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Tome premier. A - B.
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ALCMENE.

( A ) ExApollodoriBibliothcc,Lib. IL

m- 97 ’

& / rquent,Hygin,

Chap. XXIX,dit cju'jl netoucha plusavec elle , &ne parle qued'Hercule.

( 6 ) Haut.»»■Amphitr.fui finem.

(?) Voicz. i es

N. Lerrrescontre ieCalvin, de■Maints».fng.z 80, ire

(S) Vige-nere fut

ïliilollr..

Tarn. 1J,f oh a 17 ,

Ld.it. in

(9) Hygin.Cap. XXIX.

(ro) Lucia-nus, Dia-log. Merc,

& Solis.

Voiti. auJJÌDiodorede Sicile,Livre V,

Chap. U ,

fi r) Ovid,Metara.

Libr. ix.f. 283 .

(17) Idem,Amor.

Ileg. XIII-,íropcrt.

Libr. II,

L íeg. XXII-,Capclla,

Libr. II, Cap.

XXXIX.

(u) Clera..Alexandr.in Procrept.:fag. 20 :Arnobius,Libr. IV,

â- 14s,

mjus hac/<#>' verba .-Quis illum111 Alcmenânovcm noc-tibus fecitpervigilassecontinuis S

( 14) Dio-dor. Sicul.Libr. V,

* Cap. 11.

(’S) Hygin.Cap. XXIX.

fi6) Volez.laVomarque

f- 7 ) LaComtesse deMores , Maî-trejse de Henrile Grand.

fts) PlautiAmphitr.

-ricí. 1, g c . 1,

Vers. i ìo .

f 1 ?) Apoi-lod.Bi-blioth. Libr.

u>e a ì- '

r 46

durer.cette nuit-là trois fois plus qu’à l’ordinaire (C). Voilà d'ou sortit Hercule. La plupartdes Auteurs modernes disent qu’Alcmene étoit déjà grosse du fait d’Amphitryon} mais Apollo-dore infirme assez clairement, qu’elle étoit encore fille (D): & c’est tourner mieux la chose àP honneur de Jupiter. Quoi qu’il en soit, Amphitryon revint chez lui le jour même qui succédaà la longue nuit que ce Dieu avoit passée avec Alcmene. II ne trouva point que ía femme le re-çut avec les empressemens qui accompagnent la prémiere vue après une absence} & il en fut bien-tôt la raison, par l’Hilloire qu’elle lui fit de la nuit derniere. Ceux qui se mettront à fa place pour-ront nous dire les pensées qu'il eut là-dessus. 11 alla d’abord au Devin} Lc il fut de Tirefias, queJupiter déguisé en Amphitryon avoit eu à faire avec Alcmene. Ce fut à lui à se consoler : & ilne paroît pas que son chagrin ait été fort long} puis que, dès la nuit suivante, il fit un enfant àsa femme déjà grosse du fait d’un Dieu (a). Junon, par un effet de la jalousie ordinaire, traversale plus qu’elíe put les couches de cette femme} & ce ne fut que par l’adrcsse d’une servante, quel’on éluda les mauvaises intentions de Lucine (E ), qui empcchoit Alcmene de se délivrer. Elleaccoucha de deux garçons : celui dont Jupiter étoit pere fut nommé Hercule} celui qui étoit fils

d’Am-

beaucoup de tems, trois nuits de fuite. Nos Médecins semoqueroient de cette raison. Je ne lai pourquoi Piaute fitparler ainsi Jupiter à Amphitryon:

Ta cum Alcumena uxore antiquam m grattamRedi : hmd promenât quamolrtm vitio verteres,

Meâ vi subabla efi sacere (6);,

car, puis que Jupiter avoit pris la figure du mari, il n’étoitpas nécessaire d’uiér de force : & nous venons d’entendrequ’il ne prit cette figure , que parce qu’il ne vouloit pointemploier la force. Un Auteur moderne s’est servi de cetexemple d’Alcmene, pour prouver que Tignorance de bon-ne foi disculpe; & il a cité de très-beaux Vers de Moliè-re (7). II y a mille choses à dire fur cela : c’est un grandsujet de réfléxions. Notez qu’il y a des gens qui veulentque la pensée de Piaute soit celle-ci. Alcmene a été con-trainte de me latjfer jouir d'elle, parce que j'ai eu la force deprendre votre figure. Si cela est, st faut dire que l’intentionde ce Poëte a été beaucoup meilleure que son expression.

(C) Cette nuk-là dura trois fois plus qu à l'ordinaire.] O11lira peut-être sans dégoût ce vieux Gaulois. Jupiter trouvaune telle faveur en la Dame , qu il prolongea cette nuit du jourC? de ïautre nuit ensuivant, ce qui auroit mu Lycophron d'a-peller Hercule Tçt<río-7rtçoí ásu », le lion de trois nuits, commefait aujfi Lucien (8). On a eu peut-être en vue ces parolesd’Hygin: Sfut tamlìbens cum eâ concubuìt, ut unum diemufurparet , duas noâles congeminarct (9). Le Dialogue deLucien, où il est parlé de la longue nuit que Jupiter eutd’Alcmene, nous aprend que Mercure alla porter au SoleilTordre de se tenir en repos pendant trois jours , afin queJupiter eût le teins qui lui étoit nécessaire pour produireHercule ; une nuit ne suffisant pas à la production d’un stgrand guerrier. Ts?to» ûo f» u-m vvriìt K.zroTttetrUh'tai âóuicTlov,Igitur unâ noble abfolvi non potest (10). II parut que Jupitern’y épargna pasl’étoffe; car la pesanteur de Pensant pensafaire crever la mere .-

Tendebat gravitas uterum mthi, quodque ferebamTantum erat , ut pojjes aublorem dicere teeliPondent efie Jovem (n).

II y a bien des Auteurs,, qui assurent que cette nuit ne futpas triplée, mais doublée seulement (iz). D’autres disentqu’este dura neuf fois plus que de coutume. St. Jérôme,qui avoit pu lire cela dans les Ecrits de deux Peres de TE-glise (13), ne s’en servit point pourtant: il s’en tint à latradition de la double nuit : In Alcment adulterio duas noblesJupiter copulavit. Jupiter prit alors congé des femmes.-Alcmene fut la derniere des mortelles avec laquelle il cou-cha. Niobé avoit été la prémiere; st y avoit eu seize géné-rations de Tune à l’autre (14) : telle fut la durée des amoursde Jupiter pour les femmes. Or, comme le divertissementavec Alcmene étoit en ce gcnre-là le dernier qu’il devoirprendre dans ce monde, n’étoit-il pas raisonnable qu’il lefît durer long-tems? Alcmene admira la longueur de cettenuit (15): elle lui parut donc longue ; cela lui fait hon-neur. Aussi étoit-elle une très-honnête femme (16), &qui n’auroit pas mérité, si elle eût perdu la vue, qu’on eûtlait contre elle un Distique tel que celui-ci :

Cum longas nobles Moreta (17) ab ámore rogaret ,

Favit amor votis, perpétuas que dédit.

Sosie, valet d Amphitryon, s’avifa d’une remarque dignede lui, quand il s aperçut que la nuit duroit plus qu’à Tor-dinaire. II félicita les galans qui n’avoient pas eu bon mar-ché de leur proie.

Vbi sunt ifii scortatores , qui soli invìti cubant ?

FUc nox f cita'fi exercendo feorto conducto maie (18.)

(D) Elle étoit encore filk. ] Apollodore raconte qu’Elec-tryon , allant venger la mort de ses fils, mit son Roiaume& fa fille Alcmene entre les mains d’Amphìtryon, après sa-voir fait jurer qu’il sc contiendroit envers Alcmene, jus-ques à son retour (19). Amphitryon, l’aiant tué par mé-garde peu après, fut obligé de chercher une retraite. . II seretira dans la Beotie, avec Alcmene; &, parce quelle dé-clara quelle épouscroit celui qui vengeroit la mort de sesfreres» st s’engagea à poursuivre cette vengeance, Sc s’as-

sociant avec d’autres, il porta la guerre chez les Teleboes,qui avoient tué les frétés d’Alcmene. (zo). De retour à• Thebes, victorieux & triomphant, il aprit qu’un autre lui-mêrne avoit couché avec cette Dame. 11 est visible que cene fut point lui qui eut la prémiere faveur : Alcmene avoitdifféré fans doute la cérémonie des noces, la consomma-tion pour le moins de son mariage, jusques à ce qu’Am-phìtryon ent vaincu les Teleboes. Jupiter sachant qu’Am-phitryon revenoit, & que, pour cueillir cette sieur de vir-ginité , il n’y avoit point d’autre teins à prendre que celuiqu’Amphitryon emploieroit à son voiage, le prima, & fitavant T arrivée du mari ce qu’il avoit à faire. Apollodoreajoute, qu’Amphitryon aiant couché avec Alcmene, luifit un enfant, qui fut plus jeune d’une nuit qu’Hercule.

A'ÁXfzJim à'- 0 ’jo iyévvno-e oroei^etí. Aii fiìii H f oor.ÁÍapus rvx.fi

zrçtc-SÓTtpot. A*fitpiTçóe>u l ‘çuctex (zi). Alcmena vero duospeperit filios : Jovi quidem Herculem unâ noble grandiorem,atque Amphitryoni lphiclem. Nouvelle confirmation de ceque j’ai à prouver. Le Sclioliaste d’Homere est plus précisqu’Apollodore : il dit nettement que le mariage ne sc fitqu’après le retour d’Amphitryon (zz). Dans la Comédiede Piaute, les choses vont autrement. Amphitryon y laisseià femme grosse , en s’en allant à la guerre (zz). Grandragoût pour Jupiter ! Ce feroit bien pis, fi Piaute avoit ob-servé Trinité de rems, comme le veut Mademoiselle le Fe-vre. II faudroit dire, en ce cas-là, qu’en arrêtant le So-leil , Jupiter interrompit tout le cours de la nature , afin dese divertir plus long-tems avec une femme grosse de deuxenfans, & si proche de son ternie, que pour peu qu’il eútdifféré fa retraite, la Sage-femme auroit été obligée de luidire, Cédez-moi la place. C’est une fâcheuse alternative pourPiaute: il faut, ou que sa Piece dure plusieurs mois, ouqu’il fasse d’une femme toute prête d’accoucher de deuxjumeaux, un des plus friands morceaux du monde pour leplus grand de tous les Monarques ; & cela, en suposantque ce Maître des Dieux & des hommes a déjà produitl’un de ces jumeaux. Prenez bien garde que ce Poète nefeint pas que Jupiter se déguisa en Amphitryon, pour ve-nir en bon mari au secours d’Alcmene , pendant le travaild’enfant ; c’étoit la visite d’un homme bien amoureux.Voici comme parle Mercure dans le Prologue:

(20]pag. ioi.

(21) IílM'tpag. ioj .

(12) Schot.Hom cri íaIliad. t-,Pof us.

(23) Gravi-dam ego iíla 0hic relisjM<um abeo.Mantus ,Amphitr,Act. II,

Sc. 11,

-Lr cum teSravidtmtOU*te puUrèpit-ttam adfpuat

lbid. f f-.Mercurialassuré h fme sait ,le Prolog 11 '

Et meus pater mmc intus hic cum itlà cubât iEt hic ob eam rem nox efi sabla longior,Dum illc qua cum volt voluptatem capit.

Et pour ce qui est de ces paroles de Sosie,

Híc nox scita'si exercendoscorto condublo mate (z.4) , Pîaut,’

Amphitr-

voici comme il les releve : Ail. t,S‘< S>

V. 1 31 .

Meus pater nunc pro hujus verbis rebfè <& fapienter facit ,gai complexus cum Alcumenâ cubât amans animo obfequens.

II sc félicite d’avoir écarté tout ce qui pouvoit interromprela joie de Jupiter, & il se prépare à continuer ses bons of-fices, jusques à ce que le Galant n’en veuille plus.

René & prospéré hoc hodte operts procejfit mihì;Amovi à foribus maximum molefiiam,

Patri ut liceret tuto illam amplexarier.

Errons ambo ego illos zx démentit,

Complebo, atque omnem Amphitruonis familìamAdeo, ufque fatietatem dum capiet paterlllius qttam amat (z 5).

(E) L’adreffe lune de ses servantes . . . éluda les mauvaisesintentions de Lucine (16.) ] Je me fuis réglé fur Ia narrationd’Ovide. 11 y avoit sept jours qu’Alcmene étoit en travaild’enfant, avec des douleurs horribles. Galanthis, Tune deses femmes , entroit & fortoit ; &, se doutant d’un maléfi-ce, en volant une femme qui marmotoit, affile à la porte,les mains jointes fur ses genoux, («) e lle lui alla dire qu’Alc-mene étoit accouchée. Lucine, ( car c’étoit elle qui sc te-rroir en cette posture,) n’eut pas plutôt ouï ces mots, qu’cl-le sépara ses mains Lc se leva; ce qui fit accoucher Alcmene,

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