(a) Cicero inUruto , st p.26 ir 35 .
(í>) idem,Libr. I deFinib. Cap. 3 .
(c) Idem ,Libr. 1 deNaturâDeo-rum, Cap. 33.
(d) Idem , inBrnto, Cap.26 dr 3 j.
fi) Cicerode Finib.Libr. i,Cap. z.
fr) Corra-dus in Bru-tum Cicer.pag. 189,veut que Concorrige ainsi.D’auirei Cri-tiques font dttmime senti-ment. Voies,le Cicéronde Mr. Gro-Jiovius.
(3) Dacierfur Horace,Satir. II,
Livr. U,pag. 121Edition doHollande.
(4) Corrad.in BmtumCiceronis,pag. 189.
(s) Cicerode Provinc.Consulat.
d. I.
(6) Proust,Commenta-ïto in ufnmDelpbini , inCiceronemde ClarisOratorib.
(7) Cicero inïruto > d. 1.
fr) Corrad.in BruturaCiccronis,pag. 189.Pouza inImcilium,pag. 99.
f9) Cicero,ì)ivinationein Verrem,ÇV- -s,
I 3 i A L B U T I U S.
Grec , que pour Romain (a) > ce qui donna lieu à une plaisanterie de Scevola ( 4) , laquelle Luci-
lius tourna fort malignement dans l’une de ses Satires, comme nous l’aprenons de cnceron (b).
Nous aprenons de ce même Auteur, I , qu’Albut.us étoit un Epicurien paffi nne (c) , & qu’il
auroit été meilleur Orateur , s’il avoit eu moins d’attachement à la secte d’Epxcure (d). II, qu’il ^ lM ‘
entendoit bien l’érudition Greque ( e) , & qu’il avoit publié quelques Harangues (/). III , qu’il f?)avoit été dans les charges de la République ; qu’il avoit gouverné la Sardaigne en qualité de coEíf"Pro-Préteur (g . ; & qu’il n’obtint point du Sénat 1a procession ( B ) qu ii avoit demandé çap.i,'brqu’on fit en action de grâces aux Dieux pour les exploits ; qu’il lut accuse de concussion (C ), jg. em ’& bani (D) -, &í qu’il s’en alla philosopher à Athènes (h). La plaisanterie de Sc - vola fut une iceioisemence d’inimitie entre eux deux ( £). Les Dictionaires ne font pas ici exemts de fàu- TufasiT.’
tes Ca P' ì7 ’
(A) Son goût pour les maniérés Greques donna lte% à. uneplaisanterie de Scevola.] Elle coníistoit en ce que , quand ilrecevoìt visite d’Albutius à Athènes, il le làluoit en Grec,8c le faiíbit saluer en la même langue par tout son monde.On ne peut sentir le ridicule qu’il y avoit là dedans, si l'onne songe à faction même. Voici comment Cicéron s’ex-prime : Res ver o bonus verbis eleílis graviter ornatique dila-tas quis non légat , riifi qui se plant Grtcum dici velit , ut àScavola est Prator falutatus Atbenis Albutius , quem quidemlocum cum multa venustate etr omni sale idem Lucilius , apudquem praclare Scavola ,
Gracum te , Albuti , quam Romanum atque Sabinum
Municipem Ponti , Titiì , Annì , Centurionum
Praclarorum hominum ac primorum figniferumque ,
Maluisti dici. Grâce ergo Prator Atbenis ,
Id quod maluisti , te , cum ad me accéds saluto :
Xccïçe , inquam , Tite : liHores , turma omni’, cohorsque,
Xttiçt. Hinc hostis Muti Albutius , bine inimicus (i).
Voilà Cicéron , qui dit positivement qu’Albutius étoit alorsPréteur à Athènes ; &, néanmoins, les Vers de Lucilius té-moignent qu'Albutius , faisant des visites à Scevola > étoitsalué en Grec, 8c avec des airs moqueurs, qui le piquèrent,8c qui le rendirent ennemi de Scevola. N’eít-il pas claircomme le jour, que selon Lucilius, c’étoit Scevola , 8cnon pas Albutius, qui éxerçoit la Préture ? Si Albutius eûtété Préteur, il eût reçu 8c non pas fait les visites ; &, s’ilen eût fait, on n’auroit pas osé les recevoir avec des plai-santeries piquantes. Je m’étonne donc, ou que Cicéronait donné la Préture à Albutius ; ou que s’il l’a donnée àScevola , comme il est très-aparent, on n'ait pas corrigé lafaute qui s’est glissée dans les Editions. II faudroit lire , utà. Scavola est Pratore falutatus Atbenis Albutius (2) , 8c nonpas, ut à Scavola est Prator falutatus Atbenis Albutius. Mr.Dacier cite ces Vers de Lucilius, & les traduit de telle fortequ’il déclare que Scevola étoit Préteur à Athènes , lors qu’ilse moquoit d’Albutius , qui lui alloit faire fa cour (3).Corradus estime qu’Albutius étudioit à Athènes, 8c queScevola y passa , en fusant le volage de Rhodes, dont il estparlé dans le prémier Livre de l’Orateur (4).
(B) Il ri obtint point du Sénat la procession être. ] Cicéronparle de cela , asin d’ôter aux amis de Gabinius 8c de Pilonla consolation qu’ils en tiroient. II leur fait voir que leschoses n’étoient point pareilles : Hac confolatione utunturetiain T. Albutio fupplicationem hune ordinem denegajse , quodest primum dijfimtle : res in Sardinia cum mafirucatis latrun-culis à Propratore , una cohorte auxiliaria gesta , cr hélium cummaximis Syria gentibus ac tyrannis confulari exercitu imperio-que confetlum. Deinde Albutius , quod d Senatu pet ébat , ipfeJìbi in Sardinia ante decreverat : confiabat enim , Gracum ho-minem ac levem in ipfa provincia quasi triumphaste. Itaquebanc ejus temeritatem Sénatus fupplicatione denegatâ nota-vit (5). On croit qu’Albutius commandoit dans la Sardai-gne l’an 649 de Rome (6).
(C) ll fut accusé de concujfion. ] On n’en peut douter ,après avoir lu ces paroles : Mutius autem Augur , quod prose opus erat , ipfe dicebat , ut de pecuniis repetundis contra T.Albutium. 1 s or a forum in numéro non fuit , suris cìvilis in-telligentia , atque omni prudentia générépraftitit (7). II n’estpas si certain que Mutius Scevola ait été l’accusateur ; j’ai-merois mieux dire, qu’il se trouva seulement mêlé dans cet-te cause , 8c obligé d’édaircir ou de soutenir quelque chosequi le concemoit, 8c qui alloit à la charge de l’accusé. IIavoit asset d'éloquence pour un coup de cette nature ;mais, d’ailleurs, il n’étoit point Orateur : c’est ce que nouslisons clairement dans les paroles que j’ai citées. QuelquesCritiques y aiment mieux cette leçon ; Mutius autem Au-gur, quod opus erat, per fe ipfe dicebat (8) : peu m'importe :car , cn lisant ainsi , on ne laisse pas d’avoir lieu de conjec-turer que Scevola ne fit qu’intervenir dans cette cause , 8cparler sur quelque incident. Cette conjecture , dont je par-lerai encore dans la Remarque (E) , fe confirme puissam-ment par une raison que Cicéron allégua contre celui quilui disputoit la charge d’accuser Verres. II dit que CaïusJulius > aiant une semblable dispute contre Cneïus Pompée,dans Tassaire d’Albutius, fe servit de deux moiens : l’un ,que ce Pompée avoit été le Questeur d Albutius ; l'autre ,que les habitans de Sardaigne 1 avoient prié d accuser Albu-tius (9). H fut jugé que Pompée ne seroit point l’accusa-teur. On peut donc conclure que cette fonction demeuraà Caïus Julius. Le Lecteur, qui ne le savoir pas, aprendraici , cn chemin faisant, qu’on n’arrouvoit point à Romequ’un Magistrat supérieur fût accusé par son subalterne. Ne-que sert unquam vrenit in contentions» de accusando qui Sjuas-
tor fuiffet, quin repudiaretur. Itaque , neque L. Phìlonì in C.Serviltum nomirits deferendi potejias est data , neque M. AurelioScauro in L. Vlaccum , neque Cn. Pompejo in T. Albutium :quorum nemo propter indignitatem repudtatus est , fed ne libidoviolanda necefsttuàinis autoritate Judi.um comprobaretur (10).Apulée vient troubler ce que j’ai tâché d’établir ; car ildit dans fa seconde Apologie , que C. Mutius accusa A. Al-butius. Mais il est facile de répondre à cette objection;puis que d’un côté les personnes dont parle Apulée ne s’a-pellent point comme celles dont il s’agit ici, 8c que de I au-tre on ne sauroit apliquer au Scevola dont il est ici questionce qu’Apulée remarque de son C. Mutius. II est certainque notre Albutius s’apelloit Titus , ëc non pas Aulus ; 8cque notre Scevola se nommoit Quintus Mucius : 8c, com-me il étoit Augure , on le délignoit souvent par cette char-ge , Quintus Mucius Scavola Augur. L’accusateur , dontparle Apulée , étoit un jeune homme, qui faisoit son coupd’essai, pour se mettre au monde , pour se faire conoîtredans le Barreau : Neque autem gloria causa me accusât ut M.
Antonius Cn. Carbonem , C. Mutius A. Albutium .
quippe hommes eruditijfmi , juvenes laudis gratiâ primum hocrudimsntum forensts opéra Jubibant > ut aliquo instgni judiciocivibus fuis nofeerentur, qui mos incipìentìbus adolefcentibus adilluftranâum ingénu fiorem apud antiquos concejfus , diu exole-vit (n). C’est ce qui ne convient point à notre MutiusScevola; il fut Consul l’an 636 de Rome (12) : il étoitvieux, quand Cicéron n’avoit que 18 ans; c’est-à-dire, l’ande Rome 663 : 8c Albutius ne fut accusé qu’après son re-tour de Sardaigne , où il étoit Pro-Préteur en Tannée 649.Voiez la Remarque suivante. Peut-être que les Copistesd’Apulée ont peu à-peu, en passant de faute en faute, con-verti C. Julius , cn C. Mutius. II est certain que C. Juliusa été l’accusateur d’Albutius ; 8c si Apulée l’avoit nommé,il seroit à> cet égard dans l’éxactitude ; mais on ne sauroitle justifier , en ce qu’il avance que tous les accusateurs ,qu’il a nommez , étoient de jeunes avanturiers, qui cher-choient à signaler par quelque cause célébré leur avènementau monde. II emprunte de Cicéron tous ces éxemples ,comme l’illustre Mr. Grsevius l’a judicieusement remar-qué (13), pourquoi donc les réduit-il tous à une espece,puis que Cicéron en a fait diverses classes (14) ? N’est-cepoint à cause qu ils ne lui eussent de rien servi, s’ils eus-sent été divisés ? Voilà une cause très-féconde de la falsifi-cation des faits. Quand on ne les trouve pas tels qu’on lessouhaite, on leur donne, en les alléguant, le pli 8c l’entorsedont on a besoin.
(£>) Il fut bani.] Nous ne trouvons point cela aux mêmesendroits de Cicéron , où il est parlé du procès d’Albutius,8c il ne faut point s’en étonner ; car quand on ne faitpoint la Vie d’un homme , on fe contente de dire de luice qui concerne le sujet présent. Lors que Cicéron a ditquelque chose du procès d’Albutius , il n’avoit en vue queles personnes qui avoient parlé, ou voulu parler, contre l’ac-cusé : il n’étoit donc pas nécessaire qu’il touchât à fissile decette cause. Lors qu’il a parlé de i’éxil d’Albutius, il n’a-voit en vue que de montrer le bon usage que l’on peut tai-re de i’éxil ; il ne faloit donc pas qu’il remarquât pourquoiAlbutius avoit été exilé. C’est à nous à faire un tissu deces différens passages ; 8c , par ce moien, nous trouveronsqu’Albutius aiant été accusé de concussion , à la requêtedes habitans de Sardaigne , fut condamné 8c bani. Albutiuscum in Sardinia triumphaffet, Roma damnatus est (ij). SquidT. Albutius , nonne animo aquiffìmo Atbenis exul philofopha-batur ì cui tamen illtid ipfum non accidijfet , [ì in republicaquiefiens Epicurí legibus paruijfet (16). Mr. Gassendi a très-mal cité ce passage > puis qu’au lieu de ft in republica ... .
paruijfet , il a dit ritfi in republica . paruiffet (17).
Ceux qui voudront quelque preuve de ce que j’ai dit,qu’Albutius fut acculé à la requête des habitans de Sardai-gne , n’auront qu'à lire ceci. Julius hoc fecum autoritatis adaccufiandum afferebat , quod ut hoc tempore nos ab Siculis , fietum ille ab Sardis rogatus ad cauffam accejferat (18). Joignezà cela ces paroles du chapitre XVI du II Livre des Offi-ces : Aut patrocirûo , ut nos pro Siculis , pro Sardis Julius.C’est ainsi qu’il faut lire avec Lambin, ou pro Sardis, contraAlbutium Julius, avec Manuce. Consultez Suetone (19).
{E) La plaisanterie que lui fit Scevola fut une semence d'ini-mitié entre eux deux. 1 C’est ce que Lucilius remarqua dansses Satires, Hinc hostis Muti Albutius , hinc inimicus. Un sa-vant homme a cru qu’ils étoient souvent apointez contrai-res, 8c qu’ils le furent nommément dans la cause deGranius,accusé par Albutius, 8c défendu par Mutius. II dit que pourle moins Mutius eut beaucoup de joie de labsolution deGranìns. 11 prouve cela par un passage de Cicéron, auquel ilavoue que d’autres ont donné une explication différente ;
lavoir
(10)
ibid.
(n) ÀjraLApolog. //-
(12) Cicei*in Lxlío »inir.
( 13 ) G/í-yius, Nomin Cicer.
<îe Offic,
Lìír. //,
Cap. Xlf.
(l+) II don**
fonÍActusatio*
contre Vert**pour m éxertrpU : il n , * /donc point pff 0tendu c terscHÍemeni ceV*<jtii avêkntaccusé dansleur prem'ef*jeunesse.
(u)c;«i*'in Pison.Cap. Z r.
(16) Idc 0 ìLibr. V ,TusculíW'Cap. Z 7 -
(18)
Divinati» 11-in Verra»*Lap. W*
(19)Sueto#«in Jà.Cap. CVt