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Tome premier. A - B.
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A L T I N G.

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de fâcheuses suites, par 1 a vocation de Des Marets à T Académie de Leide (S); mais il mourut < ’^XZïdi-à Groningue (cj, avant que de prendre possession de cet emploi. II se fit une maniéré de réconcilia- «■»« certst’ftion au lit de mort (C) : j’en parierai dans les Remarques. Alting fut obligé de se plaindre qu’on l’a-voit joiié (Z) j, & ne tut point en repos, après avoir été délivré d’un adveriâire li terrible : leClergé grondoit éternellement contre ce qu’il apelloit innovations ( E)-, mais le bras séculier ar-rêtoit par íâ prudence les tempêtes synodales ou consistorialcs, & menaça d’interdiction ceux quidans quelque assemblée eccléliastique remueroient la querelle de ces deux Athlètes. Alting n’eutgueres de íânté les trois dernieres années de fa vie j & enfin, une fievre continue , qui n’avoit du- AitingRré que neuf jours, l’ôta de ce monde, le 2.0 d’Aout 1679. II mourut pieusement, résigné aux m ;>

ordres de Dieu, & recommanda plusieurs fois à Mcnso Alting, son cousin, Bourgmaitre de diMaitm-Groningue, l’Edition de toutes ses Oeuvres. On a satisfait à ce désir quelques années après fa w £ , viûmort, par l’impression de cinq volumes in folio (F). II avoit vécu hors du mariage jufqu’à l’â- J. ac0 ?. n A ^ge de près de 30 ans: enfin, il s’ennuia de cet état, & se maria ( G). S’il avoit encore vécu S'ope-quelque tems, il auroit composé deux Livres, l’un en Latin, l’autre en Flamand: le premier eûtété une Apologie de sa Doctrine ; & l’autre une Histoire de j a Fie depuis son Professorat j & l'onauroit vu par ce moien l’injustice qu’on lui avoit faite, en lui suscitant une longue suite de cha-grins (d) ( H ). Voilà ce que j’ai extrait de fa Vie, qui eit à la tête du premier volume de ses Oeuvres.

Si quelqu’un trouve des faussetez, dans cet Article, je le prie de ne s’en prendre pas à moi, qui

n’ai

( 2 ) Tiré u-ne Lettre deJaoueo Al-ting inféréeau V Volumede se s Oeu-vres.

(S ) Alting.Tomo V ,Mantijs-e

(4) Idem jibidem •

( 5 ) Idem 9ibidem»

(C) lise fit entre liti & Des Murets une maniéré de recon -tiliation au lit de mort. J Un Ministre de Groningue, voiantMr. Des Marets hors d’état de guérison , lui proposa de seréconcilier avec son Collègue; ík, en suite de son aquiesce-ment, alla proposer la même choie à Mr. Alting. Celui-ci fit réponse, que le silence qu’il avoit gardé au milieudes clameurs 8c des Livres de l'on adversaire , répondoitde son humeur pacifique ; qu’il étoit toujours prêt d’accep-ter la paix sous des conditions raisonnables ; mais qu’il de-mandoit réparation des injures qui avoient été publiéescontre son honneur; 8c qu’il ne voioit pas qu’on pút sou-haiter aucune liaison avec lui, pendant qu’on le croiroit telqu’on l’avoit dépeint. Le médiateur se retira sans propo-ser autre chose. Peu après , il se répandit un bruit partoute la ville, que Mr. Alting avoit eu la dureté de refusertout à plat la paix à un Collègue mourant; tant il est vraique les bruits de ville font peu conformes à l’état natureldes faits. Le médiateur, accompagné d’un autre Minis-tre , retourna chez Mr. Alting, 8c tira de lui un formu-laire de satisfaction. Ce formulaire ne plut point au mala-de, 8c celui que le malade dicta ne plut point à Mr. Al-ting : il salut emploier plus d’aliées 8c de venues , que pourla capitulation d’une forteresse. Lnfin, le changement queMr. Alting inséra au formulaire de Mr. Des Marets aiantété acceptéà condition que Mr. Alting accepterait ce queMr. Des Marets y ajoúta, afin que les conditions fussentégales de part & d'autre, on en vint aux signatures ; 8c cefut là toute la réconciliation. Notez que les parties ne ré-voquèrent que les injures personnelles; car pour ce quiest des accusations doctrinales, l’accusateur en remit le ju-gement à l’Eglise (z).

(D) Alting fut obligé de se plaindre qu on l'avoit joué.']II fondoit sa plainte sur la derniere Edition du Système deDes Marets, où il se voioit fort mal-traité. II prétendoitque son adversaire devoit abolir tous les monumens de ladiscorde; 8c que, puis qu’il n’avoit pas suprimé un Ouvra-ge si outrageux, sa réconciliation n’avoit pas été éxemtede supercherie. Posteaquam autem ad plttres abiit ( Mare-sius) .... monitusfui ego (3) de Systematis novi perpetuisAnnotationibus , qua infandis malediêïis cum in alios tum inme confiarent. Liber ille paucis ante mortem ipfius diebus ven-di quidem cocperat, sei nonâum in meas ides fuerat Hiatus ....Curavi ergo ajferri , atque inde didici quantopere D. Marefiusmihi ilhtfijfet qitando injpeciem concordiam redmtegrari expetiit.Etenim quotiescunque verum ilhid efl ac fincernm votum nontantum verbis pax tnitur , sed etiam abolentur omnia mo-numenta prions inimicitut. Tenera namqtte confiientia adsuamipfius infamiam spetlare retur, fi quod ìpsamet damnavtt 'at-que ex sua memoria abolitum volait universorum notifia acmemoria infixum dederit, editis contumeliofis chartis per uni-versnm orbem dijfeminatis. S’il m’est permis de dire un peufranchement ma pensée, il ne me semble pas qu’on ait euraison de prétendre que Des Marets suprimât tout un grosLivre; il eút falu dédommager le Libraire :! 8c ainsi lesfrais de la réunion n’eussent pas été un simple dédit, unnollem fattum ; ils eussent été une perte pécuniaire à la fa-mille. II ne s’agissoit pas de trois ou quatre cartons : il s’a-gissoit de TOuvrage tout entier, comme le reconoît Al-ting lui-même. Cum in ipfius ejfet poteflate totum opus sup-prejfijfi, que ttnica supererat in opéré ufquequaque fibi conformïemendatio (4)- C étoit assez qu’il déclarât dans un Ecritsigné de fa main,qu’il rétractoit tout ce qu’il pourrait avoirdit ou publié contre la réputation de son adversaire. Ita utindiCla veht Cl. D. Marefius si qua in diSîis cy feriptis ipfiusinfamam Cl. D. Altingii incurrere videantur (5). Avec ce-la seul, il a pu mourir dans les formes, é tnorto canônica-mente, comme on dit au delà des monts.

(E) Le Clergé grondait éternellement contre . ... ses inno-vations.] Les paroles, que je m’en vais raporter apren-dront ce que c’étoit. Sjualis fuerit utrìusque ante mortemmutua conciliatio ipfiusmet Autoris Epistola initie Mantiffaetomi quinti pofita tefiatur. Sjuiescentí Marefìo , non fie tamenquiescendum fibi duxerunt qui ipfius partfum fuerant. Nihilautem adeo dedijfe operam videntur , quam ut via quafì ecclc-(ìafiica per Synodos , Classes , cy quas dicimus Correspondentias,Altingù opmionibus obfijìerent. Ita variis quidem fluthbus

postea jaâlatus vir cptimus, sue autem sententu tenacisìmustandem ferì enatavit-, fiquidem quotiescunque aliquid propone-ret Ecclefiafiicorum ordo , tllud mox procerum edicto vel consultorejeélum efl. Imo exaudiorationis etiam poena m eos conjhtuta,qui de controverfiìs Maresio-Altingianis in coetu aliquo Pafio-rum quidquam moverent. Ita fablum sipius est ut generalibusetiam verbis concepta gravamina de periculosis novitatibus in . , In v ;t|fpongtam incubuerint (ó). D’où paraît que Jaques Alting T a cobiAEeût eu tout à craindre de la part des Théologiens > s’il n’eût tìng.été protégé par les Magistrats. II est fur que la puissanceséculière 8c la puissance ecclésiastique ont besoin l’une del’autre. II faut quelquefois que celle-ci serve d’éperon àcelle-là , & que celle-la serve de bride à celle-ci.

------- Alterius fie

Altéra poscit opem res, cy conjurât amice (7).

(F) Ses Oeuvres ont été imprimées en cinq volumes in folio.]

Feu Mr. Bcltker, alors Ministre d’Amsterdam , qui avoitété disciple 8c bon ami de l’Auteur, prit un soin particu-lier de cette Edition. Elle parut à Amsterdam , en Tan-née 1687, 8c contient plusieurs fortes de Traités analyti-ques, éxégétiques, prattiques , problématiques , cy philosophi-

ues, qui font foi, non seulement de la vie laborieuse deaques Alting , mais aussi de son grand savoir. On peutconoître sa diligence par un autre endroit. La plupart desgens d'étude deviennent enfin paresseux à écrire des Let-tres ; il n’a jamais conu ce défaut. II en avoit écrit cinqmille; mais on n’a pu en publier qu’un petit nombre. Lo-quuntur EpifioU quarum tam paucas ex joco publicari po-tuijfe , id equidem dolendum. Erat autem ad scribendas literasimpiger (8). Le nom seul des Théologiens à qui elles font (t) vi»écrites montre qu’il n’étoit point Voetten. jacobi ai-

(G) Il vécut prés de trente ans hors du mariage , cy enfin tín %"'

se maria. ] V'ttam edibem ad annum atatis trigestmum fere < g \ ibtdaH'perduxit , cujus tandem pertttsus junxit fibi tort Jociam (9).

De huit enfans que Dieu lui avoit donnez, st n’y en avoitque trois en vie, lors qu’il mourut, dont T un étoit Méde-cin , un autre étoit Avocat, & Tautre avoit pris le parti desarmes. Le prémier & le dernier moururent peu d’annéesaprès leur pere.

(H) On lui a fait injustice, en lui suscitant une longue fui-te de chagrins. ] Ceux qui aimeront mieux les paroles deToriginal que mon abrégé, trouveront ici dequoi satis-faire leur envie. Dixit inter alia ( Altingius) fi Detts fibivitam viresque concederet , ftare fibi animum duos Libellos inlucem mittendì, alterum quidem quem orsus etiam est , quo sepurgaret coram Ecclefià ab heterodoxìas ar h&refios crimine fibiintentato ; alterum vero , quo Hìstoriam Vit s, sua public a pande-rct, ab eo tempore quando in Academiâ docere cœpijjet; undecuivis judicandum relinqueret, quo jure , quâ injuria, tantum

ipfi molestiarum creatum fuijfet . Prêt cateris autem con-

querebatur à malevolorum insidiis atque inimicitiis ftetijj'e , quo .

minus ut vellet publico inservire potuifiet (10). C’est assuré- (10)^ jment une chose bien déplorable, que par des guerres civiles Èn cT"on empêche plusieurs excellens ouvriers de faire valoir leur pé-taient au service de leur Communion, 8c contre les enne- s en fan cntmis de dehors, gens contre lesquels il faudroit toujours te- ie Scf ál>ínir toutes les forces du parti bien réunies. Je ne parle point «ics Disp°”du scandale que cela cause; car au contraire, il faut être tes -scandalisé du peu de scandale que cela cause. Est-ce que

pour se scandaliser à propos il faut un dégré d’esprit à quoipeu de gens parviennent ? Est-ce que la coutume endurcitenfin à tout, & que ab affuetis non fit pajfio ? D’où que ce-la vienne, il est certain que les peuples ont une indulgen-ce excessive pour ceux qui entretiennent la discorde par desEcrits violens, injurieux, remplis de chicaneries, fous lefaux prétexte de zèle. Rien ne seroit plus capable de cor-riger la démangeaison rongeante que l’on voit en certainesgens d’entasser Livre fur Livre, avec un fiel très-amercontre leurs confrères, que si les peuples se lcandalisoienttout de bon de cette conduite, 8c donnoient des marqueséclatantes de leur mépris, Le de leur mécontentement.

Mais, pendant qu’on les verra suivre le parti qui sait faireplus de vacarmes, 8c plus de fracas, il fàut tenir la maladiepour incurable.

CD

( 7 )

<1- AN-l’oït.jM 1 *