ALBERT. ALBRET. ALBUNEA. ALBUTIUS. rzr
écrit un si prodigieux nombre de Livres, qu’ils montent à 21 volumes in folio dans l’Edition deLion, en id/i. Un Jacobin de Grenoble, nommé Pierre Jammy, l’a procurée.
On (e) m’a communiqué deux ou trois particularité/, que l’on verra ci-dessous ( K).
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Jean André': & souvenez-vous de ta distinction desLogiciens entre quantitas molis, tk quantitas virtutis. Lepetit Albert le Grand y fait penser (2.9).
(K) On verra ci-dejfous quelques particularisez,.'] „ Le Livre„ de Secretis Mulierum, attribué mal à propos à Albert len Grand, est l’Ouvrage d’un de ses disciples nommé Hen-„ ricus de Saxonia, fous le nom duquel il a été imprimé„ plus d’une fois. Voici les termes deSimler: Henrici de„ Saxonia ,Alberti Magni discipulì, liber de secretis mulierum,,, imprejfus Augufta anno D. 1498 , per Arttonium Sorg (30).„ Et, dans le Catalogue de Mr. de Thou, vous trouve-
,, rez, Henrici de Saxonia de secretis mulierum , de virtutibus,, herbarum, lapidum, quorundam animal'mm, aliorumque ;„ in 12. Franco/. 1615 (31). II est visible que le nom d A!-,, bert, plus fameux que celui de Henri, a donné lieu à la
,, fuposition.Jean Pic de la Mirande dit qu’Al-
,, bert le Grand condamna dans un âge plus mûr les Livres
„ de Magie qu’il avoir composez étant jeune.
,, Androïde n’est point le mot dont on ié sert, quand on„ parle de l’homme artificiel d’Albert le Grand. C’est un,, inot absolument inconnu, & purement de l’invention de„ Naudé, qui l’a emploié hardiment comme établi.”
ALBRET, famille. Elle a été pendant quelques siécles l’une des plus illustres de France,par les grans hommes qu’elle a produits, dont le mérite a brillé dans les dignité/ les plus éminen-tes du Roiaume. Tout le monde lait qu’elle a possédé la Navarre & le Bearn. Mr. Moréri parleau long dç cette famille : j’y renvoie mes lecteurs, 6í je n’éxamine pas même si tout ce qu’il en adit est correct. Je remarquerai seulement une chose qu’il ne dit pas: c’est qu’il nc reste plus demâle de cette grande Maison, depuis que le Marquis d’Albrct (a) fut tué en Picardie, dans lamaiíon du Marquis de Buísi-Lamet. 11 avoit époûfé la fille unique du Maréchal d’Albret son on-cle, l’an 1662 ; mais il ne vint nuls enfans de ce mariage. Aparemment, le Maréchal consultaplus les intérêts de se Maison, que l’inclination du cousin 6c de la cousine; car on dit qu’il n’yeut guere de bonne intelligence entre le mari 6c la femme. Elle s’est remariée avec le Comte deMarsan, l’un des fils du Comte d’Harcourt. Le Marquis d’Albret, son prémier mari, étoit enétat d’arriver aux prémieres charges de la guerre. II étoit déja Maréchal de Camp, & il devoitachever la Campagne de 1678, sous le Maréchal de Schomberg, qui tut envoie fur les frontiè-res de Champagne, au commencement du mois d’Août. Pendant que son Camp volant s’apro-choit de Charleville, le Marquis d’Albret lui demanda congé pour quelques jours. On n’a pointdouté que ce ne fût pour une affaire de galanterie. Quoi qu’il en soit, il fut tué chez le Gentil-homme ci-dessus nommé, qui se tira fort bien d’affaire, en justifiant son alibi (b). Voilà le litd’honneur où périt le seul rejetton qui restât de tant de Héros. Sa famille avoit mérité de finirdans une occasion plus glorieuse. Le Maréchal d’Albret étoit mort Gouverneur de Guienne,deux ans auparavant. II avoit obtenu, en i< 5 f 3, le Bâton de Maréchal de France: ceux qui ontdit qu’il le mérita, pour s’être assûré de la personne du Prince de Condé, ne lavent pas bien lachose. Ce ne fut point lui qui l’arrêta, ( ce fut Mr. de Guitaud (c):) il ne fit que conduire lesPrinces au Bois de Vincennes. II commandoit alors les Gendarmes de la garde. II avoit apris enHollande le métier de la guerre, & s’apelloit le Comte de Miossens. C’est sous ce nom là, qu’ilreçoit beaucoup d’éloges, dans un Ecrit de Mr. de St. Evremont (d). II fut fait Chevalier desOrdres du Roi, le i de Janvier 1662, 6c Gouverneur de Guienne, au mois de Novembre 1670.II avoit épousé, en 164/, Magdcleine de Guénegaud, fille puînée de Gabriel de Guénégaud,Trésorier de l’Epargne ( e ). II a été l’un des Héros de Scarron : cela paroît clairement dans lesOuvrages de cet Ecrivain.
ALBUNEA, lieu célébré, proche de Tibur (a) } en Italie. Voiez la derniere Remarquede l’Article Tibur.
ALBUTIUS SILUS (Gai us) Orateur célébré du tems d’Auguste, étoit nâtif deNovare , & il s’y étoit avancé jusques à la charge d’Edile; mais il en sortit à cause d’une insultequi lui fut faite par des gens qui avoient perdu leur procès. C’étoit lui qui avoit été leur Juge,& qui leur prononçoit la sentence: dans ce même tems, ils le renversèrent de son Tribunal, enle tirant par les pieds. Cet affront l’obligea à sortir tout auífi-tôt de íà patrie, & à s’en aller àRome, où il s’associa avec l’Orateur Munacius Plancus. L’émulation les aiant brouillés, il dreíîâun auditoire à part ; 6c enfin il se hasarda à plaider des causes. II lui arriva quelques disgrâcesdans le Barreau ( A ), qui l’obligérent à y renoncer. Etant vieux 6c incommodé d’un abfccs, ils’en retourna à Novare, où aiant convoqué le peuple, il représenta dans une longue Harangue lesraisons qui l’empêchoient de vouloir vivre, 6c se laiíîà mourir de faim (a). Seneque le pere, quil’avoit ouï quelquefois, parle de lui amplement, 6c raporte plusieurs extraits de ses Harangues (b).II lui donne l’éloge de n’avoir pu, ni souffrir, ni faire une injure; 6c il apelle cela une grande pro-bité , Homo sumrna probitatis , qui nec facere injuriam , ne c patì feiret. Seneque le Philosophe auroitwieux défini la nature de la probité. Albutius compose une Rhétorique , comme il est aise de lerecueillir d’un passage de Quintilien (c).
{A) ll lut arriva quelques disgrâces dans le Barreau.] II croioitun jour ne pousser qu’un beau lieu commun,en disant à sonadverse partie , Jurez par les cendres cr par la mémoire devotre pere, er vous gagnerez vôtre cause. Après qu’il eut en-luminé & actionné cette pensée le mieux qu’il put, I’Avo-ca Lqui lui étoit oposé,se mit à dire , Nous acceptons la con-dition. Albutius répliqua, qu’il n’avoit point offert ce parti,
Su’il n’avoit dit cela que comme une figure de Rhétorique,
& que l’on baniroit les figures, si l’on prenoit ainsi les cho-ies au pied de la lettre. L’autre Avocat répliqua, qu’onPouvoit vivre fans ces figures, &c quelles n’avoient qu’à
périr si elles vouloient. Les Juges donnèrent lieu au ser-ment; & ainsi, Albutius perdit sa cause, pour s’être amuséà de faux brillans de déclamation. II en eut tant de dépit,qu’il renonça au métier (1). Voici ce qu’en dit Suetone.Cum in lite quâdam centumvirali ab adversario, quem ut im-pium erga parentes inceffebat,jusjurandum quasi per figuram suobtulijset: „Juraperpatris matrisque cineres qui inconditi j a centç? alia in hune modum , arripìente eo conditioner.n, nec ]udicìbusaspernantibus , non fine magna fui invidiâ negotiumapflixit (z).Depuis ce tems-là,les Maîtres recommandèrent a leurs Ele-vés de ne se point servir de ces figures mal a propos (3),
ALBUTIUS (Titus) Philosophe de la secte d’Epicure , alla de Rome à Athènes, dès sepremiere jeunesse, 6c prit un tel goût aux maniérés Greques, qu’il aimoit mieux passer pourHOM. /. R r Grec,
1
(e) Mr. delaMonnoie
Bìbliorh.Gesneri.pag. 332.
(3 >) ^4 la
page 756de la II Par*tie dt* CataJLBibliotJnThuan.
(j) Il s*ape!*loît CharlesAraanjeud’Albrct.
{b} Voiez. ULettre CXXde Bulïi-Rabutin,
I Partie ,
262,Ed:, ion deHollande*
(c) Voiez,BenjaminusPriolus,
de RébusGallicis»Libr V\
Cap. JIl .
(d) Voiez,ies Oeuvresdiverses deSt. Evrc-moue,
Tom. //,
?*&• 7 i, 77 >
Edition dtHollande ,en i6§z.
( e ) Voiez UP AnselmeTom . IX y285 .
(a) \s 4 ujotir~ddlmi Tivoli *
(n) Suetomde ClarisKhetorib.Cap . VI.
(b) Seneca,PrxfationeLibri IIIControv.dr alibipajjìm.
(cj xAlbwtittSínon objeurusProfcjsoratcjue ^ApttOYys.ieniiam benèdicendi cjsecònjenti:{'Hjteiori- .cam.) Quin-til. inítit.Libr. If,
Cap. K
(t) Seneca,
PrxsdtioneLibri lllControv.
(r) Sueton.de ClarisRhetorib.Cap. VI.
(3) Quintïl,Libr. IX,Cap. II.