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çôìs Grimaudet, Avocat du Roi à Angers , & y mit une Préface de la nature , variété & mutationdes Loix. II publia, en is6y, un Livre intitulé , Decretorum Rerumve apud diversos populos £5? omniantiquitate judicatarum libri duo . . , . Accedit TraSlátus de origine & auéloritate rerum judicatarum.II l’augmenta beaucoup dans les autres Editions (B). II quitta Paris Tannée suivante, pour alleréxercer dans fa patrie la charge de Lieutenant Criminel. II l’éxerça avec tant d’éxactitude , quecomme un nouveau Cassius, il fut apellé T Ecueil des accusez. Pendant les désordres de la Ligue, ilexerça par intérim (C) la charge de Président au même Siégé , & s’en aquitta avec la même inté-grité que de l’autre. La ville d’Angers lui témoigna son estime cn plusieurs maniérés, & princi-palement par la charge d’Echevin perpétuel, qu’elle- lui donna. II fut fort brouillé avec Phi-lippe Gourreau , Maître des Requêtes , son compatriote ; & il publia une Lettre Apologétique con-tre lui, en if77 (a). II fut ferme dans le bon parti contre la Ligue : & il étoit obligé de l’être,non feulement par la charge qu'il avoit au Présidial ; mais aussi , par celle r de Maître des Requêtesdu Duc d’Anjou , qu’il avoit eue conjointement avec le Jurisconsulte Baudouin, avant que cePrince montât fur le trône. La Harangue , qu’il fit à ce Duc faisant son entrée à Angers le 7 deJanvier 1770 , a été imprimée avec le Discours (D) qu'il lui adressa pour le louer de ses victoi-res , & de la restauration de PUniversité d’Angers. Ce discours roule principalement fur ce queBaudouin avoit dédié à ce Prince deux anciens Panégyriques : celui qu’Eumenius avoit fait deConstantius , & celui que Pacatus avoit fait de Theodofe. Le Discours , qu’Ayrault publia Panif 89 , fur la mort de Henri III , & fur le scandale qu'en avoit ! Eglise , témoigne son attachementau parti de ce Monarque. II n’y mit , ni son nom , ni celui de l’Imprimeur. Mr. de Thou en aparlé avec éloge (b). On a trouvé parmi les papiers de P Auteur la Version Latine qu’il en avoitfaite. II écrivit en ce tems-là un Discours , où il exhortoit Henri IV à fe faire Catholique : maisde tous ses Ouvrages , celui qui l’a fait le plus conoitre dans les pais étrangers , & fur tout parmiles Protestans , est le Traité de la Puissance paternelle (E ). II le compost pendant le procès qu’ileut avec les Jésuites , au sujet de son fils ainé , qui avoit pris l’habit de leur Ordre (c). II P avoitenvolé dans leur College de Paris, afin de le rendre plus capable de lui succéder un jour , & il eutquelque tems après le chagrin d’aprendre qu’ils lui avoient persuadé d’entrer dans leur Corps. IIen fit ses plaintes au Parlement de Paris s) -, & , quand il eut su qu’ils l’avoicnt fait évader r ilprésenta requête au Pape , & obtint des Lettres de Henri III au Cardinal d’Est , Protecteur desaffaires de France , & au Marquis de Pifuii, Ambassiideur de cette Couronne (e) , par lesquellesLettres le Roi demandoit très-instamment qu’on sollicitât un ordre du Pape , pour la liberté dujeune garçon. Tout cela fut inutile. Le Traité de la Puislânce paternelle , qu’il adressa trois ansaprès à ce fils désobéissant, ne fut pas plus efficace. Quoi qu’Ayrault eût d’autres fils, il ne laissapas de se chagriner excessivement de la perte de celui-là. II avoit épousé à Paris , en if64 , An-ne Des Jardins, fille de Jean Des Jardins, Médecin de François I, de laquelle il eut quinze enfuis (F),dont dix étoient en vie , quand il mourut à Angers, le zi de Juillet 1601 , âgé de 6f ans (/).J’emprunte de Mr. Ménage cet Article (g).
niez à Rouen , en 1614 , avec les Notes & les Additionsd’un jeune Jurisconsulte. Mr. Ménage , qui dit cela (3) ,pouvoit ajouter qu on les imprima à Paris, en 1598, in 8,avec quelques autres Opuscules de Pierre Ayrault. Les Cu-rez de Paris le choisirent en 1564 , pour plaider leur causecontre les Jésuites ; cependant il ne la plaida pas; & peut-f tre que cela vint de ce qu’on ne trouva pas à propos que■? s intérêts des Curez fussent séparez de ceux de l’Evêquede Paris. C’est la conjecture du Sieur du Boulai (4). Quoiqu il en soit j son Plaidoié fut rendu public, comme je viensde le dire dans la Note marginale (z).
(B) ll augmenta beaucoup son Livre dans les autres Editions.]Là seconde Edition est de Paris, en 1373 , in 8 , & contient.lix Livres. La troisième est in folio , & a pour titre, Rerumab omni antiquitate judicatarum PandetSía. Elle est auflì deParis , en 1588. Après la mort de l’Auteur, on imprima lesmêmes Pandectes, à Paris, l’an 1615 , avec le petit Trai-té de patrio Jure. II les avoit revues Le corrigées. Mr. Mé-nage en avoit promis (5) une nouvelle Edition , qu’il de-voir accompagner de petites Notes marginales, qui auroientindiqué les sources d’où Ayrault avoit tiré ses exemples.L’Ouvrage est fort docte ; Continet enim res ab omni anti-quitate apud lndos, Gncos, Bernanos , Francos, alios judica-t P s (6). Celui qu’il fit en François , de ÏOrdre ZJ Instruffwnjudiciaire dont les anciens Grecs e/ Romains ont usé en accusa-tions publiques , conféré à l'usage de nostre France , est bon èccurieux. II fut imprimé pour la prémiere fois, à Paris, enJ 575 , in 8. La seconde Edition, qui est de Paris, en 1588,ln 4 > fut augmentée de deux Livres. La troisième fut aug-mentée d’un Livre , à Paris > l’an 1598 , in 4 (7). Ainsi1 Ouvrage comprend quatre Livres. Le quatrième Livre,qui traite des Procès faits au cadaver , aux cendres , à. la mé-npotre, aux lestes brutes, choses inanimées , e? contumax , avoitcté imprimé à part, à Paris en 1391 , in 8. J’ai oubliéde dire que son Traité de Decretis Rebusve apud dìversos po-pulos ab omni antiquitate judicatis , fut imprimé à Francfort,lan 1580 , sur la piémiere Edition. Les Abréviateurs deGesner n’ont conu notre Pierre Ayrault, que par cette Edi-tion d’Allemagne. Ils ont mal cru qu’il s’apelloit Paul.
. (C) Par intérim, j Mr. Ménage fait durer deux ans cetintérim : Et Praturst munere per biennium funàîus JErodiuse fi (8) ; & , néanmoins, il dit qu’Ayrault ne fut nommé àCstte charge , que l’onziéme de Mai 1589 ; & qu’Henrì leGrand en pourvut un autre au commencement de TannéeL90 , ineunte anno 1590 (9).
(D) Sa Harangue a été imprimée avec le Discours zvc.] Mr.Ménage n’a pas bien marqué le tems auquel ces deux piè-ces furent imprimées : il dit que ce fut en 1577 > & qu’a-o« le P r i nce q U j y est sotie étoir Roi de Pologne & DucAnjou, C’est dire assez clairement qu’il n’étoit pas Roie rance : néanmoins le Duc d’Anjou fut sacré à Reimsu mors de Février 157s , &; il étoit censé Roi de France ,
dès le jour que Charles IX décéda (10). Soiez assuré quela Harangue & le Discours en question parurent en 1570 ;Lc , par conséquent, lors que celui qu’on y loiioit n'étoitpas encore Roi de Pologne.
(E) Le Traité de la Puissance paternelle. ] L’Auteur récri-vit en François, Sc en Latin : un de les compatriotes,nom-mé Jacob Frubert, le traduisit en Italien (ii\ Voions cequ’en dit Mr. Ménage. Egit cum fugitivo filio tánquam cumabsente reo , hoc est annotatione ZJ programmate :
Qualis populea moerens philomela sub umbra
Amissos queritur fœtus (12) ,
Z? qua fequuntur ; notum enim tibt Carmen est : talis PetrusJErodius amijjum filium infolabiliter in Scriptis fuis queritur.Vide quafo. . . . quos ip/e questus fundat in Libro tertio Ordi-nis judiciarii , moào fratrem Johannem JErodium , tnodo Re-natum filium compellans. &uìs vero tam férus ac ferreus efi,qui cum querelas ejus légat in Libella illo aureo, 0/ tot laudibusà Stephano Pafcafio célébrât0 (13) , quem de Patrio Jure_ ad fu-gitivum filium contra Jefuitas fcripfit, à gemìtu est lacrimistemperare pojfit ? ... . At non folus JErodius fatum fuumgemuit , ingemuere ZJ alìi ; lege Stephani Pafcafii ZJ JohannisBodini (14I ea de re ad Petrum JErodium Epiftolas. Lege An-
tomi Arnaldi Advocati Parifienfis . Qrationcm pulcher-
rimam, habitam in Senatu Parisiens , contra Jefuitas , annoMDLXXXXIV (15). Mr. Ménage a raporté dans sesRemarques ce qu Antoine Arnauld dit là-deflùs, & ce quifut répondu par Pierre Barni, Procureur des Jésuites duCollege de Clermont. La réponse va là > que les Jésuitesne voulurent j amais recevoir en France René Ayrault, bienqu’il euft pour le moins 18 ans ; mais , que fans leur rien dé-couvrir , il s'en alla en Allemagne, ou il fut receu (16). Voiezla Remarque (A) de F Article suivant.
(F) Il eut quinze enfansf Nous destinons un Arti-cle particulier à son fils ainé. Pierre Ayrault, sonsecond fils , succéda aux vertus & à la charge de son pere,& fut Président en la Sénéchaussée d’Angers, Conseiller deville , & Maire. II procura , en 1603 , une profession enDroit dans FAcadémie d’Angers à Guillaume Bardai. LaHarangue , qu’il fit à Marie de Médicis, mere de LouisXIII , à Angers , le 16 d’Octobre 1619 , se voit au VITome du Mercure François. II fut député à FAssemblée desNotables > convoquée à Rouen en 1617. II a laissé posté-rité. Jean Ayrault, son frété , fut Avocat au Parle-ment de Paris. Guillaume Ayrault, leur frété. Re-ligieux de F Ordre'de St. Benoît, Docteur de Sorbonne,eut beaucoup de part à Famitié de Louis Servin, AvocatGénéral au Parlement de Paris. G u yonne Ayrault,l’une de leurs sœurs, épousa Guillaume Ménage, Avo-cat du Roi au Présidial d’Angers. De ce mariage est sortifeu Mr. Ménage (17), l’un des plus doctes hommes deFrance.
AYRAULT
($) Ex VitiPétri /Erodií,ab /ÏLgidioMenagio ,
ejus ex filiâ,Nepote scripta,& typis dataPartsiis , anna1 6 7$ 1 in 4 .
fïo) e étoît^30 dcMaiIÍ74*
(tt) Mena*gii VitaP.j£rodii,
pag % 28 . ,
(n) Virgíl,Géorgie.Lìbr % iv*
1t. S il
(t3) Votez, léX Lettre daLivre XI desLettres dePâquier.
(14) Mr. Me^nage produitla. Lettre deBodin, pag+242.
(15) MénagéVita .'Erodii,
37-
( 16 ) Ibidem 7pag. 251 . .
(t?)Ex VitâE /ìtrodii.Voiez. U Cira-tion deces Mxùdts