I
í?) *nlus?. eU “is,
■bbr, y r
C V- K '
&<w fc
IfH-w,
* ’
líío. '
L'I
ALFENUS. ALFONSE. ALYPIUS. x6i
a fait l’Abrégé des Livres d’Alfenus (5). S’il étoit vrai, que parmi les Conseillers de l’EmpercurAlexandre Severe il y eût eu un Alfenus (D) , disciple de Papinien , comme quelques-uns ledisent en s’apuiant fur un pasiàge fort embrouillé de Lampridius, il auroit pu être‘de la postéritéde l’autre , quoi qu’il faille confesser qu’il y a eu des Alfenus différens du dilciplc de Sulpitius. IIy a un Alfenus, dont Cicéron parle dans son Oraison pour Quinctius, & un AlfenusV a r us , Général d’armée fous Vitellius , 6c Présect du Prétoire, qui ne témoigna pas la réso-lution d’un brave homme , lors que son parti eut été vaincu par celui de Vespasien (d). Donat,dans la Vie de Virgile, parle d’un Alfenus (E) , qui, avec quelques autres, exempta les Verresde ce Poète du fort où celles du voisinage furent exposées , lors qu’après la défaite de Brutus ellessurent assignées aux soldats. De fort habiles gens croient que celui, qui rendit ce bon office àVirgile, elt le même Alfenus qui avoit été Cordonnier, Lc le même Alfenus dont parle Ca-tulle (e). Cela n’est pas fans difficulté (f). Voiez nos Remarques, où Mr. Moréri eíl quel-quefois mis dans son tort.
des mêmes Digestes : il en cite le XXXIV. Quant à VautreOuvrage qu’il cite , il est intitulé Conjefíaneorum , dansVEdition de Henri Etienne; mais je voi que Bernais,Lc Guillaume Grotius , ont lu Collecíaneorum. Ce dernierTitre semble se raporter mieux aux passages des Pandectes,où Servius est cité fur le témoignage d’Alfenus : Serviusapud Alfenum notat , putat ; mais on feroìt fort mal depréférer par cette raison le dernier Titre à celui que HenriEtienne a gardé. Bertrand fait dire à Aulugelle ce qu’il nedit pas , savoir que l’Ouvrage intitulé Colleìianea compre-noit <juatre Livres. Voici les paroles d’Aulugelle : ln libroDigestorum trigefimo or quarto , Conjeííaneorum autem secun-do , infœdere , inquit , xrc (5). J e ne doute pas , que puisque Bertrand a dit qu’Aulugelle a cité le XXX Livre desDigestes, il n’ait cru que or quarto se raportoit au mot sui-vant ; Sc que , sans prendre garde à la fuite, il n’ait concluqu’on avoit cité le IV Livre des Colletlanées : d’où néan-moins il n’avoit pas lieu de conclure que l’Ouvrage ne con-tenoit que quatre Livres, Sc que c’étoit Aulugelle qui le di-soit. Les Remarques critiques fur cet Ouvrage de Bertrand,insérées dans l’Edition de Leide , ni Guillaume Grotius, nenous ont pas avertis de ces petites méprises. Je mets enmarge le bien qu’Aulugelle a dit d’Alfenus (6).
(D) ll riest pas súr , que parmi les Conseillers de l'EmpereurAlexandre Severe , il y ait eu un Alfenus. ] Le passage deLampridius, de la maniéré qu’il est imprimé , est st faux àcertains égards, qu’on ne peut en rien conclure pour l’éxis-tence d’un Alfenus fous Alexandre Severe. Voiez Casau-bon sur ce passage. Mais, en tout cas, Mr. Moréri nedevoir point nous citer Horace , ni Aulugelle , pour sonAlfenitts surnommé le jeune , qui vìvoit , dit-il , sous le régnéde lEmpereur Alexandre Severe.
( E ) Donat .... parle ri un Alfenus .] Mr. Moréri, fai-sant un Article de celui-ci, dans la page 170 , le nommeAlpherims Varus , Chevalier Romain , Sc cite Donat in vitaVirgilií ; mais Donat ne qualifie point cet homme Cheva-lier Romain .- Sc, d’ailleurs, les meilleures Editions (7) por-tent Alphenus , varius , comme deux personnes, Sc non pasAlphenius Varus, comme une. II faut néanmoins avouer,que ces Vers de la IX Eglogue de Virgile , f. 16.
Immo hac que Varo needum perseâla canebat ,
Vare tuum nomen ( fuperet modo Mantua nobis ,
Mantua ve mijere nimium vicina Crémone )
Gantantes sublime serent ad stdera cygni ;
font apliqués par le Grammairien Servius à un Alfenus Va-rus, qui fut envoie par Auguste au delà du Po, pour y com-mander, après que Pollion eut perdu ce gouvernement. Lememe Grammairien remarque , qu’il y a eu des gens quiont apliqué au Jurisconsulte Alfenus Varus, successeur deServius Sulpicius, ces autres Vers de Virgile;
Dam neque adhuc Varo videor , nec dìcere CìnnaDigna , sed argutos inter ftrepere anser olores (8).
Leur raison étoit, qu Alfenus Varus le Jurisconsulte avoitcomposé quelques Vers. Servius les réíute , en montrantqu’il faut apliquer cet éloge au Poète Varius, qu’Horacea tant encensé.
(F) On croit que íAlfenus de Virgile , celui de Catulle , esrle Cordonnier, font le même. Cela ri est pas fans difficulté.] D nhomme, qui s’aplique au Droit avec tant d’ardeur, quenon seulement il efface par ses progrès la honte du métierméchanique qu’il avoit éxercé au pals natal ; mais qu’ilsuccédé aussi au plus grand maître de Jurisprudence qui fûtalors dans la République de Rome , est selon toutes les apa-rences assez grave , pour ne point entrer dans les plus étroi-tes liaisons de débauche avec un Catulle , Lc tels autres ga-lans de même volée , fort efféminez. Or l’Alfenus , dontparle Catulle , étoit de la bande de ces impudiques,
Alphene ìmmemor , atque unanimis saisi fodalibus (9) ;
il menoit Catulle chez fa garce :
Varus me meus ad fuos amoresVifum duxerat é foro otiofum ,
Scortillum ut mìhi tum repente vifum estDon fane illepidum nec invenustum (10) ;
il n’y a donc pas beaucoup d’aparence qu’il fût le disciplede Sulpitius. On a censuré Muret , qui avoit dit que leVarus , qui avoit mené Catulle chez son amie, étoit Quin-tilius Varus ; & l’on a fondé la censure , sur ce qu il y apour le moins 57 ans entre la défaite des trois Légions deVaius, & la visite dont parle Catulle (n). Je me fers decette raison. II y auroit entre cette même visite, Sc leConsulat d’Alfenus (1 1) ;o ans plus ou moins : il n’y adonc gueres d’aparence , que fi le Cordonnier de Crémonea été Consul l’an de Rome 754, il ait eu une si étroite liai-son de plaisirs Lc de débauche avec Catulle 50 ans aupara-vant ; car un Cordonnier de Province , qui renonce à sonmétier, pour aller étudier dans la Capitale , n’est point unjeune garçon , lors qu’il est ami intime des gens importans.Joignez à cela , que celui qui rendit un si bon office à Vir-gile , commandoit au delà du Po , quarante ans avant leConsulat en question (13). II y a donc lieu de douter quel’Alfenus, qui a été Consul l’an 754 de Rome, soit le mêmeque le bienfaiteur de Virgile : car il est rare qu’un hom-me parvienne aux grandes dignitez , lors que la saison ordi-naire de les obtenir est passée depuis fort long-tems. Voilàle cas où étoient à Rome ceux » qui, après un gouverne-ment de Province , passoient 40 ans fans obtenir la dignitéconsulaire.
ALFONSE. Cherchez les Rois de ce nom fous celui de leur Roiaume.
ALYPIUS , d’Antioche , vivoit fous l’Empire de Julien l’Apostat. II avoit déjà commandédans l’Angleterre , lors que ce Prince eut la fantaisie dc faire rebâtir le Temple de Jérusalem , 6cle préposa à ce travail. Alypius hâtoit l’ouvrage avec une grande force , & fe trouvoit secondépar le Gouverneur de la Province (a). II salut néanmoins qu’il abandonnât 1’entreprife ; les feux,qui sortoient de dessous la terre , rendirent le lieu impraticable. Huit ans après , il se trouva en-velopé dans l’horrible persécution , qui fit périr une infinité de personnes , 6c qui fut excitée aucommencement contre ceux qui avoient cherché par la Magie quel feroit le íuccesièur de Valens.Quand ceux qui reçurent la commission d’informer contre les coupables, eurent mis les chosescn train, on ne vit que personnes accusées, 8c tout aussi-tôt condamnées, 8c punies. Alypius,qui s’étoit réduit à une vie privée , pour y jouir des agrémens du repos, y fut attaqué par des dé-lateurs : on l’accuíâ d’empoisonnement {b). II fut bani ; tous ses biens furent confisqués. Sonfils Hierocles , condamné à mort pour la même accusation , fut sauvé heureusement lors qu’on.L menoit au fuplice (c). La nouvelle de cette heureuse rencontre adoucit l’affliction d’Alypiusdans son exil. II y a beaucoup d’aparence , que l’Auteur d’un Ouvrage de Géographie , qui plutbeaucoup à Julien l’Apostat, ne différé point de notre Alypius (J ), mais je ne croi point que
cet
'jp E. Auteur d une Géographie, qui plut à Julien l’Apostat,ZMcrc point de notre Alypius.] Cet Auteur vìvoit fousvif 16111>A P° stat - Ou a deux Lettres que ce Prince lui écri-ou’i’l 5 U1 soignent qu’Alypius étoit frere de Cesarius, &r, actp 5 Xer ǰit une charge considérable (i). Ce dernier ca-TOM° n ' iíeat àmrablement à Alypius d’Antioche, qui,
après avoir été Lieutenant de Gouverneur en Angleterre,fut envolé dans la Judée, pour y avoir l’Intendance de laconstruction du Temple. Ammien Marcellin nousaprendtoutes ces choses. Ambitiofum quondam apud HierofolymamTemplum .... instaurarefumptibuscogitabatimmodicisine-gotìumque maturanium Alypio dederat Antiochmfi , qui olim
X Eritan -
(r) Gmlî,Grotii V itxJurisconí.
m- 8S.
Id) Tacit.Historiar.Libr. U,
Cep. XXIX& XLIll-,Libr. III,Cap.XXXVI,LV,irLXi-,Libr. IV,
Cep. XI.
(r) Dacieriùr Horace,Set. IU,Livr. I,
( 8 ) Vlrgil.Eclog. IX,f■ 35 -
(9) Catull,Epigram.XXXI.Mr. DacierJur Iiorat.Sat. III,Livr. t, citel’Epigram-me X vilde Catulle.
(10) Catul.Epigr. X.
(tl)Scalig.in CatulliEpigr. X.
(lA On lcmet à Pan7S+de r J{omu
(13) Serviusin Ecl. IX,t- 2-.
(a) Vtitz,
U \emarq*K
{b) Voiez, URemarque
M).
(c) Voiez.comment ,dtm C*Arti~
cle d*H 1 E-R O C L & S,