A L C I A T.
139
<or puLentus ,Proter* statu-Tunzir.de claxisLe gum l n .‘«pietibus,Libr. //,
Mr. Tcií
M- 3 54 .Jet Eloge:^ U1 donnetonnant nt&ìlle mé<_erc.
?«’,/Xiaph168 «petit-du Kl
Vo
L n) M°re ti
p fol de
l . 0n de o»
» ih
t: 1 -*"' l-
í z T“:^nA ■ ?“«
I »>-t- H-
ZL,-
8 - 7 S.
' Sâ.
' H- z,.
il avoit le défaut d’être non seulement fort avare, mais aussi un grand mangeur (fl. C’étoit un groshomme, & de grande taille (/). Après que fa mere fut morte dans un âge fort avancé, il eutenvie d’emploier son bien à la fondation d’un College; mais, aiant reçu un affront de quelquesEcoliers iniolens, il abandonna ce dessein, ôt choisit pour son héritier François Alciat,jeune homme de grande espérance, qu’il avoit élevé chez lui (m), quoi que leur parenté fût fortéloignée (n). Ce François AIciatsuccéda & aux biens & à la Chaire d’André, & se rendit célé-bré à Pavie par ses Leçons de Jurisprudence. Le Cardinal Borromée, qui avoit été son disciple,le sit venir à Rome, & lui servit de si bon patron auprès de Pie IV, qu’íl lui fit avoir un Evê-ché, la charge de Dataire, & un chapeau de Cardinal (o). On a quelques fraisés de Jurispru-dence de ce Cardinal Alciat, qui mourut à Rome , au mois d'Avril if8o, âgé d’un peu plus defo ans. Voiez Nicius Erythreus , au chapitre XLVI 1 . de se seconde Pinacothecá. Ceuxqui disent que notre André passa toute se vie dans le célibat, se trompent (K). Il s’érigeade très-bonne heure en Auteur, comme je l’ai observé dans la Remarque [B). II a publié beau-coup de Livres en Droits & quelques Notes fur Tacite , la Latinité duquel lui paroissoit d’une ex-trême dureté ( L) . Muret s’emporta beaucoup contre cette délicatesse dans l’une de ses Haran-gues (p). Alciat n’en sentit rien j car il étoit déjà mort: mais d’autres Critiques, & nommé-ment Floridus Sabinus, qui l’attacjuérent de son vivant, lui firent bien sentir leurs dens Sc leursongles (f. Ses Emblèmes ont été fort estimez, ôt ont mérité que trois ou quatre Savans les aientornez de Commentaires (M). On a trop loué ses Poésies , comme Mr. Baillet l’a remarqué fine-ment au Tome III des Jugemens fur les Poètes, num. 12.86.
II n’est pas de ceux qui ont persisté dans leurs prémiers sentimens ; car on trouve dans sesPaierga , qui est un Ouvrage qu’ii publia íur ses vieux jours, la rétractation de plusieurs choses,que le feu de la jeunesse lui avoit fait débiter précipitamment: ôt, lors qu’on rimprima, en 1 f2.9,ses DìJpunStìones , il fit savoir ( r ), qu’en retouchant ce Livre-là, il n’avoit point prétendu don-ner son aprobation à tout ce qu’il y avoit mis dans ses jeunes ans, ni s’ôter la liberté de changerd’avis. Cette Remarque a été faite par un Apologiste de PEmpereur Justinien (/.). On (r) sitimprimer à Leide, en 1697, une Lettre qu’André Alciat n’avoit point écrite pour le public ; caril y faisoit une Description trop forte des Abus de la Pie Monajìique. II écrivit cette Lettre à Ber-nard Mattius, qui avoit été son collègue, ôc qui tout-d’un-coup, ôc fins conseiller ses amis, s’é-toit fait Moine dans l’Ordre de St. François. On lui représente doctement Ôc éloquemment sonimprudence. Cet Ecrit d’Alciat fut composé dans quatre jours : on le trouva dans le cabinet deScriverius ■(«). II est daté du 7 de Juin 1773. (N).
( 7 ) Il étoit, non feulement fort avare, mais aussi un grand man-geurj Panzirole s’exprime ainíi ; Avarier habit us est, csrcibi avidior. II ajoûte qu’AIciat, aiant reçu 300 écus pourune consulte , & su qu’on en avoit donne davantage àMarianus Socin pour la même affaire, 5 écria qu'on avoittrouvé un meilleur Marchand , mais non pas un meil-leur Jurisconsulte. Prenez ceci en passant pour une confir-mation de ce qui a été cité de Pàquier 1.41). Nous allonsaprendre d’autres nouvelles de l’avarice d’Alciat. ,, De» deux points est-il taxé. L’un, que fa méthode ressentoit>> je ne sçai quelle ostentation doctoralle . . . L’autre,» que l’avarice lui commando!: tellement, qu’il sembloit»> que sa langue, plume, & doctrine, fussent à gage des» heigneuts, qui plus lui donnoient d’escus. Etmesme,je» me souviens qu’aux Parerges, parlant de Jason, il vueille» prescher pour l’argent, le prisant de ce qu a lui ont esté-, augmentez les gages des Docteurs. D’où Alciat a bien« sceu faire son profit, ayant tiré de l’Université deBour-« Zes douze cens escus d’estat, outre ses Licences 8c Doc-«> tonus, qu’il faisoit bien tripler, suivant la trace du Doc-3, teur Jason, lequel fut le ptémier, qui, pour les dégrez3, 8r honneurs qu’il donnoit aux Jurisconsultes , prenoit„ cinquante ík cent escus, au lieu qu’auparavant lui on3, avoit accoultumé de passer pour trois ou quatre escus.» A cause de ce (dit-il) que lui, Decius, Ruine, 8c lesau-3, tres Docteurs, peuvent s’enrichir de ces gratieusetez,3 > que paient les Ecoliers, fans estre sujets à répréheníion.» De là > il n’est pas mal-ailë de recueillir qu’il se fait fort-, de Jason, contre ceux qui se formalisoient à rencontre>, de lui, de ce qu’il estoit tellement tenant à l’argent, que’> pour recevoir de lui la dignité de Docteur, Bachelier, ou»> Licentié, il falloit qu’on desgaignast à foison des escus.3 0 Ce qui me fait persister davantage en cette opinion , est33 qu’au dernier chapitre du cinquième livre de ses Parer-„ ges, reprenant son propos de jafon , il se plaind des-, Princes 8c Seigneurs, qui couchent en si petit estât les33 doctes 8c sçuvans hommes, au lieu qu’au tems passé,-, melmes du tems de Vespasian,(au raport de Tranquille,)-- cet Empereur faisoit délivrer de ses deniers publics quin--, ze cens escus aux Oiateurs 8c Rhétoriciens Grecs 8c La--, tins; mesures adjouste-il l’authorité du Rhétoricien Eu--> menius, qui exerçoit fa vocation à Authun, auquel, par»> l’Ordonnance des Empereurs Diocletian 8cMaximian,„ on donnoit d’estat quinze mil escus par an.” Ces paro-les sont de Thevet, à la page 2.79 du V II Tome de l’His-toire des Hommes illustres.
ÍK) Ceux qui disent qu il passa toute fa vie dans le céli-bat, f e trompent. ] Voici comme il parle dans une Lettrestu’il écrivit a fou ami François Calvus, après s’être retiréste Milan à Avignon. Vice versa , í? ego te rerum mearumadmoneo ; multis affeílum me armais patriâ excejsijfe, Uxo-r em vivam ey foff item ibi reliquiffe ; citeras fato funòíos (41I,fortunis plcrifque ami/sis, virtuti soli innixum non omnìno con-Cí difse. Libros e/ Bibliothecam omnem conservasse. Inprafen-t!a Jus Civile Avenione projiteor (43). Corrigeons donc cesparoles de Mr. Teiíîìer, il fajfa fa vie dans le célibat (44).
\é;) ta latinité de Tacite lui paraissait dé une extrême du-rtt f \.Oeil en écrivant à Paul Jove, que cette plainte lui
10 M, I,
échapa : Alciatus non dubitat affirmare dittionem ejus prs. illaPauli Jovii ejfe fenticeta çqç). Dans une autre rencontre, ilavoit parlé bien autrement : Certat in Tacito fermonis gravi-tas cum elegantia (46). Je renvoie la discussion de ceci àl’Articie de Tacite.
(M) Ses Emblèmes ont été fort estimez. . ... ejT ornezde divers Commentaires. 1 Scaliger le pere, qui n’étoit pointprodigue de louanges, comme chacun fait, parle ainsi decet Ouvrage: Alciati prater Emblemata nìhil mihi videre con-tigit. Ea vero talia Junt > ut cum quovis ingénia certare pojsint.Dulcia funt , pura Junt , elegantia funt ; Jed non fine nervis ;fententi. vero taies , ut etiam ad ujus civilis vit&conférant (47Ì.Ces Emblèmes ont été traduits en François, en Italien, &en Espagnol (48). Les Versions Françoiscs sont trois pourle moins; celle de Barthclemi Aneau, celle de Jean le Fe-vre, 8c celle de Claude Mìnos (49). Ce dernier ne fe con-tenta pas de les traduire, il les commenta aussi. Un desplus savans Humanistes d’Espagne (çojles a crus dignes d’unCommentaire de fa façon. Pignorius, savant Italien , ena fait le même jugement: 8c, après eux tous, un Profes-seur de Fribourg çjr) les a publiés avec leurs Notes & avecles siennes, 8c y a joint a la fin celles de FéJéric Mord.Cette Edition est fort bonne ; c’est dommage qu’on n’ypuisse pas distinguer ce qui apartient à chaque Commenta-teur : elle est de Padoue, en 1661, in 4. Je ne parle pointde Sébastien Stockhamerus, dont le travail n’a pas été fortestimé. Sebaftianum Stockhamerum vix Commentatoris nomme
dignor , quia in fola Epigrammatts refolutione occupatur , pau-cijsimis , iifque fatis vulgatis fententiis er fabulis additi f, adh/icvix mediam Emblematum partem hoc Juomore explicatif.Je ne parle point non plus de ce Jésuite, qui expliqua pu-bliquement a Paris ces mêmes Emblèmes (53); mais jepense qu’on ne sera pas fâché de voir le titre dont Barthe-lemi Aneau ( Bartbolom&us Anulus ) se servit: le voici. LesEmblefmes d’André Alciat , traduits vers pour vers jouxte ladiilion Latine, cr ordonnez en lieux communs, avec sommaires ,inscriptions,fchemes, c? briefves expositions epimythiques, selonl’allégorie naturelle, morale, ou hijloriale. Les Editions decet Ouvrage d’Alciat sont innombrables : dans celle deThuiiius, dont je me sers, il y a ziz Emblèmes; ainíij’ai été surpris que Paul Freher nous assure que ce Livre necontient que 100 Emblèmes (54).
(N) Son Ecrit des Abus de la Vie.Monastique est daté du7 de Juin 1553.] St cette date étoit bonne, il taudroit reje-ter tous les Auteurs qui mettent la mort d’Alciat au iz dejanvier 1550, ou 1551, 8c qui allèguent jon Epitaphe (53).Mais on s’est trompé, en datant cet Ecrit-là; 8c je pensequ’il fut composé avant tannée i;zo, 8c que c’est la mêmePiece qu’AIciat eut peur qu'Erasme ne fit imprimer. Sjuodut facias te quoque ipfe oro: nec minus ut de unguibus Erafmireglutines Orationem illammeam ad Matthìam Minoritam,cumid quafo, ne fi in cìnerariorum istorum manus incident, paratafint mihi cum eis aterna bella (569. C est ce qu il écrivit àson ami François Calvus, le zó de Septembre içzo. Ona publié à Utrecht, en 1697, quelques Lettres du mêmeJurisconsulte , qui nous aprenent bien des choses particu-lières , & fur tout les louanges qu’il fe donnoit .avec unevanité de fanfaron.
S z ALCIAT
(?) d est UXVII. dulí Tome .Votez, aussiBodíniMeth. Hif-tòr. Cap.
PW 85.
f?)Cl. Mï-
nos, in vltâAlciati.
(r) VoìezU Préfacedu Livre.
(f) GabrielTrivoritis,Observât.Apologer.ad Inscript.Orarionisad Ante-ceflòres,
ft if. 187.
Edit. Paris.An. 1631.
.(/) Mr. Mat-thacus, Pro-fesseur enDroit à Leide,
(u) Voiezl’Epitre Dé-dicatoire deMr. Mat-thius.
( 45 ) Voffins,de Hist. Lat„Libr. I ,fag. 160.
(46) VideCanonheriîDise. Politic,in Tacit.
M- 3 .
( 47 ) Jul.Cîefar Sca-lig. de pog*tiC. Libr. VI m
Í4*) Joh.MíittlixusToscan, inPeplo Ital.Libr. II tu
(49) Voiez. láBibliotheq.de la Croixdu Maine.
(50) Sanc-tîus, Bro.cnfeu
(s 1 )Joan-nes Tliuilius*Maria-mon -t anus Tirol.Phil. & Mecs*I). dtque olimin xArchid.Trîburg. Bris -goia Vmvcr*Jitate Human»Liier. Proses-fòrord'nariuSm
(sz) Thui-Jius, in Prxfi.Claude Mi-nOS en 7 ugeà-peu-près demime dans faPtéface.
($s) Minos,là-mime.
< 54 ) Faul.Freher. in.Theatxo.
(55) Voiez. la%emar(]îte
(EÌ-
fS 6 ) Epist.Gudii, ire,
pag . 80.
Voiez attflì? 4 ?- 81,82,ir la Préfacede Mr. Bw-ma«.