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íicurs l’allèrent baiser, & que d’autres s’empreíTérent à baiser fa robe. On élevoît son habiletéjusques au ciel: habileté, qui avoit fait, qu’encorc qu’il fût François, il avoit surpassé les Ita-liens, quelque fins qu’ils tussent (c). II savoir fort bien emploier les machines de la dévotion; car,un jour de session, il fit porter par des Prêtres dans l’assemblée toutes les Reliques qui fe purenttrouver à Baie, & les fit mettre à la place des Evêques absens. Cela produisit un tel effet, quelors qu’on vint, selon la coutume, à invoquer le St. Esprit, chacun fe mit à pleurer. II ne fit pasmoins pleurer les alsistans, lors qu’il officia le jour d’une autre session, & que la tête chauve toutenue, il distribua la communion à tous ceux qui fe présentèrent, leur donna à tous le baiser de paix,& les exhorta à communier dignement (d). II fut inflexible à tout, pendant la peste qui s’éle-va dans la ville : la mort d’une partie de ses domestiques, & les prières de personne, ne le purentobliger de sortir ; il aima mieux sauver le Concile, au péril de fa vie, par fa présence, que sauversa vie, au péril du Concile, par son absence (?). II étoit extrêmement laborieux,Sc fi sobre,qu’ily eut des Conclavistes, qui ne jurent souffrir, qu’en diminuant leur ordinaire, on leur représentâtí éxemple de ce Cardinal. La réponse, que fit là-deíTus un Polonois, vaut la peine d’être lue ( A).II ne faut pas demander si le Pape Eugene foudroia le Président d’un Concile où il avoit été dé-posé. II le priva de toutes ses dignitez, & le traita de fils de la gehenne (B). Cependant LouisAlamandus ne laissa pas de mourir en odeur de sainteté ( C ), & de faire tant de miracles après íàmort, qu’à la requête des Chanoines Sc des Célestins d’Avignon, Sc fur les instances du Cardinalde Clermont, Légat à ïatere de Clément VII, il fut béatifie par ce Pape, l’an isr./ (f). Ode-ric Raynaldus a prétendu qu’il íè repentit de tout ce qu’il avoit fait dans le Concile de Baie; maison ne sauroit donner nulle preuve de ce repentir (g ), ni contredire ce point dc fait, qu’un anavant sa mort (H), il fut un de ceux, qui, aú Concile de Lausanne, parlèrent du Concile de Baiecomme d’une assemblée sainte Sc sacrée (/)• H mourut à l’âge de 60 ans (k ), le 16 de Septem-b*i 4 s° ( 0 ‘ Les uns disent que ce fût en Savoie, à l’Abbaïe de Hautecombe, où les Moineslui bâtirent une Chapelle, Sc l’invoquèrent durant la célébration de la Meflè ( m )j les autres di-sent qu il mourut à Salon (n). Son corps est à Arles: la Bulle de Clement VII en permit latranslation des lieux humides Sc souterrains à tout autre plus commode dans la même Eglise. Jevoi des gens qui assurent, après Jaques Philippe de Bergame ( o ), que Louis Alamandus publiaplusieurs Opuscules dignes de lui; mais je ne voi personne, qui marque le titre de ces Opuscu-les , ni les Bibliothèques où ils font.
Les Jansénistes, qui ont critique Oderic Raynaldus, au sujet du prétendu repentir de notreLouis Aleman, fe font exposez eux-mêmes à la censure ( D).
répliqués, & les conséquences; qui naissent de là en faveurd’aulres erreurs.
( D) Les Jansénistes , qui ont critiqué Raynaldus .....fe font exposez eux-mêmes à la censures Ils allèguent d’abordles injures, dont ce Continuateur de Baronìus a chargé leCardinal d’Arles, 8c ils observent ensuite, qu'/V a esté con-traint d’avouer en deux divers endroits, l'an 142.6, n.%6,&l'an 1450, n. 20, que Dieu a fait reconoitre la sainteté de ceCardinal par des miracles fi visibles esc fi bien attestez, que Clé-ment VII ta mis au nombre des Bienheureux .(;). La
maniéré , dont cet Autheur fe tire de ce mauvais pas , conti-nuent-ils, est tout-a-fait horrible, „ 8c ne peut estre fondée„ que fur une maxime très-pernicieuse, qui est que des„ gens coupables de crimes publics puissent devenir Saints,„ 8c estre reconnus pour Saints par VEglise, fans qu’ils ayent„ donné aucun témoignage de fe repentir de leurs crimes;„ 8c que toutes choses.au contraire,fassent voir qu’ils y ont„ persévéré. Car si le Cardinal d'Arles a commis des cri-„ mes, 8c a deu estre estimé un très meschant homme, en„ faisant tout ce qu’il a fait dans le Concile de Basle,jamais„ homme n’a esté plus constant dans ses crimes ; puisque,„ lors même que les Peres du Concile de Basle, ou il pré-„ sidoit, fe réunirent à Nicolas V, ce ne fut point en re-„ connoissant en aucune forte qu’ils eussent mal-fait, ny„ de résister à Eugene, ny de le déposer, ny d’élire Amé-„ dée; mais ce fut au contraire, en protestant qu’ils n’a-„ voient rien tait que pour le bien de l’Eglife, & qu’ils ne„ s’unissoient a Nicolas V, qu’en relisant de nouveau,,, aprés la cession volontaire de Félix: 8c l’union fe fit,fans„ qu’on les obligeât à rien désavouer de tout ce qu’ils„ avoient fait; mais ce fut au contraire Nicolas V, qui„ confirma ce qui avoit esté fait à Basle. De forte que,„ si tout ce qu’a fait le Cardinal d’Arles dans ce Concile„ avoit esté criminel, jamais homme n’auroit témoigné,, plus d’opiniastreté dans le crime. D’où il s’enluit, que„ si cela n’a pas empesché qu’il ne devinst Saint, il faudroit„ dire que la persévérance dans les plus grands crimes n’em-„ pesche pas qu’on ne soit Saint, ce qui est horrible. Et,
„ cependant, c’est une suite nécessaire de ce discours de„ Raynaldus, l’an 1450, n. 20. Hoc anno, dit-il, Ludo-,, vìcum Alamandum Archiepiscopum Arelatenfem . . . vit ci» ct fstfst e tradunt , atque miraculis post mortem corufcajfe affir-„ rnant , eumque Clemens VII veluti Beatum coli permifit,, exarato diplomate Pontificio 9. Apr. an. 1527. Itaque ado -„ ranàa est divina mifericordia ,qu& exìguo temporis fluxu Lu-,, dovicum ipfum nefandi esc perniáofiffimi fchismatis auttorem,„ propagatorem bœrefeos , qui ex erroneâ confcientiâ innumera„ in Dei Ecclefiam mala invexerat , ac tot annorum curfu in,, pertinaciâ obfirmatus profanaverat Sacramentel , pœnitenter»„ ac reverfum in gremium Ecclefia ad fanéìitatis culmen brevi„ evexit. Si cet Autheur s’estoit contenté de dire que le„ grand zèle qu’avoit ce Saint homme pour la réformation •,, de l’Eglise l’avoit emporté à des actions trop violentes,,, quoy qu’il les fit par un bon motif, cela auroit esté fup-„ portable, & ne feroit pas si contraire aux témoignages„ que Dieu a rendus de fa sainteté. Mais de le faire pas-„ fer pour méchant homme, pour un Hérétique, & pour„ un Schismatique opiniastre, qui auroit profané les Sacre-„ mens pàr une infinité de sacriîeges, 8c vouloir qu’en suitte
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(A~) La repense .... d’un Polonois, vaut la peine ct êtrelue.] „ Quelle comparaison !,, , s’écria-t-il, lors qu’on luiproposa l’éxemple de Louis Alamandus. „ Vous me par-,, lez d’un François, sobre, qui n’a point de ventre, ou,„ pour mieux dire, qui n’est point homme: je puis voir à„ travers le rideau qui nous sépare tout ce qu’il fait; je ne„ l’ai jamais vu encore, ni manger, ni boire; il ne dort,,, ni nuit, ni jour; il lit perpétuellement, ou il négocie;„ il ne songe a rien moins qu’à son ventre : ce n’est point„ mon homme; je n'ai rien de commun avec de sembla-,, blés gens. „ 6j uos inter , ( ce font les paroles d’Enée Sil-vius au sujet de la nourriture de ceux qui étoient entrezdans le Conclave,) Cracovienfìs Archidiaconus diminutionem( cibariorum ) tulit. Cui cum aves ztr arietina carnes afferren-tur , fubstraâl* avicula funt , orante in porta famulo ut quodplus ejfet, id Domino dimitteretur ; fperabat namque ex artetepartem, ex avibus autem non fperabat : Dominus tamen avi-culam praoptajfet. Ideoque cum fpolium fenfit, utique conques-tus est publieeque teflatus , nunquam fe diem , postquam Sacer-dos fuit, tulijfe pejorem. Ac cum rogaretur ne admirationemhaberet, quoniam id obtigistet Cardinali (Arelatensi) ,,Proh!„ inquit, Cardinalem mihi aquiparas , hominem Gallicum ,„ parcum , ‘eventrem ,aut ut venus loquar, non hominem. Ego-, apud eum meo infortunio fum locatus, omnia qui facit pér-it lustris mihi cortina indicat , nec adhuc bibere eum , aut co-,, medere vidi; esx quod mihi molestius est, infomnes nobles in-„ fomnesque dies 4 ducit (quamquam nulla est apud nos dief) aut„ legit femper, aut negotiatur. Nulla eì minor quàm ventris„ est curamihi nihtl cum eo commune est ( 1 ). „ Voilàcomment font bâtis ceux qui dans les plus grandes afairesfont capables de surmonter les obstacles les plus forts. Celademande des gens laborieux , & détachés des plaisirs dessens, Lc intrépides. Donnons en Latin le témoignage dela fermeté de Louis Alamandus contre la crainte de la pes-te. Neque illum preces, neque domesticorum funera, fleíterepotuerunt, volentem potiùs cum viti periculo falvare Concilium,quàm cum periculo Concilii falvare vitam ; feiebat enim, quo-niam fe recedente pauci remanfijfent , facil'eque committi fraustn ejus abfentiâ potuijfet ( 2 ).
(B) On le traita de fils de la gehenne.] Dans une Bulle don-née à Florence , l’an 1442, on l’apelle iniquitatis filium, re-bellionum esc facinorum multorum reum, Sc l’on y dit que lesConciles de Ferrare,& de Florence,l’avoient condamné 8cdépouillé de toutes ses dignitez, à Ferrarienfi esc ElorentinoConciliisdamnatumescuniverjis dignìtatibus privatum fmjfe (3).
(C) Cependant il ne Idijfa pas de mourir en odeur de fain-tet f-] Cet éxemple, 8c celui de Pierre de Luxembourg,béatifié par la même Bulle de Clément VII (4), font unPeu embarrassans pour les Controversistes du parti Ro-ntain ; car enfin, si, selon leur prétention , tout hom-tue, qui n’est point uni au Pape, est hors de l’Eglise, com-ment se peut-il faire, que non seulement on fe soit sauvédans les deux Obédiences, mais qu’on y ait aussi mérité legrade de Saint ? La meilleure réponse qu’on puisse faire estq e dire, que la distinction du vrai Pape 8c du faux Papectant au dessus des forces des particuliers, 8c une purequeítiou de fait, Terreur étoit invincible , 8c, par consé-quent, ne devoit point préjudicier à ceux qui étoient dansla bonne foi, quant à la question de droit. Mais, gare les
(i) Sítcri Bd-
fileenfîs Con-cilii. Diplo-ma ConciliïLaufanen-íïs , nplidRaynaldxAnnal. Ec-cletiast. ai..A'.in. 144 p.
( r) Voi ct. uBalle de Clé-ment Vil,dans Laun.lipistolar.pag, 79 , S o,
(l) Ex ejusEpitapino.
(m) PetrusMonodusin AmedeoPacific»,
Cap. 86. ( ilsalait dire76 ; ) apudLaun. Epist.pag. 81.
(n) Morerî.
(5) JacobusPhiìippusBergom.Chronicor,L,bt. X K,
(s) Remar-ques fur lcXVIII To-me des An-nales Ecclé-siastiques,pag. 213. CesRemarquesfont impri-mées avec unRecueil dediverses Pie-ces pour ladéfense desCensures dcla Facultéde Théolo-gie de Paris,contre unBref & uneBulle d’A-lexandreVII. Je mefers de C Edi-tion de Genève( on a mis aitTitre , àMunsterchez Ber-nard Raes-feld, ) en1667, in t.