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Tome premier. A - B.
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A K I B A. A L A B A S T E R, îij

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gcois de Jérusalem. Enfin il entreprît d’étudier i à P instigation de là fille de son maître , ìáquellélui promit de l’épduser , s’il faisoit de grans progrès dans les sciences. II s’aplrqua fi fortement àl’étude , pendant les vint-quatre ans qu’iì pafli aux Académies, qu’après cela il sc vit environnéd’une foule de disciples , comme un des plus grans Maîtres qui eussent été en Istaël. II avoir jus-qu’;!. vint-quatre mille Ecoliers. II sc déclara pour l’impolceur Bar-cochebas ía) , & soutint quec’étoit de lui qu’il faloit entendre ces paroles de Balaam j une étoile sortira de Jacob , & qu’on avoitcli là personne le véritable Messie (b). II ne se contenta pas de faire etivers lui ce que Samuelavoit fait envers les deux premiers Rois des Juifs , je veux dire de l’oindre (r) : il voulut de plusfaire la fonction de son Ecuier. (d). Les troupes , que l’Empereur Hadrien envoia contre les suifs,qui sous la conduite de ce faux Messie , avoient commis des massacres épouvantables , exterminè-rent cette faction. Akiba fut pris j & puni du dernier fuplicè , avec beaucoup de cruauté (e) ;on lui déchira la chair avec des peignes de fer , mais de telle sorte qu’on faisoit durer la peine , & (f) r CnTqu’on ne le fit mourir qu’à petit scu f/). II vécut six-vints ans, & fut enterré avec fil femme de rsoudo-dans une caverne , fur une montagne qui n’est pas loin de Tiberiade. Ses vint-quatre mille dis- i^fxTras,ci pies furent enterrez au dessous de lui fur la même montagnes). Je raporte ces choses, fans rà«àprétendre qu’on les croie toutes. On s’imagine qu’il a supofé Un Ouvrage au Patriarche Abra- /,'”!*'ham (J). Quejques-uns lui attribuent un attentat encore plus condamnable que celui-là : c’estd’avoir altéré le Texte Hébreu de la Bible (B), afin de pouvoir répondre à une objection des pîg/iflZlChrétiens (C). Les Juifs lui donnent de grans éloges (ct) , & le regardent comme celui qui leur ssssssa apris tòute la Loi non écrite (E). La Remarque , que nous faisons là-dessus, contiendra quel- pV, lu áot-ques particularités, de fa Vie. S’il faloit juger de ses Leçons par ses préceptes de garderobbe (ct), )T, E s°ui,son auroit lieu de les traiter de ridicules. tmnstati.

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, ( A) On s imagine qu il a supofé un Ouvrage au P. Abrabami]Ce Livre est intitulé Scpher Jezirah , c’est-à-dire , Le Livréde la Création. Voiez la Remarque (E) de l’Article Abra-ham, & ajoûtez-y ce íuplément. Lambecius ne devoir pasdire , que ce Livre de la création fut imprimé à Mantouela prémiere fois (i) ; car l’Edition de Mantoue, in 4, ac-compagnée du Commentaire d’Abraham Ben-Dior , & decelui de plusieurs autres Raisins -, dont vous trouverez lesnoms à la page 5-36 de l’Histoire Critique du Vieux Testa-ment , avoit été précédée par l’Edition de Paris , en 1551,in 8. Le même Livre a été imprimé à Bâle , in folio, l’an1587 , avec plusieurs autres de même trempe. II est d’ungrand poids chez les Cabalistes : ils s’en servent à faire desmiracles, discnt-ils (z).

(E) On l’accuje d’avoir altéré le texte Hébreu de la Bible . ]Cette altération fe raporte à l’âge qu’avoient les Patriarches,lofs qu’il leur naissoit des enfans. Personne n’ignore , qu’encette année-là ils étoient plus vieux , scion la Bible des Sep-tante, que selon la Bible Hébraïque. Adam, par exemple,fi nous suivons le texte Hébreu , avoit cent trente ans, lorsque fa femme accoucha de Seth ; mais selon la Version desSeptante , il étoit alors dans fa deux cens trentième année.La plupart des Théologiens veulent qu’on préféré le texteHébreu , au texte Grec. Ceux qui tiennent l’autre parti ,font en petit nombre ; mais en récompense , ce ne fontpour l’ordinaire que des Savans d’élite. Le Pere Dom PaulPézron > Religieux de l’étroite Observance de Citeaux , &Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, s’est rangéau petit nombre. II a débité , entre autres choses, que lesJuifs ont altéré le texte Hébreu dans le teins qui a coulé de-puis la ruine de Jérusalem sous Tite, jusques à la douziè-me année de l’Empereur Hadrien (3). II le prouve par laVersion d’Áqtiila , publiée l’an douze de cet Empereur, &assez conforme au texte Hébreu d’aujourd’hui. Or com-me cet Aquila , en passant du Christianisme au Judaïsme,se mit sous la discipline d’Akiba, il paroìt fort vraisembla-ble au Pere Pézron , qu’il faut imputer à ce Rabin cette al-tération de l’Ecriture. II est certain qu’Akiba étoit alors engrande eftitne parmi les suifs, t? fur tout parmi ceux de la Pa-lestine ; car il fut environ quarante ans le maître du Collegequ ils avoient d Jabné , ou à T yberiade , proche le lac de Ge-

nezareth (4). Il avoit beaucoup de disciples, pajfoit pour

le plus savant £ entre les Juifs , c? avoit tant de créance dansleur esprit , que ce fut lui qui déclara que Barcochebas étoit hMessie (5).

(C) Afin depóuvoir répondre a une objéâìion des Chrétiens. ]» Jamais les Chrétiens ne disputèrent contre les Juifs plus-, fortement qu’en ce tems-là„ , dit le même Auteur (ó);,, 8 c jamais aussi ils ne les combatirent plus efficacement.», Car ils ne faisoient que leur montrer d’un côté lesEvangi-„ les, 8 c de l’autre les ruines de Jérusalem, qui étoient de--, Vant leurs yeux, pour les convaincre que Jesus-Christ,-, qui avoit fi clairement prédit fa désolation , étoit le Pro-,, phete qúe Moïse avoit promis ..... Mais ils les pres--, soient vivement par leurs propres traditions, qui portoient», que le Christ se manifesterait après k cours d’environ six

„ mille ans, en leur montrant qué cé nombre d’années étoit

accompli. Cela les embarrassent étrangement ; 8 c c’est ( 7 )Tahnu< 3 ,„ fans doute la raison pourquoi il dit dans le Talmud , áeSynMrio,, qu’ Akib a, 8 c Sams ai, suppuraient les années (7), dont on y n °*„ tirait contr’eux de fi puissans argumens”. 11 est certain (8) Vide Jo„que les Juifs pouvoient répondre à l’objection des fix mille * Lent déans , si la Bible étoit telle que nous savons aujourd’hui; pscud ?’car il s’en faut bien quelle ne nous donne ce ftombre dan- ^ esl " s ’nées depuis Adam jusqu’à J. Christ, 9 ’

(D) Les Juifs lui donnent de grans éloges. ] Ils l’apelloient (9) Zacutus,Sethumtaah (8) , c'est-à-dire , l’authentique. II faudrait un Juchasin,volume tout entier, dit l’un d’eux (9) , si l’on vouloir par- 66 ' "t * 1ler dignement de lui. Son nom, dit un autre, a parcouru ent ’ í ’ <K ' IS *tout l’Univers, 8 c nous avons reçu de fa bouche toute la (io)Koníg,Loi orale: Hujus nomen (inquit AutorLibriZemachDavid) Biblioth. 6exiit ab uno extremo mundi ufque ad aliud, atque totam legem bi- 1 9 -oralem ex ejus ore accepimus (10).

(E) Et croient qu il leur a apris toute la Loi non écrite.'] Voiez d JfeníTde*le passage qu’on vient de citer, & le Livre que le Pere Paul 1*AntiquitéPézron a publié à Paris , l’an 1691 (11). On y trouve (iz), ■ d « Tems.que Rabbi Akiba , fils de Joseph , est le premier Compila-teur des Deuterofes , ou des traditions Judaïques , & le chef f I2 1 Fa I- ír -des Traditionaires ; qu’il ramassa les traditions qu’Hillel, Si- p a 6}meon , êc autres anciens Docteurs, avoient inventées ; ex Tzemachìqu’il y en ajoûta d’autres de son invention ; qu’elles eurent David,cours toutes ensemble jusqu’à là fin du V siécle, auquel bl- 9 S>-tems on y enjoignit d’autres, dont le Talmud fut compo- w ~ ..sé ; qu’Akiba (13) se servit du Rabin Meïr , le plus célébré \rfiendl%nede tous ses disciples , pour rédiger par écrit une partie de ces leRabbi Juda^traditions dont on a depuis composé la Mifne (14) ; qii’il fut A s- 9 U ’ **fessent du Patriarche (15) , & le maître d’Aquila, 8 c du Ra- ,a ; "ôqAt ubin José, qui est l’Auteur de la grande Chronique des Akiba rJuifs (16) ; qu’il devint chef des écoles Judaïques , la mê- mourm.K.ja-me année que Joseph acheva ses Antiquitez, qu’il occupa da princepscette place durant quarante ans ; qu’il est très-souvent cité n :' tuS estdans le Pirke-Elìezer ; 8 c qu’il souhaitoit la damnation éter- í[ le ?ïa, ot j ltnelle à tous ceux qui liraient les Ouvrages des Chrétiens. ’ ajunt

(F) Ses Préceptes de garderobbe. ] La Nation Judaïque sol exortusa été livrée à un tel esprit de puériles 8 c de chimériques cst & solobservances , que leurs plus graves Docteurs ont étendu le oc Ç idit ;Rituel jusques aux actions les plus machinales, comme est p'fE F p r ° n »celle d’aller au privé. Malheur à qui ne fait pas bien s’o- l’Antsouïtérienter ; car les quatre points cardinaux de l’horison ne des Temsfont pas également favorables. Je ne puis dire qu’en Latin M- 76. '

le reste de leurs ridicules superstitions. Hix'tt R. Akiba , in*gresius fum aliquandopost Ràbbi Jofuam in fedis secrets, locum , ( T 9) ftervá& tria ab eo dìdici. Didici 1 , quod non versus Orientem esc ^JuíftiissiOccidentem, fed versus Septèntrionemzy Austrum, convertere nos choisir un Pu -debeamus. Didici z , quod non in pedes erecïum, fed jam con - trUrche defidentem fe retegete liceat. Didici 3 , quod podex non dèxtrâ ímr Na, ‘ on -fed finiflrâ manu abstergenaus sit. Ad bac objecit ibi Ben Ha* ^s) &HieSsas ; ufque adeo veré perfricuisti frontem erga magistrum tuum ronymo inut cacantem obfervares í Refpondit ille , Legis h&c arcana funt Cap. VUlad qus difeenda id necejfario mihi agendum fuit (17). Voilà Dais.un merveilleux Docteur , qui, même fur fa chaise percée,expliquoit fans dire mot les mystères de la Loi.

(t)) Ex Barajítha iri Malfech.BêïachoS,/o/,'o Si ,apiid Leitt,pag. 10.

ALABASTER (Guíllatjmë) Théologien Anglois , naquit à Hâdìey, dans la Comtéde Suffolc. II fut un des Docteurs du College de la Trinité à Cambridge , & il'accompagna leComte d’Essex , en «qualité de Chapelain, à l'expédition de Cadis , sous le régné d’Elisabeth.On veut que les premières pensées de changer de Religion lui soient venues , pour s’etre laissééblouir à la pompe des Eglises de la Communion Romaine , & atl respect dont il lui sembla queles Prêtres y sont honorez ; & , qu’aiant paru chancelant, íl ait trouvé des personnes cjui ménage-ant ces dispositions , qui profitèrent de telle sorte des plaintes qu’il faisoit d’avoir ete peu avan-ee cn Angleterre, qu’il ne hésita plus à palier dans le Papisme, dès qu’il eut bien considéré qué

1 espérance d’un meilleur avancement ne seroit pas trop bien fondée, Qu°î fiu’il en soit, il s ag--

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