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Tome premier. A - B.
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(i) Volez. UJ Volumedes Annalesde Bzovius.

(16) Naudé,Apologiedes grandsHommes,I“g. ii*-

st-) Li.-rr.t-me , x--z. }2j),

5 i°-

(1 8) Lâ-mí-me,pag. $JI,332 . 11 citeïereg. A«.211, DécodaCap» II,

Qu. m.

(19) Li-me-me .t’ a í-S39.s54 °-

(*) Libr. /Tari arum'Spist. XLV.

(îo)Theoph.RaynaudiHoplotb.Sett. U,

Serm. J.

Cap. XIV,}‘g. I 4 S-

tN III

Contra

Gent.

Cap. CI V.

I3 o A L B E R T.

comme il savoit les Mathématiques, il avoit fait une tête, dont les ressorts pouvoient former quel-ques voix articulées ; mais quelle sottise n’est-ce pas que de fonder là-dessus une accusation deMagie? Quelques -uns prétendent qu’il y a un grand miracle qui a parlé pour fa justification (G).Quoi qu’il fût aussi capable qu’un autre d’inventer l’artillerie, on a lieu de croire que ceux, qui luien attribuent l’invention, sc trompent {H). On raconte (r/),que naturellement il avoit l’efprit fortgrossier, & tellement incapable d’instruction, qu’il étoit fur le point de sortir du Cloître, parcequ’il descfpéroit d’aprendre ce que son habit de Moine demandoit de lui; mais que la Ste. Viergeluiaparut, 6c lui demanda en quoi il aimoit mieux exceller, ou dans la Philosophie, ou dans laThéologie; qu’il choisit la Philosophie; que la Ste. Vierge l’aslura qu’il y devíendroit incompa-rable; 6c qu’en punition de n’avoir point choisi la Théologie, il retomberont avant fa mort dansfa prémiere stupidité. On ajoute, qu’après cette aparition, il eut infiniment de l’esprit, 6c qu’ilprofita dans toutes les Sciences, avec une promtitude qui étonna tous les Maîtres; mais, que troisans avant fa mort, il oublia tout-d’un-coup ce qu’il savoit: 6c qu’étant demeuré court, en faisantune Leçon de Théologie à Cologne, 6c aiant tâché en vain de rapeler ses idées, il comprit quec’étoit la l’accomplissement de la prédiction. On a donc dit, que par des voies miraculeuses, ilavoit été métamorphosé d’âne en Philosophe, 8c puis de Philosophe en âne. IlTeroit très-inutileque je remarquasse que ce sont des fables : ceux qui m’en croiroient n’ont pas besoin de mes avis,6 c en feroient ce jugement fans les attendre; 6c, quant à ceux qui en jugent autrement, ils ne chan-geroient pas d’opinion en lisant ici que je ne fuis pas de leur goût. Nôtre Albert étoit fort pe-tit (/). II mourut à Cologne, le iy de Novembre 12.80, âgé ou de 87 ans, ou de 77. II a

écrit

mandement de Jean Iï, Roi de Castille. Virgile, íe Pa-pe Silvestre, Robert de Lincolne, 8c Roger Baccon, onteu de semblables têtes , si l’on en croît certains Ecri-vains (16). Albert le Grand a été jugé plus habile ; caron prétend qu’il avoit composé un homme entier de cette sorte ,ayant travaillé 30 ans fans difeontinuation k le forger sous di-vers afpeíls ex constellations, les yeux par exemple .... lorsque le soleil estait au figne de Zodiaque correspondant à une tellepartie, lesquels ilfondoit de métaux mestangés ensemble,w mar-qués des caractères des mesmes fignes ex planètes e* de leursaspects divers ex nécessaires : ex ainst la teste , le col, les efpau-les,les cuisses, ex les jambes, façonnez, en divers temps, ex mon-tez. LZ reliés ensemble en forme d’homme, avoient cette industriede révéler audit Albert la solution de toutes ses principales diffi-cultez, (if. C’est ce qu’on apclle l’Andíoïde d’Albert leGrand. Elle fut brisée, dit-on, par Thomas d’Aquin,qui ne put suporter avèc patience son trop grand caquet.Henri de Ajsta ct 1 Barthelemt Sibille ajfeurent qu'elle étoit com-posée de chair ex d’os; mais par art, non par nature : ce quetoutefois estant jugé impojstble par les Autheurs modernes, ex Ittvertu des images,anneaux, ex cachets planétaires estant en gran-de vogue, l'on a tous jour s creu depuis .... que telles figuresavoient esté faites de cuivre, ou de quelque autre métail, fur le-quel on avoit travaillé avec la faveur du ciel ex des planè-tes (18). C’est sur ce pied-là que Naudé réfute les accusa-teurs d’Albert; c’est-à-dire, qu’il supose que la prétendueAnéroïde étoit composée de métal. II montre par de très-fortes raisons, qu’elle ne pouvoir, ni entendre, ni parler,ni servir d’instrument au Diable pour la parole; Sc que flle Diable avoit parlé dans cette machine, il J’auroit faitlans le concours des organes métalliques qui la composoient.II n’auroit donc pas été nécestaire d’emploier tant de temsSc tant de cérémonies pour forger cette machine : une bou-teille , ou une trompette, n’auroient pas été moins propresà foudre toutes les difficultcz d’Albert le Grand. Enfin,Naudé remarque, que ceux qui parlent de cette Anéroïden’aportent aucune preuve du tait. Tortat, avec tout sonesprit Sc toute sa science, ne laisiòit pas d’être fort crédu-le; ainsi son autorité n’étabht rien. Si l’on veut soutenirqu’une tradition répandue comme celle-là doit avoir quel-que fondement, Naudé en donne un fort plausible (19);c’est qu’Albert le Grand peut avoir eu dans son cabinet unetête, ou une statue d’homme, semblable à ces machinesde Boece, dont Casiiodore a dit (*) : Metalla mugiunt,Diomedis in are grues buccinant, aneus anguis ìnstbilat, aves si-mulât a fritinniunt, ex qua propriam voctm nefciunt ab are dul-ceàìnem probantur emittere cantilena.

(G) Un grand miracle ...a parlé pour fa justification .] Se-lon le Pere Théophile Raynaud, les acculàteurs d'Âlbertdisent, qu’un jour des Rois, il traita Guillaume Comte deHollande, ôc Roi des Romains , qui pastbit par la villede Cologne ; Sc que, pour rendre remarquable son repas,il changea l’hivcr en un été plein de fleurs 8c de fruits. Hor-ridam hyememin florigeram frudiferamque astatem vertit, utferibit Trithemius m Chron. Spanh. anno IZ54 (10). Tri thé-ine le raporte en effet. On ajoute à cela la tête parlante,le Livre de Mirabúibus, 8c celui de Secretis Mulierum. LePere Théophile ne s amuse point à oposer à ces sortesd’accufations les éloges que plusieurs Historiens donnent àla vertu de l’accusé. II recourt au témoignage que Dieului-même a rendu à la sainteté d’Albert par diverses opé-rations miraculeuses, Sc en préservant de toute corruptionson cadavre, jusques à aujourdhui: Teftimonium quod ejusfanílitati Deus perhibuit,patratis in ejus gratiam miris plerifqueoperibus, ex ipfius Alberti corpore ad hune ufque diem k tabe exputrefaêlione exempte. Cet Apologiste ajoute que la méta-morphose de l’hiver en été, 8c la tête parlante, sont deuxgrans mensonges, 8c que les deux Livres en question ontété faussement attribuez à Albert le Grand; 8e que St. Tho-mas n’avoue point (|) qu’il ait autrefois brisé chez sonmaître cette tête parlante. Hyems in veris amoenitatem ver-sa,ex caput anettm articulait loquens,ad Deum Fabulinum smt

aìîeganda tanquarii ccnfiSla ex falso jattata de tanto vira......

Libri autem Magici qui Alberto ajstngebantur sunt suppofiti-tii (11). Voiez ce que ce Jésuite raporte de quelques ma-chines, qui rendent des sons très-harmonieux. II veut bienqu’Albett ait eu une tête si artistement composée, que l’airque l’on y souftloit y ait pu prendre les modifications re-quises pour former la voix humaine. Quant à l’éxemptionde pourriture, voici ce que j’en ai lu dans Thévet. „Nostre,, Albert, âpres avoir vécu 87 ans, mourut l’an de notre„ salut iz8o, à Cologne, où il s’estoit retiré pour estu-,, dier ; 8c là, au milieu du Chœur du Couvent des Jaco-» bins, son corps est enterré, 8c ses entrailles furent por-,, tées à Ratisbonne, lequel, du tems de l’Empereur Char-„ les le Quint, estoit encore entier, 8c fut déterré par son„ commandement, 8c âpres remis en son prémier monu-,, ment (22).” Le Jésuite Radérus a tait quelques VersLatins fur lmcorruption de ce corps (z 3). Ils finissent ainsi :

Qrj-rW

RaynaudiHophlotépeg. 1 S°-

(22) The-vet, HistoifC

des Hom-mes illus-tres, Tarn. IUpag. 87.

(23) Bull aï*

tes raporte,

Académie

des Sciene.Tom. II,pag. 14S.

lllitts (Z4) doclas mirentur facula chartas ,

Miror ego falvas poft tria facla manus.

Mr. Moréri, au lieu de trois cens ans, n’en met que deuxcens. Ce n’est, ni fa coutume, ni son génie, d’amoindrirles choses cette nature.

(H) Ceux, qui lui attribuent ïinvention de l’artillerie, fetrompent .] „ Jean Matthieu de Luna (J), qui vivoit il y-> a P lus de six-vingts ans (z;), soustient, contre l’opinion” Ï 2 utesfois de Polydore, Magius, Mayer, Pancirole,„ rlurence Rivault, Bezoldus, & tous les Autheurs qui„ ont escrit de 1 invention des ballons à feu, que ce fut„ Albert le Grand, qui trouva le prémier l’usage du gros„ canon , de l’arquebuse, 8c du pistolet ( zó ) ; fans néan-ts moins que j’aye remarqué dans tous ces Autheurs au-,, cune chose qui peust approcher de cette opinion, linon

que telles machines furent mises en pratique de son tems,„ 8c par un Moine Allemand, qu’ils nomment Berthold>> Schuuartz, ou par un Chymiste, lequel , au jugement,, de Cornazanus, Autheur assez ancien, demeuroit en la„ ville de Cologne, en laquelle il est certain qu’Albert le„ Grand demeura tousjours depuis qu’il eut pris l’habit de,. Jacobin.” Voilà comment Naudé réfute son Jean Mat-thieu de Luna. La derniere chose qu’il affirme est fausse;car ceux qui ont fait l’Histoire d’Albert le Grand disentqu’il entra dans l’Ordre de St. Dominique l’an rzzz ; qu’a-près que ses Supérieurs l’eurent envoié à Cologne, poury enseigner la Théologie 8c la Philosophie, 8c qu’il se futaquitté de cet emploi avec l’étonnement de ses auditeurs,il alla se faire admirer à Hildesheim, à Fribourg, à Ratis-bonne , 8c à Strasbourg ; qu’il retourna à Cologne, l’an1140; qu il y eut, entre auttes disciples, Thomas d’Aquin,auquel il laiíla ià Chaire, lors qu’il s’en alla professer dansla ville de Paris; qu’après avoir enseigné trois ans dans Pa-ns , il retourna à Cologne ; qu’il fut fait Provincial de sonOrdre, Pan 12.54; qu’il fit les visites des Provinces à pied;qu’il alla à Rome, par ordre d’Alexandre IV; qu’il y éxer-ça la charge de Maître du sacré Palais ; qu’il y fit des Le-çons en Théologie; qu’il retourna en Allemagne, l’an rz6o;qu’il y sot élu Evêque de Ratisbonne; qu’au bout de 3 ans,il obtint la permission de quitter son Evêché; qu’il retour-na dans sa cellule de Cologne; que le Pape lui commandapeu après daller prêcher la Croisade par toute l’Allemagne8c la Bohême; qu’en 12.74, il assista au Concile de Lion;qu’il y eut le caractère d’Ambassadeur de l’Empereur; 8cqu’enfin il retourna à Cologne (27). Comment se peut-ilfaire que Naudé, qui avoit tant lu, ignorât toutes cescourses d'Albert le Grand ?

(i) Nôtre Albert étoit fort petits] ,, Quelques-uns écri-» vent, que baisant les pieds de fa Sainteté, quand il fut„ arrivé à Rome, le Pape lui commanda de se lever,le„ croyant encore à genoux , quoi qu’il fût dessus ses-, pieds (z8).” On conte la même chose de quelques au-tres personnes. Voiez la Remarque (if) de P Article de

JEAÍJ

(24) C’‘st"

«stAiistote»

n j Librede Reriin*InventoriéCap. J t Ilefolio 10 .

(2S) (Test,Naudé q** .parìe-, paf.- 5 1 *de /’Ap olo* -gie desgrandsHommes»imprime^ *Paris , f**1625, itt ?

(26) Mo;téri, diude cela, mparle qt# &la Poudre àcanon, deNaudé

(27) r#*LuIIarr»,Académiedes Lcieac.Tom. H*pag. 146-ir s» tv -

(28)

merpoí-'*