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par Ton testament aux services que l’on feroit en plusieurs Eglises pour le repos de sonMr. de Launoi, dont Remprunte tout ee que l’on vient de lire, n’oublie point de re-
des sommes
ame (h). Mr. ae juiunoi, uonc j emprunte tout ee que 1 on vient oe nie, noublie pointgarder comme une tache fur un beau corps la doctrine de Pierre d’Ailli touchant la puiíîànceEcclésiastique. II veut que l’on impute cela au malheur du tems (ì) : mais je m’étonne qu’ilait oublié une autre tache de ce Docteur; je veux dire son entêtement pour l’Astrologie judiciai-re (F). Au reste , notre Pierre d’Ailli, qui soumettoit à la puistànce Ecclésiastique les Sceptres &les Couronnes, qui travailloit à la multiplication des fêtes , qui fonda un si grand nombre de Mes-ses pour le repos de son ame , qui condamna Jean Hus au fuplice (G ), ne laisse pas de paroitre dansle Catalogue des témoins de la vérité (H) , comme un précurseur de Luther & de Calvin. LesCartésiens le mettent ausiì au nombre de leurs précurseurs dans la question des accidens (1). IIavoit été chassé dc son Eglise Episcopale , si nous en croions Erasme , qui ajoute que cet éxil luiprocura le chapeau de Cardinal (k). II composa beaucoup de Livres ( iC) , dont quelques-uns
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(k) PétritfilAtîAcmsemCttmeratenfisCivìtAs Epis-copttm ejedr,Trr/ta ex extt nle fecit Car *dînaient.Eraûn. deRationeconscrib.Epistola-lum, Epis.tonftlat.
bité. Alliacus, dit-il (12) , anno 142.5 Avenìone moriens Bi-bliothecam suam legavit Navarr&o Paripis Collegio , quam ibimagna cttm voluptate aliquando viiimus. Je n’ai point vuque Mr. de Launoi le dise : son silence seul feroit capable deréfuter l’Ecrivain Flamand.
(íj Son entêtement four l'Astrologie judiciaire (13).] Bellar-min n’a point oublié cette tache. Vnum est, dit-il (14),ìn quo reprehenditur hic auétor , quod videlicet Jenpsfe videaturChrifii nativitatem pnnosci potuíste ex genethliacis obfervatio-nibus , atque ad hoc adduxerit apparitionem JielU , qua apparaîtMagis. D’autres observent que Pierre d’Ailli, dans son Li-vre de Concordia Historia zs? Astrologie divinatricis ,a soutenuque le déluge de Noé, la naissance de Jesus-Christ , & telsautres miracles , & tous les prodiges, ont pu être devinez& prédits par l’Astrologie (.15); & qu’ii a r aparté les naissan-ces , changemens , z? mines des Républiques zs? des Religions, auxconjonéïtons des hautes Planettes (16). Bodin ajoute que JeanPic, Prince de la Mirande,prend les hypothèses de Pierre d’Ar-liac («) (17) pour certaines , fans autrement s'enquérir plus a-vant de la vérité, combien que de 36 grandes conjonélions ,quece Cardinal a remarquées, depuis 11 5 ans âpres la création duMonde, jusques à ïan de Jesus-Christ 138; , il ne s en trouvepas six véritables (18). Ce passage de Bodin a été ainsi chan-gé dans l’Edition Latine : Mirum mihi visutn est quamobremJ. Picus Miranduh princeps illius hominis errores fane pttden-dos in cœlestium orbium doHrina pro certis cy compertis demons-tratìonibus habuerit ; cum enìm post orbem conditum anno\cen-tesimo décima quinto usque ad annum Chrifii 1383 , trigintasex Jovis z? Saturni concurfus tradiderit, vix tamen ullus eoquo decuit loco ac tempore describitur. Le même Bodin atta-que ces hypothèses par le fondement : Le Cardinal d’Arliac,dit-il (19), prend sa racine aux grandes conjonctions au temsde la création du monde, supposant à son compte qu il y a 7158ans, suivant l'erreur dé Alphons , qui est réprouvé de tous lesHébrieux, z? maintenant dé un commun consentement de tou-tes les Eglises . ... Et parainfi, c est un erreur insupportablede supposer la grande conjonéîion des trois hautes planètes tande la création 32.0, es? poser qu il y eufi à présent 7118 ans:cest-k-dire , douze cens ans devant que le monde fuft créé.Cette maniéré de combatte Pierre d’Ailli ne sauroit être dé-cisive présentement , vu le poids des hommes doétes, quipréfèrent le calcul de la Bible Greque , touchant la duréedu monde, au calcul du Texte Hébreu. Voisins a plus deraison de l’insulter sur la naissance de l’héresie d’Arius, quefur la durée du monde. Voici les paroles de Voisins: on yvolt que notre Astrologue a mis le commencement de cettehérésie sept cens ans après Jésus-Christ ; ce qui est une trèscrasse ignorance. Valde etiam futile est fundamentum quodarti isti ponit. Ait ab initio mundi usque ad diluvium fluxisseannos 1042. (2.0), à diluvio ad natalem Chrifii 3102.. His itaconftitutis, totus est in eo ut ostendat quandocunque mirandumaliquid contigit in terris etiam illustrcm aliquam stellarum con-junélionem apparaisse in coelis. Atqui falfiftmum est quod sibtfumit de anno vel diluvii vel natalis Domini : nec levisesterror,fid spisftsjìmus ; in priori quidem numéro annorum pene fexcento-rum , in altero autem paulo paucîorum (2.1). Quid mirum ?Omnino Cameracenps fuit Chronologie imperitijjimus , ut velarguit quod Arrianam herefim ccepisse dicat anno Christi septin-gentefìmo , quam verifimilim tum pene extinSlam dixisset. Or-tam vero constat fer'e initio frculi quarti (2.2.). Si Thevet eûtécrit avec jugement, auroit-il parlé de Pierre d’Ailli ences termes ? „ Je desirerois que tous ceux qui se meílent„ d’astrologiser daignassent un peu mettre le nez avant dans„ ses Livres : ils n’y perdraient leurs peines ; car outre les>, singulières observations que je viens de ramentevoir (13),>, ils y trouveraient la sentence minutée à l’encontre sse„ ceux, qui sous le nom de la vraye Astrologie , ptén--, lient plaisir de s’embéguiner du faux masque d’Ástro-„ logie , introduifans une idolâtrie des astres du tout abo-^ -, minable (2,4) Cette prétendue idolâtrie n’étoit pas plus
à craindre au tems de Thevet, que le culte religieux de la(24) Thevet îette ; de forte que , si les Livres de Pierre d’Ailli n’étoient
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bons qu’à convertir cette forte d’idolàtres, on n avoir pres-que point à faire d’eux. Mais comme d’autre côté ilsétoient propres à entretenir le crédit de l’Astrologie, parles vertus que cet Auteur attribue aux conjonctions desPlanètes , choses dont Thevet ne dit pas un mot, leur lec-ture étoit infiniment plus préjudiciable que profitable.
, §• («) De Alliaco est le nom vulgaire Latin de Pierred Ailli ( Alliacus ) : & c’est de là que Bodin a fait d’Arliacpar l e changement de la première des deux ll en r, commeen Varlet , Merlin , Merlustne , faits de Vallet , Mellin, Mel-W»*' Re m . cíUï.
(G) 6 }ui condamna Jean Hus au fuplice. J Ce ne fut pointfans l’exhorter à se soumettre, & sans lui déclarer que c’é-toit le meilleur parti à prendre. Examinatis dìeiis testium,
C? recitatis articulis erroneis in Patrum confestu, Cardmalis Ca-meracenps, Judex causa deputatus à Concîlio,dixit adjoannemHujs : „Fn via dua propopta sunt tibi, ut ex his eligas unam ;
,, aut te oseras omnino totum inpoteftatemzs?gratiam Concilii,
,, ejusque decretis super hac re acquiesças ; ita namque fiet ut„ Concilium ob honorem Domini nostri Régis Romanorum nunc,, prasentis, acsratris ejus Bohemia Régis clementer aSlurum pt,, tecum ; aut p ex diiìis articulis quofdam tenere ac desendere,, intenâas, esr depderes aliam audientiam, concedetur tibi quì-„ dem ; fed tune scias hic esse magnos zs? illuminâtes viros qui,, fortijstma habent adverses articulas tuos fundamenta , es? ve-,, rendum est ne inde gravioribus involvaris erroribus. Id con-,, sulendo dixerim tibi , non ut judex (25) Mr. de Lau-noi , aiant raporté cela, ajoûte , que cet Hérétique aimamieux soutenir opiniâtrément ses opinions , & être brûlé ,que suivre le conseil salutaire du Cardinal d’Ailli. Veròmlìtigiosus homo dogmata sua nimis pertinaciter propugnare ma-luit zs? comburi , quam usque adeo salubre Cardinalis Alliaciconplium sequi.
(H) ll paroit dans le Catalogue des témoins de la vérité .]
,, Par la détermination du Concile de l’Eglise Françoise, st„ fut délégué , pour dénoncer aux deux Papes, qui s’en-trequerelloient pour la Papauté , qu’ils se démissent du„ Siégé Papal. Pour response , lui fut dit que les Papes de„ Rome font exempts de toute tasche de schisme ; mais,, que c’eftoient les Prélats François, qui de gayeté de cœur,, schismatisoient. Pour cette occasion , il fut depuis ren-„ voyé, suivant lavis du Concile tenu à Paris,avec le Sieur„ Jean Maingre , Maréchal de Boucicaud, lequel par après„ estrilla bien l’Antipape à Avignon , comme ausiì le Gar-„ dînai d’Ailli lui lava la tête du long & du large (2 6). Et„ c’est ce que Henri Pantaleon semble le coucher au roolle„ de ceux qui en cette saison crièrent & de voix & d’es-„ crits contre l’ambition des Papes, corruption de l’Eglise,
„ schismes Lc divisions qui lors pulluloient grandement ; di-„ saut qu’il a escrit un Livre intitulé de la réformation de„ l’Eglise, lequel pourtant ne se trouve pas au Catalogue de„ ses Livres, qui font en grand nombre , tant en Théolo-„ gie , qu’en Mathématiques (27) ”. Rien n’est plus vraique ce qu’assûre Pantaleon touchant’ce Livre de Pierred’Ailli. Quant au Catalogue des témoins de la vérité, com-pilé par Flacius Illyricus , on y trouve Pierre d’Ailli, con-damnant le dogme de la transubstantiation (28) , & don-nant au Concile de Constance un projet de réformation,selon lequel la Cour de Rome eut été privée de tant demoiens qu’elle emploioit pour amasser de l'atgeut ; les Pré-lats eussent été obligés à bien vivre & à remplir leurs fonc-tions ; la pompe des cérémonies , les fêtes superflues , l’a-bus des jeûnes , & la canonisation des Saints, eussent étéabolies ; le nombre des Moines, des Images, & des Tem-ples , eut été diminué (29). Nous pouvons croire certai-nement que tous les Ecrits de Pierre d’Ailli ne font pas pro-pres à plaire à la Cour de Rome , puis que l’on en a insérétrois ou quatre dans l’Appendix du Pafciculus rerum expeten-darum es? fugiendarum (30). Orthuinus Gratius avoit déjàinséré dans ce Fafciculus le Traité de ce Cardinal de Emen-àatione Ecclepa. Ce que j’aì dit, touchant la diminutiondes Moines, ne s’accorde pas avec ce que Thevet avoitouï dire : que Pierre d’Ailli composa un Livre intitulé leBouclier de Pauvreté , où il faisoit l’apologie des ReligieuxMendians (31).
( 7 ) Les Cartésiens le mettent auffì au nombre de leurs précur-seurs dans la question des accidens. ] Un Professeur de Lou-vain , des plus oposcz à Mr. Des Cartes, devint l'un de sesplus scêlesc scílateurs , aprìs avoir trouvé dans des Auteurs fortapprouvez, de V Eglise son sentiment de la transubstantiation ,qui étoit presque le seul point qui l’arrêtait, ll mit quelque temsâpres dans ses Thèses Théologiques un extrait du Livre que leCardinal d’Ailli , Evêque de Cambrai , a fait fur le Maîtredes Sentences , pour faire voir que ce Cardinal propose Vopinionde Mr. Des-Cartes , touchant les Accidens de l’Eucharistie,zs? ïaccorde avec la définition du Concile œcuménique de Cons-tance (32). ,
(K) ll composa beaucoup de Livres.} oes Commentaires furle Maître des Sentences, & les quatre Traités , qui ont été misdans l’Appendix du Fafciculus rerum expetendarum , furentimprimez à Strasbourg , en 1490. On imprima au mêmelieu, & en même tems, un volume de ses Traités & deses Sermons. Une partie de ces Traités fut rimprimée àDouai, Pan 1634, par les foins de Leandre de St. Martin,
P Z Pro;
( 25 ) Lau-noii , Hìst»'GymnaíìiNavarrx,M* 474» ex
Hufjitœ cu-jufdamUtione - apttdBzovium, aéann. 1415 ,
rwm, 47 .
( 26 ) Volez, cè<j- a c duPleíiisMornai citede FroiíTardfur cette wa»tiere , dansson Mystère(FIniquiré,
p/ig. 4S6, êrfiiiv. Edit . dtSitumttr , en16 H, in foliod
(27) Thevet,Hommes il-lustr. Tarn*VU , f 4 g. 85.
( 28 ) Volez. IaDissertationde Mr. Allix,à U tete de laDétermina-tio Fr. Joan-nis Parisien-sis, imprimée•à Londres , en1686 , in 8 fpag. 71, 72.
( 29 ) Votez.du Plessis ,Myst. d'I-
niquité,pag, Z 2 Z.
(30 jlmpriméà Londres ,Van 16 - 0 .
(31) Thevet,Hommes il-tusti. n. 90 ,
( 32 J Bail-les > Vie deDes Cartes, 'Tr,m. IV,
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