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cut fait à Groningue ses Humanisez 6c son Cours de Philosophie, on le fit aller en Allemagne, l’an1602.. II s’arrêta trois ans à Herborn , & y fit de si grans progrès , sous le célébré Piscator , fousMatthias Martinius, 6c sous Guillaume Zepperus, qu’il obtint la permission d’enseigner la Philo-sophie 6c la Théologie. II se préparoit à voiager en Suisse 6c en France, lors qu’il fut choisi pourêtre Précepteur de trois jeunes Comtes (a ), qui étudioient à Sedan avec le Prince Electoral Pa-latin. II prit possession de cet emploi, au commencement de Septembre 160s. L’orage , qui me-naça le Duc de Bouillon de la part de Henri IV , 6c qui n’eut aucune fuite, fut cause que le Prin-ce Electoral sortit de Sedan, avec ces autres jeunes Seigneurs, en Tannée 1606. Alting les suività Heidelberg , où il continua d’inítruire les trois jeunes Comtes. II fut même admis à donnerquelques Leçons de Géographie 6c d’Histoire au Prince Electoral, 6c il devint tout - à - fait sonPrécepteur , Tan 1608. On en peut trouver des preuves dans 1 a Bibliothèque Vaticane ( B ). 11
l’accompagna à Sedan en cette qualité , 6c il Tinstruisit d’une si bonne maniéré , que ce jeunePrince , après son retour à Heidelberg en 1610, étant interrogé fur tous les points de la Religiondevant le Duc de Deux-Ponts , Administrateur de TEleétorat, 6c devant plusieurs autres person-nes d’importance , répondit fort pertinemment , 6c en Latin. II fut Tune des personnes d’élitequi accompagnèrent en Angleterre le jeune Electeur, Tan 161 z. II y aquit la conoislànce deGeorge Abbot, Archevêque de Cantorbéri, celle de King , Evêque de Londres, 6c celle duDocteur Hacquell, Précepteur du Prince de Galles. II eut même Thonneur de parler avec le RoiJaques. Les Noces de l’Electeur 6c de la Princesse d’Angleterre aiant été célébrées à Londres aumois de Février 1 <5 13 (b) , Alting prit les devans avec ses anciens Disciples, 6c arriva à Heidel-berg , le premier d’Avril. Au mois d’Août suivant, on lui donna la Profession des lieux com-muns de Théologie j 6c , comme il n’auroit pas pu présider à des Disputes , s’il n’eût été Doc-teur en Théologie , il salut qu’au mois de Novembre il reçut le Doctorat selon les cérémonies or-dinaires. En 1616 , on lui conféra une charge qui n’étoit pas peu pénible ; ce fut la directiondu Séminaire , s’il m’est permis d’apeller ainsi le College de la Sapience , qui étoit à Heidelberg.On vouloit lui donner la Profession , que la mort de Coppcnius rendit vacante Tan 1618 : c’étoitla seconde Ghaire dans la Faculté de Théologie ; mais il s’en excusa , 6c fit qu’elle fut donnée àScultet. II donna des preuves éclatantes de son savoir dans le Synode de Dordrecht , où il fut en-voie avec deux autres Députez du Palatinat (c). Ce fut alors que T Académie de Leide fut ré-habilitée , par raport au Doctorat qu’elle avoit laissé éteindre. Alting y créa solennellement Li-centié en Théologie le Professeur Jean Polyander , qui ensuite reçut de Scúltet le caractère deDocteur , 6c íè vit par là revêtu de l’autorité requise pour conférer le Doctorat à ses collègues.Alting conçut sans doute bien des espérances peu après son retour à Heidelberg. Les troubles deBohême valurent une couronne à T Electeur Palatin ; mais ces beaux commenccmens furent sui-vis d’une affreuse ruïne. Tilli prit d’aíkut Heidelberg , au mois de Septembre i6zz , 6c y laissacommettre tous les désordres qu’on se peut imaginer (C). Alting, échapé comme par miracle à lafureur du soldat (D), alla trouver fa famille , qu’il avoit envolée depuis quelque tems à Heilbron.
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au païs de Drënte, Tan 1361 (1). Menso Alting , le Mi- (D) it échapa comme par miracle à la fureur du soldat jniílre , fut le premier , qui , avec deux autres , prêcha la Les circonstances de son évasion méritent dette raportées,déformation dans le territoire de Groningue, environ Tan II étoit dans son cabinet , lors qu’il aprit que l’cnnemi,
1 f ,6 , pendant les violences du Duc d’Albe , sub tpsà Al- maître de la ville , commençoit à la saccager. II ferma lebani Ducìs graissante tyranmde (2). II fut auíîì le prémier verrouil de sa porte , & n’eut recours qu’à Toraison. UnMinistre , qui prêcha dans la grande Eglise de Groningue , de ses amis, accompagné de deux soldats, fut l’avertir deaprès la réduction de la place au pouvoir des Etats Géné- se retirer par la porte de derrière chez le Chancelier, dontraux , Tan 1594. II servit fidèlement TEglise d’Embden la maison avoit été mise sous une bonne sauvegarde , par-38 ans , & s’oposa avec un courage ferme aux fureurs des ce que le Comte de Tilli vouloit avoir en leur entier tousAnabaptistes -, & aux machinations des Ubiquitaires. II les papiers qui y étoient. Le Lieutenant Colonel du Ré-mourut le 7 d’Octobre 1612 , le jour même que son fils, giment de Hohenzollern gardoit cette maison. Avec cette& Abraham Scultet, pensèrent périr sur le lac de Haerlem, hache, disoit-il, f aï tué aujourd'hui dix hommes .- le DocteurSubita ac procellofâ coortá tempestate , naufragio acsubmerfione Altingseroit bientôt lonzième , fi je favois ou il est caché, Sjuiproximi , ( Scultetus & Altingius ) «grè tandem toto corpore êtes-vousí pourfuivit-il, en adressant la parole à ce Docteur.madentes , falvì tamen divinâ clementià in proxïmam ripam Alting ne fut pas fi troublé , qu’il n’inventât fur le champevaserunt (3). Sa Vie, amplement écrite parUbbo Em- une réponse , qui n’étoit pas la plus fausse qu’il pouvoit fai-mius , est entre les Papiers de ses héritiers (4). re. J’ai été Régent , répondit-il, dans le College de la Sa-
li) Il a été Précepteur du Prince Electoral Palatin : on en pience. L’Auteur de son Eloge compare cette réponse àpeut trouver des preuves dans la Bibliothèque Vaticane.) On y celle que fit St. Athanase : Satie , dit-il, ìlle vultus, ìlle ha-conserve les thèmes du Roi de Boheme , corrigés de la bitus , ille firmo , is rerum articulus quemvis alium percelleremain d’Alting ; & on les montre aux voiageurs , à ce que poterat .- at noster imperterritus , folerti tamen ufus refponfi ,dit T Auteur de la Vie de ce Professeur. II ajoûte , que nec aperte se negavit Altingium , nec tamen intempestive seces monumens ne font pas moins dignes d’être montrez prodidit , eâdem sere quâ olim in casu simili S. Athanasmsaux curieux , que la plupart des reliques qu’on leur mon- dexteritate ufus, „ Ego „ , inquit , „ Ludimagister fui in Col-tre. Httjits magisterii ejus ne unquam apud posteros inîestata ,, legio Sapientia . Le Lieutenant Colonel lui promit dequeat este induftria , vel Roma , quod miremur , faciet , qua in le sauver. Le lendemain , les Jésuites piirent possession deiiblwthecà Vaticanâ inter Heidelbergenfia cimelia , dicam an la maison , & en firent décamper fi vite cet Officier , qu’ilspolia , oftentat themata cy exercitia styli Régis Bohemia , AI- n’eut pas le tems de s informer de son Régent du CollegeEngii manu emendata , eruditis peregrinatoribus minimeque de la Sapience. Alting se trouva donc entre les mains desfuperflitiofis vifenda , atque non minus credo , quàm plerœque Jésuites ; mais il s’étoit sauvé dans un galetas : Sc , partysorum reliquat àltoélaìu ., digna Jpeílatu ($). bonheur , un Cuisinier de la Cour Electorale fut emploie
(C) On commit , dans la prise d’Heidelberg , tous les defor- par le Comte de Tilli, dont la Cuisine fut logée dans ladres qu on se peut imaginer .] On pilla , on tua , on viola , maison du Chancelier. Cet homme nourrit en secret Al-°n gêna ; en un mot, on n’oublia rien de tout ce que la ring dans le galetas, & lui fournit même le rnoien d’allerfureur du soldat, animée par le faux zèle de Religion , voir ce qui se passoit chez lui. II lui donna pour escorted capable de commettre. Vrbs .... impetu cy vi capta , trois soldats de Tannée Bavaroise. Alting trouva sa maison°tnniaque dira exempla pasta direptionis , lanienst , libidinis , qutt dans un grand désordre , èí son cabinet au pouvoir d’unmil,taris licentia , vitloris insolentia , odium religionis, barba- Capitaine , qui lui dit, ou par moquerie , ou par courtoi-r orum Croatarum feritas comminifci potuere aut patrare . ... fie, qu’il lui permettoit d’emporter tel Livre que bon lui> a noile infomni cy mœsta inter lamenta cy ejulatus quibus sembleroit. On ne voulut point accepter son offre, & Tonomnia undique perstrepebant , aut sequioris sexus vim patien- se contenta de lui répondre , que si Ces choses lui aparte-tls > aut virorum equuleis subditorum , ac per varia rormenta noient, on fouhaitoit que Dieu lui en accordât une plus‘s yulnera lenta citave morte affettorum , cyc (6). Voilà les longue possession qu’à leur prémier maître. Alting essuiaruits ordinaires de la guerre : voilà de quoi faire trembler mille périls en s’en retournant ; & , au bout de trois jours,Ceux qui Tenrreprenent, ou qui la conseillent, pour ré- Tilli lui permit de se retirer. J’ai lu quelque part , que sidédier à des maux qui peut-être n’arriveroient jamais, Sc Alting n’avoit pas craint d’exposer son propre bien , & dess u ' > au pis aller , seroient quelquefois beaucoup moindres passer pour plagiaire , il auroit pu sauver plusieurs Livres dessue les maux qui suivent nécessairement une rupture. Nous la Bibliothèque Electorale , & qu il en avoit transporté plu-llron ’Lheu de raporter plus d’une fois les angoisses où de sieurs au College de la Sapience ; mais j’avoue que jerp l 1S ^pilâmes se sont vus réduits, lors que leur conscien- n’entens rien à tout cela : j’y trouve de Ta contradiction.„ e !: u ', rc P roc hoit les ravages dont ils avoient été cause. Si, de peur de passer pour plagiaire , il ne transporta pointTOM. 1 ° ’ Y dans
(a) Le Comtéde NaJJau , UComte deSolins, & leComte d'ìfen-
(b) Koniçtte lui dojmepas un ttmtconvenable ,en dìfiant »vixit atìno
I6rz ce
r^etoit pointencore jon étatle plus fioris*faut .
(c)^Abraham.Scultet p frPaul ToJJan.Ce dernier futDéputé duSena Eccls-f astique y letdeux autres tde l y ^iíddê“
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