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Tome premier. A - B.
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AGRICOLA. AGRIPPA,

rare ( 7 ). Le Sieur Paul Freher n’a pas entendu tout ce qu’il a copié d’Erasmé (K) à la louanged Agricola. Nous aprenons du même Erasme , qu’Agricola mourut pour n’avoir pas été secouruassez tot des Médecins (X). Reuchlin prononça l’Orailòn funebre de ce savant homme (c). Mr. Và-

Varillas nous fournira ici bien des fautes (M ), & nous donnera lieu de raporter ce qui concerne la Andrewpublication d’un des Livres d’Agricola : c’eíi celui de Inventione dìakcticà {N)>

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(2) Mr. Morírì n a pas eu raison de dire qu Erasme zyAgri-tola firent cennoijjance à Ferrare. La preuve en est facile àdonner. Erasme naquit l’an 1467. 11 étudioit à Deventer,a l’âge de douze ou treize ans. Agricola étoit à Ferrare,lan 1476, & 1477. Comment donc auroit-il pu contrac-ter dans cette ville une amitié étemelle avec Erasme ? SiMr. Moréri avoir lu le prognostic d’Agricola touchant Eras-me , il n’auroit pas dit que ce fut à Ferrare qu’ils se conu-rent. Agricola étoit revenu d’Italìe , lors qu’aiant lu lesthèmes des Ecoliers d’Hegius à Deventer , il trouva je neíai quoi dans celui d’Flraime, qui lui donna envie de voircet enfant ; &, après savoir bien considéré, il dit que ceseroit un grand homme. Erasme n’avott pas vint ans, lorsqu’Agricola mourut ; & il n’étoit point encore sorti desténèbres, où des tuteurs impertinens l’avoient détenu : il11e pouvoit donc pas y avoir entre lui & Agricola cetteamitié dont Mr. Moréri parle. Voici, pour n’cn faire pasa deux fois , quelques autres méprises de cet Ecrivain.Agricola, dit-il, étoit savant en tout genre de litéralure , zymême en la langue Greque. C’est comme si l’on disoit, untel est savant dans toutes les parties de la Théologie , zy mê-me t dans les questions de la Grâce. La langue Greque n’est-elle pas une des plus nobles parties dela litérature ? Je neiai où Mr. Moréri a lu qu’Agricola fut Syndic de la ville deGroningue pendant deux ans.

(K) Tout ce qu’il a copié d’Erasme (2.1).] II aplique à no-tre Agricola ce qu’Erasine a dit d’un autre. 11 faut savoirqu’Erasme, aiant bien lotie Agricola, confeste qu'une desraisons qui le rendoient si enclin à lui donner des éloges,étoit que lui Erasme avoir eu pour maître un homme (22)qui avoir été disciple d’Agricola (23). Là-dessus , il nousétale le mérite de cet homme, Sc il dit entre autres chosesque l’cnvie même ne le pourroit critiquer en chicanant,que d’avoir trop méprisé la renommée, de s 1 'être peu souciéde l’avenir, & de n’avoir rien écrit que par forme d’amusc-tnent. Freher raporte cette remarque, comme fi elle con-cernoit Agricola: par où il attribue à Erasme une fausseté;car les Oeuvres d’Agricola recueillies en un corps (24), &imprimées à Cologne, fan 1539,font foi qu’il a écrit beau-coup de choses avec foin, & avec toute son industrie.

(L) ll mourut pour n avoir pas été ajjez, tot secouru des Mé-decins .] Voici ce qu’Erasme nous en aprend : on nefera pas fâché de le voir dans ses propres termes. Veluti fiquis in morho capitali Meiicum opperiatur infignem aut proculaccerfindum ; qu& res homìnem illum veré divinum extinxitRodolphum Agricolam; etenim ,dumcontatur Medicus ,morsantevertit (15).

( M ) Mr. Varillas nous fournira ici bien des fautes]. I. Agri-

cola, dit-il (26), eut la mémoire fi vafle, qu il ne lui échapajamais rien de ce qu il avoit une fois retenu. C’est une hy-perbole, dont je ne trouve nul fondement dans l’Histoirede ce grand homme, encore que l’on s’y soit fort étendu surses talens. Auroit-on oublié celui-là , qui est le plus ex-traordinaire qui se puisse voir ? II. ll devint savant jus-qu au prodige, avec des Livres d'emprunt , zyfans maître. L’hy-perbole est ici accompagnée d’une fausseté palpable : carnous lisons dans fa Vie, qu’il fut envolé de très-bonne heureau College (27); & qu’après l’étude de la Grammaire, ilalla étudier à Louvain, où il logea au College du Faucon,& y fit toutes les fonctions d’un Ecolier de Philosophie:& il s’attacha d’ailleurs à quelques personnes qui avoientdu goût pour la belle Latinité. A Ferrare, il fut un audi-teur assidu de Théodore de Gaza. ibi Theodorum Gaz.amAristotelis firipta enarrantem, diltgenter audivit (28). 11 est

bien vrai que dans ses volages il ne portoit avec lui quepeu de Livres, & que laissant le reste de fa Bibliothèquechez ses amis, il se servoit de Livres d’emprunt, selon qu’ilen avoit besoin; mais, outre qu’il n’y a point d’homme delettres , qui n’en use ainsi en voiageant, oseroit-on direqu’Agricola a tout apris pendant ses volages ? III. Il com-mença ses études par ou les autres avoient accoutumé de lesfinir-, c'est-à-dire, par la langue Hébraïque, ll la voulut sa-voir , non seulement dans fa pureté ; mais encore, avec toutes

les altérations que le tems zy le rajinement des Rabins y ont pro-duit. ll eut le même foin de s'introduire en la langue Gre-que .... EnfiPi , il je mit au Latin , fans avoir- égardaux remontrances de ceux qui prétendaient T en -distuader ,Jur ceque j habitude d.'écrirez? de prononcer ï Hébreu sembloit avoir in-troduit dans son esprit de l’incompatibilité avec les phrases z? lesexprejftons Romaines. Où est l’iiomme qui puisse lire celafans étonnement, s’il fait que notre Rodolphe n’aprit l’Hé-breu que peu d’années avant sir mort, & que les progrèsqu’il y fit furent médiocres (29) ? Je m'imagine que Mr.Varillas a été trompé par ce Latin. Tranfijli enim, c’estune apostrophe à Agricola, Hebraicas , Grscasque literas uf-que adeo stupenda celeritate, ut nequaquam Grunmgis in ultì-ma Frifia , fed Hierojolymis Athenìfque natus ac educatus àdotstijfimis crederere. Latinas porro t ant a félicitât e didicïsti, do-cuistique , ut z?c (30). Voilà pourquoi, ce me semble,Mr. Varillas s’est imaginé qu’Agricola aprit d’abord lalangue Hébraïque , puis la Greque, & enfin la Latine ,& qu’il compostait & parloir souvent en Hébreu. IV. llfit un progrès fi surprenant dans le Latin, qu 'Erasme > fi peuaccoutumé à louer en autrui les rkhejjes qu U poflédoit , ne sepouvoit lajjèr de ï admirer , principalement apris qu il eut donnéau public ses Commentaires fi polis, z? fi dignes du fiecle d'Au-guste, fur la Rétorique z? la Logique d'Aristote. Erasme étoitsi peu de chose, lors qu’Agricola mourut , que c’est malchercher les progrès de son admiration, que de les cher-cher dans les années qui ont précédé la mort d’Agricola.C’est d’ailleurs un anachronisme , que de dire , que cetillustre Frison a vécu jusques au tems que la possession desbelles Lettres empêchoit Erasme de les louer en autrui. Voi-ci encore deux observations. Les Commentaires fur la Lo-gique d’Aristote ne parurent qu’après la mort de l’Auteur.C’est Erasme qui nous l’aprend , & qui dit méme qu’ilsétoient tronqués. Latitabant apud nejcio quos CommentariiJDialeétices , nuper in publkum prodierunt , fed mutili (31).A coup fur, ce n’est pas dans cet Ouvrage qu’on peut ad-mirer le Latin d’Agricola, ni les mameres polies du fiecled’Auguste. V. L’Elefíeur Palatin ... fit venir Agricola àHeidelberg . ... lui donna la prémiere chaire pour ï Eloquencedans llsnìverfité . . . z? le fit Jon Conseiller d'Etat. La Vied Agricola, ni parmi celles des Professeurs de Groningue,ni dans Melchior Adam, ne dit rien de tout cela. C’est àl’Evêque de Worms qu’elle attribue d’avoir attiré Agricolaau Palatinat.

(N) C’esi celui de Inventione dialeéticâ.] Voici une Re-marque , qui m’a été communiquée depuis la prémiere Edi-tion. „ Rodolphe Agricola n’a fait nuls Commentaires ré-,, glez fur la Logique ni fur la Rhétorique d’Aristote. Nous„ n’avons de lui que les trois livres de Inventione dialec-,, ticâ, imprimez premièrement à Louvain , l’an 1516 ,„ par les foins d’Alard d’Amsterdam, qui les publia enmau-„ vais ordre , tels qu’il les avoit pu recouvrer. Quelque„ tems après, un certain Jaques le Febvre, de Deventer,„ fit courir le bruit qu’il avoit un manuscrit de Inventione,, dialeâîicá, plus ample de trois livres que l’Edition de Lou-„ vain. C’étoit un mensonge. Alard, qui alla trouver ex-„ près ce le Febvre à Deventer, aiant vu son manuscrit,„ ne le trouva , ni plus 'ample, ni plus correct, que ce-„ lui fur lequel l’Edition de Louvain avoit été laite. 11„ en fit des reproches à le Febvre, qui s’excusa comme il„ put , quoi qu’assez mal. Depuis l’an 1528 , Pompée„ Occo, aiant eu de la succession d’Adolpheson onde le„ propre manuscrit d’Agricola, le mit entre les mains d’A-„ lard, qui f aiant reconu bien complet & bien condition-„ né le fit imprimer à Cologne, in 4, avec de longsCom-„ mentaires, l’an 1339. Quelques années auparavant, Jean,, Matthieu Prissemius, à qui Alard avoit communiqué son„ manuscrit, l’avoit fait imprimer en la même ville, com-„ menté de sa façon. Cet Ouvrage, qui est le chef-d’œuvre,, de Rodolphe, a toujours été généralement estimé, pour,, l’exactitude du style (32I & du raisonnement”. Cecivient du même lieu que l’Observation contenue dans la Re-marque (D) (33).

(2.9) Voìej^cì~dejfu$ ÍÁ%emArcjUt(E), ír joi*gnezsy cesmots slí’E-

lafine .•Extrcmo vit Atempore adliteras He-braïcas < . *totttm ani-mwn appuie^rati Eraím*Adagior.Chiliad. /,Cent. IV>num. 39,pai. 145.

(30) l'aul.jovius,ElogioruinCap. XXXII*

(Zi) Erasnf^Adagior,Chil /.Cent. IV %num, 39 ,E. US*

(32) Toîttcela peut etrevrai, encoreque cet Ou~vrage soitfort éloignedes manié-rés poliesdu siecled’Auguste,& qtfìl soitméme moinséloquent qued'autres Pis*

ce, c? Agri-cola.

(33) O est-k-dire, deMr. de laMonnoie»

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Magicien ,

AGRIPPA (Henri Corneille) grandgens (A ), a été un fort savant homme dans le XVI siecle.

tembre 1486 (a) , d’une famille noble & ancienne ( B ). Voulant marcher fur les traces deancêtres (b) , qui, depuis plusieurs générations avoient éxercé des charges auprès des Princes dela Maison d’Autriche, il entra de fort bonne heure au service de l’Empereur Maximilien. II y

eut

si l’on en croit beaucoup deII naquit à Cologne le 14 de Sep-

' ses

(b) Agrippa,Epist. X VUELibri VI ,p*f. 9/o> &Epist. XXI 4Libri VII,pag. 1021,Voiez. aajjì?->L- 736.

(-Í) Grand Magicien, fi l’on en croit bien des gens.] PaulJove, Thevet, & Martin Del Rio, font ses principaux ac-cusateurs. Nous verrons dans la Remarque (P) les bévues°u ils font tombez. Elles font palpables ; &, néanmoins,une infinité de personnes se persuadent encore aujourd’hui,>ur l’autorité de ces Ecrivains, qu’Agrippa étoit consommédans la science du Grimoire.

W P'une famille noble z? ancienne.] Elle s’apelloit deNttteshey m , Mr. Teìffier, à la page 99 du II tome de ses

Additions aux Éloges tirez de Mr. deThou, assûre qu’A-grippa étoit natif de Nettesheim,dans le pais de Cologne. Mel- CO ® c *chior Adam, qu’il cite, ne dit point cela : il le fait naître vita Me( jà Cologne même (x), & nous renvoie a une Lettre d A--grippa, où on lit ces propres paroles adressees aux Magis-trats de Cologne: Poffem vobis horum veriffimaexemplarefer- (z) Agrip-re, nifi civium veftrorum pudori parcendum zy patria mes. ratio-nem habendam ducerem.Sum enim zy ego, fi forte nescitts ,civt-

tate vefirâ orhmdus, ey prima pueritia apud vos enutrttus (2). * J04Jt

Thevet,