A L B U T l U S. ALCASAR
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tes (F). Je ne croi pas que notre Titus Albutius soit le même que celui dont Horace par- s-) rilà,le (G) dans la II Satire du II Livre. On ne trouve rien de ce Médecin Albutius, qui est £f r ‘£ JÍ/Xídis par Pline au nombre des plus célébrés (r). v ‘
( to )Cotta-<lus in Bru-'u-n Cirer. 'H- 18 J.
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savoir , qu’Albutius accusa Mutius de concussion. Sape interJe dijfentirent c? contenderent , ut quum Albutius Granium op-pugnabat, c? Mucius eum defendeíat, certe illo absolut0 gaude-bat, ut libro secundo de Oratore feriptum videbìs, quamvis ali-ter alii verba illa fint interprétait , v putarint ipjum Scttvolamab Albutio de pecuniis repetundis accujatum fuisse, quod ut nosde viro tait credamus adduci non pojjumus (20). Je ne sauroism’accomrnoder, ni du sens que ce Critique rejette , ni decelui qu’il aprouve. J'aimerois mieux croire que Cicero'na voulu dire que Scevola fut mêlé dans le procès de con-cussion qui fut intenté à Albutius ; & tellement mêlé , quede fa condamnation devoit résulter la justification d'Albú-tius. Je fupofe , selon cette conjecture , que Scevola plaidala cause à la charge d’Albutius, 8c que de là est venu qu'ila passé pour l’accusateur. Je fupofe qu’il se tira pleine-ment d’affaire , ce qui servit à la conviction d’Albutius. Jefupofe , outre cela , que ce dernier fe servit des Regîtresdu crieur Granius, pour convaincre Scevola ; 8c que fapreuve fut jugée insuffisante. Granius fut très-aife de l'ab-solution de Scevola , 8c en fut raillé , comme s’il fe fût ré-joui que les Juges n’eussent eu aucun égard à ses Livres, ouà ses procès verbaux. Voici les paroles de Cicéron : Sellaetiam est familiaris reprehenfio quasi errantìs , ut quum objur-gavit Albius Granium, quod quum ejus tabulïs quiàdam Albu-tio probatum videretur , c? valde abfoluto Sc&vola gauderet, ne-que intelligeret contra suas tabulas ejfe judicatum >,21). Si l’onvouloir d’autres preuves de l’inimitié d’Albutius 8c de Sce-vola , je pourrois dire que Lucilius a introduit Scevola femoquant du style d’Albutius (22). Je voudrois bien savoird’où le P. Proust a pris que la colere de Lucilius contrenotre Scevola , venoit de l’amitié qu’il avoir pour Albu-tius , contre lequel Scevola avoir plaidé (23) ? 81 Lucilius• étoit ami d’Albutius , il a vérifié la maxime’, qu un railleurpréféré ses railleries à ses amis (24) ; car nous avons vucomment ce Poète satirique fe divertissoit aux dépens d’Al-butius.
(f) Les Dtblionaires ne font pas ici éxemts de fautes.]
I. Charles Etienne prétend que Varron a parlé de notreTitus Albutius ; 8c cela, comme d’un Poète, qui avoirfait des Satires à la maniéré de Lucilius, Luciliano sylo.Mais , quand on consulte Varron , on trouve qu’il a parléd’un Lucius Albutius. Nonne item L. Albutius , homo ( utfeitis ) apprime dotlus , cujus Luciliano charaêlere funt libelli,dicebat, in Albano fundum fuum pastionibus semper vìnci àvilla, agrum enim minus dena milita reddere, villam plus vi-cena (25). II. II n’est pas vrai que Lucilius fe soit moquéd’Albutius, comme d’un homme qui mêloit des mots Grecsavec son Latin : Charles Etienne n’a pas pris le sens de cePoète : il s’est imaginé que le x**? 1 apartenoit à Albutius ;cependant, c’est à Scevola, 8c à ses gens, qu’il le faut donner.Mrs. Lloyd 8c Hofman n’ont point corrigé ces deux fautes.Prenez bien garde , que je ne prétens pas nier qu’Albutiusne mêlât du Grec à son Latin. III. Ce que Charles Etien-ne , Lloyd , 8c Hofman , fuposent est très-incertain , quele pere de l’empoisonneuse Canidia soit le même Albutius,dont il est parlé dans la II Satire du II Livre d’Horace.Mr. Dacier croit que ce font deux Albutius (26). IV. Cestrois Auteurs de Dictionaires fe trompent, lors qu’ils pre-neur V Albutius de la II Satire du II Livre d’Horace pourun avare fieffé. Nous verrons bientôt que cela est taux.V. Mr. Moréri fe trompe , quand il s’imagine que l’Albu-tius , dont Cicéron parle au commencement du I Livre des"Pins , n’est pas le même que celui dont il fait mention auI Livre de la Nature des Dieux , 8c au V Livre desQuestions Tufculanes. VI. II n’est pas vrai qu’Horace disequ’il y avoir un Albutius le plus avare de tous les hommes, quiavoit accoutumé de châtier ses domestiques avant qu ils entre-prirent ce qu’il leur commandait , de peur , dìfoìt-tl , qu iln‘oubliât de le faire s ils oublioient de fe bien aquitter de ce qu’il
leur commandott. Mr. Moréri, qui donne tout ce discoursà Horace , a été trompé par Charles Etienne , encore quece dernier n’attribue pas formellement à Horace ce petitconte. Voici tout ce que dit Horace fur ce sujet.
Mundtts erit > qui non offendet fordidus, atqueIn neutram partem cultus miser ; hic neque servisAlbuti sents cxemplo , dum munia diditSavus erit : neque , ficutfimplex Navius undamConvtvis pnbebit aquam (27).
II établit que la véritable propreté n’est point outrée , 8cquelle s’éloigne,non seulement de la saleté,mais aussi, d uneexaditude trop scrupuleuse, V trop recherchée (28). S’il avoirvu le foin excessif 8c servile que l’on prend de la nettetédes maisons en quelques endroits de Hollande , il auroitnommé cela une fausse propreté. Albutius 8c Naevius fontles deux éxemples qu’il aporte de l’extrémité vicieuse : lepremier est l’éxemple du trop de façon ; le dernier estl’éxemple du trop peu de façon. Quelques Interprètes ontpris le change : ils ont pris Naevius pour un prodigue , 8cAlbutius pour un avare (29). Mais peut-être ne s’agit-ilpoint là d’avarice , 8c de prodigalité : peut-être ne s’agit-ilque de propreté , 8c de mal-propreté. Ce dernier défautest joint quelquefois avec la dépense superflue. II y a desgens prodigues, 8c en habits, 8c en meubles, 8c en repas,qui cependant ne passent point pour fe metrre bien , nipour donner aux ornemens de leurs chambres un arrange-ment bien entendu , ni pour avoir une bonne table. Quoiqu’il en soit, Albutius n’est point ici un éxemple d’avarice.Je finis par observer , que la barbarie d’Albutius pour sesesclaves n’est pas une chose que Mr. Moréri ait forgée : ill'avoit lue dans son patron (30) : mais il n’a point su quela source en est dans un ancien Schoiiaste. Afper in exi-genda à fìngulis impenfì ratione caflìgandoque , adeò ut fervosnonnunquam castigaret prítts es? caderet quam peccajfent, dicensvereri fe ne cum peccajfent, cadere tune ei non vacaret (31).
(G) fe ne croi pas que ce soit le même que celui dont Horaceparle.] Nous venons de voir que l’Albutius d’Horace étoitd’une éxactitude outrée , qu’il ne pardonnent rien à ses do-mestiques , qu’il vouloir que l’un fît précisément ceci , 8cl’autre cela, 8c qu’il entroit là-dessus dans un détail pédantes-que. Celui, dont parle Lucilius, qui ajfedoit si fort en tout lapolitesse et? t élégance des Grecs, qu'il voulait passer pour Grec (3 2),étoit justement taillé pour fournir l’éxemple dont Horaceavoit besoin ; car tout homme, qui affecte les maniérés despais étrangers, y mêle je ne fai quoi de forcé8cd’exorbitant,qui fait passer la chose dans le ridicule. Voiez ce que fontcertains Provinciaux si souvent jouez par Molière , à re-gard des modes qu’ils ne savent jamais tenir dans le milieu.J’ai de la peine à croire qu’Horace ait amené fur la sceneAlbutius le Grec , l’Albutius de Lucilius ; mais je 11e trou-ve pas fi étrange que Torrentius ait cru cela. Mr. Dacieraime mieux dire que l’Albutius d’Horace étoit fils de celuide Lucilius. Je croi que l’affectation d’Albutius pour leGrec regardoit le langage principalement, où l’on fait Tail-leurs , par les railleries de Lucilius, qu’il aimoit un artificetrop étudié. Collocattonis est componere es? struere verba sicut neve afper eorum concurfus neque hìulcus fit , fed quodam-modo coagmentatus es? lavis. In quo lepìd'e foceri (33) perfonalusit is qui elegantijfim'e id facerepotuit, Lucilius ,
Quàm lepid'e lexeis composte. , ut tejferule omnes
Arte , pavimento , atque emblemate vermiculato.
Que cum dixijfet in Albutium illudens , es?c (34I. Ces Versde Lucilius représentent une certaine espece d’Ecrits qu’onpourroit nommer un ouvrage de Marqueterie , un ouvrageà la Mosaïque.
(atlHorat,Satir. u,Libr. ll,
f. 6s.
(28) VtietçM. O acierJur « pojsage.
(i9)Lt vieuxCommenta -teur, Lambin,Ctuquius ,&c. d. 1,
(39! CharlesBtienue.
(31) VêtusCommen-tator íuHorat. d. 1.
(32) Volez.Mr. Dacier,Remarquessur la Satii. Idu II Livre
d’Hoiaçe,
(jì) Mu; lui
P Augure :d où nousaprenons ansLucilius Ufaijoìt quel*quefois par-ler dans sesSatires.
(tq) Cicer,de Oratore,Libr. m,Ca t- 43 -
Loies. aujjìson Orator,C 4» irstq.
ALCASAR (Louïs de) Jésuite Espagnol (a), naquit à Séville, l'an ifj- 4 . U entra ^ )0 „ g afa/tchez les Jésuites, l’an 1 p 6 p , malgré la résistance de fa famille , qui possédoit de grans biens. nndTxít"*Après avoir régenté la Philosophie , il enseigna la Théologie à Cordoue & à Séville , pendant plus /’ApoTa- £de vint ans. 11 s’apliqua fur tout à la recherche des secrets de l’Apocalypse , 8 c il cmploia près de P mmuÍ”*de zo bonnes années à ce travail (b). L’Ouvrage , qu’il a composé là-dessus , est un.des meil- w sotuei,leurs que les Catholiques Romains aient produit fur l’Apocalypse {A). 11 est intitulé Vestigatio ® ib . lioth -
arcanisensus in Apocalypse , & il a été imprimé diverses fois (B). On prétend que Grotius y apm ci« P jesu°,"
beaucoup ^ îí7 ‘
*icoi.
5 lb hoth
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(A\ Son Commentaire est un des meilleurs que les Catholi-ques Humains aient produit fur ï Apocalypse.] Voici ce qu’endit Nicolas Antonio. Infìgnem pofuit operam in adornando at-que illustrando Apocalypfis libro obfcurijftmo. Edidit nam-que lucubrationes suas ad ipfum , ingeniofas quidem, érudit as,daboratasque , ut cenfet Cornélius à Lapide. Sed quisnam spon-sor erit , telo eum quamvis acuto es? sorti feopum tetigijfe (1) ?Je fuis sûr qu’il n’y a point de banqueroutier , ni de prifon-rúer pour dettes, qui ne trouvât caution bourgeoise plus ai-sément q ue n ’en trouveroient les explicateurs de l’Apoca-lypse , s’il y avoit un tribunal fur la terre , qui taxât à degrosses sommes ceux qui auroieut cautionné les fausses ex-
plications. Pendant qu’on flatte ses passions, en croiant fansrien risquer, on est crédule : mais pour les cautions queDon Nicolas Antonio demande , c’est en vain que vous lesdemanderiez.
(B) Imprimé diverses fois.] Le P. Alegambe ne marqueque l’Edition d’Anvers, chez Jean Keerberge , en 1614 ;8c , tout aussi-tôt, il dit que l’autre volume fut posthume.Si le premier n’avoit été imprimé qu’en 1614 , st auroit étéposthume ; 8c ainsi , on n’auroit pas eu raison de distinguerpar là l’un d’avec l’autre. 11 faut donc croire , comme leremarque Nicolas Antonio , que le premier fut imprimé àAnvers, chez Jean Keerberge, l’an 1604. Outre cette Edi-
R 3 à,