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Tome premier. A - B.
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A G R I C O L A.

(a) Erasmeavoit donc ététrompé , lorsqtfil avoit ouïdire qu* Agtí-cola mourutavant P âge dequarante ans.Adagios.Chil. I,Cent. IV,num. 39.

(í) Tiré deMelchiorAdam, Vit.Thilosoph.pag. 1 3 » &suivant*

ans à Ferrare (C) , où le Duc le gratifia de plusieurs bienfaits. Théodore Gaza expliquoit Aristotedans cette ville. Agricola , qui fut l’un.de ses Auditeurs , se fit entendre à son tour, & ne fit pasmoins admirer son style que son accent. On avoit du chagrin en ce pais-là , qu’un tel homme nefût pas né en Italie. 11 n’eût tenu qu’à lui , lors qu’il eut regagné son pais natal, d’y occuperdes charges considérables ; mais l’amour des Livres l’empêcha de songer à ces sortes d’établiíse-mens , on l’en retira bien-tôt. II avoit accepté enfin une charge dans Groningue , & il suivit laCour de Maximilien I pendant six mois , pour les affaires de cette Ville. II s’aquitta heureusementde sa commission, & n’eut pas beaucoup de sujet de se louer de la gratitude de ses maîtres : aussi leslaissii-t-il là, 8c se remit à voiager. II n’avoit garde, amateur de sa liberté comme il étoit, d’accep-ter la Principalité de Colfege, que ceux d’Anvers lui offrirent. Comment l’auroit-il acceptée, puisqu’il avoit refusé d’entrer sous des conditions très-avantageuses chez l’Empcreur Maximilien ? IIpréférait le repos & l’indépendance à toutes choses : e’étoit avoir le goût bon. Après avoir menéune vie fort ambulatoire , il sc fixa au Palatinat, où l’Evêque de Worms, auquel il avoit enseignéle Grec , trouva le moien de l’arrêter. Ce fut l’an r 48 z qu’il alla au Palatinat ; il y passii tout lereste de ià vie (D) , tantôt à Heidelberg , tantôt à Worms. L’Electeur Palatin sc plût à l’enten-dre discourir sur l’antiquité , 81 souhaita qu’il composât un Abrégé de !’ancienne Histoire. Agricolale fit en habile homme. II lut en public à Worms ; mais ses Auditeurs étant plus faits aux chi-caneries de la Dialectique , qu’aux belles Lettres, n’avoient pas le tour d’esprit qu’il souhaitoit. IIcommença à étudier en Théologie à l’âge d’environ quarante-ans > 8t, n’espérant pas d’y réussir,sens l’intèlligence de l’Hebreu , il s’attacha à l’étude de cette langue : & , avec le secours d’unJuif, il comfnençoit à y faire de bons progrès ( E ). La mort, qui le vint saisir à Heidelberg, lez8 d’Octobre 148 s st) , ne lui donna pas le tems de continuer. 11 se résigna chrétiennement auxordres d’enhaut, & fut enterré en habit de Cordelier dans l’Eglise des Frétés Mineurs de cetteVille. La description qu’on a faite de son caractère peut persuader aisément que c’étoit un forthonnête homme , franc , sens envie , modéré, de belle humeur. II ne se maria jamais, quoi qu’ileût aimé , ou fait semblant d’aimer , quelquefois. II avoit en ses jeunes ans résolu de sc marier;mais , après avoir éxaminé profondément ce qu’il alloit faire , il abandonna ce dessein , non pastant par la crainte des incommoditez domestiques, que par une certaine paresse naturelle qu’il sescutoit (F) , qui le faisoit succomber aux moindres foins. On ne diroit pas qu’un homme aussi en-foncé que lui dans les études de l’antiquité, ait su chanter sur les Instrumens les chansons qu’il fai-soit lui-même : cependant il donnoit quelquefois ce régal aux Dames (G). On prétend, que furle chapitre de la Religion , il avoit senti quelques avant-gouts de la lumière qui parut au siécle sui-vant (H). 11 laissa ses Livres à Adolphe Occo , natif de Frise , 8c Médecin de la ville d’Augs-bourg {b). Mr. Moréri n’a pas eu raison dédire qu’Erasme 8c Agricola firent consistance à Fer-rare.

vivoit. Lovaiùi vixit honestijjìmè ab omnï compotatione ac co-mejsiitione contra, gentis Jus. morem alknijsitmus. Tantus trat in.eo bonarum lìterarum amor , tam indeseJJum jluâium , ut tur-pis Veneris siorhices cy lujira ne noverh quidem (4). Elle étoitAií imf vise rarc P aï tout ’ âc l’eít encore à Tégard 'de l’autre point,philotóph. ' à la honte du Christianisme , & des Lettres, on ne

gag. 1;. voit presque p'ar tout dans les Ecoliers qu’un penchant hor-rible à k débauche. ‘Ils ne valoient peut-être pas mieuxanciennement ; & , en ce cas-là , je m’étonheroìs qu’on•n’eût pas mis en proverbe > Sine Venère cy Baccho frìgentMuss , comîne l’on y mit , Sine Cerere cy Baccho friget Ve-nus. 11 semble qitc depuis long-tems la jeunesse qui étudiese conduit comme si la première de ces deux maximesétoit véritable.

-, (C) Et s’Arrêta deux ans (si) à Ferrare.] U y aprit

í^'1477 147 ' Grec , fie y enseigna le Latin : il disputoit avec (ma-

rin , à qui écriroit le mietìx en prose; & avec les Stroz-za , à qui feroit mieux des vers : & , pour ce ‘qui regar-de la Philosophie , il en discourait avec Théodore Ga-za (6).

Aiídrrr hm iD) Ce fut Ven 1481 , qu’il alla au Palatinat ; il yBelg. p**. ' pe./ja-ieîtt leTeJle de fa vie.] Melchior Adam rassure. Ctùn798. 0 hoc ( Joannè Camerario Dalburgio ) ab anno 1482. partim

Heidcibergœ , partim Wormatiae , ad ultimum vits afíum. . , ufque vixit conjuntiijfim'e (7). Mais Mr. de la Monnoie l’a

Adams vu e trouvé en faute ; car voici ce qu’il me marque. „ Ro-.Phiiosoph. ' ” dolphe Agricola , dans une Lettre qu’il écrit (Jacobo Bar-

„ liriano , mal datée de XCII , au lieu de XXC 1 I, & dans,, une autre de même date à Jean son frere , dit qu’en un„ volage qu’il fit cette même année à Heidelberg , il don-,, na fa parole à Jean d’AJburg > Chancelier du Comte Pa--, latin , Le Evêque de Vormes , de retourner auprès rie-, lui l’année suivante. On reconoit cependant par ses au-„ tres Lettres , qu’il n’y retourna point avant le milieu de„ Tannée 1484. Ainsi , le calcul de Voffius., pag. 566 de,, Hist. Lat. touchant les trois ans de‘ la régence de Rodol-, . ,, phe à Heidelberg (8), n’est point juste. Sigiímond de

Meíchfot^C- " f°'ÌS ul ’ autrement Sigisinundus Fulginas , se trompedam nc dit >, aussi , quand il dit que Rodolphe mourut en chemin, aupotut rjn’A- ,, rc.tour de Rome en son pais. Rodolphe partit de Ro-

grícola au ,, me en 1480 , 8e mourut cinq ans après à Heidelberg.

jamais mf'i - Qn ne vo j t point pat la lecture de ses Oeuvres , qu’il ait

îilb esnT „ fait à Vormes la fonction de. Professeur ”. On a une

H'idrtbcr*. Lettre de Pierre Schottus , datée du 18 de Février 1484 ,

Voisins %- dans laquelle il témoigne qu’il avoit apris avec beaucoup

fest yu’ii f r . de plaisir qu’Agricola avoit commencé de faire des Leçonsmfetgna trots àlajeunefle dans Heidelberg. Argentinam rêver fus , cum

intellexiffiem . te Heidelbergs cœpijsie purgare cy linguas ju~

venum cy aures , ut ills nil fcelerostum balbutiant , hs verò tuis. , . tam peritis cy dulcibus elegantiis delibata, omnes Mas fciolorum

EpistoUuum ìnjulfas & verbofas ineptias quafi tnagicas imantationes decli-Iliilologica- nent : tum ego vehementer fur» gavtfiis (9).lûm à Gol- (£) il commençait a y faire de bons progrès. ] On fait dedasto edita- ] u ;_ m é me , qn’au commencement cette étude lui parut très-lant, pags 5 j, difficile. Studia Hebrsa . . . prirnkm cy plurimum negoúi ,

ubì feribit ipfe , exhïluerunt, ut sibi videretur cum Antso luc-tarí(ió). Ensuite, aiant rencontré un Juif, qui entendoit (10) Mcleh-passablement cette langue , il alla en peu de mois jusques à v<»

pouvoir traduire fans faute quelques. Pseaumes de David. 5 "“°Naélus ’Jmìsum ejus lìngus. utcunque peritum paucis menfibustantum profecit , ut aliquot Pfalmos Davidicos in Latinam lin-guam citra cúlpam tranftulerit (n). II n y a pas la de quoi (11) jd. ítAdire avec Voífius , qu’Agricola étoit très-docte en Hébreu , pag. is>.Hebraice doctijfunus (1 z) : on peut , fans faire injustice , dé- /, a) DeH is-grader ce superlatif , & le traiter comme un Cavalier que tor. Lar./^-l’on démonte , pour Tincorporer dans l’Infantcrie. Gesner s-m,a mieux distingué que Voffius : celui-ci a mis le superlatifau Latin , au Grec , 8e à T Hébreu d’Agricola , indifférem-ment ; mais voici comment Gesner s’est exprimé ; GrscicyPaùnifermantspentusçcy Hebraics lingus non ìgnarus (rz). Gethe*Remprunte de Tritheme ces paroles. Konig enchérit fur ri'Bibiioth.Voffius ; car si se sert du superlatif callentiftmus. Volez f ol ‘ a ***•ci-deffous la IÍI faute de Varillas. Remarquons aussi queTritheme ne parle point exactement, lors qu’il affûte qu’A-gricola avoit lait une Traduction du Psautier sur l’origìnalHébreu (14) ; car-On ne met point parmi les Ouvrages d’un ( î4 l Ap«d■ Auteur les thèmes qu’il fait en aprenant une Tangue : or Vaicriumil est manifeste , que la Traduction que faisoit Agricola de Andt. BibJ.quelques Pseaumes de David , étoit un théine que son Juiflui corrigeoit. Ce Juif s etoit converti à la Religion Chré- p aJ p rctienne. Jean Dalburg , Evêque de Worms (15) , ne 1 en- , ls , £ f n , ntretenoit dícz lui, que-pour 1 amour d .Agricola* fi nous en d*Heideìberg*croions VaIcîc Andie. Prifnus zocstilfuites e (jertttaniA c»mme ditGrscas restituit lifteras , quibus State provefíior etiam Kebrài- BuIlart,Ac»'cas adjecit , prsceptore ufus Judso quodam ad fidem converfio , des^

quem Wormatienjts Epifcopus Joannes Dalburgius folius Ro-doiplsi caufâ , domì Jus alebat (16). , y . ller>

(F) Par une certaine parejfe naturelle qu il Je sentait .] Com- Andréas ,me je ne laurois atteindre à k force de scs expressions, je Bibi. Belg.raporterai les mots Grecs dont il se servit. Vxorem nun- t*g. 79*-quam duxit : quanquam in priore State duêhirum dejlinarat.

Sed posteaquam incepit diligentihs Je ipje introffteere , averfus est

ab eo confilio non incommodis rei œconomicsfjed deterruìt ipfum jvtelch-

genus vits Jus cy animas levifitmis etiam curis impar , xui AJarai vit£

Çt tAtrvyJr n rrç (pâmais (vería funt ipjtus, epistolâ quáàam Phiiosoph.^ad Capnioncm ) vyi ftâaa0» àti-pcey/s-orarsi mi pAvfxta. nq Jstf

vocrloi -tu sttu (Jl). _ 1 Tr • • d'AciicoIa.

(G) Il donnoit quelquefois ce régal aux Dames.] Voici com- parmi céllts

me parle son Historien. Puellas amare Je nonnunquam jìniu- desPrtiftjT‘< ,r!labat , verutn nunquam dépéri bat. In earum gratiam verna- de Grouingue-culâ l'mgu.í qtisdàm carmina fcripfit elegantiffime : qus virgini- jvlelch-bus primariifque amicis prtfentibus voce cy tefiudine modula - vit*

tiffimè canebat (t8). II entendoit toute sorte de musique : phiiosoph-Canebat voce , Jlatu , pulsu (ïÇ)- gag. u.

(A) Sfuelques avant-goúts de la lumière qm parut au siécle ...

suivant.] Quelqu’un , qui avoit ouï discourir entre eux ,b ‘ 'Agricola & Wesseïus, témoigne qu’ils déploraient les téne- . &

bres de l’Eglife ; & qu’ lIs bkmoient la Messe , le céli- ( v °i Ft oso-bat, 8c 1a doctrine des Moines fur la justification par les so tum gwœuvres (zs). ' ningenf.