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Tome premier. A - B.
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(eo) Votez,la, Préface dtson Traitéde Ja Mo’nogamie deSte. Anne,OperumTom. If,

$*£• 1053 .

(109) Teis-sier, Elog.tirez de Mr.de Thou,Tom. //,pag. 99 ,Editiond'Vtrecht ,en 1696,

(tj&) Agr.

OpeiumTom. 11 ,t*t- ioJ 7 -

ijo AGRIPPA.

tes ne font pas nombreuses dans cet Article (R). Nous avons déjà marqué les principaux Livresd’Agrippa, 8c nous en parlerons plus en détail dans les Remarques. 11 suffit d’ajoûter qu’il a faitun Commentaire sur l'Art de Raìmond Lulle , & une Dissertation sur T origine du Péché , ou il établitque la chute de nos premiers peres vint de ce qu’ils s’aimérent impudiquement. II promettoit unOuvrage contre les Dominicains (é>), qui auroit réjoui bien des gens, & hors de PEgliíè Romai-ne, & dans l'Eglise Romaine. II eut quelques opinions qui n’étoient pas de la routine (Y), 8c ja-mais Protestant ne parla avec plus de force que lui contre l’audace des Légendaires (00).

11 ne faut pas oublier la clef de íà Philosophie occulte. II la gardoit uniquement pourses amis du prémier ordre, 8t il l’expliquoit d’une maniéré qui n’est guere diférente desspéculations de nos Quiétistes (Z 7 ). Disons auffi que l’Edition de ses Oeuvres, Lite à

Lion.

de la Vanité des Sciences, & vu quelques feuilles de la Phi-losophie occulte, qui s’imprimoit à Anvers. L’Autcur dela Bibliothèque de Dauphiné a pris une peine bien inutiledans son Errata', il y a fait mettre 1567 , au lieu de 1467.'Son Livre porte que le Traité de la Vanité des Sciences futcomposé dans Grenoble,Fan 1467. Corrigez, selon XErrata,vous suposerez que ce Livre fut composé 32 ans après lamort de son Auteur. II auroit autant valu ne point corri-ger. Je pense qu’on se tromperoit,quelque année que l’onmît; car je ne croi pas que cet Auteur eût séjourné ja-mais à Grenoble considérablement, lors qu’ily alla mourir.

(R) Les fautes de Moréri ne font pas nombreuses dans cetArticleê] I, On y voit Cohori , au lieu de Gohori; Gattina-ria , au lieu de Gattìnara ; Rauclin , au lieu de Reucblìn ;Carlinetus , au lieu de Catilinetus. il. On y voit qu Agrip-pa obtint une chaire de Professeur à Padoue : cela est faux; ilfuioit dire Pavie. Mr. Teííîier a été trompé auffi par laressemblance des mots : il a mis Paris pour Pavie-, peut-être n’est-ce qu’une faute d’impteíìion : cntoutcàs, le lec-teur doit être averti qu’il ne doit pas croire ce qu’il trouvedans Mr. Teissier; savoir, qu’Agrippà a été Professeur desLettres saintes d Dole zsr d Paris (409). 11 est à craindre quequelque Compilateur ne ramasse tout ce qu’il trouveraépars en plusieurs Livres, ìk qu’il ne nous vienne débiterl’un de ces jours qu’Agrippa a professé les Lettres saintes àDole, à Paris, à Pavie, à Turin, à Padoue, à Cologne,8c c. II est arrivé fans doute plus d’une fois, par une sembla-ble cause , qu’on a multiplié faussement les charges d’unhomme, avec bien des réflexions à son avantage sur leten-due de son mérite. III. Ces paroles jettent dans la con-fusion : Le Cardinal d,e Sainte Croix le voulut engager d le sui-vre au Concile qu on devoit assembler d Pise ; c?, dans le mêmetems , le Roi d’Angleterre , Marguerite d'Austrìche ,zsr Gat 'ma-ria , Chaneellier du mime Charles V ,V apellérent d leur service.Les réglés de notre Grammaire veulent qu’on raporte tourcela à un même tems : Sc , fur ce pied-là, Moréri auroitdébité un grand mensonge ; car ce fut en 1529 , long-temsaprès l’affaire de Pise , qu’Agrippa se vit recherché parHenri VIII, par Marguerite d’Autriche, & par le Chan-celier de Charles-Quint. Mais, d’ailleurs, si l’on veut bienchicaner, on niera qu’on ait appliqué a la même année lesoffres de tous ces emplois. Un lecteur prévoir la possibilitéde ces chicanes ; & ainsi, il ne fait à quoi s’en tenir. IV. IIn’y a point de chicanerie à trouver en faveur de ce quifuit ; Mais Agrippa , qui aimait extrêmement la liberté , pré-féra le plaisir d» voiager d ces avantages ; zsr , âpres avoirpafjéquelque txms d Eribourg , d Geneve, c? ailleurs, il se retira d.Lion. Pitoiable anachronisme, compliqué d’autres fausse-rez ' Moréri prétend donc qu’aucun parti ne fut accepté :néanmoins celui de la Princesse Marguerite le fut; Sc,lotsqu’on soffrit, Agrippa ne fongeoit plus à voiager: il enavoit passé son envie; il avoir été à Geneve, à Fribourg,& à Lion. V. II n’est pas vrai que Paul Jove , Del Rio,Thevet, & quelques autres,, soutiennent qu’Agrippa avoitdeux démons fous la forme de deux petits chiens , b qu il ennommait un Monsieur , zsr l’autre Mademoiselle. Paul Jove,Thevet, 8cc, parlent feulement d’un chien , fans dire quelnom il portoit. VI. II ne saloir pas distinguer le Livre dela Vanité des Sciences, d’avec les autres Oeuvres d’Agrip-pa > qui composent deux volumes ; car ce Livre est entête du second volume. Je ne dis rien du désordre qui régnédans le narré de Moréri, par rapport à la Chronologie.

(S) Il promettoit un Ouvrage contre les Dominicains .] Com-me ils étoient les principaux Directeurs de l’Inquisition, ilne faut pas s’étonner qu’il leur en voulût plus particulière-ment qu a d’autres. La patience lui échapoit, lors qu’illes voioit si indulgens pour les erreurs de leurs confrères, 8cfi durs envers les propositions équivoques des autres gens.Cette indulgence auroit été moins scandaleuse, si elle ne sefût trouvée qu’en eux ; mais le mal est que les peuplesfont si sots, que pendant qu’ils louent le zèle d’un Inquisi-teur , qui trouve des hérésies par tout où bon lui semble ;ils ne souffrent pas que l’on use de récrimination contre lui,

8c qu’on étale aux yeux du public ses doctrines pernicieu-ses. Agrippa devoit li-dessus parler de la belle maniéré auxDominicains, 8c fur d’autres choses auffi. Neque tamen pu-tet'ts , dit-il (tioj aux Magistrats de Cologne , hune folumarticulum apud illum repertri h&reticum , fed alit multi quoscum hic n'tmìs longum vobifque t&Aiofum foret referre-enume-rabo alibi , in eo fcilicet Libro , quem de Fratrum Praedicato-rum Sceleribus & Haeresibus inscrìpfi , ubi infecta fepius ve-neno facramenta , ementita fapifstme miracula, interemptos ve-neno Reges zsr Principes , proditas urbes zsr refpublicas, [eductospopulos, affertafque hxrefes, zsr citera ejusmodi heroum illorumfaánora flagitiaque in varias transfusa lìnguas, omnique popu-lo exposa diluúde narrabo.

(s) Il eut quelques opinions qui n étoient pas de la routine .1J’ai déjà touché celle qui regardoit la chute d’Adam. Lesautres n’étoient pas si scabreuses, & n’avoient point d’au-tre mal que d’être conformes aux hypothèses des Réforma-teurs. Sa Dissertation du Mariage , dédiée à Lotisse de Savoie,mere de François I, donne de bonnes atteintes à la lot ducélibat , & marque assez clairement que l’adultere romptrengagement conjugal. Un de ses amis (m) lui fit savoirque cette Dissertation avoit déplu à la Cour, & qu’on n’a-voit osé d’abord la présenter à la Princesse. Votez ce qu’ilrépondit. II n’aprouvoit point les images, 8c de tout soncœur il auroit donné dans une Réforme qui n’auroit pas pro-duit l’érection d’autel contre autel (112).

(V) ll expliquoit fa Philosophie occulte f une maniéré quin est guere diférente des spéculations de nos Gquiétistes .] Ci-tons encore une observation de Naudé , destinée à fairevoir , que sous prétexte de cette clef, 011 ne peut passoutenir qu’Agrippa est le vrai Auteur du 4 livre de laPhilosophie occulte. Sans qu il saille objecter, dit-il (113),ce que le mesme Agrippa dit en quelques endroits de ses Epif-tres (*) , qu il fe réservait la clef des trois livres qu il avoitpubliés (114) : car , outre que ïon pourroit refpondre avec beau-coup de probabilité, qu d faifoìt mention de cette clef pour fefaire courtiser par les curieux, comme sacques Gohory (j), zsrVigenere (j) dijent qu il fe vantait d mesme dessein de sçavoirla pratique du miroir de Pythagore, zsr le secret d'extraire l’es-prit de l'or A'avec son corps , pour convertir en fin or l'argentZsr le cuivre duquel d avoit esté séparé , zsr non plus : outre cetteraison , dis-je , il explique assez. ce qu il entendait par une telleclef, quand il dit en la 19 Epijl. du livre 5 , „ h&c est itla

,, ver a zsr mirabïlìum operum occulti fiima Philofophia, Clavis,, ejus ìntellectus est : quanto enìm altìora intelligimus, tanto„ jublimiores induìmus virtutes, tantoque, zsr majora, zsr fa-„ cilius ,zsrefficacius operamur.,, Naudé s’est arrêté-là ; maisMr. de la Monnoie ne s’y est pas arrêté, il me fait la grâcede m’avenir que les pensées d’Agrippa font assez confor-mes à celles des Quiétistes. On en fera persuadé, si l’onéxamìne ce que je vais raporter. Agrippa fait mention decette clef dans deux Lettres qvt’il écrivit à un Religieux (115),qui s’attachoit fort aux Sciences occultes. 11 lui représente,que tout ce que les Livres aprenent touchant la vertu de laMagie , 8c de l’Astrologie, 8c de l’Alchymie, est faux 8ctrompeur, quand on l’entend à la lettre, qu’il y faut cher-cher le sens mystique : sens , qu’aucun des Maîtres n’a-voit encore dévelopé, 8c qu’il étoit presque impossible dedécouvrir , fans le secours d’un bon interprète ; à moinsqu’on ne fût illuminé de l’esprit de Dieu, ce qui arrive àtrès-peu de gens (116). o quanta leguntur feripta de inex-pugnabtli magica artis potentia, de prodigiofis astrologorum ima-gtnibus, de monftrifica alchimifiarum metamorphofi, deque la-pide illo benedicto, quo , Mìdst instar, contacta ira mox omniain aurum argentumve permutentur : qu& omnia comperìunturvana, ficta, zsrfidfa, quoties ad literam practìcantur (117).

„ II ne faut point chercher hors de nous-mêmes „, ajoute-t-il, ,, le principe de ces.grandes opérations. 11 est chez,, nous: e’est uu esprit intérieur, qui peut très innocem-„ ment effectuer tout ce que les Magiciens 8c les Alchy-,, misses promettent. Je ne vous écrirai point fur cela ;

,, car ce ne font point des choses qu’il faille confier au„ papier. L’esprit les communique à l’esprit en peu de„ mots consacrez.,, Atque hocest, quod te nunc feire vola,quia nobis ipfis est omnium mìrabilium effeèïuum operator: qui,quicquid portentofi Mathematìci , quicquìd prodigiofi Magi ,quicquid invidentes Nature, perfecutores Alchimiste , quicquiddemonibus détériorés malefici Necromantes promittere audent ,ipfe novit dijeernere zsr efficere ,'tdque fine omni crtmine, fine Deioffensa > fine religìonh injuria. In nobis, inquam , est Me mi-randorum operator ,

Nos habitat, non tartara : sed nec sydera cœli.

Spiritus in nobis qui viget, illa facit.

Verum de hts nobis quàm latiffìm'e tecum conferendum effet, &coram. Non enim committuntur hec literis, nec ficribuntur ca-lamo, fed fpìritu fipiritui paucis fiacrifique verbis infunduntur,idque, st quando nos ad te venire contigerit (1x8). Je tire ce-ci d’une Lettre datée de Lion , le 24 de Septembre 1527.L’autre Lettre fut écrite dans la même ville le 19 de No-vembre suivant. Agrippa y étale son mystère : il dit quela vraie 8c la solide Philosophie consiste à être uni avecDieu par un contract essentiel 8c immédiat, qui puisse noustransformer en Dieu- „ L’entendement , ^ajoúte-t-il ,

„ est la clef de cette Philosophie; mais, pour être uni avec,, Dieu, il doit être détaché de la matière, & mort au rnon-„ de, à la chair , à tous les sens, 8c à tout l’homme ani-» mal,,. Son Latin exprimera mieux ce galimatias. &uoà

*4

(m) carpellitnus,Médecin dcFr ans ois /•Voiez. lesLettresd’A grippa,fag. 832 .*33 , S 3 Í-

(it2) VideGelnerumin Biblioth./->/. 3 V 9 .

( 113 )

dé, A polo"gie poul-ies grandsHommes,

png. 414-

4 > 5 .

(*1 EpiflolaLViLilriiv, xir

Libri V.

(vsf) Nao-dé setrompeitls 7?étoientpas publiésencore.

(f) Lilroi*Afvíh nos.Comment,in Paraceli*deVitâ Ion-ga, folio 6 i-

(iì En faChifres,folio 16 , és

27.

(ris) vAv-r^h us ab

pendentc ì *M&'*

gujiiniantí^

I <î) Nst

rit divin*aine tllf*f *íts , qttod%r pan-

Xir.

( 117 ) ident*

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(nr) idem

ibid .