(N)de st ^ArticleN E S T o*
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’dire, !a Valléed‘ J r ,aíhim.t estime Villede Misnie.
((>) Boditi.in Method.Histor. Voiendms PopeBlountjCen*Tara ceJe-brior^ Autho-
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