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(5) Lettied’1111 ^bbcà unfrélac,}ag. 55 - 56.
(a) Homer.Xliad. L : br.II, f. 41,in Defcrìpr.
(b) ScaoH-ist.Hom. inlliad. Libr.II, 35 ,in Dcsript,
(<•) Homer.Iliados Libr.Xlli , t. 701.
(d) Philostr.in Heioïc.
(r) Paufan.l.ibri X,Pi- 347 .
(p j ld.ibid.f “S- " 3 .
(1) Votez, frrtant Us der-niers Vers daXIV Livrede /'Iliade.
(î) Serviusin jEneid.Libr. I,f. 4-1.
(3) Horat.Od. XV,Libri I,f. 19 .
f4) Voies. Ia' femarque(G) deP Article
Achillea,
vers la fin.
(5 ) Homer.OdysséeLibr iv,
f. 501.
jf 6 ) Id, ibid,J h J°4-
IU A G U I R R E, A J A X.
toient pas fans aparence , vu rattachement de ce Cardinal aux doctrines des Ultramontains, Scl’ardeur qu’il a fait paroitre pour éloigner raccommodement de la Cour de Rome avec laFrance, qui fut néanmoins conclu au mois d’Octobre 1693. La dépense, qu’il a faite , pourTimpreffion de deux volumes de Don Nicolas Antonio, son ancien ami, eít fort louable. J’enparlerai dans l’Article Antonio.
„ berté de proposer ce que nous jugerions d’avantageux„ pour notre cauJe. Vous savez à qui il tient. C’ell ce„ qui a fait qu’un des Livres, qui auroit dû être plus for-„ tement réfuté par nos Théologiens , & même flétri par„ une censure épiscopale , court la France impunément,,, & que ceux qui en suivent les sentimens le répandent &„ en font par tout l’éloge , se vantant qu on n’a osé y ré-„ pondre. II me nomma auffi-tôt le Livre de Lìbertatìbus,, Ecclefia Gallicana , qui est un in 4, dont l’Auteur n’est pas„ li inconu qu’il s’imagine. L’est une choie honteuse, con-„ tinua-t-il, que le Clergé de France souffre fans dire mot,„ que cet Auteur , qui est un Religieux François ^enseigne,, une doctrine que nous tenons tous comme hérétique ;„ car il soutient tout franc , que nous n’avons pas de droit„ divin notre Juridiction Episcopale ”. L’Anatomie de lasentence contre le P. Quesnel m’aprend (4) que le Livrede Lìbertatìbus Ecckfu Gallicans. , tut compose à Rome, àl’instance des Ministres du St. Siégé . & imprimé par leurordre, & par les foins de Mr. l’Intcrnonce de Bruffeìles,dans Bruffeìles même , quoi que fous le nom d£ Liege.Mais, si le Cardinal de Aguirre n’est pas l’Auteur de ceTrai-té-là , il est toujours vrai qu’il a écrit contre les décisionsde l’Assemblée de 1681. La Lettre , qu'on vient de citer,me l’apvend d’une maniéré qui mérite d erre raportée , afinque mon Lecteur sache le jugement que l’on fait en Francedu Livre de ce Cardinal. „ A peine nos 4 Articles eurent-„ ils paru,, ,ajoute-t-on(5), „qu’une fouled’Ecrivains s’é-
„ levèrent pour les combatte; & à peine s’est-il trouvé quel-,, qu’un en France, qui ait pris la plume pour les détendre.„ Je ne dis pas que les Ouvrages qui les combatent soient„ formidables. Us font pitié la plupart; mais ils ne Iais-„ sent pas de faire du mal dans les païs où l’on est déjà dis-
„ posé en faveuf de la doctrine qu’ils défendent.
„ Et enfin, les récompenses éclatantes dont la Cour de Ro->, me fait paier le zèle de ceux qui se déclarent pour elle ,„ donnent du prix &c du lustre aux Ouvrages les moins con-,, fidérables & les plus obscurs. N’est-ce pas par là que le,, Cardinal d’Aguirre est devenu ce qu’il est, de Moine Es-„ pagnol qu’il étoit auparavant ? L’Abbé de St. Gai n’a-„ voit-il pas été nommé à un Evêché , & n’avoit-on pas,, dessein de le faire Cardinal (6) , pour récompense d’un„ Ouvrage fait contre les 4 Articles, auíîì bien que celui du„ Cardinal d’Aguirre ” ? Au reste , trois ans avant que laLettre d’où ce passage est tiré fut imprimée , on s’étoitplaint publiquement (7) de ce que les Penfionaìres du Cler-gé laistoient le Traêlatus de Lìbertatìbus Ecclefid Gallicane, fansy répondre. L’Histoire des Ouvrages des Savans nous aapris (8) , que l’Auteur de ce Traffatus est un Prêtre Fran-çois-, nommé Antoine Charlus, réfugié à Rome , à causede la Régale. Peut-être le faudroit-il apeller Charlas ; car,aparemment , il est de la même famille qu’un Religieux dece nom , natif de l’Ue en Jourdain (9) , mort dans sonéxil, après avoir souffert plusieurs disgrâces pour les affai-res de l’Evêque de Pamiers (10).
A J AX , sils d’Oïlée , fut un des principaux Seigneurs, qui allèrent au siège de Troie. Commeil étoit fils d’un Prince , dont les Etats avoient beaucoup d’étendue aux païs des Locriens, il nelui fut pas mal-aile d’équiper quarante vaisseaux pour cette fameuíe expédition (a). II se signala enplusieurs rencontres : & on prétend qu’il y a trois vers dans lc II Livre de l’Iliade, qui ne sontpoint d’Homere , parée qu’ils donnent une insigne supériorité à Ajax fils de Telamon íur l’Ajaxde cet Article [b) ; ce qui ne s’accorde nullement avec ce qu’Homere a dit d’eux en un autre en-droit (c). II est sûr que notre Ajax peut être comparé à tout autre Prince qui fut dans P arméeGreque ( 4 ) , pour ce qui regarde le courage , la hardiesie , la promtitude (A). Quant au juge-ment , & à la conduite , c’elt une autre chose ; & ce n’étoit point son fort. Les Poètes l’ont laitsi intrépide , qu’ils ont même dit que les Dieux tombant fur lui avec leurs foudres & leurs tempê-tes , ne pouvoient dompter son audace ; de sorte qu’il leur fût plus facile de le perdre, que de l’hu-milier (/L. L’action , qui l’expoía à cette colere des Dieux , étoit infâme & brutale au dernierpoint. II avoit violé Caílandre , fille de Priam , dans le Temple même de Minerve, ou elle avoircru trouver un asyle Les Grecs mêmes furent choques d’une violence si profane , & Ulysiè futd’avis qu’on le lapidât (e). II paroit par quelques passages des anciens Auteurs, qu’Ajax n’avoûoitpoint le fait, & qu’il s’en voulut purger par serment ( f). II avoue bien qu’il enleva cette filledans le Temple même de Minerve , & qu’il l’arracha du simulacre de cette Déesse qu’elle tenoit
embrassé
(A) La promtitude.] Floinere lui donne ordinairementl’épithete rax'vc , velox (1). Les trois mains, que d’autreslui ont données , ne signifioient que la rapidité de son ac-tion dans le combat. A multis Historias Gr&cis tertiam ma-num dicìtur soft tergum habuiffe , quod ideo est fiêlum quia fieceleriter utchatur in prelio manibus , ut tertiam habere putare-tur (z). Plusieurs Interprètes entendent de lui ces motsd’Horace , ex celerem/equi Ajacem (3). Mr. Hofman adop-te leur explication ; car il confirme par ces paroles l’o'/-
òtéç d’Homere. Je ne favois ce qu’il vouloir di-re , en confirmant par ces mots Grecs ce que le Compila-teur de son Dictionaire avoit dit touchant la vitesse despieds d’Ajax : &uod autem supra , Ajacem pedibus veloeemfuiste fcrìbìt huiujce Dìéìionarii eompilator, Homerum habet au-thorem. Je trouvois étrange , je trouvois incompréhensible,que Mr. Hofman parlât du Compilateur de son Dictionai-re , comme d’un Auteur distinct de lui; mais enfin , j’airencontré la solution de cette énigme. Mr. Hofman avoittiré mot à mot du Dictionaire de Lloyd ce que je viens deciter. Dans Lloyd , la chose n’a point de difficulté , parceque cet Auteur n’a donné son Dictionaire, que comme uneaugmentation, & une correction de celui d’un autre. 11 y adans les Livres un grand nombre d’obscuritez qui procèdentdu même principe que celle de ce passage de Mr. Hofman,On ne change point ce qu’il faut changer, quand on abrégé,ou quand on transplante les passages d’un Auteur (q\
(B) ll fut plus facile de le perdre, que de ïhumilierf Minerveavoit en quelque maniéré joué de son reste , pour le punir:elle avoit excité une tempête furieuse ; il avoit vu périr sonvaisseau ; & néanmoins, il s’étoit sauvé sur un rocher. K«ì
vu ksv extpvye xi;px,xxt e^optetog rre^A ôytyE t perj vTreçtplaAorírrof txfexXe, xxt púy’ xátrâ-i-. Et fane effugiffet mortem,quan-tumvis invifus Palladi , nifi impium dittmn protulifiet , zx gra-ve facinus patrajfet (5). Alors il avoit chanté le triompheavec un blasphème horrible , Malgré les Dieux , s’éeria-t-il (6) , f en rechaperai. 4 >r, f àocnli <pt>ysetv eieyce Xanr-ft* ôaAáu-o-siç. Dixit vel in-vrtis Diis fore ut effugeret ingentes
fiuhus maris. Neptune , indigné de cette audace , fenditle rocher en deux avec son trident, de sorte que la portionsur laquelle Ajax étoit assis tomba dans la mer. C’est ainsi,
qu’Homere le conte dans le IV Livre de l’Odyssée. Quin-tus Cala-ber particularise les choses avec beaucoup plus d’é-tendue ; il est fi prolixe, que ce seul endroit témoigne qu’iln’étoit pas un grand maître. Quoi qu’il en soit, il nousaprend que Minerve , non contente des foudres que Jupi-ter lui mit en main , voulut encore que Neptune lui prêtâttous ses oragos. La tempête fut la plus horrible qu’on sepuisse figurer ; Minerve lançoit la foudre à tous momens ;elle mit en feu & en pièces le vaisseau d’Ajax’: ce furieuxhomme ne laissa pas de se sauver au travers des ondes lesplus agitées, & de braver tous les Dieux fur le rocherqu’il gagna.
4 >ï flí xa) eì fíÚAec n-ávfíç 'Oxéfíeneí eìf et ixttfttlXao/xetoí , xeti ercítrctt à.tosé,train-1 ÔÚAxtrtrxtE'xCpvyeeti ( 7 ).
Jaisía-vit autem , etiamfi curjcii Coelites hi unsun convertirentJrati , ex totum ex imo eruerent mare ,
Effugiturum Je.
II salut, pour venir à bout de lui, l’accabler fous la chuted une montagne , comme l’on en avoit usé autrefois enversEncelade. ^ Seneque , dans la Tragédie d’Agamemnon ,s accorde à cela ; lisez la prémiere scène du troisième acte,vous y verrez la description d’une résistance , & d’une fier-té , poussées jusques aux dernieres bornes. Le Festin dePierre ne donne rien qui en aproche. On ne souffrirait pasaujourd’hui que les Poètes portassent st loin leurs fictionsfur le théâtre. Voilà donc un Poète Latin , & deux Poè-tes Grecs , qui attribuent à Neptune la mort d’Ajax ; maisVirgile , & H y gin (8), en donnent toute la gloire à Mi-nerve.
- - - Pallafne exurere claffemArgivûm , atque ipfos potuit fubmergere pontoVnius ob noxam iX furias Ajacis Oileì ?
Ipsa ’stovis rapidum jaculata e nubìbus ìgnemDisjecitque rates , evertitque squera ventis.lllum expirantem transfixo peâfore flammasTurbine corripmt , fcopuloque infixit acut» (9),
(6) Il te fn 1
faits an 1696.
ll s'apelloit
Sfonaratc./Jmourut quel*que terniaprès,
(7) Dans UsSentimensd’Eiafme,pi.blìés à C<rlofltìe , /*
1688 , pA£.
I5S.
( 8 ) Dans Umois de Mai16 $ 6 , pa£,
4 26,
(9) aAí* Dio-cèse. de TcJb--
(ïo) FrançosAde Catilcto,
(?) Quinf*
Calaber,Libr, XlV*F. Z 64.
(S) Hy-gáL
Cap, CX i
(9) Virg‘ L
jEneid.Libr. I,fs. 3 S,