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Tome premier. A - B.
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toricn dont je parle dans cet Article (c). Léon d’Aitzcma mourut à la Haye, le 23 de Février1669 , après y avoir exercé environ 40 ans la charge de Résident des Villes Hanféatiques , quilui avoit été procurée par Foppius d’Aitzema, ton oncle , Résident de Hollande àHambourg (C). Notre Léon étoit un fort honnête homme , officieux, affable, libéral en-vers les pauvres, 8c très-versé dans la Politique. II parloit plusieurs Langues , l’Alleman , leFrançois, l’Italien, l’Anglois. Son pere étoit Secrétaire de l’Amirauté de Frite (d). II nefera pas inutile de remarquer qu’on a déjà vu trois Volumes in folio de la Continuation d’Ait-zema : le prémier s’étend depuis 1669 , jusqu’à 1 679 -, le second , depuis 1679 , jufqu’à 1687;8c le troisième, depuis 1687 , jufqu’à 1692 (e). Un Ministre, nommé AitZema, a écriten Flamand fur les Sibylles.

(C) Foppius b’Aiizima , son oncle , Résident deHollande d Hambourgs] J’ai trouvé un endroit qui le concer-ne dans l’un des Volumes de Mr. Pufendorf. J’y ai vu ,qu’en 1636 , ce Foppius , Envoié des Provinces-Unies àl’Empereur, assura dans Ratisbone , que Salvius lui avoitécrit que les Suédois vouloient commencer à négocier lapaix à la Cour de Vienne; & que Salvius nia cela (U. Néan-moins , Foppius s’empressojt extrêmement à négocier lapaix : mais la Suede ne le crut point propre à un tel ouvra-

ge ; 8c l’on trouvoit ridicule qu’ìl se fît de fête pour un teldessein, & sur tout, quand on songeoit que depuis qu il étoitpassé dans la Communion de Rome, il emploioit toutes sor-tes de moiens à s’insinuér dans les bonnes grâces de l'Empe-reur. Nec Aitzema idoneus tanta rei autor habebatur, omnibusqui homìnem noyant irridentibus, quod iste heic se ingerere nondubitaret ; quem prasertim f ost suscepta sacra Romana grattaCasaris omnibus mod'ts adrepere eonstabat (3).

AKAKIA (Martin) Professeur en Médecine , dans l’Université de Paris, au XVI sié-cle , étoit de Châlons en Champagne {A). II s’apelloit Sans-malice -, mais, selon la coutumed’alors, il changea son nom en celui d ’Akakia (S) , qui signifie en Grec la même chose que Sans-malice en François. II le transmit à ses defeendans , qui l’ont toujours porté} jusques à cette heure.11 fit des progrès considérables à Paris, fous le Professeur Pierre Brissot (a) , 8c aprit de lui laplupart des choses qu’il publia ensuite fur Galien (C). II fut reçu Doóteur en la Faculté de Mé-decine de Paris , l’an i y26. François I , dont il fut l’un des principaux Médecins , le considérabeaucoup. Je ne íài point en quelle année il devint Professeur en Médecine : mais il l’étoit autems que Geíner publia íà Bibliothèque , c’est-à-dire , l’an 174s. II mourut l’an if f 1. 11 avoitpris pour Armes de gueules à la croix d’or accompagnée de quatre cubes auffi d’or , avec cette de-vise , Gsuœcunque ferat fortuna , ferenda est j Faut fuporter fortune , quoi qu'elle aparté. II prit pourfemme Marie Chauveau , veuve de Silvain de Monthelon , 8c en eut un fils, qui fut Professeuren Médecine , comme l’on va voir. Presque tous ses defeendans ont marché dans la même rou-te ; mais il s’en est trouvé un, qui s’est mêlé d’autre chose que de Médecine (D). Ceux quiont mis la mort de notre Martin Akakia à l’année 160 f , se font étrangement abusez ( E). Ma-rot a parlé de lui avec éloge : ce qu’il en a dit a été cité par Mr. Ménage (b).

{A) ll étoit de Châlons en Champagne .] Mr. Moren, n’aiantpas entendu ce que veut dire Catalaunenss, a cru bonne-ment qu’Akakia étoit Catalan, Il étoit de Catalogne, dit-il;& , pour comble de méprise , il nous renvoie à Quenstedt,qui a marqué positivement que ce Médecin étoit de Châ-lons , ville dont l’Evêque se dit Comte & Pair de France (1).

(B) Il s’apelloit Sans-malice ; mais .... il changea son

nom en celui d’ Akakia. ] C’est ce que témoignent RenéMoreau , dans la Vie de Sylvius, 8c Gabriel Naudé , dánsson jugement sur Augustin Niphus (z\ Voler auffi làMothe le Vaier, à la page 177 du XII Tome de ses Oeu-vres ; 8e Mr. Ménage, dans les Origines de la Langue Fran-çoise (3). Le Pere Labbe croit que tout cela n est qu un expost facto , ou allusion gentille faite après coup, ou bien un so-briquet qu on lui auroit donné , cr qui auroit en suite passé ennom de famille (4). II se fonde íur deux raisons ; la pré-miere est , qu’A’xxxiu signifie, non pas un homme éloigne dètoute malice ; mais éloignement de la malice. La seconde est,que ce Médecin de François I. auroit écrit Acacia, ou Aka-kia , s’il avoit pris un nom métamorphosé de la Langue Gre-que. Pour confirmer la prémiere , il ajoûte que ce Méde-cin , s’il efl vrai qu il s’appellast auparavant Sans-malice, eustmieux fait de quiter ce nom féminin , pour en prendre

un plus maste & qui eust du rapport à A, Acacius,mots ufitez, parmy les Grecs c? les Latins. Sjui est-ce qui ne semocqueroit de la simplicité ou befiise de celui qui ayant pour nomde famille , pelé , ou vertueux , tournerait son nom en Grec,<urs’appelleroit A'^aorsicU, ou AsiU ?Ces raisons-là font très-foibles. On peut avouer , quant à la seconde , que dansTordre il faloit écrire, ou Acacia, ou Akakia ; mais je pen-se qu’effectivement cet habile Médecin signoit de la der-niere maniéré. A T égard de l’autre raison , il est facile devoir que le Pere Labbe ne dit rien qui vaille ; car le nomMasculin A'x.áx.iof ne répond pas auffi juste que le fémininA kiixÍcc au mot François Sans-malice. La comparaison depelé ou vertueux , est hors de propos , puis qu’il est certainque Sans-malice n’a point la nature d’un nom adjectif, &que fi un homme, qui auroit porté le nom Avec-peleure, eûtvoulu le grécifer, il eut dû prendre celui de Synalopecia plu-tôt que celui de Synalopecius.

(C) il publia diverses choses fur Galieni] II publia, en 1338,Une Traduction Latine des deux Livres de Galien de Ratio-ne curandi, 8c raccompagna d’un Commentaire (3). Aprèscela , il traduisit Y Ars Medica, qiu cr ars parva , du mêmeGalien. Cet Ouvrage fut imprimé à Lion , en 1548. IIest auffi T Auteur d’un Livre imprimé à Paris, l’an 1533,fous le titre de Synopsis eorum qu£ quinque prioribus libris Ga-lenì de facultatibus fimplicium medicamentorum continentur.

(p) Un de ses defeendans se mêla d’autre chose que de Médeci-,le -ì _ Une Lettre de Guy Patin , datée du zz Juillet 1664,contient ces paroles. „ Le Roi a fait mettre à la Bastille le" trere de Mr. Acakia , notre Collègue , pour avoir écrit” Mclqne chose qui a déplu à Mr. le Prince. II avoit été" - il n’y a pas lontems, pour le mariage du Duc

„ d’Enguien, 8c avoit été Secrétaire de TAmbassade dePo-„ logne ”. Tout le monde a su les plaintes qu’un ami de laMaison d’Autriche , déguisé sous le nom de Stanistaus Lysi-machus, Eques Polonus , publia en 1683 contre les intelli-gences que la France entretenoit avec le Comte de Tékeli,par le moien d’Akakia Sc de du Vernai-Boucauld. Je viensde lire dans un Imprimé qui a pour titre, Journal d’Amster-dam (6), que ce même Mr. Akakia eut beaucoup de partaux intrigues qui tend oient à faire tomber la Couronne dePologne fur la tête du Duc de Longueville , par la déposi-tion du Roi Michel. On affûte, dans ce Journal, que TErn-pereur en avoit fait faire des plaintes au Roi de France , &qu’il avoit nommé entre autres Mr. Acakia , comme un desprincipaux conducteurs de cette affaire : que Mr. Acakia fut misa là Bastille ; mais qu il n en eut que plus $ attention â ïintri-gue qu il avoit commencée , & plus de loifir pour entretenir lesCorrespondances qu il avoit liées : que ses lettres ey fa négocia-tion allèrent toujours leur train, nonobstant cet emprisonnement:8c que T affaire fut si avancée , qu’il n’y eut que la mort deMr. de Longueville (7) , qui en empêchât l’éxécution. Lesmédailles étoient déja toutes préparées. Ce second empri-sonnement de Mr. Akakia ne dura que cinq ou six mois, s’ilen faut croire une personne que j’ai consultée depuis la lec-ture de ce Journal. Cette personne m’a dit de plus, queMr. Akaldà eut tant de joie de se voir choisi pour aller fo-menter les troubles <ie la Hongrie , qu’encore qu’il fût bienmalade, il se trouva bien-tôt assez de santé pour partir. N’o-sant prendre la route d’Allemagne , il s’en alla en Angleter-re , où il s’embarqua pour la Suede d’où il se rendit parmer à Riga , 8c de là en Pologne , où il est mort. C’étoitun homme d’intrigue , 8c qui agit vivement pour la conclu-sion de la paix d’Olive.

(E) Ceux qui ont mis fa mort àl’année 1605, fifont abusez .]C’est ce qu'a fait T Auteur du Diarium Biographicum (8); carvoici comme il parle sous cette année-là : Martinus Akakia jGallus Catalaunensis, Medicina Doêîor z? Professer Lu-tetia Paris. Après quoi, il donne le titre de quelques Li-vres , dont Akakia de Châlons est véritablement l’Auteur.Si Ton avoit su que Brissot, dont notre Akakia fut disciple,n’étoit plus en France Tan 1519 , on n’auroit pas alongé lavie de ce disciple jusques à Tannée 1603 ; ou bien ; on au-roit dû dire quelque chose d’une vieillesse auffi extraordi-naire que l’auroit été celle-là. Ce qui a pu tromper l’Au-teur du Diarium, est qu’en Tannée 1603, il mourut un Mé-decin , qui s’apelloit Akakia. II étoit petit-fils dù disciplede Brissot. Guy Patin en parle de cette maniéré, avec saliberté Cynique : Deux Docteurs de notre Compagnie travail-lèrent à TApologie de Théodore Mayerne Turquet ; savoir,Seguin notre ancien , qui a toufours^ porte les Charlatans , &son beau-frere Acakia, qui mourut l an1005, de la vérole qu ilavoit raportée d’Italie , ou H c toi t aile avec Mr. de Bethune,Ambastadeur à Rome (9). Si notre Martin Akakia eut pû ga-gner un tel mal au tems de cette Ambassade , il auroit étéfous contredit le plus vieux paillard de TEurope.

Q AKAKIA

(e) Cesnht «mes font tm*primez, à.^Amjierdamile premier en1685 , le fe *tond en 168S*<tr le troìsiémien 1698.

(3) Idem,

(AMojeau,

in VitâBriffoti»

(b) Ménage,"Orig. de laLangueFrançoise,

4.

(6) Il a partiau Mois dtS eptembre

(ï) tìfnt tue

au passage duT{hin> te izdcJuin 1672*

(S) Hënniiïjçgus Witte,Professeur7 \iga en Lhvow'e*

(s) Fafín „Lettre viti

de la 1 Sfdpp

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