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A J A X. AIGUILLON.
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La faute que Ronsard crut avoir faite touchant Ajax (H) fut corrigée dans une nouvelle Edition.
(H) Ronsard crut avoir fait une faute touchant Ajax.'] II*voit mis Ajax parmi les braves qui prirent Troie : mais ill_en ôta dans la deuxième Edition de fa Franciade, aiantété averti par Florent Chrétien , qu’Ajax se tua avant laprise de cette ville (41). Aparemment » il ne favoit pasque, selon quelques Auteurs, ce grand Capitaine ne mou-rut qu’après le saccagement de Troie : car, s’il l’avoit su, il
auroit dit à Florent Chrétien qu’il n’ignoroit pas ce qu’Ho-mere , Sophocle » Ovide, & quelques autres ont raconté;mais qu’il favoit aussi ce que d'autres avoient dit, 8c qu’iíavoit mieux aimé sc conformer à Dictys de Crete, qu'àHomere : 8c ainsi , il n’eût point fait l’aveu dune faute.C’est un aveu très-mal plaisant à un Poète', 8c même auxautres Auteurs.
AJAX, fils de Teucer, fit bâtir un Temple à Jupiter,dans Olbe; ville de Cilicie. Le Prêtrede ce Temple étoit Seigneur du pais, qu’on apelloit Trachiotide. Plusieurs Tyrans tâchèrent d’en-vahir ce païs-là, & de s’y maintenir ; cle forte qu’il devint un vrai théâtre de brigandage. Aprèsqu’on eut exterminé ces Tyrans, il fut apellé le pais de Teucer , 6c la Prêtrise. Voilà les nomsqu’il avoit du tems de Strabon, qui ajoute que la plupart des Pontifes qu’on y avoit vus avoient por-té le nom de Teucer, ou celui d’Ajax ; & qu’Aba, fille de Zenophanes, l’un des Tyrans, étant en-trée par mariage dans cette famille, se rendit maîtresse du pais, après que son pere l’eut gouvernésous le titre de Tuteur. Elle fut confirmée dans la possession par Marc Antoine 6c par Cleopatre,aulquels elle avoit fait fa cour habilement. Après fa mort, le pais revint au pouvoir de ceux quien dévoient être les poísoílèurs légitimes. C’est là tout ce que Strabon nous en aprend (a).Recueillons de là, que le Suplément de Moréri est tout plein de fautes dans cet Article ( A).La Remarque que je joins à cet Article le prouvera suffisamment.
(A) Le Suplément de Moréri efl tout plein de fautes danscet Article.] Après savoir bien mesuré , je trouve que lemeilleur moien d’être court , c’est de rapporter tout entierl’Article du Suplément : le voici. Ajax , fils de Teucer.,Roi de Salamine en l’ile de Cypre , ayant succédé à Jon pe-re, consacra un Temple à Jupiter en la ville d’Olbus. Ilfe maintint dans la possession de ce Royaume contre plusieursPrinces, qui s'en vouloient rendre maîtres, ar le laissa à fiesdefeendans , qui portèrent presque tous le nom d’Ajax ou deTeucer. Strabon, l. 14. Je remarque contre cela , I. Qu’iln’y a point de lecteur, qui ne soit tenté de croire, en vertude ce narré , que la ville d’Olbus étoit dans file de Cypre.11 . Qu’il n’est point vrai que Strabon dise qu'Ajax succédaà son pere au Roiaume de Salamine. L'infatigable Meur-
sius, qui a tant cherché les noms de tous ceux qui oht ré-gné dans file de Cypre, n’a pas trouvé un seul Ajax (r).III. Qu’il n’est point vrai que plusieurs Princes aient tâchéd’ôter à Ajax le Roiaume de Salamine. Leurs attentats 1e-gardoient la Trachiotide , le patrimoine ou le domaine del'Eglise de Jupiter Olbien dans la Cilicie; &c Strabon ne ditpas qu’on ait tâché d’en dépouiller Ajax , ni même qu’A-jax en ait été possesseur. On peut bien bâtir un Temple, fansen être le Pontife, 8c fans jouir des biens qu’on lui attri-bue. IV. Que fupofé qu’Ajax eût été tout à la fois Prince8c Prêtre de la Trachiotide, il scroit faux qu’il en eût con-servé la possession, 8c qu’il l’eût laissée à ses defeendans:il est clair par la narration de Strabon, que la fuite des suc-cessions légitimes fut interrompue quelquefois.
AJAX, Ecclésiastique recommandable par sa piété & par ses bonnes mœurs, sous l’cmpire deThéodose. II avoit un frere nommé Zenon, qui étoit de la même sagesse que lui. Ils lu firentéclater d’abord, non pas dans la solitude, mais dans la ville de Gaza; puis ils Rattachèrent à la viemonastique. Ils reçurent souvent de rudes coups, à cause qu’ils soutenoient courageusement la foiorthodoxe contre les Païens. Ajax avoit épousé une très-belle femme; mais on dit qu’il ne laconut que trois fois, d’où sortirent trois garçons : après quoi il fe sépara d’elle par raport au com-merce conjugal, 6c gouverna sagement l’Eglise de tìotolium. II éleva deux de lès fils à l’étude deschoses divines 6c au célibat, 6c maria le troisième (a).
AIGUILLON, petite ville de Guienne, sor le confluent du Lot 6c de 1 a Garonne , à qua-tre lieues au dessous d’Agen (A) , fut érigé en Duché-Pairie, pour le Duc de Maienne,l’an ifpp.Les Lettres en furent vérifiées au Parlement Tannée suivante \a) ; mais la postérité de ce Ducaiant manqué, on renouvella l’érection sous le régné de Louis XIII, l’an 1638, par Lettres quisurent vérifiées la même année (h). Le Cardinal de Richelieu fit faire cela en faveur de la Damede Combalet fa niece, qui a été depuis si conue sous le nom de Duchesse d’ A iguillon.Nous parlerons d’elle en son lieu (c). Elle a laissé, par son testament , cette Duché à MarieMagdeleine Terese de Vignerod sà niece, sœur du Duc de Richelieu (d). Rien n’est plus singulierdans l’Histoire, que la résistance faite par la Ville d’Aiguillon (A), en 1346, au Duc de Norman-die, qui depuis fut le Roi Jean. On a honte aujourd’hui de lire cela; 6c nos guerriers ne sau-roient asièz admirer que l’art militaire fût alors si misérable, en comparaison de ce qu’il est à pré-sent. Si le Duc de Normandie, fils aîné du Roi de France, avoit emporté Aiguillon après qua-torze mois de siégé, il fe seroit rendu digne d’un grand triomphe ; 6c aujourd’hui, une ville com-me étoit alors celle-là ne seroit presque point d’honneur à un Colonel qui l’emporteroit d’emblée.Les Romains faifoient à-peu-près cette réflexion, lors qu’ils comparoient les prémieres guerres de
leur
( 1) r;/.*
son Traité
de Cypro,Libr. U,Cap. VII,
& fiqq.
(a) Sozom;Libr. VU,Cap.XXvill.
(a) Le i díMars.
(b) Le X9
(c) Dans
C Artiste de
(Marie de)Vignerod.
(d) Vain.
i ’Etat de laFrance,
Tom. II,pag. 88 & 8§.Edit. da16S0,
( A ) Au dessous d’Agen.] Si j’avois voulu marquer au mi-lieu de quelles villes celle d’Aiguillon est située, je n’auroisPas pris Agen & Nérac , comme a fait Mr. Moréri ;car ce font trois lieux, qui font un triangle : mais jau-nis pris Agen 8c Tonneins, l’une au dessus, 8c l’autre audessous d’Aiguillon , fur la Garonne. La faute , que jeReprens ici, est d’autant plus considérable, qu’il n’y a pointde lecteur qui n’en conclût que Nérac est íur la même ri-vière.
(J 3 ) Rien n eft plus singulier . que la résistance d'Aiguil-
*«». ] Papyre Masson dit que ce siégé dura quatorze mois.Acilionem (1) urbem irrita Joannis poftea Régis Francorum, z?*unc Ducis Normannii, quatuordecim menfìum obfidionememo-rabilem (2). La nombreuse armée du Duc de Normandie n’estPas moins à considérer que la durée du siege.Ce Duc s’étoit ren-uu a Toulouse, au commencement de Janvier, avec cent mille"ommes portans armes. Toute cette effroyable multitude ne fit du-r . un t trois mois que prendre quelques bicoques en A génois, puisf ville d.'Angoulême, d'ou elle Je rubatit fur Tonneins, W dea vint astìéger Aiguillon, ... . bien muni v“ bien fortifié pource tems-là (3). Les maniérés de l’attaque font une troisie-lc clr Çonstance à considérer. Dans tout ce fiecle (4) , on ne"t, 01 *defiegeplus mémorable, soit pour les attaques, soitpo~r es dejfenses. On y donna trois assauts par jour, une fe-
ma ffe dur ant ; âpres, on en vint à Vartillerie, & aux nrachi-TOMJS H
nés par terre & par eau (5). Voici une Citation , qui em- ( s ) Lk-mî--brasse les deux passages de Mézerai. Je la tire de Catel. nu.Rroiffard, au chap. cent vingt-uniefme du prémier volume, escrit, comme lors que le Duc de Normandie avec cent mille Fran-fois assiégea la ville d'Aiguillon tenue par les Anglois , il envoyaquérir à Tolose huit des plus grands engins qui estoient dans ladite ville; C7*, lors qu on voulust astaillir ceux d'Aiguillon, ilfut arrosé par les Seigneurs François, que ceux de Tolose, Car-caffonne, 17 Beaucaire, affailliroient du matin jusques à midi,tr ceux de Rouergue , Cahors, csr Agenois, quand les autres Je-roient retirez., jusques à Vcspres (6). Que Mézerai ne fasse (s) Catel,durer qu’une semaine les trois assauts par jour, c’est une Mémoireschose qui ne répond point à l’attente où il avoit mis ion P our ^dis-secteur ; car qu’cst-ce qu’une semaine en quatorze mois? Laneuedoc11 ne faut point douter qu’il n’étrangle la juste idée qu’il ‘ ° 6} ■
devoit donner, de ces artaques. II a fait Tailleurs une fautede chronologie. Selon lui, 1 e Duc de Normandie arrive àToulouse au mois de Janvier 1346, il emploie trois moisà prendre quelques bicoques : énfuite > il prend Angoulê-me, 8c puis, retourne vers la Garonne , prend Tonneins,assege Aiguillon, 8c en leve 1 e siégé, à cause de la bataille •de Creci. Cette bataille fe donna le 26 d Aout 1346. Nonfeulement, il est impossible, selon cette narration de Mé-zerai , que le fiege d’Aiguillon ait duré quatorze mois; maisaussi, que vu la coutume de ces tcms-là , ce siégé ait étéPi .fort