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Tome premier. A - B.
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(w)Agrippa,l P‘st. Xu,Libri 22 .

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HaraiOperulnTom 0 i lyP a Z> 1090.

(°) Epist.

H XV Libri11 > ptg. 743.r »‘«.

746.

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749.

L) Epist.ViI Lìbri III,f “ 2 - 7 84.

Epist.

f&r Libri"> H- 7S4-

agrippa: * 105

& s amis travaillèrent en divers lieux à lui procurer quelque établissement honorable , ou à Greno-ble , ou à Geneve , ou à Avignon , ou à Mets. II préféra le parti qui lui fut offert dans ce der-nier lieu j & je trouve , que dès l’an 1 yi 8 (m) , il y éxerçoit l’emploi de Syndic , d’Avocat, &d’Orateur de la ville (n). Les persécutions , que les Moines lui suscitèrent, tant parce qu’il avoirréfuté l’opinion commune touchant les trois maris de 8 te. Anne , que parce qu’il avoit protégéune païfane accusée de forcelerie (/) , lui firent abandonner la ville de Mets. Ce qui le poufia àécrire fur la Monogamie de Ste. Anne , fut de voir que Jaques Faber d’Etaples , Ion ami , étoitmis en pièces par les Prédicateurs de Mets, pour avoir soutenu ce sentiment (0). Agrippa íeretira en son pais de Cologne , l’an 1 f 2.0 , quittant volontiers une ville que ces Inquisiteurs sédi-tieux avoient rendue l’ennemie des belles Lettres , & du véritable mérite (p). C’est la destinéede tous les pais où pareilles gens s’impatroniíènt, de quelque Religion qu’ils soient. II sortit defa patrie l’an iyzi ; & s’cn alla à Geneve (q) : il n’y gagnait pas beaucoup d’argent , puis qu’ilsc plaint de n’être pas allez riche pour faire un volage à Chambéri (r) , afin d’y solliciter lui-même la pension qu’on lui faisoit espérer du Duc de Savoie. Cette espérance n’aboutit à rien ;& alors Agrippa sortit de Geneve , & s’cn alla à Fribourg en Suisse (í) , Pan 1 yzz (t) , pour ypratiquer lá Médecine , comme il avoit fait à Geneve. L’année suivante , il s’en alla à Lion , &obtint une pension de François I. II entra chez la merc de ce Prince , en qualité de Médecin ;mais il n’y fit point fortune , & ne suivit pas même cette Princesse (u) , lors qu’elle partit deLion, au mois d’Août iyzy, pour aller mener fa fille fur les frontières d’Espagne. On le laissamorfondre à Lion, ôc implorer vainement le crédit de ses amis, pour le paiement de íès gages.Avant que de les toucher, il eut le chagrin d’être averti qu’on l’avoit raié de dessus Pétât (x).La cause de sa disgrâce fut qu’aiant reçu ordre de sa maîtresse de chercher par les réglés d’Astro-logie le cours que les affaires de France dévoient tenir , il defaprouva trop librement que cettePrincesse voulût l’appliquer à ces vaines curioirtez , au lieu de fe servir de lui dans des choses plusimportantes. La Dame prit en mauvaise part cette leçon (y) ; mais elle fut encore plus irritée ,lors qu’elle fut que P Astrologie d’Agrippa promettoit de nouveaux triomphes au Connétable deBourbon (K). Agrippa, se voiant cassé , murmura , pesta, menaça (L) , écrivit, & dit tout

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L Libri 12

te 757.

lefimum. C’est ce que nous aprend Jean Wier (2.5), quiavoit été'son domestique. Si I'bcvet avoit su toutes ceschoses > il ne se seroit pas contenté de nous aprendre qu’A-grippa espoufa Mademoiselle Louyse Tysfie , issue dc fort noblemaison , l’an do son âge 23, ex de salut 1509 (2.6) : il eût par-lé en général pour le moins des deux autres mariages. Mel-chior Adam en savoir plus que Thevet ; car il n’a pasignoré qu’Agrippa avoit eu deux femmes : Dtium uxorummarïtus nobilium , zjx liberorum alìquot parens ; mais, outrequ’il paraît avoir ignoré le troisième mariage , il a fait plu-sieurs fautes de Chronologie , quand il a parlé du premier.Voici ses paioles : Mortuo Maximiliano ,sub diverfis exprin-cipibus ex civitatum magifiratibus per Italiam , Hifpaniam ,Angliam, Galliam , egit , multaque egregia facinora dejìgnavit.Tandem , laborum terra marique exantlatorum satur ac quietisex otti cupidus, ducla uxore , virgine nobili , sedem in Allobro-gibus fixit , ut procul negotiis fibi ac mufis viveret. Invitatusautem ab inclyta Medìomatricum repub. munus syndici , ad-vocati , ex oratoris, obivit (27). Notez que l’Empereur Maxi-milien mourut le 12 de Janvier 1519 , & qu’Agrippa fit levolage d’Efpagne en 1508 , & celui d’Angleterre en 1510.Voilà donc déjà un anachronisme. Après son retour d’An-gleterre , il s’arrêta à Cologne quelque tems, & puis s’enalla en Italie. II y étoit encore Fan 1517 (28) : 11 étoit àMets l’an i;i8 (29) ; il ne retourna point en Italie, depuisqu’il en fut sorti pour venir à Mets : voilà donc un nouvelanachronisme. Remarquez auffi , qu’en l’année 1515 , ilétoit déjà marié (30). Où sont donc ces grandes fatigueseffuiées par mer & par terre , depuis la mort de l’Empe-reur Maximilien , aul'quelles il voulut mettre fin par le ma-riage ? Comment a-t-il pu fe fixer avec fa femme au paisdes Allobroges ; lui , qu’on volt mener une vie fort ambu-latoire avcc elle dans l’Italie ? Ajoutez à cela , qu’avantson volage de Mets, il n’avoit point planté le piquet aupais des Allobroges ; & qu’il étoit Syndic de Mets, avantque Maximilien fût décédé. Melchior Adam est tout pleinde semblables tantes. Une partie de celles que je viens demarquer font d’autant plus excusables, qu’on les a faitesaprès Agrippa, qui, faute de mémoire , ou autrement, ex-posa à Marguerite Reine de Hongrie , que depuis la mortde Maximilien, il avoit fait tels & tels voiages, &c. Volezfa Lettre XXI du VII Livre. II seroit beau voir quelqu’unoccupé à accorder Melchior Adam avec Thevet. Seloncelui-ci, Agrippa fe marie à 23 ans ; selon l’autre > il ne femarie qu’après une infinité de voiages & d’astaires, fou dutravail, &C cherchant enfin quelque repos.

(!) ll avoit protégé une faisane («3 accusée de sorcélerie .] LeDominicain Nicolas Savini , Inquisiteur de la foi à Mets,vouloir que l’on mît cette femme à la question , fur le sim-ple préjugé que l’on tiroir de ce qu’elle étoit fille d’une sor-cière , qui avoit été brûlée (31). Agrippa fit tout ce qu’ilput, pour faire observer éxactement les procédures ; & ,néanmoins , il n’empêcha pas que la femme ne fût apli-quée à la question : mais il donna lieu à faire conoîtrequ’elle n etoit point coupable. On condamna à l’amendeles accusateurs (32). La peine fut trop douce, & tropéloignée du talion.

§• («j> Cette Païfane étoit de Vapey (*)., Village situé

Pa Ua *‘

J- 7Sz. aux portes de Metz , ,& appartenant au Chapitre de la Ca-L V UU medrale. Du reste il avoit para dans le Clergé Messin, prin-

■fíK cipal accusateur de cette femme, tant de passions basses, &

en to utes manières une fí grande ignorance des belles Let-tres 8c de la bonne Philosophie, qu’à cet égard , dans faLettre du 2. j u j n j jïp , Agrippa traitant la Ville de Metz

d 'omnium bonarum lìtterarum virtutuinque noverca , ce pour-roìt bien être lui qui par ces flétrissantes paroles auroit don-né lieu au Proverbe Metts avara,feientiarum noverca. Rem.c a 1 t.

(K) ll promettoit de nouveaux triomphes au Connétable deBourbon. ] Les plaintes d’être emploié à des fotifes d’Astro-logie croient fort propres à déplaire. Scripfi Scneschallo , utadmoneat illam ne ad tam ïndignum artiscium ingenio meodìutïus ahutdtur , nec ìn ha s nugas ulierius impincert cogar ,qui multo fœlìcioribus Jludiis illi inservìre queam (33). Maisle pis fut que ces fotifes faifoient découvrir des profpé-ritez pour le parti odieux. „ Rediit in menteur ferip-„ fisse me Senefchallo , comperisse me in Borbonii na-„ talitiis revolutionibus illum frustratis vestris exercitibûs„ estant in hune annum victorem fore .... dixique in-,, tra me, O inselixpropheta ! hoc vatìcinio jam omnemPrin-,, cipis tua gratiam concacafti : hoc eft ulcus , hic antrax , hic,, carbo, hic cancer ille,quem noli me tangere dicunt , quem tu,, imprudent tetigifli etìam cauterio (34) ”. Ceux qui saventla carte de ce tems-là , voient fort bien que notre Astro-logue ne pouvoir pas faire plus mal fa cour à la mere deFrançois f , qu’en promettant de bons succès à ce Conné-table. Agrippa fut dès lors regardé comme un Bourbo-niste (35). Pour réfuter ce reproche, il représenta le servicequ’il avoit rendu à la France , en détournant quatre millebons fantassins de suivre le parti dc l’Empereur, Sc en lesattachant à celui de François I. II allégua le refus qu’il fitdes grans avantages qu’on lui promettoit quand il sortit deFribourg , en cas qu’il voulût entrer au service du Conné-table. II paroit par la IV & par la VI Lettre du V Livre,qu’il avoit des correspondances étroites àvec ce Prince aucommencement de l’année 1527. II lui donnoit des avis& des conseils, refusant pourtant de l’aller joindre , 8t luipromettoit la victoire. II l’assûra que les murailles de Ro-me tomberoient dès les prémieres attaques : il n'oublia quele principal ; c’est que le Connétable y seroit tué. samfata illis frepinquam stragem suamque perniciem denuncmntmox illa superba mœnia vix oppugnata ccrruere videbis. Ejaergo nuncsstremúfime Princeps, quem tants. vifloria ducem fataconstituunt , rumpe moras , serge intrépide quo ccepisti prospéré ,aggredere fortiter , pugna confianter, habes eleHìfp.morum milì-tum armatas acies : adeft codorum favor , aderit ex jusli bellivindex Deus ; nihïl formidaveris , ïngens fiquidem te manetgloris triumphus (3 6). La mort de ce Connétable , arrivéeavant qu’Agrippa sortît de Lion , me fait songer à tro ; sfautes de Melchior Adam. II dit qu’Agrippa , attiré pre-mièrement par le Connétable , & puis par le Chancelier ,s’en alla à la Cour de Bourgogne, & fe trouva peu aprèsfort malheureux , à cause de la mort de ces deux patrons.C’est tomber trois fois dans l’anachronifnie. I. Le Con-nétable étoit mort avant qu’Agrippa sortit de France > &jamais il n’avoit songé à F attirer à la Cour de la PrincefleMarguerite (37Ì. II. Le Chancelier Gattinara le voulutbien attirer ; mais ce fut à la Cour de Charles-Quint : &c’étoit une vocation qu’Agrippa distinguoit fort clairementde celle qui lui étoit proposée par raport à la Cour de Mar-guerite (38). 111. II étoit déjà dans le Païs-Bas , lors quece Chancelier lui faisoit faire des propositions.

(Zj Agrippa , fè voiant cassé , murmura , pesa , menaçai]11 avoit usé de menaces avant même qu on lui ôtât fa pen-sion : le dépit de n’être point paié de ses gages, & de fevoir méprisé , lui fit dire qu’il le porterait à Taire quelqueméchant coup ; Crede mthi, écrit-il à un ami (39 ‘> e '° s einclinant res me* atque animus , ni tuìs precibus illiusque celerïO adjuver

( j ) Et nonpaien Brìsgci-Wfiomme ditMelciûoi:Adam.

fî> Agrippa,Epist. XULibri III ,

& fequent „

(«) Epist.LXXIXLibri III ,fag. 818.

(x ! Epist. mL -bri IV,fag. 8Ss.

(f Epist.XXXVIILibri IV,pag. 859; item

í ’4 87°.

(33) Epist,XXIXLibri IV jP 4 S* S 5 4 .

(34) Agríp-pa , Epilt.LXil LibriIV, pag. 8 80^

(35) uid.

pag. 8S1.

(i 6 ) Epist.VI Libri V,pag. 900.Cette Leitrefut écrite deLion le 30deMars J$ 27 n

(37 ) C'est celleque Con en-'tend par l*Cour de Bour-gogne,

<Z 8 ) Agrip-pa, Epist.LXXXIVLibri V,f“g- 9 S I.

( 39 ) Epist.XXV LibriIV,peg. S 5 °«