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qui témoigne qu’il ne se dépitoit point contre son destin {H ), comme on l’en a accusé. Ërasmefaitíouvent mention de lui dans les Lettres, & presque toujours en mal (/). 11 s’est plaint, entre au-
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locum emn ad fastiâium ufque audientium : seâ tant d cum fidu-cie ut flatté certus tibi ejfe videreris neminem intelligere > quantimpudenter ibi mentirerts omrtia. lllo enim soft multa enipisti,ut ad tiobilijf. Comitxm , qui te penitus ignorant , cr quos tuhaud satis nofti , gémis , originesn tuam referres (19J. Orcomme il n’y a li petite chose, qui, en passant de bouche enbouche, ne devienne considérable, je ne voudrois pas nierque la médisance , qui courut contre le Nonce , n ait eupour fondement ce que dit Paul Jove , que les Juifs ad-miraient l’habileté d’Aleandre en fait d’Hébreu , & qu’ilsn’avoient nulle peine à croire qu’il étoit de leur Nation:Latins. Gr saque liter s quum jspe alacriter jaùiabttndo fro ver-naculis haberentur, Hebraìcas admirantibus studsis b fus Jlir-pis eum facile credentibus, Jolertijfime didicit ( 7 . 6 ). Ceux quichercheront à me critiquer, font avertis que je ne prétenspoint que le Livre de Paul Jove ait donné lieu à la médi-sance: ma pensée est, que iong-tems avant que Paul Joveeût dit. cela, d’autres pouvoient lavoir dit.
„ Ce que dit Luther, qu’Aleander étoit fort colere,
„ est très-véritable : on en peut croire Josse Gentin, Sécré-„ taire de ce Cardinal, dans une Lettre à Nausca, Evêque„ de Vienne (*). II lui dit, de la meilleure foi du mon-„ de, après lui avoir mandé la mort d’Aleandre > qu’il ne„ fait ou prendre parti, après la mort de l'on maître, dans„ l’apréhenfion où il est d’en trouver encore un plus em-„ porté. Hafíenus , dit-il, alium Mecenatem Roms. non qus-„ fitvi , eo quod imrrtodestia or furor bujus met âefunSti incul-,, cat mihi timorem, nefaciam Glauci cum Diomede permuta->, tionem,,. Volez la marge í2i).
(H) Il fit Iw.-même son Epitaphe, qui témoigne qu il ne fe dé-pitoit pas contre son destins Elle consiste en deux Vers Grecs,qui signifient qu’il étoit mort de bon gré, parce qu’il ces-serait d être témoin de plusieurs choies dont la vue étoitplus insuportable que la mort.
KcÍtÛXVOV &Z &SZ61V , OTl 7T CtÚ(r 0 U,oU W Ì7Tlf4.oífTVÇrioAAax , àvTTEÇ ìfalv áÁyiov rçy ôotVotTii,
Voilà quelle seroit la disposition de tous les hommes, si laréfléxion, si la raison, si le bon sens , étoient capables desurmonter les impressions machinales qui nous font aimerla vie. Mais, laissant à part cette profonde moralité, jedis qu’il est bien-étrange que Paul Jove ait produit contresoi-même un témoin aussi formel que cette Epitaphe. IIavoir dit qu’Aleandre , indigné contre son destin > qui l’em-povtoit un an avant Vannée climactérique , rendit l’ame,en se plaignant de cette anticipation : lnteriit fato fuo vehe-menter indìgnatus, quum fe prsreptum anno uno ante climac-tericum inter anxia fupremaque fufpiria quereretur (zz); &,tout aussitôt, il ajoute qu’Aleandre ordonna par son testa-ment, qu’011 mît dans son Epitaphe un Distique Grec desa façon, contenant cette pensée :
Exceffi e vit s srumnìs facilifque lubenfque,
Ne pejora ipfá morte dehìnc vìdeam.
Lorenzo Crasso dit à peu près la même chose de ce dépitd’Aleandre contre son Destin. Vu affalito in Roma dalla mor-te , contro la quale mostroffi anche negli ultirni fofpiri fdegna-to {if). Paul Jove est tombé dans une autre erreur à l’é-gard d’Aleandre. II suceuse d’avoir présagé de nouveauxmalheurs prêts a fondre íur nos têtes, novas clades imminerenobis omìnatur- mais rien n’est plus faux que cela: Alean-dre ne regardoit à l’avenir que par accident, toutes ses vuesse portoient fur le passé , il s’imaginoit seulement que Va-venir ne vaudrait pas mieux en ce monde. Voilà doncune seconde erreur de Paul Jove. Quant à la prémiere,on ne sautoir l’en justifier, qu’on ne le charge d’ailleursd’une horrible médisance, c’est d’avoir représenté Aleandrecomme un fourbe moribond, qui ordonnoit par son testa-ment qu’on fit accroire un grand mensonge à toute la pos-térité , savoir qu’il n’éioit pas mort à regret. LorenzoCrasso raporte que Scraderus a inséré, clans ses Monumensd’Italie Vlnscription sépulcrale d*Aleandre , avec la Ver-non Latine des deux Vers Grecs (14). Cette Version est lamême que Paul Jove a raportée : elle n’est guere moinsmauvaise que celle-ci, Non invitas obii ; quia quiefeo , teftism ultorum qus videre pejtis est morte (25). Voilà ce qu’ongagne, quand 011 se sert d’une langue peu corme : toute laforce 8c toute la grâce du Distique Grec ont échapé aux
f raduéteurs.
Mettons ici une Remarque , qui m’a été communi-quée par un habile homme : stojfe Gentin, dans fa Lettre àNaufea, dit qu Aleandre, trois jours avant fa mort, aiatttm ‘ s ordre à toutes choses, scrvitoribus 8c aliis prœsentibus,Pionunciavit suum quod fier! cupicbat Epitaphium , quodhoc Disticho clausit, K úrêa.w, crc. Cela fait voir que ïE-pttaphe ne confìftoìt pas entièrement dans ces deux Vers-, mais ,1 Ue ces deux Vers étoient feulement la clôture de /’ Epitaphe. Jefois point de ce sentiment : je croi que Gentin a vouludls e que son maître renferma dans ce Distique toute l’Ins-cri Ption qu’il ordonna que l’on mît sur son tombeau.
y) Erasme fait souvent mention de lui dans fes Lettres ,tnr1 r ^ Ue t . ou i ours m Aleandre, bouillant de son na-
~ intéressé d’ailleurs à la ruine du Luthéranisme ,
par fa qualité dé Nonce ehvoié en Allemagne pour étouf-fer ce parti dans le berceau, n’aéoit pu souffrir la modé-ration d’Erasme. Ce ne fut pas tout : les ennemis d’Eraf-ìiie ne cessèrent de le diffames, comme fauteur du Luthé-ranisme ; ainsi Vamitié & l’estime réciproque , qui avoientété entre lui Lc le Nonce, souffrirent une grande diminu-tion au premier voiage d’Aleandre en Allemagne. Hiero-nymum Aleandrum, Nuncìum apoftolicum, hominem apprimidoclum mihique vetere acjiicundíjfimá necejfitudine conjmtlum,miris mendaciis in me conati funt irritare .... Quïd mttltis ?perfuaferant homini, ut acri fimplicique ingénia pr&dïto , itacredulo , me parum amice de ipfo or fentire er loqtti. Nec de-fuerunt , qui coalefcentem amicitiam novis fubinde delationibusdifeinderent (zó). C’est parler bien foiblement des mauvaisesdispositions d’Aleandre, s’il est vrai, comme on n’en peutgueres clouter , que ce soit lui que l’on ait désigné ailleurs( 27) par le titre de Porteur de Bulles, LisrXuu,a.Tt,ipíçoç\ carce Porteur de Bulles fit tout ce qu’il put pour perdre Eras-me; Lc bien en prit à ce dernier, que l’Empereur ne vou-lut pas fasse tout ce qu’on lui demandoit : Me quo minus op-prefferit per illum non stetit .- perierat F.rafmus , fi prônas au-res Principum repcr/Jfet. Une Lettre qu’Erasme avoir écriteà Luther, & que les amis de celui-ci rendirent publique,irrita 11 fort Aleandre, qu’il tâcha de ruiner luh ancienami, tant auprès du Pape, qu’auprès de l’Evêque de Licge..Hsc ( Epistoèa ) dédit anfam Aleandro jampridem inique in meammo ut me perditum iret , conatus Leonis animum irritarein me , fimul Lcodicnfìs Epifcopi qui prius pene deperibat, utita loquar , in Erajmum . Natn ipje L.eodienfis ojiendit mihiliteras quas ad eum é Roma feripstrat Aleander fatis odios'c meattingentes (2.8). II affecta de diie que les Hérétiquesavoient trouvé dans les Ouvrages d’Erasme le fondementde toutes leurs fausses doctrines. Jam audio multis perfua-fum ex meis Scriptis extitijje totam banc Ecclefis procellam. Cu-jus vanijfmi rumensprscipuus autor fuit Hieronymus Alean-der , homo, ut nihil aliud dicam, non fuperstitiosé verax (zç).
II ne se contentoit pas de mordre fur la Religion d’Erasme,il médisoit auílì de l’éruditiòn > & des Ouvrages de cegrand homme. Cela paraît par une Lettre qu’Plrasme luiécrivit ,en Vannée 152,4 (30), où il lui décharge son cœur.
II le regardoit comme un ennemi si irrité, qu’il le prit pourl’un des principaux promoteurs des censures que la Sor-bonne avoit publiées contre ses Livres , Lc pour VAuteurvéritable de I’Invective qui avoit couru fous le nom de Ju-les César Scaliger. Non tamen erant proditurs Censura, nifiquidam olemn tamino addidijfent. Lutetisfuit Eccius, zv utfufpicor Aleander , quem fùfpicor hac de caufà prscipue venif-fe, ut Erafmo moliatur exitium. Julii Scaligeri Libellum tamJcio illius ejfe, quem fcio me vivere. id tamen dìjfimulandumest, ne mugis tnfaniat prodïto fuco (31;. J’ai montré ail-leurs (32), qu’Erasme le trompe sur ce dernier sait: la Ha-rangue de Scaliger étoit l’Ouvrage de celui dont elle por-loit le nom ; & dire, qu’cn 1531, Aleandre alloit à Parisprincipalement pour machiner la raine d’Erasme , est secroire trop important, & ignorer la nature des emplois que.le Pape donnoit à ce Nonce. Nous verrons aillerais (33)li Erasme a eu raison d’atlrìbuer à Aleandre un Livre quiportoit le nom de Dolet. II veut parler de ce Noncedans la Lettre XXIV du XXV livre. II faut donc quela passion d’Aleandre ait été extrême ; car celui dontErasme se plaint avoit fait courir à la Cour de Rome unEcrit (34), où il disoit au Pape, qu’il s’étonnoit que tantde milliers de personnes aiant péri en Allemagne dans laguerre des païfans, Erasme, fauteur Lc le chef de ce furieuxtumulte , vêcùt encore. On ne peut pas ignorer qui.est VAuteur qu’Erasme désigne; puis qu’on trouve ces pa-roles dans une autre Lettre In me impudentìffimis argusnen-tis caufam agit (Albertus Plus ) e? agit hostiliter, doçere la-l/orans, me fuisse occafionem, caufam > autorem , e? principem,totius hujus negotii .. Sftod idem agit Aleander in juo Racha,demirans me adhuc fpirare, quum in Germania tot hominummilita fint trucidât a ( 35). En un autre endroit, il le dési-gne fous le nom de V e r p u s (36) ; ce qui témoigne qu’il11’étoit point désabusé de la médisance qui avoit couru, quecet homme-là étoit né Juif. Si Aleandre avoit fait ce Li-vre , il avoit eu des liaisons très-étroites avec Erasme, mê-me table, même chambre, & même lit, avec lui, Lc ilen avoit reçu de bons offices; car voici ce qu’Erasme nousaprend: Cum alterofuit mihi olim non tettum modo ac menfa,verum etiam cubiculum & leclus communie (37) , adeoque à. menullà Issus est injuria, ut quum illi res estent anguflìores com-mendatrtcìbus literis meis nonnihil etiam adjutus fit, nec uf-quam illius in Scriptis meis nifi honorifica mentio (381. On 11epeut s’empêcher de reconoitre là Aleandre , lors qu’on sesouvient d’une autre Lettre (39), où Von trouve ces paro-les: Vt video, tibi propemodum persuasif (Aleander) .■ at ego,qui e domestico conviâlu ac leâiuli quoque contubernio totum in-tus ty in ente novi, tam fcio esté ovutn illius (40) , quam fciome vivere. Finissons la relation desirvantageusc par un pas-sage qui concerne les mœurs d’Aleandre. II vivoit en Épi-curien à Venise, Van 1533, si nous en croìons Erasme:Nunc Venetis plane vivit Epicureum , non fine dignitate ta-men (41'ì. Sans doute par cette dignité, il entend la dou-ble mitre, dont il avoit fait mention dans la Lettre LX.Aleander, geminá mitrù insignitus , nam Brundu/ìnui O 1 Ore-
Y sinus
(26) Erat-mi Epistolá
XXIVLihi XVIIiMS 7<>7.
(zj) T)msls XXIVLettre du
XXV Livra,ME 1379.
(zs) Ëraf-mi EpistolaCX 1 uLibri XIX,
ME 949.
( 29 ) Idem ,LpistolâLXXXtVLibri XX,me io 4°
Iìo) La Ultdù XVIIILivre,
( 31 ) EraP-mus, EpiP-toia L VILibri XXX jME 1941 .
(32I Dansla Remarque(M) deL Uriide
Erasme.
f î) DansLa, même Tyí-marquc.
Í 34 ) Inquoûocebatquid íìgni-ficer He-brxis R^aJiag.
(zz) Eraím.-
tpist.. xax:
Lìíri XX yI0 5**
elle cji datéedé Baie, lcde Décembre152.5.
(36) Dansta LettreX LI VduXXX Livre j
7931 .
Voiez. anjjl la lL X XIVLettre d*même Livre,,
(37) Ce futapanmment ÀVcnifcy lorsqu? Érasmetravaillaitchez. lAtdeManuce .
(asJEpistol.
xxiv
Libri XXV,ME I »79.
( 39 ) LaL VIIILettre duXXX Livred’Erasme,ME *945-
(40) II fartedt la Haran-gue de Scali
ger.
c-XllLibri XXXjM?. I-4-.