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Tome premier. A - B.
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A L E G A M B Est iff

Hté de Confesseur de l’Arnbafladeur. Quand cette fonction fut finie, le Général des Jésuites ldretint auprès de lui pour ion Secrétaire des dépêches Latines qui reg.irdoient l'Allemagne. Ale-gambe , aiant rempli quatre ans de fuite les devoirs de cette pénible fonction, fut contraint de laquitter, à cause que l’aplication continuelle à écrire lui affoiblissoit trop la vue. On lui donnaalors 1 a Préfecture des choses spirituelles dans la Maison Profefiè , & la charge de confesser dansl’Eglife, de quoi l’on assûre qu’il s’aquitta admirablement. II mourut d’hydropilìe, à Rome, le6 jour de Septembre iris z (a). II n’a pas fait beaucoup de Livres ( A) ; mais il ne laisse pas detaériter l’éloge d’un très-bon Auteur : car la Bibliothèque des Ecrivains de son Ordre est en songenre un bon Livre, & surpasse de beaucoup tout ce qui avoit paru d'Ouvrages de cette naturejusqu’à ce teins-là. 11 salut qu’il emploiât une grande peine à ramasser les matériaux : cela de-mande deux talens qui ne sc trouvent gueres ensemble, beaucoup de patience, & beaucoup d’ar-deur. II salut ensuite mettre en ordre les Mémoires ramassez} & c’cst ce qu’il y a de plus péni-ble dans cette forte d’Ouvrages, parce que l’on n’est plus soutenu de l'avidite ardente avec laquelleon recherche les matériaux qu’on n’a pas encore. C’cst à Rome qu’Alegambe travailla à dresserla Bibliothèque pour laquelle il avoit recueilli tant de Mémoires (b). Elle fut imprimée a An-vers, Pan 1643. II augmenta de telle forte ce que le Jéfuite Ribadeneira avoit commencé (B)fur ce sujet, qu’au lieu que l’Ouvrage de ce dernier n’est qu’un fort petit in octavo, le íïen est unin folio d’une raisonnable grandeur. Nous raporterons dans les Remarques le bien & le mal qu’onen a dit (C). II fongeoit à une nouvelle Edition; & pendant les neuf années qu’il survécut àla prémiere, il recueillit beaucoup de choses qui pouvoient servir, ou de Corrections, ou d’Ad-ditions. Le Pere Sotuel en a profité, lui qui publia à Rome, Pan i 6 js , une nouvelle Edition decette Bibliothèque (c).

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{A) lin a pas sait beaucoup de Livres.] Voici tous ceuxque le Jésuite Sotuel lui donne : Bibliotheca Scriptorum So-cietatis j lefit , Antverpia, 1643, in folio-, Vit a P. JoannisCardin , Luptani , ex Socktate Jept, Borna , 1649, in 1 z ; He-roés zy Vìéltms. charitatis Socktatis j hsu, Borna, 1658, in 4;Mortes illuftres zy Gefta eorum de Socktate JeJu > 1 qui in odiumpdei ab H&reticis vel aliis occip funt, Borna , 1657 , in folio.

(£) ll augmenta beaucoup la Bibliothèque de jon Ordre, quele Jésuite Bibadeneíra avoit commencée, j Afin que le Lec-teur , qui voudra savoir l'Histoire de k Bibliothèque dontnous parlons, n ait point la peine de passer d’un Tome àTautre, je dirai ici, que Pierre Ribadeneira commença enTannée 1602, le Catalogue des Ecrivains Jésuites. Son Ecritne contenoit que peu de feuilles: il l’augmenta depuis, illui donna la forme de Livre, & le publia Tan 1608, à An-vers. On le rimprima à Lion, Tannée suivante , avecquelques Additions 8c Corrections fur certaines choses quin’avoient pas été bien conues à T Auteur, touchant les Jé-suites François. Le Pere Jules Nigroni s'aperçut que cetOuvrage avoit besoin d’être retouché en beaucoup d’au-tres endroits, principalement à Tégard des Jésuites Italiens:on fit donc une nouvelle Edition en Tannée 1613, à An-vers. Le P. André Schott en prit foin; elle fut notable-ment augmentée ( 1 ) ; mais c’étoit encore un Ouvragebien défectueux : 8c de là vint qu’Alegambe s’engagea à lemettre en meilleur état, & à le rendre plus propre à don-ner une idée avantageuse de T érudition de la Compagnie.11 le publia Tannée 1643. II a été encore fort augmentéparle Jésuite Sotuel, dont T Edition parut à Rome, l’an1673; & il faudra fans doute qu’on Taugmente tout de nou-veau, tant parce que la Société des Jésuites fournit inces-samment de nouveaux Auteurs, que parce qu’il est écha-pé plusieurs choses au dernier Continuateur, qui pour-ront rendre plus parfaite la Bibliothèque de l’Ordre. Lesecond Tome de la Bibliothèque Romaine (2) nousaprend, que le Jésuite Bonanni travaille au Catalogue desEcrivains de Ja Compagnie, qui ont publié quelque chosedepuis Tan 1675.

L’éxactitude d’Alegambe est fans doute merveilleuse;mais il ne laisse pas d’y avoir encore dans son Livre quel-ques péchés d’omission & de commission. II n’a pas tou-jours marqué la prémiere Edition des Livres; ce qui estun défaut important, 8c qui règne dans toutes les Compi-lations qu’on a vues jufqu’ici. Personne ne s’est encoreavisé de publier un recueil éxact de toutes les Editions, &de marquer soigneusement la prémiere. Gesner 8e sesContinuateurs ont eu là-dessus une extrême négligence.Le Pere Sotuel, voulant éviter le détail où Alegambe des-cend quelquefois un peu trop, est tombé dans une tropgrande sécheresse. II s’en faut bien qu’il ne fût né pour cetravail autant qu’Alegambe. Les curieux, je parle même deceux qui l’excufent fur les ordres qu’il peut avoir reçus deTes Supérieurs par raport aux Ecrivains Anonymes ou Pseu-donymes, mettent en cela son Ouvrage fort au dessousdu précédent, où Ton trouve la découverte de tant d’E-crivains cachez.

( C ) Nous raporterons le bien zy le mal qu on a dit de fa Bi-bliothèque des Jésuites .] Mr. Baillet nous fournira dequoicommenter le texte de cette Remarque. Commençons parle beau côté.

II dit (3) que la Bibliothèque des Ecrivains, de la Socié-té .... est un grand Becueil, qui a furpajfé de beaucouptous ceux de cette nature, zy qu on le doit considérer comme undts plus achevez en ce genre : que selon Nicolas Antoine ( 4I,Jésuites ont fait voir par ce travail combien ils font cu-rieux , zy combien ils ont d’indufirie pour les choses qui les re-gardent, zy qu ayant bâti fur les fondemens de Ribadeneira,ils ont élevé ce grand édifice, dont la beauté confifle particuliè-rement dans la justeffe zy la proportion de ses parties , e? donttoute la gloj re est dus à Alegambe, Ecrivain fi sûr zy st juste,

TOM, 1,

qu il ne faut point appréhender de se tromper avec lui, parceque non seulement il est sans confupon, c? qu il ne prend ja-mais un Auteur pour un autre-, mais encore, en ce qu il n at-tribue point aux Jésuites des Livres qu ils n ont point fatts , zyqu il est éxaùt zy stdelle à représenter ceux qui viennent vérita-blement de la Société . Mr. Bailler ajoute, que ce n’est pasune médiocre louange .... d’avoir évité avec tant de foin unvice dans lequel on a vu tomber la pluspart des autres Réguliersqui ont écrit des Hommes illuftres de leur Ordre, zy qui croyansfaire honneur à leurs Communautez en groffiffant indifférem-ment zy fans choix le nombre de leurs Savans zy de leurs Saints,ont mis au rang de leurs confrères quantité d’Auteurs qui n enfurent jamais, au lieu qu on n en voit presque pas un dans laBibliothèque^ de la Société, qui riait été Jésuite : qu’on n’yvoit pas même les Ecrivains qui font sortis de leur Com-pagnie; comme Papyre Masson, Gaspar Scioppius, Marc An- 'toìne de Dommis, Chresticn Franken, cy c ; ou que, fi on lesy voit, c'ést seulement par raport aux Livres qui ont pré-cédé leur sortie : que e’est ainfi que Ton y trouve Françoisde Macedo > Portugais , qui de Jésuite se fit Cordelier , zyClaude Dausquey , Flamand, qui quita Ta Société pour pren-dre Taumuise à Tournai. Enfin , Mr. Baillet remarque,que, selon T Auteur des Nouvelles de Ta République des Let-tres ( 5 ), Alegambe a fort bien observé le goût de notrepe-cle, c’est-à-dire, de toutes les personnes de bon sens; que ce goûtconsiste à voir régner ïéxaélitude chronologique dans tout cequi a du raport à, l’Histoire; que c est ce qui a fait donner l’ap-probation aux Eloges d’Alegambe, qui marque par tout le temszy le lieu de la naissance des Auteurs, l’âge où ils se sont faitsJésuites, leurs emplois, leurs principales aillons, selon la suitedes tems, O 1 que cet ordre a je ne f ai quoi qui revient extrême-ment à ï esprit. Au reste, poursuit Mr. Baillet (6), commela Compagnie des Jésuites a été jusqu à présent la plus sa-vante de toutes les Sociétez Régulières , c’est-à-dire , pour lemoins, la plus abondante en toutes sortes d’Ecrivains, ( horsfur la Médecine,j . ... on doit juger par là de iavantagequ’on peut tirer de cette riche Bibliothèque, qui est affez bienecrite, Jans affefíation de style particulier , zy fans ornemenstrop recherchés .... disposée dans une trìs-belle méthode, zyembellie d’un tris grand nombre de tables trìs-laborieuses zytrés-utiles. Voilà pour le bien; passons au mal.

Mr. Baillet dit (7) que comme les corps les mkuyyfaìts nefont pas toujours éxempts de taches zy de défauts , quand leurbeauté ne consiste que dans la taille zy la proportion des parties,on ne fera pas surpris d’apprendre que cette belle Bibliothèque a.rencontré Jes censeurs, comme les autres ; que les uns ont cru 7trouver un peu de cet amour de Société, qui fait qu’on ne re-présente presque jamais les Ecrivains que par le bel endroit;qu’ils ajoutent qu en effet on n’apperçoit dans tout ce gros volu-me que des Eloges, c? que , parmi une st grande multituded’Auteurs zy de Livres, on ne voit pas que ï Alegambe o? leSofwel y en reconnoifient un seul qui soit mauvais , p ce n’estpeut-être ceux qui ont été mis à ïInquiption ou à /'Index;que d 'autres ont encore remarqué, qu il n y a presque pas unEcrivain dans toute cette Bibliothèque, qu on ne nous dépeignecomme un Saint. II est vrai que les personnes raisonnablesdoivent être satisfaites de voir à la tete & à la fin du Li-vre une solennelle protestation, qu’on ne prétend pas êtregarant de ce qu on avance fur la sainteté zy les vertus que l’onattribue à ses confrères , non plus que fur les autres Elogesqu on leur a donnez. 11 est plus difficile, selon Mr. Baillet(8), de bien répondre à deux autres points d’accusation. Leprémier est, qu’Alegambe, trompé par de faux mémoires,que des personnes mal intentionées lui envoioient, a traitéd’hérétiques Mr. MariOn 8c Mr. Servin, &c quelques autresMagistrats illustres 8c bons Catholiques. Le fécond est , qu ila été trop indiscret de révéler certaines choses qu il étoìt tres-important à la Société de tenir cachées z? affoupies, comme paréxemple, lors qu’il assure quel’ Amphithéâtre d’Honneur («Lfait contre ï autorité royale par un nommé Bonttxkizís sst d’unV 2 célébré

(a) Tiré dcSotuel, llfcbiiothecaScriptorum

SocietatisJesu, T^omtti167 5 , in foiìoipag. 706,707*

(i) Sotuel jiiídi

(c) Sotuel,ibicL

(5) xAuMoiide Juillet16S4, \- 4 rt,

V , ou tl con-damne indi-refíemem ceuxcjt*t sc conten-tent d y expri-mer cn belle Sphrases les ^qualiiez. d? unhomme ,fansfaire conoitreni fa Patrie ,ni fa Famille ,ni Jes dijfe-rtns Emploîsi& oie il ditnettement ,Qu’on nefauroit lirefans dépit,& fuis fe ■plaindre dela négligen-ce de l’His-torien, l*«iVie de plu-sieurs Empe-reurs de Ro-me, qui

11e nousaprend , nïle Lieu deleur Nais-sance, nileur Famil-le, ni leurAge, ni lamaniérédont ils s’é-toienr >avancez.

( 6 ) Baillet,Jugemensdes Savans,Tom. 7/,num. 112,

M- 137 .

(7) Là me-mcypag, 1 334

(t) Baillet-,Jugemensdes Savans*

Tom. ,pag. ijy,