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Tome premier. A - B.
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ALCASAR. ALCE E.

(c) Mr. de beaucoup Ae ses idées (c). L’Auteur soutient que l’Apocalypse est parfaitement accomplie jusqu’attMeaux ; ^ XX chapitre ; & i> y trouve les deux témoins , fans parler d’Elie, ni d’Enoch (d . II ne tait au-pocAiyse,*" c une difficulté d’abandonncr les anciens Peres : & , comme toutes ses principales études n’avoientS uì hÎì- P our but lue l’explication de ce Livre , l’autre Ouvrage , qu’on a de lui, n’est qu’un Commen-um */ ° taire des endroits du Vieux Testament , qui ont du raport aux Révélations de St. Jean. II futf d) Lh-mi- imprimé après fa mort fous ce titre , In eas fi et cri s ïejìdmentì partes quas refpìcìt /Ipocalypsts , nempemc - Cantica Canticorum , Pfalmos complures , multa Danielìs aliorumqae libromm capita , libn fi. Voilà

(-) Aiegam- ^ onc àix Volumes in folio , qui ne font à proprement parler qu’un Commentaire fur l’Apoca-'dlm/oTms: lypfe ; mais il y a un Appendix à chacun : celui du premier Volume est un Traité de sac is Pon-h p. sotnei d eri p us & Mensuris ; & celui du second , un Traité de Malts Medicis. Alcafar mourut à Séville,“ >U le 16 de Juin 161; , à l’âge de 6o ans (e). Vous trouverez l’éxamen de quelques-unes de ses(f).AUiè’ Hypothèses apocalyptiques dans l’Ouvrage que Mr. Heidegger publia à Leide, l’an 1687, fousseiíatíon Dls " ^ titre de Myflerìum Babylonie magna (/).

(2) Draud.BibliotliecaClaíïica ,M- 22.

tion , Nicolas Antonio parle de celle de 1619 , Antverpu,apud Nutios , & de celle de Lion , en 1616. Draudius cotteces deux dernieres Editions, &, outre cela , une d Anvers,chez Keerberge , en 1611 (z). Le P. Sotuel, avec 1 Edi-

tion de 1614, ne marque que les deux dernieres de NicolasAntonio , & continue de dire que l’autre volume a étéposthume. Sa revision d’Alegambe n’a donc pas été auistéxacte qu’elle devoir l’être.

( 4 ) DìcLdtì-num , Barbite ,<armen, Lesbiofrimum mo~■dHlaie civt.Horar. 06 .XXXII ,Libr. I,f. 3.

(b) Eufeb. taChrome.

(c) Le Fevre,Vie des Poè-tes Grecs,

M- 27.

(d) Herod.Libr. V ,

Cap. XC 7 .

( e) Lti-mê-

(f) Horace:Je retpor.e sesparoles cì-des-sons <tms Li4 Kcmstrqne(C).

ALCEE, natif dc Mitylene , dans l’Ile de Lesbos , a été un des plus gratts Poètes Lyriquesde l’antiquité. II y en a qui veulent qu’il ait été l'inventeur de cette efpece de Poésie (a). IIflorissoit dans la 44 Olympiade (b) , en même tems que Sappho , qui étoit de Mitylene, aussibien que lui. La Chronique scandaleuse ( A) dit qu'Alcée s'avisa un jour de demander je ne sai quoi hSappho , & que Sappho , qui n'étoit pas ce j our-là de fi belle humeur que d'ordinaire, lut réfusa ce qu'ellelui offrit peut-être le lendemain (c). Quoi qu’il en soit, il fe mêla d’autre chose que de Vers : ilvoulut donner des preuves de son courage à la guerre , Sc n’y fut pas tout-à-fait heureux ; car ilne fe sauva qu’en fuiant, Sc qu’en abandonnant ses armes, lors que les Athéniens gagnèrent unebataille contre ceux de Lesbos (d) : mais il trouva dans cette disgrâce une assez douce consola-tion , puis que les vainqueurs firent apendre ses armes au Temple de Minerve à Sigéej ce qu’ilsn’eussent point fait avec cette distinction , s’ils n’eusiènt jugé qu’elles feroient un monument très-glorieux de leur viétoirc (e). Alcée n’oublia point cette circonstance dans les Vers qu’il fit fur lemalheur qui lui étoit arrivé (B). Sa Muse , à laquelle il donnoit de l’occupation au milieu desarmes, soit pour des chansons à boire , soit pour des chansons d’amour , Sc pour louer la personnequ’il aimoit (/) , qui n’ctoit que trop une aide semblable à lui (C) : la Muse, dis-je , 11e gardapoint le silence fur la défaite des Lesbiens, On fut d’ailleurs , qu’elle ne badinoit pas toûjours, Scqu’clle pouvoir traiter noblement les matières les plus graves ( û) , Sc fur tout un beau lieu com-mun contre les tyrans. Alcée fuivoit alors une pente fortifiée par ses propres avantures , Sc pardes intérêts personnels j car il avoir été aux prises avec ceux qui avoient voulu empiéter fur la

liberté

{A ) La Chronique scandaleuse , &c.~J J’ai raporté les pro-pres paroles de Mr. le Fevre , &je fuis fort trompé s’il apris ailleurs que dans la Rhétorique d’Aristote ce petit con-te. Aristote cite ces mots d’Alcée ;

(C) La personne qu il aimoit n étoit que trop une aide sem-blable à lui.] Horace nous aprend que la Maîtresse d’Alcéeétoit un garçon > qui fe nommoit Lycus, & qui avoir lesyeux & les cheveux noirs.

(1) Aristof.Rhetoric.Libr. /,

Cap. IX.Noteí. que jerange & quejsacuntue ceGrec. commeScaHgét furBufebc. pag.$$ Editionfie 1658,

(z) Herod.Libr. V,

C.ip. xcv,

fr Strabo,Libr. XUl,^.412,413.

(ì) Horar.Od. VII,Libr. II,fi 9.

f 4) Volez. lasimarrjne{H) de sonv Article.

(5) Chabot,ïn Horat.Od. XIII,Libr. II.

( 6 ) Plutarc.de Malign,Herodoti,fttg. 8 ; 8 .

©íAûi Tiv eizrétv. «AA* fvs veofiitAièsá/ç :

& cette réponse de Sappho ,

Ai à’ tas a-' èo-xS, i uxpo: , ;; y.aXat »

IC«; |t tr, n irzrei, yAÔ'tnr' ir.ov.ct. uctxo, ,

Aitáç xe vv P dfc ou/vec]'

A’ ; AA’ rAryrs 7ttpï ra tivecía (i).

Voici le sens de ces Vers. Alcée déclare qu’il voudroit biendire quelque choie ; mais que la honte l’en empêche.Sappho lui répond , que s’il avoir désiré des choses. bonnes& honnêtes, & si fa langue n’eût pas été prête à prononcerquelque mal-honnêteté, la honte ne lui feroìt point montéeau visage, & qu’il feroit une proposition raisonnable. Ceuxà qui il est, donné déjuger des Livres de Mr. le Fevre,gens,comme il a dit dans la prémiere Journaline , qui ont lamecapable de plusieurs formes , c? qui sentent à demi mot le beauv le fin des pensées cr des exprefiions , voient bien que ces pa-roles d’Alcee font une de ces déclarations d’amour qui de-mandent l’heure du berger , Se que Sappho comprenoitparfaitement ce qu’il vouloir dire. Sa réponse est sage;mais elle est peut-être d’un trop grand sens froid, seloncette fuposition.

(B) Il a avoué le malheur qui lui étoit arrivé de fuir (z)-JCelui de tous les Poètes Latins , qui ressemble le mieux àAlcée , a .confessé , aussi bien que lui, dans ses Poésies,qu’il s’étoit sauvé du combat, en j errant ses armes, com-me un meuble très-inutile à des fuiards.

Tecum Philippes esr celerem fugamSenji , relicta non bené parmula ,

GjfUum sraCia virtus cjr minâtesTurpe solum tetigere mento (3).

Archilochus avoir cu la même avanture avant Alcée , &s’en étoit confessé publiquement (4). Horace n’auroit pasété peut-être de bonne foi jusques à ce point, s il n avoiteu ces grans éxemples devant les yeux. Chabot se trompe,quand il soutient que Plutarque a réfuté Hérodote sur lafuite d’Alcée (;). Plutarque s’est contenté de dire qu’He-rodote a suprimé une belle action de Pittacus, mais nonpas k mauvaise action d’Alcée (6).

Qui ferox bello tamen inter arma,

Sive jaélatum religarat udoLittore navim ,

Liberum esr Musas , Veneremque çr illtSemper hsirentem puerum canebat,

Et Lycum nigris oculis , nìgroque

Crine décorum h). ( 7 ) Horat.

v ; Od. XXS A

C’est aparemment le même que celui qui avoit une tache Ubr -M-au doit, laquelle lui servoit dune parure tout-à-fait char-mante , selon le goût de ce Poète. N/tvus in articula puerideleélat Alc&um , ac est corporis macula nnvus , Mi tamen hoc cicero

lumen videbatur (8). Cicéron dit en un autre lieu , qu’en- Harurà

core qu’Alcée eût témoigné beaucoup de courage , il avoit Deorum»rempli ses Vers d’une excessive pédérastie : Fortis vìr in sua Libr. I ,republicá cognitus , qua de juvenum amore scripfit Alcaus (9) ? Cap. 28.Entant qu’amoureux, st le compare à un pourceauqui, mangeant un grain de gland , en dévore déja des yeux t 9 u V C ui ’un autre. Moi pareillement , disoit-il , pendant que je jouis (Wh’ lV»d’une belle fille , f en souhaite une autre. A’ u? ràt / 3 «Aavov Cap. 33.rùp fit* Í-/.U , t*v 'épurât LccStlv. Kayà oraïbx vxfiv ra,

fie, ’é%a , ràv fi epay.cti a aSel,, Scipion Gentilis raporte celadans ses Notes fur 1 Apologie d’Apulée , page 63.

(D) Sa Muse pouvait traiter noblement les matières les plusgraves.] C’est ce qui a fait dire à Horace :

Et te sonantem plenius aureo ,

Alct fe , plcfíro , dura navis ,

Dura fitgí mala , dura belli,

Vtrumque sacra digna plentioMirantur umbra dicere : sed magis

Ptignas esr exatlos tyrannos (j 0 )How f -

Densum humeris bibit aure vulgus (io). od. XlH*

Libr II r

Mr. Dacier remarque fur ces paroles, I. le ftile d’ Alcée fi z6,étoit noble cr fort , cr qu il traitait des matières plus relevéesque celles que traitait Sappho , qui dit de lui dans Ovide ,

Nec plus Alc£us conférs patrUque LyraqueLaudis habet , quamvis grandius ille finet.

II. Qu’Horace lui donne le plectre d’or , parct qu il parle decette partie de fis Ouvrages , oh il décrivoit les guerres civilesqui étoient arrivées à Mitilene , e? les diverses sablions des Ty-rans Pittacus, Myrfilus , Megalagyrus, les Ckanaclides , er de

quelques