Band 
Tome premier. A - B.
Seite
141
JPEG-Download
 

A L C I A T. A L C I N O E'. î 4 î

a donc eu raison de blâmer Moréri, qui l’aVoit 6i.it Arien , & puis Mahométan (e). Peut-êtrequ’avant que de se retirer à Dantzic , il avoit fait un tour en Turquie , sans avoir dessein de sefaire Renégat, mais seulement d’y être à couvert des persécutions ( E) ; & c’est peut-être ce quidonna lieu au bruit qui a tant couru , & qui court encore , de son prétendu Mahométisme. Cal-vin ôc Beze ont parlé de lui comme d’un sou à lier (F).

f’s) Histor.Reformât.Colonisa:,

IvA.

<“) Je mia faut U-rt . - à Cal-vino este^wentutn« ejus x-odio'ntetnecinoiû > 8cc,

h’ÌQuo ibotuo,í q>io à fa_Cl . e rua su-giam -

^ sompïàoP'nnasmeas“•ucnlo &fibitavero'xttemis.'"ans

*! luc tenebit

tua. dcMe ^

fait Mahométan , on y trouve auffi de l’autre , que ce fu-rent ses ennemis qui forgèrent cette imposture. ( 7 est fansdoute ce qu’a voulu dire le Sieur Stanislas Lubienietzki.On le sent, malgré les fautes d’imprestìon qui défigurentmisérablement son Livre. De Alciato scriptum accepi , dit-sl (19) , eum in Epifiolis ad Gregorium Pauli anno 1564 e?1565 Hujlerlitz.ii dat'ts dijfuafijfefententiam quod Christus ex-titerit antequam ex Maria najceretur,z? acerrimê dogmati vul-gari de Trinitate reftitijfe , ita ut Mahometifmum confìlii in pri-mer dio Reformations fat ancipiti c? arduo ignarus ei pratuliffefcribatur , sed à Calvino inventurum ejus amulis , odio in-ternecino tri eum z? alios veritatis amantes flagrantibus (2.0).

(E) Peut-être .... avoit-il fait un tour en Turquie ....pour être à couvert des persécutions. ] Cela me fait souvenirde Pierre Abélard , qui fut sur le point daller chercher un.asyle au pais des Infidelles > contre les agens ou ïes promo-teurs de l’Orthodoxie. II avoit été batu de l'oiseau, &s’allarmoit plus qu’un autre ; car toutes les fois qu’il en-tendoit dire qu’il se feroit bien-tôt une assemblée d’Ecclé-siastiques , il s’imaginoit que c’étoit pour le condamner,v ailleurs, il avoit éprouvé le grand crédit de ces agens ,& il n’éroit pas facile de leur échaper fous des Princes deleur parti. Ils écrivent par tout ; 8c, avant que leur enne-mi soit arrivé dans une ville, le portrait de ses erreurs yfait déjà peur, 8c y soulevé tous les esprits. Un teins aété , que ceux qui avoient l’oreille des Papes pouvoientrendre la meilleure partie de l’Europe un pais inhabitable ,à l’égard d’un homme qu’ils se seroient mis fortement entête de faire passer pour hérétique ; 8c ce pauvre misérablepouvoit en quelque façon leur apliquer quelques endroitsdu Pleaume CXXXIX (21). II ne faut donc pas seton-ner que Pierre Abélard ait cu envie daller chercher durepos au milieu des Mahométans, ou des Païens : il espé-

rait qu’en paiant tribut il aurait la liberté de professer leChristianisme hors de la sphere d’activité de Yodium Theo-logicum ; 8c il craignoit, qu a moins que d’en venir là, ilse trouverait toujours enfermé dans cette sphere. Voicises paroles. Deus ipfe mihi teft'ts efl quotient aliquem Eccle-fiasticarum perfonarum conventum adunari noveram , hoc indamnaiionem meam agi credebam. Stupefallus illico quasi fu-pervenientis iSlum fulguris expeSlabam , ut quasi hanticus autprofanus in Conciliis traherer aut Synagogis. . . . Sape autem( Deus fcit ) in tantam lapsus fum defperationem, ut Chrifliano-rum finibus excejfìs ad Gentes tranfire difponerem , atque ibiquieie sub quacumque tributi paHïone inter inimicos Chriftichriflìane vivere (22). Or comme Alciat avoit encore plusà craindre du Papisme qu’Abélard , 8c qu’il ne voioit guerede sûreté dans les pais où les autres Chrétiens étoient lesmaîtres,

Tenent Danai qua déficit ignis (23) ,

ses boutades 8c ses caprices auraient bien pu lui faire naî-tre l’envie d’essaier la tolérance des Turcs, 8c l’en dégoûterbientôt, pour l’envoier à Dantzic. Aprenons à nous défierde certains récits, encore que des Auteurs considérablesles adoptent.

(F) Calvin er Beze ont parlé de lui comme d'un fou à lier.']Le prémier dit, que le jour que l’on proposa aux Italienssoupçonnez d’hétérodoxie un formulaire a signer, Alciats’emporta d’une maniéré furieuse ; Inter quos princeps fuitJoannes quidam Paulus Alciatus , homo non stolidi tantum acvsfani ingenii , fed plané phreneticus ad rabiem ufque (24) .-l’autre dit, que c’étoit un homme à vertiges, 8c un pho-nétique ; Paulus quidam Alciatus , Mediolanenfis , homo jamantea plane phreneticus zy vertiginofus (25).

ALCIAT (Terence) Jéíuite Italien , issu de la même famille qu* Alciat le Jurisconsulte,naquit à Rome , l’an 1 f 70. II étudia cinq ans en Droit, avant que de se faire Jésuite. Ce futau mois de Mars iypi , qu’il entra dans cette Société. Les emplois qu’il y a eus témoignentqu’on l’y regardoit comme un sujet important. II fut pendant treize ans Prefect du College deRome , il y enseigna cinq ans la Philosophie , & dix-sept ans la Théologie. Après cela , il futDirecteur de la Penitence du Vatican, 8t Sous-Supérieur de la Maison Professe. II assista à laneuvième Congrégation générale des Jésuites , comme Député de la Province de Rome j &, lorsqu’il mourut d’apopléxie, le 12, de Novembre 16s 1, il étoit Sous-Provincial. II n’étoit pas dansune moindre considération hors de la Société ; car outre c^u’il fut long-tems Qualificateur de 1 aCongrégation du St. Office , & Consulteur de la Congrégation des Rites, il fut choisi par lePape Urbain VIII, pour réfuter le Pere Paul. II preparoit une Edition des Actes du Concilede Trente, qui auroit été l’Apologie de cette Assemblée contre toutes fortes d’adversaires , &nommément contre ce redoutable Vénitien. II avoit déjà ramassé un grand nombre de matériauxpour cet important 8t pénible Ouvrage , lors que la mort le fit sortir de ce monde (a) ; mais' encore qu’il eût donné plusieurs années à ce travail, il n’avoit presque pas commencé la formede son Ouvrage. Le Pere Sforce Palavicin , qui fut chargé du même destein, nous aprend pour-quoi le Pere Alciat étoit demeuré si loin de l’éxécution {A). Si Mr. Moréri avoit seulementjetté les yeux íùr la Préface du Cardinal Palavicin , il n’auroit pas mis entre les Oeuvres du PereAlciat les Ailes du Concile de Trente. II n’y faut mettre qu’un Sermon fur la P a [son , prononcédevant le Pape Clément VIII, en lóoz , & la Vie de Pierre Fabri , compagnon de St. IgnaceLoyola. Le Pere Alciat, déguisé sous le nom d 'Emìnìus (b) Tacitm , l’a traduite en Italien , duLatin de Nicolas Orlandino (c). Cette Traduction fut imprimée à Rome , en 1619. Le Latinfut imprimé à Lion , en 1617. Mr. Moréri remarque que le Pape Urbain VIII difoit que lePere Alciat étoit digne du Chapeau de Cardinal. Nicius Erythrasus le raporte (>/). Si l’on de-mande , à quoi tenoit-il donc que ce Jésuite n’eût pas ce qu’il méritoit ? Urbain VIII n’étoit-ilpas le distributeur de ces Chapeaux ? La reponfe est fort aifee : il faut conférer cette dignité àtant de gens par des raisons de Politique , qu’on ne peut toujours y admettre ceux que l’on croitla mériter.

{A) Le Pere Alciat , qui avoit entrepris une Réfutation deFrà Paolo, étoit demeuré... loin de l'éxécution.] II s’étoit im-posé la loi de ne rien nier à son adversaire . sans aporterdes preuves de fa négative ; de forte qu’il emploia bien desannées à chercher des mémoires qui lui fournissent cespreuves. Le Cardinal Palavicin prétend que c’étoit uneoeuvre de subrogation ; parce qu’il n’y a point de loix quiobligent à la preuve celui qui nie : c’est à l’accusateur àprouver ; & , s’il ne le fait point, il mérite la peine dutalion : mais la personne accusée peut se contenter d’unje nie lésait ; cela suffit à la faire absoudre , pendant qu’onne prouve rien contre elle. Là dove quefii sera fatto lecitod'accufare fenza provare , il cbe dalle leggi c punito colla penadel talione ; quegli non voile negare fenza haver la prova déliasaisit à ; dal che ogni legge il difobligava. Quìndi fu che fpefe

moltiffimi anni in cercar memorie certe ài que’ fuccejfi (1). N’endéplaise à ce Cardinal, je ne crois pas qu’en cette rencon-tre ce fût assez de nier ce que le Pere Paul affirmoit. Quandon a les rieurs contre foi , il faut avoir droit & demi , &accumuler preuve fur preuve , si l’on veut gagner fa cause.Ce Cardinal ajoute que le P. Alciat compostait fort lente-ment , parce qu’il ne se pardonnoit rien qui fût éloigné dela perfection : la vieillesse , & les affaires de la Compaanie,furent de nouveaux obstacles. Dapoi, la freddezza deïï etkdecrepita,la natura perplejfa, lapenna altrettanto lenta, quantaefquifita , le occupazioni de’ noftri governi domefiìci , hannocagionato ch'eglì fia morto con lafciar solo qualche vefiigio délitopéra conceputa in idea (2). Que ceci nous fasse comprendre,qu’il y a des gens, qui , à force de travailler à être de bonsAuteurs, demeurent toûjours privez de la qualité d’Autcur.

(e) Volet foHDictionai*re , at* motAlciat,

où on le rc~fute».

(22) Ab*-*lardi Opeí.Z r.

C23) Virgii:a£neid.

Libr. //,

F. J°5.

(24) Calvilleaavers. Va-lent. Gentil*fag 659Tractat.Theolog.

(2 5) Beza,EpistolàLXXXh,

(a) Èx BÌ-bliothecâScriptorumSocietatisJesii, Na-thanaëiisSotuelli.

(b) LéonAllatius inApibus Ur-banis, pag.2zs, ir Ale-gainbe, di-sent Ermi-nius.

(r) Sotuellus,Bìbl. Societ,Jesu.

(d) NiciusErythr. Pi-nacoth. II,Cap. XLV1I,

(1) Pallavíe,Introduz.itmeM Hist. delConcilioTrident.

Cap. V.

(2) Là. mîtms

ALCINOE', fille de Polybe le Corinthien, & femme d’Amphilochus, devint folle d’amourpour un certain Xanthus de l’Ile de Samos , qui étoit logé chez clic. Ce n’est point là ce qu’ily eut de plus étrange dans son avanture ; le grand sujet de surprise est de voir que ce fut Miner»

S 3 ve,

f