ALCINOE'. ALCINOUS.
(a) Parthe-nins , Ero-ticorumCap. XXVII.
(a) Homer.Odyssea:Lìbr. VI &VII. II nefaut pas direN alitai.is,comme M.O-léri.
( b) Homci.OdylTea:Lìbr. VI,
«r.
(e) Homer.Odyss. I.iír.VI, t. 270;Lìbr. VII,tf. 3 S, 107;Lìbr. VIII,f. 247, 253,tf pajftm alibi.
(i)Britann.in Juvénal.Satir. Vf. IJI.
(2) Juven.Satir. V,if. I 4 S-
(}) Je ne faiJi Pline a bienentendu ceejii il avoit luTouchant lesJardins d'ai-dants. Ils »V-toient pas cequ 1 il s'imagi-ne. Voies, cî-dejfus, pag.Sz,Col.i,au com-mencement.
(4) Plinius,Libr. XIX,Cap. IV.
($) Citegor.Nazianz.Carm. adVital! an.
(S) In Epi-thet.
(7) In SylvaVocabul., crin TliesauroEing.iarum.
(S) Plato,de Repub ,Libr. x.
Iaj.2,
ve, qui lui inspira cette maladie d’amour, pour la punir de ce qu’elle n’avoit pas paie tout cequ’elle avoit promis à une femme qui avoit travaillé chez elle. Cette femme pria Minerve de lavanger, 6c voilà comment ses prières furent exaucées. Alcinoé, par les foins de cette Décile, de-vint si furieusement amoureuse de son hôte , qu’elle abandonna sa maison 6c ses petits enfans , &s’embarqua avec lui. Mais pendant le volage, elle sit des réflexions fur fà conduite , elle enpleura , elle se souvint avec cris 6c larmes de son jeune mari 6c de ses enfans, enfin toutes les bon-nes paroles de Xanthus, qui promettoit de l'épouser, étant une trop foible consolation , elle seprécipita dans la mer (a). Grand exploit, & bien digne de la Déesse Minerve! Voiez la Re-marque (C) de l’Article Egiale'e, & la Remarque (D) de l’Article Myrrha.
ALCINOUS, Roi des Phasaques , dans l’Ile qu’on nomme aujourd’hui Corfou , étoit filsde Nausithoiis (a) , 6c petit-fils de Neptune & de Peribée {A). II épousa Arete , sa niece, filleunique de Rhexenor fils de Nausithoiis , & en eut cinq fils , & une fille nommee Nausicaa , delaquelle Homère dit beaucoup de bien ( b ). II loue encore davantage la mere , 6c il en fait uneHéroïne. II fait aussi de fort longues descriptions du palais & des jardins d’Alcinous. A son dire,il v avoit les plus excellons fruits du monde dans ces jaidins . & cela , fans vicissitude d’hiver 6cd’été, mais tous les mois de l’annee. C’eft fans doute par ses jaidins qu Alcinous a principale-ment immortalisé sa mémoire {B). II reçut avec beaucoup de civilité Ulyíîè (C) , que la tempêteavoit jetté sur la côte des Phíeaques : il lui offrit ía fille, & le fit mener a Ithaque , charge de pré-sons. Or , comme pendant le tcíïin ou il 1 admit, celui-ci fit cent contes a doumr debout à tou-te la compagnie , on croit que cela sit naître quelques proverbes ( D) , qui etoient en usage parmiles Anciens. Quoi qu’il en soit, le Roiaume d’Alcinous étoit un vrai pais de Cocagne : on y ai-moit la bonne chere , Lc les commoditez de la vie (fi) : ce qui n’empêchoit pas que les gens n’yfussent agiles , & fort bons hommes de mer ( c ) , 6c qu’Alcinous ne fût un Prince très-juíte, com-me cela paroit par ces paroles , aVu/kj©- k^Ívívks ânMiUmÇr (iwMw (d). (jjarpheu*
(A II étoit petit-fils de Neptune cr de Peribée.] Britannicusnous assure qu’Alcinous étoit fils de Phseax , 8c que Phaeax1 etoit de Neptune 8t de Corcyre (1). Je voi bien dansEtienne de B y rance le dernier de ces deux faits ; mais nonpas que ce fils de Neptune 8c de Corcyre ait été le pered’Alcinous.
(B) C'est par fes'jardins qu’Alcinous a principalement im-mortalisé fa mémoire .] Tous les Poètes parlent à l’envi deses jardins. Mr. Lloyd en cite plusieurs passages ; conten-tons-nous de celui de Juvénal :
Illa jubebit
Poma dari , quorum solo pafearis odore
Qgalia perpétuas Phxacum autumnus habebat (l) ;
& joignons-y ce témoignage d’un Auteur en prose. Antì-quitas nihïl prius mirata est quàm Hesperidum hortos, ac regumAdonis (3) cr Alcinoi (4). Mr. Lloyd cite Théophile , Pa-triarche d’Antioche , qui a parlé de ces jardins dans sontroisième Livre ai Autol'tcum ; mais il avertit que l’on ydoit corriger la leçon Antinous , 8c substituer Alcinous. IIcite aussi ces paroles de St. Grégoire de Narianre;
H* Y TÇxrrclJx xxt ’uÁrsòç ’ALkmooio
Ttçmo'ltpn (y).
Tua Alcinoi mensa est jucundior horto.
Je n’ai point remarqué que les Poètes aient feint q tic cePrince fût le gardien des vergers , comme Mr. Moréri le dé-bite. Charles Etienne l’a jetté dans cette erreur ; car onvolt dans son Dictionaire un Alcinous différent du Roi desPhseaques , 8c caractérisé par la charge de Hortorum custos :ce que l’Auteur prouve par le II Livre des Géorgiques deVirgile , 8c par des Vers d’Ovide 8c de Stace , où il ne s’a-git point de cela ; mais uniquement, des jardins d’Alci-noiis. Aparemment cette bévue doit fa prémiere origineà la faute de quelque Copiste , ou de quelque Imprimeur,qui aura mis custos au lieu de cultor.
(C) Il reput avec beaucoup de civilité Ubyjse.] Plusieurs Au-teurs , comme Ravisius Textor (6), 8c Decimator (7) ,attribuent cette réception à Nausicaa fille d’Alcinous, fansen faire aucune part au pere. Ils ne considèrent pas qu’ellene donna que des habits 8c des conseils à Ulysse hors de laville > 8c qu’elle avoit pere 8c mere qui firent tous leshonneurs de l’accueil , 8c de l’hofpitalité. Voler l’ArticleNausicaa.
(D) On croit que les contes d Ulysse chez. Alcinous firent naî-tre quelques proverbes .] Moréri dit qu’Ulysse compta (jecopie son orthographe ) la fable des Ciclopes , des Leftrigons ,,C? des autres , tomme on dit , le coude fur table. Ce qui donnaoccasion à ce proverbe des anciens , qu Erasme ria pas oublié ,,, La Table d Alcinoé,, ,ou comme l’exprime Platon , ,,Efl-ce,, queje vous dois raconter la fable d’Alcinous ” ? Tout celane vaut rien : I, ce des autres est une expression obscure, 8ctout-à-faìt négligée. En II lieu, le proverbe de la tabled’Alcinous ne vint point de ces contes d’Ulysse ; mais dela bonne chere qu’Alcinoùs faifoit ordinairement. Voiezla Remarque suivante. De plus , il n’est pas vrai,. que Pla-ton s’exprime par une interrogation : il déclare simplementqu’ií ne dira point l’Apologue d’Alcinous (8). I] est en-core plus faux que ce qu’il dit soit en d’autres termes lamême chose que la table d’Alcinous. II est certain qu’ontrouve dans Tlndice des Adages d’Erafme . Alcinoi Mensa ,8c Alcinoi Apologue , comme deux proverbes différens. Leprémier n’est point en titre dans le corps du Livre : il n’estraporté que comme un petit accessoire de l’Adage Sybari-
ticá Mensa (9) ; 8c il est tiré de ces paroles de Grégoire de-Narianre, Oùx àç Xa]e<pxyis orínxv, «AA A15 ’ AXxtria rf ám-, Non ad Lotophagorum inopiam , sed Alcinoi mensam.Hadrien Junius, qui a fait un recueil de proverbes aprèsErasme , où il a mis Alcinoi Horti comme un proverbecapital, cite dans f explication de celui-là cet autre passagedu même Pere touchant la table d’Alcinous :
Keit Yoptirt di y L T x y.xt ’AXxivóeto
Non Ji marmoreum dederis letíum Alcinoique
Menjam.
ijiuyu cuc un auuc pan âge , ou ce laine iuoeteur emploitla même phrase. Quant à Y Alcinoi Apologue, Erasme lcraporte deux fois. Prémieremcnt, il l’explique d’un contede vieille , de longis cr anilibus fabulamentis ; 8e il fe fondefur les fables qu’Ulysse débita à la table d’Alcinous. Pro-digiosas ac deridiculas fabulas cr portentuosa mendacìa de Loto-phagis , Lafirigonibus , Circe, Cyclopibus, atque id genus aliisplurïmis miraculis , frétas videlicet Phsacum inscitiá barbarie-que (10). Mais ailleurs (n), il nous aprend qu’il avoittrouvé une autre signification de ce même Adage dans leIV Livre de la Rhétorique d'Aristote (n) , & qu’il veutsuspendre sa décision jusques à ce qu’il y voie pins clair,ou par les Commentaires de St. Giegoire de Narianre furces Livres d’Aristote (13), ou par quelque autre moien.Je ne voi presque personne qui fasse attention à ce dernierpassage d’Érasme. On s’arrête au prémier , comme fl c’é-toit là que l’on trouve le vrai sens : il s’en faut bien qu’onl’y rencontre ; car pour peu qu’on voie ce que dit Erasme-fur les paroles d’Aristote , on fe défie entièrement de ì’ex-plication qu’il avoit donnée en un autre endroit, /'avoueque ce pastàge d’Aristote est obscur , qu’on le lit différem-ment , & qu’ií n’est pas peut-être fans quelque lacune ;mais il n’y a nulle aparence que par l’Apologie d’Alci-nous , on s’y doive figurer des contes de ma mere l’Oie.Gilbert Cousin , qui a fait un Recueil de Proverbes depuisErasme , se figure néanmoins cela , quoi qu’il ne considéréla chose que selon la citation d’Aristote (14). II y a unpassage d’Elien, où Alcinoi apologi , A’Akivo» àn-Aoyoi, ne sepeut prendre que j>our les discours qu’Ulysse fait à cePrince dans l’Odyfiée (iy)._
(E) On dtmoit dans son Roiaume la bonne chere, er les com-moditez de la vie.] C est de quoi Alcinous ne fit pointmystère à Ulysse : Nous aimons, lui dit-il, les repas, la musi-que, la danse, le changement d’habits, les bains, L? le lit.
Aie\ y riva* b’aíç rs <plxn xlêapíç r t , X a P‘ ‘
TÊ.\vd]á r t^voivà , ÀoiJ^x Te h-eç/x 1 * r evvx) ( 16 ).
Semper autem nobis convbviumque gratum , citharaque , cho-rique ,
Vestesque ad permutandum alternatim , lavacraque calida ,
- cr cubilia.
Horace exprime cela en cette maniéré :
- - - - Alcinoique
In cute curanda plus aquo operata juvenius ,
Cui pulcrum fuit in medios dormire dies , crAd strepitum cithare, cejfatum ducere curamsiq).
II n’est pas besoin d’avertir, que par Alcinoi juventus, il fautentendre les jeunes gens du Roiaume d’Alcinoùs. Athenéeparle -quelquefois de la vie voluptueuse des Phseaques.
ALCYONIUS
(9) C’st “
LXV dt st
II CmiuraJ 1la U Chiite*
(10) Erafi»-'Adagios.Centur■ T, ,Chil. II,
3 2, pag.
(11) Idero,Centttrio I »Chiliade V,num. 82,fag. 1057 -
(12) n ‘J 1
dans lcXVI davre III, b**l’Edition “ eGeneve, ‘91605.
( 13 ) J‘
jamais o**parler de £**Comment* 1 '
(i^OCognâfrin Proverb.num. 21 o'"cite , contm*Erasme j ^IVLivre del*
Rhétorique
d’Aristote*
(16) HoM--xi Odylsi*’Libr. VIII ,jé, 248.
(17) H° r3s *
Epist- 11Libn /,
F. 2 1.{«&