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X.
A J
(/) Platode Repi:bl.Libr. X ,7 « 5 .
se) DansPMrttíie
Tecmesse.
(b) Voiez, U%emarqht
Un des caractères d’Ajax étoit l’impiété (E) : ce n’est pas qu’il crût que les Dieux n’avoientpas un grand pouvoir ; c’est qu’il s’imaginoit que les plus lâches pouvant vaincre par leurcntremiie , il n’y avoit point de gloire a vaincre de cette façon. II ne vouloit être rede- Z** »»>.
vable de la victoire qu’à ion courage. On a feint que son ame aiant la liberté de choisir un
corps (f) , pour retourner dans ce monde préféra celui d’un lion à celui d’un homme : tant elle favìkcby,détestoit le genre humain , en fe iouvenant de l’injustice qu’on lui avoit faite touchant les armes LXXXV ~
d’Achille. Nous dirons ailleurs (g) quelque chose de la postérité qu’il laiífa, d’où sortit la fa- (K) cjf era
mille de Miltiade. Les Poètes ont donné à Ajax le même éloge que l’Ecriture Sainte donne au /; cns ’Roi Saiil, à l’égard de la taille (b). II fut le iujet de plusieurs pièces de théâtre , tant en Grec, cap.'xxxi.qu’en Latin (tj. Le sinueux Comédien Esope n’aimoit pas à les jouer (£). Les Grecs rendirent beau- p) Quimuscoup d'honneur à ce brave Capitaine après sii mort (/). Ils lui dressèrent un superbe monument furie c ? labcr ] j ie .Promontoire de Rhetée (F). On a conté quelques avantures miraculeuses touchant ce tombeau (G). A/ctû.
La L,ír -
(H) Dict.Cret. Libr.V.
( i s ) Suidasin voieXlccÀÁ úiï'tov.
(16) DatesT h ry guis ,sir Sclioliaít.Sopiiocl. in,4r ly.ment.Ajacis.
(17) DatesPhrygius.
ses) .ApuiSclioliast.Sopiiocl. il.
se 9) Sopho-cíes , in Aja-
tC, f.ìg.iOyi 1,
( 20 ) ìbid.SI.
(21) Ibid.pag. Si.
(22) Scho-lialtes So-plioclis.
(23) idem.
seí) Ho-meti lliad.Libr. VII,
y.. 194 -
ses) Com-ment. inïmblem.XXX. VII,Alciati,547 .
disent, qu’il n’eut point de démêlé avec Ulysse touchantces armes ; mais touchant le Palladium , qu on avoit en-levé de Troie au saccagement de la place. Ces deux nar-rez font incompatibles, vu que les armes d Achille furentadjugées à Ulysse, avant la prise de Troie , 8c qu Ajaxse désespéra peu après l’adjudication. Quoi qu il en soit,Dictys de Crete • raconte qu’Ulyffe remporta le Palladiumfur Ajax , par le jugement des Cerfs, 8c qu Ajax , trans-porté de colere , menaça de tuer ceux qui lui avoient taitcette injustice ; mais que le lendemain , il tut trouve mortdans fit tente , transpercé d’un coup d’épée (14). Ulysse ,soupçonné de cet homicide, & volant les murmures de far-inée , s’embarqua, 8c mit à la voile le plus promtementqu’il pur. Suidas (15) 8c Cedrenus avouent bien qu’Ajax 8cUlylìe disputèrent le Palladium ; mais non pas que les Ju-ges aient prononcé en faveur de f un ou de f autre. 11s di-sent qu’on se sépara,avant qu’il y eût rien de décidé; Lc quela nuit suivante Ajax fut trouvé roide mort. II y en a quiveulent que son combat avec Paris lui ait été aussi funestequ’à son adversaire : il y reçût une blessure dont il mou-rut (16; ; 8c il y tua Paris (17). Vautres disent que lesTroiens, avertis par un Oracle, que le fer ne pouvoir rienfur son corps, 8c que st on vouloir le faire mourir il saloirl’accabler de boue , le firent périr de cette façon (18).
(£) Un de /es caractères étoit l'impiété. ] Quand il partitpour farinée, son pere lui recommanda de joindre toujoursa la force de son courage f assistance du bon Dieu. Ajax luirépondit > que les poltrons mêmes font souvent victorieuxavec une telle assistance , mais que pour lui, il s’en passe-roit, 8c qu’il étoit assuré de vaincre fans cela.
TIksov , Pop)
BáíAy tcocdliiv ie.lv , duv . 9 -et* b* «fl y.y&Tiïv.
O’ T ò-sixíy.mai; x.ettpgavwc yy.ei'J/UTO ,
IT«Tf£ , ©f o 7 ç ju.lv xccv ò y.vjàsv hv òyuK.£«tos y.oc]ctx]r ì T<x.tT . L'yco b'e x-acl éii%í 6Kslveev , tri toíÔcc TyV ÌTTtr 7 rctcretv «A509 (ip).
Mi fili , inquit , virtute
Velis rAncere , sed auxiliante Deo semper velis vincere.
Ipse vero superbe ac ftulté respondebat ,
.Adjuvante Deo , inquit , etiam ignavi
Vincere soient. Ego vero , vel absque
Auxilio divino , confido me islam attradlurum esse gloriam.
On trouve encore un passage tout semblable dans le mê-me Auteur.
£ì S'é T(Ç 5 -íSt / 3 A«ît 7 oí, ÇÚytny’ av y, m tÒv y.aeltr-
erovet (io).
Sed cum Deus adversatur, tune etiam ignavi ejsugiunt e ma-nibus virorum fortium.
Minerve fe voulut mêler un jour de lui donner des avis;,il lui répondit fièrement : Ne vous mettez, point en peine demon pose ; s en rendrai bon compte .- vous n avez qu à gardervos bons offices pour les autres Grecs (21). Une fois, elle S'of-frit à conduire le chariot d’Ajax dans la mêlée : il ne levoulut point souffrir (zz). II lit même effacer de son écula chouette qu’on y avoit peinte (zz). II craignit aparem-rnent que cette peinture ne fût prise pour un acte de dévo-tion envers Minerve , 8c pour une défiance de ses propresforces. On ne feroit pas équitable , fi l’on n’aprenoit idaux Lecteurs , qu’il. n’est pas ii indévot dans Homere ; car,s’il n’y prie pas Jupiter , en fe préparant au combat contrele vaillant Hector, il demande pour le moins que d’autresfassent des prières à ce Dieu , ou tout bas , de peur que lesTroiens ne f entendent, ou même tout haut ; car, ajoùte-t-il, je ne crains personne (24). I] n’y a pas là dequoi ledonner pour un modele de dévotion , comme on le faitdans le Commentaire fur les Emblèmes d’Aidât. RetTeAjax apud Homerum qui Deos inyocat fefi ad arma comfonens;neque enim put a t Jibt felictus rci bene gerenda auspicium capercpose , quàm ab invocatione nmninis (25). C’est mal raporterle fait ; le passage du XVII de f Iliade, vers 645 , ne sertde rien ici. 11 ne veut pas que les Troiens sachent qu’onprie Dieu pour le bon succès de ses armes ; cela peut rece-voir deux explications : il craignoit peut-être que lesTroiens ne prissent cette invocation de Dieu pour une mar-que qu’on fe définit de fa valeur ; ou bien , il craignoit queles Troiens, avertis des vœux que les Grecs feroient pourlui, ffen fissent de semblables,. ou même de plus ardens»
pour leur Hector. La prémíere de ces deux explicationslui laisse une vanité fort injurieuse à Dieu ; la seconde luilaisse beaucoup de persuasion du pouvoir céleste. Mais, àquoi sert cela , puis qu’il consent qu’on prie tout haut; qu’ily consent, dis-je , par la confiance qu’il met en ía force 8cen son adresse ; en un mot, par la raison qu’il ne craintrien , & qu’il se soucie peu que les Troiens fassent des con-tre-prieres, ou qu’ils n’en lassent pas ? Est-ce là un exem-ple de piété , que lc Commentateur d’Aidât doive propo-ser ? Un homme disoit f antre jour que les Princes Catho-liques font fort mal de laisser mettre dans les Gazettes lespèlerinages de Lorette , les offrandes , les vœux , les priè-res de quarante heures , qu’ils ordonnent pour obtenir uneglorieuse Campagne ; car , dès que leur ennemi le fait , ilordonne les mêmes choses chez lui, 8c promet encore plusde largesses aux Saints 8c aux Saintes. On lui répondit quecela montroit la bonne foi de ces Princes : ils ne veulentpas surprendre les arrêts du Ciel ; ils ne veulent pas , com- d io-me Ajax , ôter à leur adverse partie la conoiffance de leurs dôr. SicuJ.requêtes , 8c les moiens de fe pourvoir contre : ce feroit L!hr - x vls ‘vouloir qu’on prononçât lans avoir ouï les deux parties.
(F) Les Grecs lui dressèrent un superbe monument sur le pro~montoire de Rhetée.] Ce fut un de ceux qu’Aléxandre voulut (£) devoir Sc honorer (26). Nous disons ailleurs (27), qu’on a tort PMnided’accuscr Pline d’avoir ignoré la vraie situation de ce tom- Achiu-E*beau. Mais, s’il est vrai que les Grecs aient érigé ce mo-nument , que veut dire Horace, quand il censure Agamem- Gs) Horat.non d’avoir laissé Ajax sans sépulture ? L '
Cur Ajax héros ab Achille secundusPutrefcit , toties servatis clarus Azhivis ,
Gaudeat ut populus Priami , Priamufque inhumato ,Per quem tot juvenes patrio caruere Jepulcro se8) ?
Je répons que ce Poète ne fait qu’emploier un des incidensde la Tragédie d’Ajax : c’est celui où Sophocle feint qu’A-gamemnon ne vouloit pas consentir qu’Ajax jouît des hon-neurs de la sépulture. II céda enfin aux tortes instances deTeucer. Remarquez qu’il y a des Auteurs, qui disent que1 on ne brûla point le corps d’Ajax ; 8c qu’il v en a , quidisent que l’on le brûla. Dictys de Crete 8c Quintes Cala-ber font de ce dernier parti : Philostrate est du premier. IIdit que Calchas déclara que la Religion ne soustrait pas quel’on brûlât ceux qui fe tuoient eux-mêmes (29). Voiez dansle même Philostrate comment les Athéniens se distinguè-rent à honorer ce Héros. Paufanias nous aprend qne l’u-ne de leurs tribus portoit le nom d’Ajax (30) , 8c que leshonneurs qu’ils décernèrent, tant à lui, qu’à Eurysaces sonfils, fubsistoient encore (31). Ceux de Salamine avoientbâti un Temple à Ajax (32). Toute la nation Greque l’in-voqua quelque tems avant la bataille de Salamine (33) , &lui consacra ensuite , comme une partie des prémices desti-nées aux Dieux , l’un des vaisseaux qu’on prit fur les Persesdans cette mémorable journée (34).
(G) On a conté quelques avantures miraculeuses touchant sontombeau .] Ulysse, aiant fait naufrage fur les côtes de Sicile,perdit entre autres choses les armes d’Achille. Le boucliersortit ensuite de dessous les ondes auprès dusépulchred’Ajax,8c y fut apendu ; mais, le lendemain, il fut frapé de la fou-dre. Voilà ce que Ptolomée fils d'Hephestion raporte (35).Paufahias dit en général, que la tempête porta fur le tom-beau d’Ajax les armes d’Achille , après le naufrage d’UJys-sc (36}. La matière^ étoit trop belle , 8c trop féconde enmoralisez , pour. n’être pas empaumée par les Poètes.Voiez dans l’Anthologie ce que les Grecs ont chanté furce sujet (37). Alciat en a tiré l’un de ses Emblèmes (38).Quant anx prodiges , ou aux merveilles , qui firent parlerd’Ajax après fa mort, voiez Paufanias, à la page trente-quatriéme du premier Livre. Ne finissons point cette Re-marque , fans dire, que les vagues aiant entrouvert le tom-beau d’Ajax , on fut curieux d’y regarder, 8c l’on remar-qua qu’un os du genou étoit auffi grand qu’un de ces dis-ques ou palets dont on fe fervoit dans les jeux de prix (39).L'homme, qui le racontoit à Paufanias (40) vouloit qu’iîjugeât par là quelle avoit été la taille d’Ajax. Homere lalui donne tout-à-fait avantageuse.
A'víç T£ fisyuc TS
A'pyelat y.epaXr.v à'ò’ f òpéaf apiuc (41).
Vir latusque magnusque ,Procerisfimus Argivomm tum capite tum latis humeris.
f. 193.
( 29 ) Phi-iostrat. inHeroïcis.
(30) Taufafl-Lìbr.I,pag.}}ïlutarch,5ympo£Libr, /.Spuast. X,
pag. 628 ;Herodor.Libr. V,
Cap. LXVÍ’
(31) Paufan-ilid. pag. 35-
(32) Id ibi**
f 33 ) Hcro-dot. Libr»VJ //, Cap»LXíV.
(34) ïd. ibitUCap, CXS L
(3s) Atptdïhotium>4 * 4 -
se 6 ) Faust'nias, Libr. Ut a í- 54 -
( 37 ) An-thol, Libr. hCap . XXIG
ses) C estXXVJ 1 L
(39) Faust'nias, Libr . "MS- 34 -
(40) Vot&dans la %*'marque {Drde l\Artid‘précédent ,quelques f***tes conceriundtce pajjase d*ïausaiiias*
(41) »°' L
mer. U ia “*Libr. IIGfl. 225 ,