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Tome premier. A - B.
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14 o

A L C I A T.

(«) Votez*Atetius, dansP Histoire dela Condam-de Gcntilis.

(6) Beza, in■yita Calvi-

(c) ld. ibìd.

(d) Bibliot.Antitrinit.

2 S.

ALCIAT (Jean P. a u l ) Gentilhomme Milanois, fut un de ces Italiens, qui abandonnè-rent leur patrie dans le X VI siecle, afin de s’unir à l’Eglise Protestante ; 8c qui ensuite s’amusè-rent à tant rafiner íur le mystère de la Trinité , qu’ils formèrent un nouveau parti, non moinsodieux aux Protestans qu’aux Catholiques. Alciat avoit porté les armes : il commença ses inno-vations à Geneve , de concert avec un Médecin nommé Blandrata , & avec un Avocat nomméGribaud j ausquels Valentm Gcntilis s’associa (a). Les précautions que l’on prit contre eux , 8cles procédures séveres que l’on exerça contre ce dernier , rendirent les autres plus timides , 8c lesengagèrent même à chercher un autre théâtre (b). Ils choisirent la Pologne , où Blandrata 8cAlciat semèrent leurs Hérésies avec assez de succès. Ils attirèrent Gentilis (/i) , qui ne manquapas de les aller joindre (c). II avoit l’obligation à Alciat , qu’à fa prière , le Baillis de Gex l’a-voit mis hors dè prison (B). On prétend que de la Pologne ils passèrent en Moravie. Nous dironsen íòn lieu quelle fut la destinée de Gentilis. Pour ce qui est d’Alciat, il se retira à Dantzic , 8cy mourut , dans les sentimens de Socin (C) , car il n’est pas vrai qu’il se fit Turc (D). IIavoit écrit deux Lettres à Grégoire Pauli, l’une en i y64 , l’autre en i y6y , datées de Husterilts,où il soutenoit que Jesus-Christ n’a commencé d’être qu’à fa naissance de la Ste. Vierge (d). On

a donc

(i) A retins,dans PH ist.de la Con-damnationde Gentilis.Voici. a»fila LXXXlLettre deBeze.

fa) Bibliot.Antitrinit.pag 26 ir 27,

(3) Lubie-niec. Hist.Reformât.Tolon.

pag. I0 7-

(4) On irowveces fautes dansP Edition de

16%J ..alimen-tée des Motesir de la Conti-nuation de Mr'.

Leydecker,

(. A) lis attirèrent Gentilis.'] J’ai suivi Aretìus , & Théo-dore de Beze , qui s’accordent à debiter que Gentilis n’allaen Pologne, qu’après que Blandrata & Alciat y eurent dog-matisé (1) ; & p abandonne l’Auteur de la Bibliothèque desAntitrinitaìres , qui afirme qu’Alciat 8c Gentilis allèrent en-semble en Pologne , environ l’an içóz (a). Sraniílaiis Lu-bieaietzki a dit à-peu-près la même chose. Valentinus iste,erPaulus Alciatus Pedemontanus, cum G eneva ob odia Calviniacerrima subsstere nonfojfent , anno 1563 m Polomam -véné-rant (3). Mais ces Auteurs ne font point assez exacts,pour mériter la préférence. Hornius la mérite encoremoins, lui , qui a dit que George Blandrata , 8c Paul Al-ciat, tous deux Médecins, (il se trompe à 1 égard d’Alciat,)se sauvèrent de Suisse en Pologne , épouvantez par le su-plice de Servet, 8c par celui de Gentilis. Dans la mêmepage de son Histoire Ecclésiastique, il astûre qu’ils survolentle Trithéïsme de Valentin Gentilis (4). Mais il est cer-tain que l’hérésie d’Alciat étoit le pur Socinianisme. Onne sauroit mieux réfuter la chronologie de Hornius , quepar une Lettre de Pierre Martyr , écrite à Zurich , l’onzié-me de Juillet 1558. On aprend à Calvin dans cette Lettre,qu’on avoit vu Grégoire le Médecin , accompagné de JeanPaul le Piémontois ; qu’on les exhorta à ne point rompresurdon de l'Eglise, 8c à se conformer au Formulaire de l’E-glise Italienne de Geneve ; qu’on n’y gagna rien ; 8c que ,de lavis de Bullinger, on leur conseilla de vuider la ville ;qu’ils le firent; que îe Médecin dit qu’il s’en alloit en Tran-silvanie ; 8c que Jean Paul se retira à Chiavenne. II fautlire dans Pierre Martyr , non pas Gregorium Medicum , maisGeorgium Medicum , qui n’est autre que George Blandrata ,tout comme Joannes Paulus Pedemontanus n’est autre quenotre Alciat. Si Calvin ne disoit pas expressément quetous ces hétérodoxes Italiens , 8c nommément Jean PaulAlciat, signèrent le Formulaire , on scroit fort tenté depenser , que ceux dont parle Pierre Martyr refusèrent d’ysouscrire. Quoi qu’il en soit, ils n’étoient plus à Genevepeu après la signature ; car elle se fit le 18 de Mai 1558,8c ils étaient à Zurich l’onziéme de Juillet suivant. Gen-tilis ne fut mis à mort qu’en 1566. II étoit sorti de Genevequelques mois après la signature , 8c s’étoit retiré au païsde Gex , où il conféra avec Alciat : ce qui montre, ouqu’Alciat n’alla point à Chiavenne, en sortant de Zurich; ouqu’il y demeura peu. Voiez s Article B l a n b r a t a , où jetache de débrouiller Tordre des tems par raport à ces gens-Ià.

(B) A fa priere , le Saillis de Gex avoit mis Gentilis horsde prison (5).] On ne fait si les prières suffirent. Sandiusinsinue qu’il salut donner de l’argent : In oppido nomine Ga-jum in carcerem conjicitur ( Gentilis, ) unde cum evadere nonpojfet , quod effet pauper , a socio suo Paulo Alciato redimitur,(6) Bibliot. quem utpote locupletem, pr&terea vero nobili genere ortum, immoAntitrinit. Os militem, simili modo non audebant aggredi (6).

t a &- 2S - (C) il mourut à Dantzàc,dans les sentimens de Socin.] C’est

de quoi on ne peut raisonnablement douter, après les preu-ves que Martin Ruarus (7) en a données. II dit que cethomme , aiant vécu quelques années à Dantzic comme unbon Chrétien , recommanda en mourant son ame à Jésus-Christ son Sauveur : 8c puis il ajoûte (8), „ Catherine Wei-,, mera , aieule de ma femme, qui le connoissoit familiére-„ ment, & qui assista à fa mort, l’a souvent dit à David„ Werner Buttel son Mari, qui est encore en vie, 8c il n’y„ a que trois ans qu’elle est morte. Ma belle-mere me dit„ encore hier, qu’elle avoit souvent vu en cette ville la„ veuve d’Alciat , qui survécut quelques années à son,, mari”. II ajoute par occasion, qu’il a ouï dire à An-dré Woidovius , qu Alciat , courant risque d’être assomméà Cracovie par des Ecoliers, à cause qu’tl passoit pourArien , éluda leurs mauvaises intentions , en leur disantqu’il croioit en Jésus-Christ Fils du Dieu vivant 8c de Ma-rie : ce nom de Marie le sauva. Ridicule schemate evasffecum se non Arianum sed Marianum effe dìceret, quod cum illiquid fìbi vellet qu&rerent respondiffe , crederese Jcsum Chris-tum Dei vivi ev Maria filium. lili _ non minore flupore quammalitia obseffì,audito venerando Maria nomine incolumem dimì-serunt. Voilà un cas où la maxime des dévots outrez de

7 .. k Ste. Vierge se trouva véritable , §ue l'on est quelquefois

nomme Jefu. r aUíV é avec plus de promtitude , en invoquant le nom de Marie ,dc Excel?™- qu en invoquant le nom de Jésus (9).

*iâ virgínis ( D ) ^ ne fi t as vra * fi* Turc.] On vient d’en liresap. vu ’ les preuves ; 8c, fur cela, qui peut s’empêcher de dire qu’il

(j) Hïstor.

Reformât.

ÏoIoil

Ï07 ; Bibliot.

Antitiinitar.

fag. z 8.

(jjCìsez. áìn-Jì, & non pat.Martin Bu-cerus, dans laJïiblioth.Asttitrinitatrfag. 27 .

( 8 ) Dans uneLettre écrireÀ Calovim ,dsr datée deDantz.ìcS. d. m.Non. Apr.1640 . C eftU XLVIIde la prémiereCenturie desLettres deRuarus.

( 9)Velociorejlmnnunquamfol us invocatotsomineMaridtytjttàm invocai o

feroit à souhaiter , que ceux qui soutiennent la bonne causene fussent point sujets à certains défauts, qui règnent éter-nellement parmi les persécuteurs de f orthodoxie ? Un ex-cès de crédulité , un fond de mauvaise haine , je veux direune haine qui ne comprend pas moins la personne de l’hé-rétìque , que son hérésie même , nous font avaler tous lescontes que l’on debite au désavantagé d’un Hérésiarque.Court-il quelque brait qu’il s’est tué , que le Diable l’a em-porté , qu’il est mort enragé 8c en blasphémant, on le croît»sans attendre que la chose soit avérée ; on 1 écrit à ses amispar tout où l’on a commerce; on fini prime, qui pis est:8c , dès là , on fente un mensonge , dont la graine ne seperd jamais, tant elle tombe en bonne terre. Le prémierqui le publie n’est pas long-tems le seul qui sait publié : onne chomme pas à le faire passer de Livre en Livre, commeun grand motif de zèle, ou comme un objet de réfléxions.

Les Protestans n’ont pas été moins trompez que les Ca-tholiques au prétendu Mahometisme de Jean Paul Alciat.Ils n’ont pas été moins soigneux de le débiter les uns queles autres.

lliacos intra muros ptecatur ct* extra (10).

Sponde fa inséré dans ses Annales Ecclésiastiques ; 8c c’estde là fans doute que le P. Maimbourg savoir copié (n) ,quoi qu’il ne cite point cet Auteur, comme Mr. Moréri lecite. Le fameux Calovius savoir débité : Ruarus lui écri-vit ce que l’on a vu. II y avoit deux ans qne fa Lettreétoit imprimée . lors qu’on fit une nouvelle Edition des Histoire Ecclésiastique de Micraelius : cependant celui quia pris la peine d’y ajouter beaucoup de choses , n’en a pasôté le mensonge pour lequel Calovius avoit été censuré.Je ne fai si Ruarus a bien découvert s origine de cette fable.II croît qu’une Lettre de Théodore de Beze (12) en a étéle fondement. Cette Lettre raportc que Valentin Genti-lis , interrogé fur son camarade Alciat, avoit répondu , ils est fait Mahométan , C? il y a long-tems que je n ai eu aucuncommerce avec lui. Les deux conjectures de Ruarus 11e fontpas mauvaises : I, Gentilis crut faire plaisir par là aux Ju-ges qui lui failoient íòn procès. Nous aprenons tous lesjours (13) par nos Gazettes quelque chose de semblable;c’est-à-dire, que les déserteurs débitent mille nouvelles très-propres à chatouiller ceux qui les questionnent : II, Gen-tilis , qui reconoissoit en notre Seigneur une génération ouune filiation fort singulière , étoit bien-tôt disposé à mettredans la même catégorie les Samosaténiens 8c les Mahomé-tans. Deux sectaires qui se brouillent s’entre-lraïssent plusau commencement, qu’ils ne haïssent le tronc duquel ilsse sont séparez : de sorte que Gentilis étoit un mauvaistémoin à f égard d’Alciat » après les disputes violentes quiles avoient désunis dans la Pologne. Voetius (14) , 8c Lse-tus (15) , n’ont cité que cette Lettre de Théodore de Beze,quand ils ont dit qu’Alciat s’étoit fait Mahométan. Hor-nius n’a cité personne , quoi qu’il avance cela avec la der-niere confiance ; Alciatus , dit-il (16) , transit ad Turcas,ac Muhammedismum amplexus,inter eos vitamsniit. Hoorn-beek ne cite non plus personne dans f Apparat de ses Dispu-tes contre les Sociniens, où il dit deux ou trois fois qu’Al-ciat embrassa le Mahométisme. Dignam peenam dédit quandoeum Deus ad Muhammedanos prolabi svit ; nempe ne alibiquam inter Insdeles istos nomen suum ultra prosteretur (17).On pourroit soupçonner que cette fable n’a pas eu la Let-tre de Théodore de Beze pour son fondement unique , fil’on ne considérait que légèrement l’Histoire de la Réfor-mation Polonaise ; car quand on y voit que f Auteur ,aiant parlé d’un certain Adam Neusserus (18) , qui enfin sevit contraint de s’enfuir à Constantinople , ajoûte qu’Alciatavoit eu une semblable destinée , on ne peut gueres pensersinon que la chose est véritable , puis qu un tel Historien ladébite. Mais en éxammant de près les paroles de cetAuteur, on trouve que son témoignage se réduit à rien.Voici comme il parle dans la page 200. ExaSîo trimestrinecese habebat í Adamus Neusserus ) periculosbi ab explora-toribus Cis arts imminente jolum vertere , cr Conftantinopolim( quam z? Alciati fortunam ftiffe supra vidimus , adeo Titrcaante Christianos aquitatecr humanìtate longe sunt ! ) confugere.Ces paroles nous renvoient à un endroit précédent je croique c’est à la page roq. Or st d’un côté l’on trouve danscette page que quelques-uns ont écrit que Gentilis s’étoit

fait

(lo)HorafiEpist. 77»Libr. 2»f. ti.

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