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ALCEE. A L C H A B I T I U S. i 3 f
liberté de sa patrie , Sc nommément avec'Pittacus (E) , qui ne laiííâ pas de devenir Usurpateur ,quoi qu’il ait été un des sept Sages de la Grece. II remit en liberté Alcée , qui étoit devenu sontoeracií- prisonnier, Sc dit que la rémission d’un crime vaut mieux que le châtiment (g). II y en a quigenlmlacn ^^ cnt qu’Alcée sut châjsé avec beaucoup <T autres ; mzis qu'enfin , il fie mit à la tête de ces éxilez , fitla guerre aux tyrans , tst les chaJJ'a {h). Je ne trouve dans Denis d’Halicarnastè , sinon que les ha-iHm. 7 g_ bitans de Mitylene élurent Pittacus pour leur Chef, contre le Poète Alcée, Sc ses adhérens , qu’onavoit banis (z). D’autres veulent, qu’aiant abusé de la clémence de Pittacus , Sc n’aiant pointfui iode 1 ’ ce ^ âe cabaler Sc d’invectiver, on cessa d’isser de ssiport â son égard (k) ; Sc que c’est cef/s** qu’Ovide a voulu signifier par ces paroles :
^’Hoiacc
' TJtque lyrœ vates fiertur periijfe feverœ
Causa fit exitii dextera Icesa tui.
Ant, j. om
O-?. Cela est d’autant plus vraisemblable , qu’Alcée passoit pour un homme qui s’oposoit aux innova-tions : non pas , parce que c’étoient des innovations ; mais parce que d’autres que lui les intro-duisoient (/). C’est un défaut qui lui est commun avec bien des gens. II ne nous reste que deslambeaux de ses Poésies.
Stiab. quelques autres (i i), & que ces Poésies étoient apellées S'ixocu-
fs X M, rixçixà sreiifi»Tct, Poésies fur les /éditions, II cite ce passagede Quintilien : Alcaus in farte operis aureo pleHro merito do-natur quà tyrannos infeélatur. Multum etiam moribus conférs,tn tloquendo brevis,ç? tnagnificus, c? diligent,plerumque Homerofimilis , jëd tn lu/as ex amores descendit , majoribus t amen(>î)Horat a P tlor C 11 )- Joignez à cela lepilhete de menaçantes , qui atx.,uL- àé donnée à ses Muses , w Alcai minacbs, Stefichoriqueiv .1 f. graves Camœnt (iz). 2
(E) ll fut aux prises avec Pittacus. ] II vomit contre luides injures fort grossières : il l’apella pied-plat, grojfe bedai-ne , c <yc , comme nous l’aprenons de Suidas, fous le moto-ctpán-ví , 8c de Diogene Laërce , dans la Vie de Pittacus.La modération de celui-ci fut fort louable , 8c a paru telleà Valere Maxime. Pittaci quoque moderatione pebtus instruc -tum, qui Alc/tum poëtatn c C amaritudine odii efr viribus ingeniiadver/us se pertinactjfime usum, tyrannidet» a, civibus delatamadeptus, tantummodo quid in opprimendo pojjtt admonuit (14).
(k) W'
Dionyfl
Salvagnium
Boeífium,Comment*in lbin,
102 H»Ï03 Edit,
(/) oùr
«tfròç ycuôcc*pevav TCú¥TólXT6>Vne&Tspto--Pav , Netpse quidcmpurtis fiudiiejufmodi m -vandarum re~rum. Strabo,Libr. XIII >P a & 425.
( 14) Valer.Maxim. Libr,IV, Cap. I,ext.
A L C E' E , Athénien (a ), Poète tragique , fut le prémier , selon quelques-uns , qui composades Tragédies. Si l’on en croit Suidas , il est différent d’ALCEE Poète comique, le Cinquiè-me de l’ancienne Comédie , & fils de Miccus. II renonça , Ce semble , à sa patrie , qui étoit laVille de Mitylene , & se dit Athénien (b). II laissa dix Piecés , dont l’une étoit intitulée Pafiphaéice fut celle qu’il produisit, lors qu’il disputa avec Aristophane , en la 4 année de la 97 Olympia-de (c). Athenée cite quelques-unes des autres. On ne fait pas bien si PEndymion , cité par Pol-lux , apartient à Alcée le tragique, ou à Alcée le comique : mais il y a de l’aparence que laPiece intitulée Cœlum étoit du premier j puis que Macrobe la cite comme une Tragédie (d). Jetrouve dans Plutarque un Poète Alce'ê, qui différé de tous les précédens (e ), 6t qui est peut-être le même que celui dont Porphyre a fait mention , comme d’un faiseur d’Iambes satiriques &d’Epigrammes , qui avoit fait un Poème touchant les larcins de l’Historien Ephore (f). L’,Alcée
de Plutarque vivoit en la 14s Olympiade , l’an de Rome f f f , comme il paroit par la chansonqu’il composa sur la bataille , que Philippe Roi de Macédoine perdit dans la Thessiilie. Cettechanson faisoit fuir Philippe plus vite qu’un Cerf, 6c amplifioit le nombre des morts , afin de luifaire plus de dépit. Néanmoins Plutarque allure , que Titus Flaminius, qui avoit gagné cettebataille , se trouva plus choqué des Vers d’Alcée, que Philippe ; à cause que la chanson nommoitles Etoliens avant les Romains, 6c sembloit par là donner aux Etolicns le principal honneur decette viétoire. Philippe se défendit contre la chanson d’Alcée par une autre chanson (</). 11
faut avouer que Plutarque donne au Consul Romain une sensibilité bien outrée. On parle aussid’un Alcee Messénien , qui vivoit sous l’Empire de Vespasien, 6c sous celui de Titus (g ] . II ya quelques-unes de ses Epigrammes dans l'Anthologie. Je ne sai point lequel de tous ces Alcéessouffrit, pour ses impudicitez , un genre de mort bien singulier (B). Mr. Vossius, à la page 42.de ses Notes sur Catulle, croit que ce fut celui qui satirisa Philippe Roi de Macédoine. II le prend<pour le Comique , 6c se trompe ; puis que ce Comique étoit contemporain d’Aristophane.
( A ) Philippe se défendit contre la chanson ct Alcée par uneautre chanson.J Voici quelle en étoit la substance :
Sans feuille aucune , & fans efcorce aujjt ,
Ami passant , on a fait ici tendre ,
Sur ce costau , cete potence-ci,
Expressément pour Alcttus y pendre (1).
(B) Un de ces Alcées souffrit un genre de mort bien singu-lier ■ ] Mr. Vossius raporte (z) cette Epitaphe tirée d’uneAnthologie , qui n’est encore qu’en Manuscrit :
A*Xitcctit t< í<poç oç op strate* 3} 7 tÁalv<pv AAeç
Tisiafòç yw êvyániç páÇecvoç.
Cela signifie qu’Alcée mourut de la peine des adultérés,siui consistoit dans une certaine maniéré d’empaler. C’estsi u ’on leur fichoit au fondement une des plus grosses ravessiue l’on trouvât. Au défaut de raves, on prenoit un pois-, qui avoit la tête fort grosse , comme nous l’aprend’e Scholiaste de Juvénal fur ces paroles de la X Satire , quos-dam mœchos er mugilis intrat. Pat là , on comprend cettemenace de Catulle :
Ah ! tum te miferum , malique fati,
Quem attrafíis pedibus , patente porta ,
Percurrent raphanique mugilesque (3).
Lucien parle de cette forte de punition ; mais il ne dé-cide pas si le criminel en mourois, & n’elt pas peu diffé-rent de son Scholiaste. Ils disent tous deux qu’on batoitbien le paillard ; mais le Scholiaste dit qu’on ne lui fichoitla rave , que lors qu’il étoit prêt d’expirer fous les coupsqu’il avoit reçus. Lucien nous insinue tout le contraire ;car le rufien dont il parle , aiant été bien batu , fauta enbas du toit, 8c s’enfuit avec la rave qui lui bouchoit lederrière. K«7 à aS reyac à\ap.vt oç S'tétpvys fccfcttíè'l tjj'v irvyijtfitGvtrfcíuí (4). De teílo défilions aufugit natibús raphano op-pletis. Mr. Vossius ne devoit pas conclure de ce passagede Lucien , que ce fuplice n’étoit pas mortel ; car il y abien de l’aparenCe , que si le patient ne fe fût sauvé , il luien eût coûté la vie tôt ou tard. Les deux Vers , que Mr.Vossius cite , 8c qu’il prend pour 1 e discours d‘une adulte-resse , qui difoit à fa commere , que si au lieu de la rave,on fe servoit du fuplice de la croix Contre leurs galans, per-sonne ne viendroit plus vers elles : ces deux Vers, dis-je ,font une meilleure preuve , que les paroles de Lucien (;).Les Commentateurs de Diogene LaerCe ont fort biencompris à quoi Menedeme vifoit , lors qu’il dit à un adul-téré insolent, que le suc des raves étoit utile : Esc-; tetgarvtó/ítiiM fioixov , áyví£~;, ’ttpn, éri d tcosor x.çá/s.€n x v ^ t ' >txst XP J >A», xui fadtdiiteç (6). AudaHer exultanti adul-
tero , ,, Ignoras ,, , inquit , „non tnodo braffict fuccum ineffeutilem , fed e?* raphano ”.
(«) Suidas.
(fi) MijVÀr,-sufeç, éÌt*A ’íscvííTo;.Idem.
(c) Scholiast.Âiistophan.in ^Argumenta
Pluti.
(d) Macrob.Saturn. Libr „V, Cap. XX.
(e) Plut. inFlaminio,?*£■ 373 -
(f) For-phyr. apudEuseb. Prac-par. Evang.Libr. X, Cap.111, pag. 467.
(g) Tzetzesin Lycophr.apud Gy-lald. dePoët. Dial.X, pag. ji»Edit. anni16 $$.
(4) Lucian.de MortePeregrini.
(s) Ex He-sychio inpccpavitai-C^vcci.
Votez, axíft leScholialíed’Aristopha-ne fur lesNuées.
(6) Diog.Laeit. Libr,ll, ntim . 128,Vide ibi Al-dobrandi-num &nagium*
ALCHABITIUS , Astrologue Arabe , a composé une Introdu&ion à la conoijsance des In-fluences célestes ( A ). II a écrit aussi de la Conjonction des Planètes , & un "Traité d'Optique , qui fut
trouvé
(A) n
ces
'la Com P°sê une Inttodutlion à la conoiffance des Infiuen-est rs e tes ’^ Le titre du Livre dans Gefner , 8c dans Simler,d magifterium judiciorum astrorum, vel ad scrutan-
ts jteiiarum magìsteria. Vossius le donne d’une autre
niere, mais qui revient au même sens : Isagoge ad srutdniaaslrorum indicia (1). Je pense que ma traduction Françoisey revient aussi ; mais Mr. Moréri, aiant pris un mot pourun autre dans Vossius, initia pour indicia, nous a donné un
titre
(t) Voisin»de Scient.Mathem.í*i- ïpPi