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Tome premier. A - B.
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AGRICOLA.

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<ju’il avoit dites à Luther. II choisit ce dernier parti (B ), & publia un Livre à Berlin, où ildemanda pardon à ceux qu’il avoit pu offenser par ses erreurs , & à Luther nommément, & pro-testa de vouloir vivre & mourir dans la foi qu’il avoit combattre. Luther ne se fia point à ces bel-les protestations. Agricola s’en plaignit à l’Electeur de Saxe , & lui témoigna qu’il n’avoit jamais

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íupliant néanmoins trés-Jiumblcment Moníieur E Electeur de lui hure parer ^ s „

ges qui lui étoient dûs , dont il avoit bon besoin pour nourrir fa femme & ses neuf enfans (h). Jene pensé pas qu’il ait jamais pu rentrer en grâce , ni auprès de l’Electeur , ni auprès de MartinLuther. 11 s’en consola fans doute par l’éclat que lui donnoit à Berlin fa charge de Prédicateurde Cour , & par le choix que l’on fit de fa personne , pour la composition d’un Ouvrage qui fitgrand brait. Je parle de l 'Intérim , qu’il dressa avec Jules Phlug , & avec Michel Heldingus (i),l’an i p48. On prétend que l’Empereur récompensa largement Agricola de la peine qu’il avoitprise en cette rencontre. La guerre , qui s’éleva quelque tems après en Allemagne entre lesThéologiens Protestans (A) , fit conoitre que ce Ministre étoit un esprit dangereux , & un grandbrouillon. II faisoit l’empressé , pour pacifier les choses, & n’épargnoit point, dans les Confé-rences que l’on tenoit fur ces matières , le don de langue dont il étoit pourvu ; mais il n’accom-modoit rien. 11 mourut à Berlin , en if 66. II avoit été Surintendant (/; de la Marche de Bran-debourg (m). On dit qu’il auroit voulu ramener l’uíage des saintes huiles envers les malades , &qu’il ne doutoit point que les guérisons miraculeuses n’y eussent été attachées, comme ancienne-ment (n). II ne fit que peu de Livres (C). On outre les choses, quand on dit qu’il rentra dansla Papauté ( D ).

(B) ll choisit ce dernier parti.] 11 y a quelque aparence qu’ilse porta à cette bassesse , par ces deux raisons. Prémiere-ment : il ne voioit rien à espérer du jugement de son pro-cès : il ne pouvoit le gagner , fans que Luther fût déclarécalomniateur de ses frétés. Or il auroit falu être le pluscrédule de tous les hommes, pour espérer de gagner enSaxe un procès à ce prix-là. Les peuples auroient lapidéles Juges , qui auroient flétri de la forte la réputation d’unRéformateur. L’Eglise , eût-on dit, a besoin de la bonnerenommée de Luther : les Papistes tireroient trop d'avan-nage de fa flétrissure. N’avons-nous pas vu des gens , quine sont que des Pygmées en comparaison de Luther, sedérober par cette voie aux peines canoniques qu’ils méri-toient ? La seconde raison d’Agricola fut aparemment qu’ilcraignoit de perdre , en ne se soumettant pas , le quartierde gages qui lui étoit dû. Lisez ce qui suit : Neque ta-

inen hoc scripto flatim , ut speraverat , Luthero de ver a con-verfione sua fidem secit ; id quod ipse Agricola literis d. 19.Decemb. apud Elebtorem Saxonis. querìtur , nihilque totavita fibi gravius accidisse quam íimultatem Main cum viroDei quem ipse patris loco veneratus fît, & in cujus ob-sequio mori velit, apud quem tamen nihil proficiat nejuramenti quidem oblatione , ideo se Deo causant com-mittere. Petit tamen ut fibi , ad alendam uxoremnovemque liberos, trimestre , quod reflare fibi dicit , sola-rium non denegetur, se enirn id diligenti lectione prome-so)Seck etl . ritum (4).

Hift, (C) ll ne fit que peu de Livres.] U Explication de trois censProverbes Allemans fut un des premiers. II y malrraitta>"*». is. beaucoup Ulric , Duc de Wirtemberg (5). On en fit desplaintes, qui obligèrent l’Auteur à reconoitre so faute dans■' *ís. une Lettre fort soumise. Cela n’empècha point que leDuc Ulric n’alléguât, entre autres griefs, à la Diete deFrancfort, Pan 1536, que l’on protégeoit dans la Comté

de Mansfeld Jean Agricola, dont il avoit été maltraité pardes médisances publiques (6). L’Auteur augmenta de plusde quatre cens Proverbes son Ouvrage , dans la secondeEdition. II fit des Commentaires fur St. Luc ; il réfuta l’Ex-plication du Pfeaume dix-neuviéme , publiée en Allemandpar Thomas Muncer , & c (7),

(D) ll ne rentra pas dans la Papauté.] C’est un soit certain,qu’cn sortant de Saxe , il se retira â la Cour dé Brande-bourg , 8c que l’Electeur Joachim II, qui avoit établi làRéformation dans ses Etats, en l’année 1539 (8), le reçuthonorablement, 8c le fit son Prédicateur. II n’est pas moinscertain , qu’il a joui toute so vie de la faveur de ce Prince :c’est donc une fausseté, que de dire, comme font MelchiorAdam 8c Paul Freher, qu’Agricola'étoit Papiste , tune Pon-tifiais fese adjunxerat, lors que Charles-Quint se servit de.lui pour la construction de XIntérim. II se relâcha , je l’a-voue , sur bien des choses, dans cet Intérim ; mais Phlug,8c 1 Eveque de ^81 don, ne fe relâchérent-ils pas auífi furbien d’autres ? Etoient-ils pour cela Luthériens ? Le projetde ces trois personnes ne contenta , ni les Protestans, niles Catholiques ; cela est très-siìr : mais il y a une grandedistinction a faire entre ceux , qui, pour le bien de la paixabandonneroient quelques parties de la Réformation , 8cceux qui sortent actuellement de la Communion Protes-tante , pour entrer dans la Communion de Rome. Agri-cola étoit sons doute de cette prémiere classe de gens ; mais,n’aiant pas été de la seconde , il ne doit point passer pourPapiste. Trouvez donc une soute dans ces paroles de Mi-craelius ; Joh. Agricola .... noster primo , deinde sms, tan-dem Pontificiorum (9). Je ne soi , fi , quand il dit troislignes après , Ilomini Epicur/to fimil'tor quam pio Theologo , utferibit ofiander ad annum 1566, quo obiìt Agricola, il entendun homme voluptueux , ou un homme qui tenoit Tindissé-rence des Religions.

(l) Cefl Ainsiqui on nommeparmi les Lu-thériens tesMinistres pitiont l’inspci-tion fur plu-sieurs Eglises.

(m) Micrai'lius , Hift.Ecoles pne.73 3 Edùion.

.Arn. 1679 .

(») Meîch.Adam, vir,Theolog,4 11 -

'(6) Secken-dors, H iit,Luther, pag.14a, lit. í. '

(7) Melcli.Adam, Vit,Theolog.pag. 411.

so)Secken-dorf. Hift.Luther. LibrdIII, peg.zìs^& feqq^

(s>) MicrS'lius , Syn-tagm. Hist,Ecclesia:,í“g. 7JÎ.

AGRICOLA (Michel) Ministre Luthérien , à Abo , dans 1a Finlande , est le prémïer („) E x mî-quî a traduit le Nouveau Testament en la langue du pais , ce qui contribua beaucoup à la pro- Hist»

pagation du Luthéranisme («). p f. 731,'

AGRICOLA (Rodolphe) a été un des plus Evans hommes du XV siécle. L’Italie ,qui en ce tems-là traitoit de barbare tout ce qui etoit au delà des Alpes , n’avoit rien à quoi laFrise ne pût comparer son Agricola , fans avoir peur d’être vaincue. Ce ^rand homme étoit debasse naissance {Al) : il nâquit environ* l’an 1442,, dans le village de Baffion , a deux milles de Gro-ningue. 11 fit conoitre dès les basses classes ce qu’il feroit un jour ; & , a peine avoit-il reçu ledegré de Maître és Arts à Louvain, qu’il auroit trouve une Chaire de Professeur , s’il avoit eucette envie. Son inclination le porta plutôt à voiager. II passà de Louvain à Paris , après avoirvécu dans la prémiere de ces deux villes comme un Athlète 5 je veux dire , avec beaucoup de so-briété , de chasteté , Lë duplication au travail ( B ). De Paris , il alla en Italie , & s’arrêta deux

ans

(A) ll étoit de baffe naiffance.] Je soi bien que dans la Vied’Agricola , parmi celles des Professeurs de Groningue , onassure qu’il étoit d’une des plus considérables familles deFrise ; Ex Agricolarum familiá apnd Frifios inter honoratioresfemper habita , vir hic incomparabilìs oriundus : mais com-me cette Vie n’est point différente de ceile qu’on trouvedans Melchior Adam , elle ne soumit balancer le témoi-gnage d’Ubbo Emmìus. Or voici ce que dit Ubbo Em-mius, l’homme du monde qui conoissoit le mieux son païsÇj. de Frise : Obfcuris natalibus apud Bafloos ortus ( Rodolphus

LninVus 50 Agricola ) tantum fibi in literis nomen paravit per omnem

Histor. Fris Puropam , ut , Cfc (i).

xxx' On (z) m’a indiqué deux preuves du sentiment d’Em-1490’, mius dans les Lettres d’Agricola. L’une est > que so sœur, ’ 4S7 - utérine fut envolée à Groningue , pour aprendte à travaiî-Mo r ‘ ■'so so en péletérie, pellicea opéra cr texturam pulvinariam ; Tau-na ° 1 ', tre est, q Ue i e pere de cette fille étoit Receveur de TEglise

de son village. II fut fort désolé,lors qu’un de ses fils dérobala somme de cent florins des deniers de cette recette. Venitad me nudìus tertius pater tuus turbatusc?gemens,z?propc cumlacrimis questus est mihì, Henricum fratrem nostrum prtdie ejusdiei clam fibi abstuliffe centum florenos neftrq monetst ex pecuniàsacra, cujus curam, utfeis , illcgerit. Notre Rodolphe, étantà Groningue , écrivit cela à Jean son frété utérin.

(B) Comme un Athlete ; je veux dire , avec beaucoup desobriété, de chasteté, ZF d’aplication au travail.] Les Anciensremarquent que les Athlètes s’endurcissoient au travail,

8c s’abstenoient du vin 8c des femmes.

6 }ui studet optatam curfìt contingere metam ,

Multa tulit secitque puer : sudavit zsr alfit :

ABSTINV1T VENERE ET VlNO ( 3 ).' sojHorat.de

Cette abstinence fut insigne dans Agricola ; & c’étoit une f. 4I1 £chose bien rare à T égard du prémier point , au païs où stN 3 vivoit,