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Tome premier. A - B.
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embrassé (g) ; mais il soutient qu’il ne la viola pas, Lc que ce fut Agamemnon qui fit répandrece mauvais bruit, afin de pouvoir garder Caílimdre , dont il s’étoit saisi, Lc - que lui Ajax recla-moit comme le prémier occupant. Nous verrons dans les Remarques comment Minerve tira raisonde cette injure f C). Le corps d'Ajax fut jette par les vagues de la mer fur l’Ile de Delos, où The-tis l’enterra (D). Quelques Auteurs ont débité qu’il lé sauva de la tempête , & qu'il arriva enbonne santé chez lui ( E ). Les Locriens ont eu une singulière vénération pour ía mémoire {h).Nous dirons dans l’Article de Cassandre comment ils furent obligés d’expier son crime. IIavoit tellement aprivoifé un serpent long de i y pieds , qu’il s’en faisoit suivre comme d’un chien.II le faisoit manger à sa table (/').

(C) Comment Minerve tira. raison de cette injure .] Voiezla Remarque précédente. J’ajoûterai seulement id , que latempête qu’eÛe excita fit périr un grand nombre de vais-seaux proche des rochers de Capharée , au voiiìnage de fi-le d’Eubée , qui s’apelle aujourd’hui Negrepont. On nepourroit, fans une extrême imprudence , & fans fupoferun faux principe , condamner les Poètes Grecs, qui ontfait châtier par cette Déesse toute une Nation pour le crimed’un particulier,

Unius ob noxam cy furias Ajacis O'ilei ;

ou , comme dit un autre Poète ,

Quicquid Oilides commiserat , omnibus unusPeccavit Danais , omnibus ira nocens (io).

L’objection prouveroit trop , & pourroit être rétorquéecontre l’histoire de David. II est vrai, non seulement dansles Ecrivains profanes , mais aussi dans les Ecrivains sa-crez , que

Quidquid délirant Reges plediuntur Achivi (xi).

î>hto LyC °' (D) Id Ile de Delos , oh Thetis l’enterra .] Lycophron nousjf. 400.’ aprend cette particularité (iz), depuis que les Interprètes

fi») Sabinetn Epist

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h’) Horat.%ftol. uí-ibrix,

*■ -4.

l’ont arrachée du milieu de ses énigmes. Voiez ce queCantérus & Meurfius ont dit là-dessus : mais ne vous fiezpas à toiit ce qu’ils disent car ils se trompent sur le pas-sage de Pausanias, qu’ils emploient pour confirmer leursconjectures. Pausanias ne parle point du tombeau du filsd’Oilée (13) ; il ne parle que de celui d’Ajax fils de Tela-mon. La critique de Meurfius fur le Grec de Pausaniasn’est point juste : il voudroit qu’au lieu de lire rê» «■«!'«»orgoç rb w) yiy.fi, d yccXem ;v 7 roiy(ra ( , on lut tjjv stoS’óv irçbç rafivyy.ci s í yyj.Xf.7v y,' i Traioo-ai. Selon cette correction, le jVly-sien , qui parloit à Pausanias, lui auroit dit, que la mer luiavoit rendu mal-aifée l’aproche de ce tombeau ; mais , aucontraire, il racontoit à Pausanias que la mer avoit été cau-se qu’on y avoit vu la grosseur d’un des os d’Ajax. 11 fautdonc entendre que la mer aiant fait ébouler des terres, avoitrendu cet endroit plus accessible , moins escarpé, 8ec.

(£) Quelques Auteurs ont débité qu'il se sauva de la tem-pête , cy qu il arriva en bonne santé chez, luis Mr. Lloyda cité ces paroles de Timaeus Locrus, Hift. lib. z. M.erà

Tpfiaç aXoitriv ttoXXûi tAju Aox.°<êv mpt ràc, Fíj çèuç vuvriyqtrc&fúivâvr i çéÔYi(ra.v. oi b'e Xoi 7 ro) cì/v A'iavli y,oXiç íc, Aoy.pl^ctb'iETûiê'otrot,').C’est-à-dire , Après la prise de Troie , plusieurs locriens firentnaufrage , cy périrent auprès des Gires (14) ; le refie fe sauvaà peine avec Ajax , cy revint dans le pais. II y a quelque apa-rence , qu’au lieu de Timaus Locrus , il auroit falu citer Ti-mv.is Tauromenita.

AJAX, fils de Telamon (a) , étoìt après Achille lc plus vaillant Capitaine Grec ( A ) qui fûtau siège de Troie. II y commandoit les Troupes de Salamine {b) , & il y fit plusieurs beaux ex-t Ankie ploits, que l’on peut lire dans l’Iliade, dans Diétys de Crete, dans Quintus Calaber, & au XIIIu^^Tìe E Jvre des Métamorphoses , dans la harangue qu’il fit au sujet de la dispute touchant les armes d’A-chille. II perdit fa cause j car elles furent adjugées à Ulysse , son compétiteur. II en fut si in-digné , qu’il en devint fou (t)- II fe rua fur des troupeaux , & y fit une grande tuerie , s’imagi-" nant qu’il tuoit ceux qui l’avoient offensé , en lui disputant les armes d’Achille , ou en les donnant(t) Sn à un autre. S’étant aperçu qu’il n’avoit tué que des bêtes, il devint encore plus furieux , & se£#“»> lans tua. On a dit que fa fureur fit beaucoup de bien aux afiiégeans ( B ). II fut condamné , selondosas 11 quelques-uns , non par les suffrages des Princes Grecs, mais par la décision des Troiens , aufquels* 011 avoit demandé lequel leur avoit fait plus de mal, Ajax ou Ulysse (d ). Le fondement de cette

mérîj^- opinion est expressément contenu dans l’onzième Livre de l’Odyssée. Ajax ressembloit en plusieursLlír - choses à Achille ; il étoit colere & mal endurant comme lui ( e ) , & invulnérable par tout le corps,a une partie près (C). On conoitroit peu la Mythologie, si l’on croioit que les causes & les circons-tances de fa mort n’ònt pas été raportées en plusieurs maniérés, dont les unes détruisent les autres (O).

Un

{A) C'étoit après Achille le plus vaillant Capitaine GrecsC’est fur le témoignage de plusieurs Poètes, que je faiscette restriction :

A’vb'pâv ô’ cl 7 piéy’ apteos ejjv T t Xflycíf loi Ai a f ,

(S'<ps A'yiXeì/ç fsuev. ( « îtoAÙ iso.) (i)

Virorum verò longe prastantìffìmus erat Telamonius Ajax ,lnterea dum Achilles in odio permanebat ; ( nam is multofortijfimus erat f

Pindare apelle Ajax r.ç «rirov , A’yjxLc, a-rsç , pcáyu (z) ;strenuijfimum, excepto Achille , in pugna. Sophocle en dit au-tant (3). Horace n’en dit pas moins , Ajax Héros ab Achillesecundus (4). Plutarque raporte comme une tradition quine recevoit point de difficulté, qu’Ajax étoit le plus beau,le plus grand, & le plus vaillant de tous les Grecs, aprèsAchille (5). Cela est bâti fur ces paroles d’Homere :

A’sevO’ Ttepi fil» eiê'oç erepi b'’ ’lpyx rérox.'loT œr aXXoir Auvcíâív piev âpeupeeva. ïliìXiioivcí (6).

Ajacem , qui eximius cy forma cy rébus gestis fuit ,

Inter alios Grœcos post Achillem , in quo nihil defiderabatur.

Plutarque fonde là-dessus l’objection qu’il fait à Platon, quia feint que l’ame d’Ajax ne fut entoilée que la vintieme. TÍ

àv (eÌTTiv j s èpevlcpaío1 pe'ev ò A’ícif xáAAa? *«t) pieyePíSí nui «v-tyeíàn cplpíja.1 pur àpcúpiova. n-îAkiLv--? Quid ( inquit ) non-ne Ajax semper ab Achille secundus habetur pulchritudine ,tnagnitudine , cy fortitudine ? Mr. Moréri raporte ce passage’tout falsifié : voici ses paroles. Plutarque remarque en ses§taeftìons de jalle , pour quelle raison Platon ne donne aprèsAchille que la zz place à l’ame d’Ajax , qui étoit estimé le pre-mier en beauté , en force, cy en courage ; cy il fait voir que cePhilosophe se jouoit par la différente signification des noms.

(f) Sa fureur fit beaucoup de bien aux affiégeans .] On au-"toit néanmoins grand tort d’en conclure que le vrai couragea besoin d’un tel secours. Les militez du vice n’empêchent

pas qu st Ne fost mauvais. Je vous renvoie à cç beau pas-TO M,

sage de Cicéron. Non defiderat fortitudo advocatam iracun-àiam : satis est instruéïa , parafa , armata per sese. Nam ìstomodo quidem licet dìcere utilem vinolentiam ad sortitudìnem ,utilem etiam dementiam , quod cy insani cy ebrii multa sa-ciunt sape vehementius.

Semper Ajax sortis , foritjstmus tamen in furore.

Nam facinus fecit maximum , quum Danais melinantibusSummam rem perfecit manu,prâiium quumreftituuinsanìens,Dicamus igitur utilem insaniam (7).

(C) Il étoit invulnérable par tout le corps , à une partie près. JVoici l’origine de cette singularité.Hcrcule, voiant Telamonfiché d’être fans enfuis, pria Jupiter de lui donner un gar-çon , qui eût la peau aussi dure que celle du liondeNémée,& autant de courage que ce lion (8). II vit une aigle ,après avoir cessé de prier, & la prenant pour un bon au-gure , il promit à Telamon un fils tel qu’il venoit de luisouhaiter & ordonna que cet enfant fut nommé Ajax , àcause de l’aigle (9) qui avoit fourni le présage. II revintvoir Telamon , après la naissance d’Ajax; &, fe faisantdonner cet enfant tout nud , il l’enveloppa de la peau deson lion de Némée : d’où il arriva , que tout le corps d’A-jax devint invulnérable , excepté la partie qui fe trouva fousle trou qui étoit dans cette peau , à l’endroit où Herculeportoitfon carquois (10). On n’est point d’accord touchantla partie qui fe trouva fous ce trou : les uns la mettent fousFaisselle (n) > d’autres au cou (iz) , d’autres au côté (13) ;d’autres .à la poitrine. Tzetzes fur Lycophron se range àce dernier sentiment ; & Ovide paroit en être au XIII Li-vre des Métamorphoses, vers. 391.

Dixit , cy in pettus tum denique vulnerd paffum ,

Quà patuit ferro letalem condidit ensem.

' (D) On a raporté des circonstances dc fa mort , dont les unesdétruisent les autress Car il y a des Auteurs , qui veulentqu’il se soit donné la mort, dans la fureur qui le transpor-ta, après avoir perdu le procès des armes d’Achille : d autres

P disent,

1

(13) PaufanS

Lìbr, / >

M- 34-

(14) Tsochersdê la mer F.gée^Voiez. lesPeintures dePhiJostmte.

(c) Sopliocl,tn A j ace*QuintusCalaber»Lìbr. V.

{d) Eusta-thius , dTScholiastesin OdylTexLibr. Js/j

Scholiast.Aristophanein Equit.

(c) Plntarch*’Sympoíìac.Libr . I j ftíbfin. pag. 629,Cicero deOfhciis 9Libr. I,

Cap . XXXT,

(7) CiceroTufcul. Libr»2Vy Cap . 22 H*feq.

(8Ì Pindar.Istlimic.

Ode VI.

Apollodoï.Libr. lll.

(?) Les Gras

nommentC ..AigleA* tefiói.

(10) Suïdas foA -

<?c*) ; Scho-liastes So-phocle inAjacem ;

Sc lOliast.Homeri inlliadosLibr XXÌII,dr Tzetzesin Lycophr*

(ri)Suïdasia

’Ac-ip&íûs-.

‘S’Cpt

(12) lApttdTzctzen ;item Scho-liastes Ho-mcii inlliados

Libr. XXIIL

(13) Scho-liast. So-phocle inAjacem*.