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Tome premier. A - B.
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ALCYONIUS. ALCMAN. ALCMENE.

Convaincante, puis que «Tailleurs ce portrait-là est confor-me à celui qu’un autre Auteur du même iìecle a donnéd’Alcyonius. On venoit de dire que Pieiius Valerianusétoit un homme sincère ; & tout aulïitot on remarque, di-' versa nature. est Petrus Alcyonius Venetus , mordax 47 male-dicus, nec pudens magis quam prudens . . . . . mitto deboene-

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bulone plura , qui hélium bonis omnibus indixit, fiagris C? fuflico'ércendus (31). Notez qu’on avoue qu’il avoit fait de bonsVers lyriques 8cïambiques, & qu’il se vantoit d’avoir com-posé une Tragédie excellente sur la mort de Jésus Christ (3 3).

Dtalogo 1 pag, 542. Edit. 1696. (33) Idem iiiíU

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ALCMAN, Poète Lyrique, florissoit dans la Ij Olympiade (a). Les Uns disent qu*iletoit de Laccdemone, les autres qu’il étoit né à Sardes, ville capitale de la Lydie. Ce qu’il y ade bien sûr , c’eil qu’il a eu droit de bourgeoisie dans Sparte (A ), & que les Lacedemoniensse font fait honneur d’avoir fourni à la Grece un bel Esprit comme celui-là (B). II avoit saitquantité de Vers, dont il ne nous relie que peu de chose, cité par Athenée, ou par quelque au-tre ancien Auteur. II étoit d’un tempérament fort amoureux, & il paíìè pour le pere de la Poé-sie galante (C). II semble même que l’on ait dit qu’il fut le prémier qui introduisit la coutumede chanter des Vers d’amour dans les compagnies (b). On nous a conservé le nom de l’une deses Maîtrcsiès (c): elle s’apelloit Megalostrata, & íè mêloit de versifier. S’il s’en fût tenu là,on n’auroit pas eu tant de sujet de le plaindre ; mais on parle aussi d’un Chteeron, duquel il futamoureux {d). Alcman a été l’un des grans mangeurs de son siécle (e). Cette qualité auroiteu de fâcheux inconvéniens, si la Poésie avoit été en ce tems-là liir le pied qu’on l’a vuesouvent, peu propre à faire vivre ion maître. II mourut d’une maladie assez singulière ; caril fut mangé des poux (/). 11 ne faut pas le distinguer du Poète Alcmteon (D) : Sc je

ne voi point de nécessité de reconoíti'e deux Alcmans, l’un de Laccdemone, l'autre deMesiène ( E ).

(A) ll a eu droit de bourgeoisie dans Sparte. ] Cela paroîtpar une Epigramme que Plutarque a insérée clans son Trai-té de TExìl (1). On y fait dire à Alcman , que s’il avoitété élevé dans Sardes, la patrie de ses ancêtres, il seroitun pauvre Prêtre de la Déefl'e Cybele, destitué de ses par-ties viriles ; mais qu’il se volt à présent citoien de Lacé-démone, bien instruit aux Lettres Greques, ce qui le rendsupérieur aux Rois de Lydie. L’Interprête Latin a maltraduit le prémier Vers de cette Epigramme,

-- ’ZágSeií Traré^aìi sI/íoç.

• -O / mea majorumque meorum patria Sardes ;

car il faudroit conclure de cette Version, qu’Alcman étoitné à Sardes (z), ce que l’on ne peut conclure des paro-les Greques: & voilà comment un Traducteur est quelque-fois un semeur de zizanie, lors qu’il y pense le moins. Ce-lui , qui a mis en Latin l’Epigramme Greque, ne songeoitpas qu’en ajoutant le mot mea , qu’il croioit être sans con-séquence , il seroit cause que plusieurs s’opiniátreroient àsoutenir qu’Alcman n’est point né à Laccdemone. Com-bien y a-t-il d’Auteurs, qui ne consultent que les Versions,& qui prenent dans les Livres Grecs toutes les preuves queles Versions leur fournissent, soit que T Original le soufre,soit qu’il ne le soufre pas ? Mr. de Saumaiíe a savammentcorrigé cette Epigramme (3); mais je ne voi pas trop ceque veulent dire ceux qui nous renvoient à lut, comme àun juge qui a terminé le procès de la patrie d’Alcman. IIs agit dans ce procès, si ce Poète est né à Lacedeinone,ou à Sardes dans la Lydie. Suidas soutient le prémier par-ti (T: Crates soutient le second (5); Velleius Patercu-lus (6) , & Elien (7), nient ce que Suidas affirme. A quoisert 1 Epigramme, pour terminer ce procès, puis qu’elle nenous aprend pas où est né Alcman : mais seulement qu’ilu a pas été élevé dans Sardes, la patrie de lés ancêtres;qu’il a été élevé à la maniéré des Grecs; & qu’il jouit dela bourgeoisie de Laccdemone? Cela peut signifier égale-ment ces deux choses, ou qu’Alcman fut transporté enGrece pendant son enfance, ou que son pere s’y fut établiravant que ce garçon lui fût né. En ce dernier cas, rienn’empêcheroit qu’Alcman n’eût reçu le jour dans la villede Lacedeinone. Scaliger a été dans ce sentiment ; maisil s’est fondé fur une mauvaise raison. Ego, dit-il, (B)Laconem saisie arbitror , quum Laconicâ dialcíïo usus fit. S ilse fut souvenu de l’Epigramme que Plutarque a raportée,il n’eût pas manqué de voir la fausseté de cette raison. Ale-zan n’aiant pas été élevé dans la Lydie, mais en Grece, 8cdemeurant à Lacedeinone, a dû se servir de la dialecteDorique, qui étoit celle de Sparte. Quelque rude qu’ellefût, il ne laissa pas de s’en servir à faire de bons Poèmes.

® v< “ÓTee]i']t ariíajujííb'ív iç riiLrj, ecvrêHt rât Auuá-

tatit t] yXutrros, líxtrcc to tùgímov (9). Cui in Can-

ticis pangenâis nihil omnino Laconica íingua oífuit,etfi nihil eain vooibus appellandis habet suavitatis.

(B) Les Lacedemoniens se font fait honneur d'avoir fourrità la Grece un bel Esprit comme celui-là. ] Le passage de Pa-terculus, que j’ai cité, le prouve: ces paroles de Stace,

Et tetricis Alcman cantatus Amyclis (.10),

le prouvent aussi. Joignez à cela le sépulcre qu’ils dressè-rent à Alcman, proche du temple d’Helene (11).

(C) Il pafle pour le pere de la Poésie galante. ] Cela paroi t

par ce paíìàge d’Athénée (11) > A'^iA«; St ° *

Çqtri XccpcoctXsuv , A A xpcuvec yeyovevoct t&v sçaTixav /<5-Áaív iyepíóvoc 9 xoci ixó'ovvoci ttçcJtov puXo; , cckoXocïòv cvtcùX.OCI 7TSÇI ywU.7x.0Ci; XCCÍ Tt}V TOlCUJTty M XTCCV £(Ç TCtç È'iú-

rçiÇaç. Archytas Harmoniacus scribit , ut ait Chamdeon ,amatoriis Verfibus condendis omnium princïpem esrducemAlc-manem saisie, erga mulieres petulantijsimum , C7 ante omnesin vulgus eam musam cr ea carmina edidijse , qui in homìnumcongrejsu ac conventiculis canerentur.

(D) ll ne faut pas le distinguer du Poète Alomaon.] St. Jé-rôme, dans la Chronique d’Eul’ebe, après avoir parlé d’Alc-maeon fous la 30 Olympiade, parle d’Alcman fous la 42 ,& se sert de cette circonspection , ut quibujdam videtur.Scaliger a corrigé au prémier passage Alcm/ton par Alcman.II divisible, par le régné d’Ardys, Roi de Lydie, fouslequel Crates a placé Alcman, que ce Poète florissoit en-viron la 30 Olympiade, teins auquel on met Alcmaeondans la Chronique d’Eusebe. Si cette raison ne suffit paspour montrer qu’il faut réduire ces deux noms à une mêmepersonne , on vous prouvera invinciblement qu’Alcmaeon,a’a y.iaaím , & Alcman, A’Ak,«.«v , ne diffèrent que de dia-lecte; & que le prémier se doit convertir au second, par lesréglés de la dialecte Dorique. Volez le Commentaire deSaumaise fur Solin, à la page 8Bj. L’Alcman de la 42Olympiade est une chimere. On le place là , parce qu’onavoit lu des Auteurs qui s’étoient trompez fur l’àged’Alcman.

(E) Je ne vois point de nécésiìtê de reconoître deux Alcmans,

Vun de Laccdemone , ïautre de Mesiène . ] Suidas est, je pen-se , le seul qui le fait. Or son autorité n’est pas fort gran-de , lors qu’tl ne cite personne, & qu’il ne marque pointde circonstances. Voilà le cas de son Alcman de Melsene,il n’en dit rien. Souvenons-nous qu’il a dit que le vérita-ble Alcman étoit né à Messoa, «n-à Ce lieu n’est

pas autrement célébré ; & c’est ce qui aura fait juger àquelques Copistes, qu’il faloit lire ínr\ Mso-o-btr ^, dans lesAuteurs qui avoient débité la même chose que Suidas. Leurprétendue correction aura forgé un nouvel Alcman, queTon aura cousu aux centons de Suidas. Cette conjectureme paroît plus vraisemblable que celle de Lilius Gyraldus.II ne reconoît qu un Alcman ; mais il le veut nátif deMeffene, 8 c il corrige dans Suidas á?rò M cfo-Ixç par ix\M.to-0-im. Scaliger rejette avec raison cette conjecture (13).

ALCMENE, fille d’Elcc'tryon (A ), Roi de Mycenes, fut femme d’Amphitryon & mered Hercule. Elle ticcoucha de ce fils, pendant la vie de son mari ; & cependant Hercule n’étoitpoint fils d’Amphitryon, mais de Jupiter, qui, faisant semblant d’être le mari d’Alcmene (B ),fut admis fans nul scrupule aux fonctions matrimoniales. Le jeu lui plut de telle sorte, qu’il fit

durer

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(-í) 'Fille d'Ele£ïryon.~\ Le Poète A si us la fait naitr~ ^tnphiaraus 8c d’Eriphyle (1). D’autres disent bien qu’htectryon 'étoit son pere ; mais ils lui donnent pour metAnaxo, stste d’Alcée fils de Perlée (1), 8c non pas Lysidct> fille de Pelops & d’Hippodamie, que Charles EtienneLoyst, Hofman, &c, lui donnent (3). Le Scholiaste dv,p». S5 - mdare tient pour Lysidice (4).

Loiymy. 'od!\7/ 0meti in lUaí ’ I > f- 323. (3) Vtiix, iWiDiftioaaire

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11

(B) Jupiter , faisant semblant d'être îe mari d'AÍcmene, cyc.]Diodore de Sicile remarque que Jupiter prit ce partip ar _ce qu’il ne vouloir point user de force; & que, par la voiede la persuasion, il n’espéroit rien d’une personne aussi sa-ge que T étoit AIcmene (5). Le même Historien observeque Jupiter, en cette rencontre, ne fut point agité de cettepassion lascive, qu’il avoit tant de fois sentie pour d’autresfemmes; & qu’il n’eut pour but que de procréer un illustreenfant. C’est pourquoi, il ne le fit point à la hâte, il y mitT beau-

( 32 ) liíitlíGiegoriusGy aldus,dc oët. su!tempoiis

(f) Aristo=tel. de Hifctor. Anim.Lìbr. V,

Cap. XXXI %I'iin. LibriX 1 $ Cap.XXXJU}riutarch.in Sylla*

H 2* 474*

(10) Sta uSylv. nuLibr. V,

Vers. 15 3 *

(11) Pauíàií*Libr. III ,pag. 96.

( Ï 2 ) Atheit*'Libro XIII %pag. 600.

Vide etiamSuïdam, inA’Ax.^cíVí

(13) S^aïig,Anim adv.in Eufeb.r.uw. I

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(5) fcioASÍCtll L;br 4V. Cap. IU