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Tome premier. A - B.
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137
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(*) Dans les

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Ì 1 l’y attira doric , en 1 f2.9 (C)-, &, des l’année suivante, il lui fit doubler íà pension 3 quiavoit été d’abord de six cens écus. Alciat professa cinq ans à Bourges , & y aquit de la gloire :mais il te servit d’une ruíe - pour obtenir une augmentation de gages ( D ). II méiosebeaucoup de Litérature à l’explication des Loix, & chaliòit heureusement ra barbarie de langage,qui avoit régné jusques la dans les Leçons & dans les Lcrits des Jurisconsultes. Mr. deThouleloue fort noblement là-dessusj Mr.de i hou, dis-je, qui d’ailleurs étoit mal instruit de son His-toire (E). La Harangue, que ce Professeur fit sur îe champ à François 1 , qui étoit entré dans son

-> hset ans après l’avoir composé (7).,, L’Onvrage que jecite m’aprend que ie coup d’effai d’Alciat fut Y Explicationb la Correction des Termes Grecs qui se trouvent dans le Di-gejte; que ce Livre parut d’abord en Italie, & quelques an-nees apfès a Strasbourg, en 1313. J’ai lu quelque part ^8),que la premiere Dédicacé qu’Alciat ait faite de ses Oeuvresest de Tannée 1513, & que c’elt celle des trois derniers li-vres du Code. Ce qu’il y a de bien fur, c’eít qu’il publiases Paradoxes, dédiés au Chancelier Antoine Du Prat, en-viron Tan 1317 [p;.' 11 publia environ le même tems sesDijpunPiiones , dédiées à J ean de Selve, Président du Sénatde Milan, ík. lés Prttermista , dédiés à Jaques de Minut,Conseiller au même Sénat , 8c ancien Professeur en Juris-prudence à Orléans. II étoit Professeur à Avignon dèslannee 1321; car, dans l’Epitre dédicatoire de son Traitéde Verborum fignificatìone , datée de Bourges le 1 de Mai1519 , il dit quií y avoit 8 ans qu’il l’avoit dicté à seséconers.

Je viens d’aprendre que Budé, dans une Lettre écriteà Ciiriltophle Longue!!, au mois de Février 1510 (10), afait mention d’une visite qu’Alciat lui avoit rendue quel-que teins auparavant à Avignon. C’est Mr. de la Monnoie,qui m a fait part de cette particularité. J’ajoúte qu’on apublié à Utreent quelques Lettres de nôtre Alciat, qui té-moignent qu’il étoit Professeur en Jurisprudence à Avignondes l an 1518 (n); que ses gages montoient à cinq censécus; & qu’il avoit sept cens auditeurs. Deux ans après,il écrivit qu’on 1m donnoit six cens écus, & quelques au-tres gratifications; & que son auditoire étoit composé deplus de 800 personnes, parmi lesquelles on pouvoir comp-ter des Prélats, des Abbez, des Comtes (11). 11 quitta

cette profession, & s’en retourna à Milan, vers la fin d'Oc-tobre 1322. Entre plusieurs choses qui Tengagérent à cetteretraite, celle-ci fut la principale, qu’on ne lui paioit pointses gages allez promptement, depuis que la ville d’Avignons étoit endettee à cause de la maladie contagieuse: outrequ’on lui ht entendre, que si la peste revenoit, ilfaudroitqu’il consentît à une diminution de gages. II rejetta cettecondition 13). II s’apliqua au Barreau dans fa patrie , &trouva cet emploi plus lucratif qu’il ne l’avoit espéré (14).II s’arrêta en Italie jusques à ce qu’il eût accepté la profes-sion qui lui fut oferte dans l’Académie de Bourges (15).

(C i François I . . . I"attira à Bourges ... en 1379. j J’aimieux aime suivre Minos & Mr. Catherinot (16), que Pan-zirole. Ce dernier anticipe d’un an cette vocation. Deinde,anno 132.8 Bituriges quo magna ftudiojorum multitudo ad ejusfamam confluxit , amplo 1100 aureorum stipendio à Rege Fran-cifco est conduìstus (17). Je n’objecte point à Panzirole, quela pension ne fut d’abord que de 18 cens francs, & qu’enla doublant Tannée suivante, on la porta à 1a somme qu’ila marquée:j’ai de pius grands reproches d’inéxactitude à luifaire. 11 dit I, qu’Alciat ne put demeurer en France quepeu d’années; parce que François Marie, Duc de Milan,lui ordonna de revenir, & le menaça de la confiscation detous lès biens , en cas de désobéissance; II, qu’Alciat,étant retourné chez lui, enseigna quelques années à Pavie,jusques à ce qu’à cause des guerres il s’en allât à Boulogne,Tan 1531. II est certain qu’Alciat séjourna cinq ans à Bour-ges : cela paroit par les V ers qu’il fit en la quittant.

Urbs Biturix , invitas amans te desero amantem ,

&uinquc per estâtes terra habitata mihi (18).

Puis donc qu’au dire de Panzirole il y avoit été appelle Tan152.8, il faut qu’il ne lait quittée qu’en 1533. Commentauroit-il donc pu enseigner quelques années à Pavie, depuisfa sortie de Bourges, & aller ensuite à Boulogne , Tan1331? Sa Dissertation du Duel, dédiée à François I, estdatée d’Avignon le 1 de Mars 1519. La Préface de ses Pa-radoxes est datée de Bourges le 2.4 d’Août 1329. Voilàqui est décisif contre Panzirole. II nous reste deux fausse-tez à relever: Tune de Mr. Moréri, Tautre de Paul Freher.Celui-là dit que la libéralité de François I attira Alciat enFrance, ou il enseigna à Avignon: selon celui-ci, Alciat allaenseigner dans cette ville, lors qu’il ne faisoìt que de sortirde l’Ecole de P-arrhafius (19). C’eft une fausseté absurde,que de dire que la libéralité d’un Roi de France fait venirun Professeur au pais d’autrui; & qui ne fait, que depuisqu’Alciat eut quitté l’Ecole de Parrlrasius, il alla étudier àPavie 8c à Boulogne, 8c qu’il fut reçu Docteur en 1517,& qu’il fit imprimer des Livres avant que de professer dansAvignon ?

(D) ll se servit d'une ruse, pour obtenir une augmentationde gages. ] Ce fut de faire par ses intrigues qu’on lui adres-sât une vocation de la part de T Académie de Padoue. Vos-® US > qui m’aprend cela, craignent, qu’en diférant de ré-pondre à ceux qui lui ofroient une profession dans l’Aca-cemie de Cambrìge, il ne se fût rendu suspect d’un pareil^xozí Car ‘ a j°ûte-t-il, la plupart des gens en usent

Au-

ainsi. Gjuis rerum mearum ignarús, âliud fibipersuadere pos-stt , quam diutinam banc in respondendo cejjationem inde dun-taxat , aut potijfimìtm Jallem , promanare, ut Vocationc An-glicane aliquid mihi apud Batavos iucelli acquit ami Scimus idplerisque maris esse. Nec notam banc iffugitsummus sturifron-fultus , Andréas Alciatus , cìim Biturigibus Patavium vocare-tur. Et ille quidem callide hoc egerat ipste, utvocaretur. Mihi ,ut scis, ne per Jomnium taie qmd cogitanti Jponte apud vospro-frjjio oblata est. llle item, immane quantum autio stipendio ;apud Biturigas remanstt. Ego , uti hoc nunquam egi, ita necquicquam accessions \ quam quidem friomihi minime invideres)conjequar remanenUo, rtist jtmul accejsto fiat forte novt labo-ris 1,2,0). Je sentiro’.s quelques rémois de conscience, h jene disois ici que Mr. de la Monnoie m’a indiqué ce palL-ge de Voílius. Outre cela, il m’a fait savoir les parucu-laritez suivantes. ,, II paroit par la XII Lettre du 11 n-,, vre des Lettres de Sadolet, qu’Alciat, dés la prénuere„ année de son séjour à Bouiges, avoit ou feignoit avoir,, dessein d’aller professer le Droit a Bologne. Deux Let-„ tres Italiennes du Bembe» Tune du 7 de Juillet 1532, &

„ Tautre du 23 de Février 1333 > aprennem beaucoup de,, particularitez touchant le dessein qu avoit la République,, de Venise d’attirer Alciat à Padoue (21). Les Protel-,, leurs de cette Université en étoient dans une apréhen-,, lion mortelle: entre autres, Franceschin da Cor.e, cn,, Latin Francisons Curtius , qui, pour détourner la venue„ d’un tel Collègue, faisoit courir le bruit, que le Duc de„ Milan, François Sforce , mal nommé François Marie„ par Pancirole, lui avoit défendu fous de très-rigoureuícs,, peines de quitter la Chaire de Pavie, Sotto pena di con-,, fifratione." Pour ne pas trouver ici un peu d’embarras,il faut, ce me semble, que nous fuposions, que le 23 deFévrier 1533, de la Lettre de Pierre Belhbus est de Tan1334, à commencer Tannée au mois de Janvier; car, lanscela, nous ne pourrions point comprendre qu’Alciat eútété à Pavie, lors que cette Lettre fut datée: lui, qui avoitprofessé cinq ans à Bourges, & qui n’avoit commencé a yprofesser qu’en 1329. En coníultant les Lettres Latines dumême Bembus, j’ai trouvé qu’il écrivit à notre Alciat, le15 de Juillet 1532 , pour Texhorter à venir prendre posses-sion de la Chaire qui lui avoit été oferte dans T Académiede Padoue. II lui leve la difficulté, qui le tenoit en sus-pens, & qui coníìstoit en ce que la République de Venisene promettoit pas la même espece d’Ecus, qui avoit étédemandée (22). Bembus lui fait voir, que pour une lìpe-tite diférence, il ne faloit pas íe dégager de fa promesse ;est fi vous venez., ajoure-t-il, je prens Jur moi de vous faireavoir en peu de tems toute la somme que vous avez indiquie,e/ bien d’autres avantages. 11 lui écrivit encore le 21 d’A-vril 1534. Alciat étoit alors à Pavie, & n’y vivoit pascontent. Bembus lui déclare, que quant à lui, il acquiesceà ses excuses ; mais que les Curateurs de TAcadémie dePadoue ne s’en paioient pas, & qu’ils étoient persuadez,que la demande d’une Chaire de Jurisprudence au milieud’eux avoit été fondée fur un motif d’intérêt; c’est-à-dire,qu’Alciat n’avoit voulu être Professeur dans TAcadémie dePadoue, qu’afin de se servir de ce poste, pour se procurerde plus gros gages auprès du Duc de Milan. Vtinam tamaqui in te judiccs Praseilì Ludi Patavini estent , neque fibi per-suafiistimum haberent, te propterea profit endi st us Civile hacinurbe locum poftulavijje , ut eo tradito apud Ducem iftum tuumuterere ad largius atque uberius ab eo ftipendium promeren-dum (23).

Alciat s’étoit déjà servi de la même ruse, pendant qu’ilétoit à Avignon. II chargea T un de ses amis ^24) de faireen forte qu’on Tappellàt, ou à Boulogne, ou à Padoue. IIn’avoit point dessein d’accepter ces vocations ; mais il s’envouloir servir, pour faire augmenter ses gages. Nous sa-vons cela par des Lettres qu’il écrivoit en ce tems-là, &qui ont été imprimées à Utrecht, Tan 1697. Si mille mihiaurei Ferrant, conftituerentur, eo non irem : cr satis non poj-sum non mirari , qui tibì in mentem venerit , hanc convemio-nem cum eo traílare ; cum de Patavino , aut Bononienfi Gy m-nafio solum tibi mandata dederirn: quamvis nec mihi dijpliceanttua ista confilia: non quod in has Academtas venturus stm,sedquod Avenionenfrs, fi friverint ab aliis quoque mefri/citari, neeos defrram , timebunt , cr augebunt stipendia. Spuare cum eispotifimum velim bu distemines, quos conjeélabis idoneos este-, utin Avenionenfiem Academiam literas harum rerum indicesdent (25). Son ami failbit des cabales à Padoue, pour obli-ger les Ecoliers Allemans à demander à la République deVenise que Ton fit venir Alciat (26). Celui-ci le pria des’abstenir de cette peine , vu qu’il s’étoit engagé pour deuxans à la ville d’Avignon. Sa Lettre est datée du 26 de Sep-tembre 1520. Quelles bassesies ! quel amour sordide dugain !

(E) Mr. de Jhou .... : étoit mal instruit de son Histoire.

II supose ï, qu’Alciat, après avoir enseigné long-tems àBourges, fut Professeur à Avignon; c’est tout le contraste ;II, qu’Alciat sortit dc France sur le déclin de son âge;

S ìl

(20) VosliûâîEpilt.

X /.. V i il , pag*9 1 ,92.

Dlìc tfi datéede Là de 5 le Ide 16251

(V) CesLettres duBernbe Jontaux pages 64sér 854 duRecueil in -//tóLettercdi XIIIHuomíniillustri,

primé a Vent''se , en 15604in 8. 1 oiez*aújji les

XXIX &

XXX Let-tres , du VJtLivre duBembe;

(22) Cum tànummos au-rcos solarespetieris , ilUtibi lantumaureos eft sol-licita. PetiusBembus,£p:fi.

XXIX IJbro.VI, pag. 6344

(23) Pém^bus,Epist-XXXLibr. VI,

pag- 635.

(24) NomméFrancisaisCaivus.

ris) EpiseGudii, drvgP a g* 79.

(26) Ibidem jP a g» 7*.

Và r i

TI O N Sfur T Aged’Alciat,