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Tome premier. A - B.
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n’ai fait que raporter fidèlement ce que m’a fourni l’Ouvrage que j’ai cité. J’avertís une foispour toutes, que je ne me rens point caution de ces fortes de Récits. Je conclus par cette Re-marque : c’est qu’Alting étoit un Théologien fort attaché au texte de l’Ecriture , au Coccéïanis-tne, & au Rabinifme. Cette derniere aplication l’exposii à une terrible injure ( 1 ). U prêchoitbien en trois langues, en Allemand, en Flamand, & en Anglois.

( I) Son aplication au Rabinifme ïexposa d une terrible in-jure.] Il se vit traité de demi-Juif; d’horame qui ne diffé-roit presque d’unjuif, que par le prépuce; enfin d’hom-me qui se plaignoit quelquefois de n’être pas circoncis, &a qui le prépuce pesois. L’occasion de ces injures fut qu’ilavoit soutenu que les points du nom tetragramme ne fontpoint propres à ce nom ; & qu’ainsi l’on n’en conoît pasla véritable prononciation , 8c qu’il ne faut point accuserde superstition Jqdaïque ceux qui le lisent Adondi. Voicile jugement que l’on fit de cette pensée. Impudentia estGrammaticorum nonnullomm zv filiorum Bicri negare ex fu-perstitionejudaicâ oriri quod id nomen aliterpronuncietur quamlegitur .... Sed per nos hommes femi-Judsi doSlrina , stu-dio , ajfeffu , commercio , zv qui solo fere pondéré preputii , zvquo interdum se gravatì dolent distant à. recutitis, infamant ut

libuerit . Veftre est impudentia , fetulantia , zsr ftper-

bitt in primo gradu, quod. austtis dicam fcribere imperitia zj?ignorantia tot illustribus Ecclest/t viris vobis etiam longe doitio-rìbus , quod id nominis emmcient c? pronuncient uti fcribi-tur ( 1 1 ). Etoit-ce un sujet légitime de se mettre fi forten colere, 8c ne voit-on pas bien ici un exemple de cequ’un Philosophe Païen a remarqué judicieusement ? Credemihi, levia sunt propter qus. non leviter excandescimus, qua-lia qua pueros in rixam ZV jurgium concitant. Nihil ex his'quatam tristes agimus ferium est, nihil magnum. Inde, inquam,vobis ira zv infantia est, quod exigua magno afitimatis (iz).Que pourroit-on dire de plus fort contre un homme quimarchanderoit son apostasie , 8c qui n’attendroit à se fai-re Juif, que la solution de trois ou quatre petites diffi-cultez ?

(ir) Opes.AltingiiTomo V y inMamijsa ,42 6 .

(•2) SenéCide Ira, LibnIII , Cap .XXXIV»

AMABLE, Prêtre de Riom ea Auvergne, dans le V siecle, est loué par Grégoire de Tours,comme un homme admirable en sainteté, & qui faisoit beaucoup de miracles (a). 11 cornman- súpfTÎ* *doit , à ce qu'on dit , aux serpens : c’est ainfi que cet Historien s’exprime ; mais il dépose sur un au- Dissertât,tre fait comme témoin oculaire. J'ai vu à son sépulcre y dit-il, un Energumene délivré : s y ai vu mondent.un parjure devenu aussi roide qu'une barre de fer ; L?, après avoir confessé son crime , devenir libre com - roiycmpe,me il étoit auparavant (b) Quand un homme comme Grégoire de Tours se sert d’un on dit y c’est loz ’un signe que la chose n’est pas fort certaine ; néanmoins l’empire fur les serpens est ce qui passe W Là-mc-pour le plus certain de tout ce que l’on attribue à St. Amable. On diroit que ç’a été son apen- me ' pas ' I01 *nage & son lot ; ou, pour parler en Mallebranchiste ( c ), que Dieu l’a établi cause occasionnelle W Li-mi-de la guérison de ceux que les serpens ont blessez. Un Auteur moderne, qui tout Chanoine '° ‘

qu’il est dans la ville dont St. Amable est Patron ( d ), ne saisie pas d'avouer , qu’il ne croît pas tous Q) c ' e s.les miracles qui font raportez de lui dans les Fies des Saints d'Auvergne , ni dans plusieurs autres Lé- ZwogrlpíLgendes (e): cet Auteur, dis-je, déclare d’autre côté, qu’il croît fermement que ce Saint a un pouvoir ^“^Tsatirdsouverain fur les serpens , par ce que tout le monde , depuis 1300 àns ( A), assure en avoir vu des effets v”Ll,vn/,merveilleux ....;&? que d’ailleurs il a eu le bonheur d’en voir aussi luì-même (/). Il doute beaucoup i- ïo °- dit .de la vérité d'une certaine tradition qui court à Riom sur ce grand Saint , à savoir , que quand il alla àRome à pied , le Soleil lui servit de valets lui porta en l'air ses gans (fi son manteau y en guise de pa- s ssssfr as os pendant la grande chaleur , éfi de parapluye , pendant le mauvais t ems (g). Cette tradition passe " *pour fi certaine en ce pais-là , qu’on ne dépeint presque jamais S. Amable dans aucun tableau , fans sesgans U son manteau soutenus en l'air par un rayon du Soleil. Credat Judaus Apelles (L), dit-il, nonego. Cela suffit, fins aucune réfléxion de ma part, pour donner à cet Article la forme que ce Dic-tionaire semble demander. Un simple Récit de semblables choses est un recueil d’erreurs.

(A) Son pouvoir souverain fur les serpens est conu depuis1300 ans.] Ce calcul ne s’accorde pas exactement avecce qu’on dit ^ dans la page suivante, que St. Grégoire deTours n a vécu qu environ 50 ou 60 ans après St. Amable.II n est pas besoin de prouver que ccs paroles ne veulent pasdire qu’il est né 50 ou 60 ans après ce Saint: il est assezévident qu’elles signifient qu’il étoit parvenu à l’âge d’hom-me, lors qu’il y avoit 50 ou 60 ans que St. Amable étoit

mort. Selon cela, la mort de ce Saint tomberoit fur lecommencement du VI fiecle ; car Grégoire de Tours (*) Labbe,n’a vécu qu’environ ;z ans, 8c il est mort l’an 594 (1).

Or si vers la fin du XVII siecle il y avoit 1300 ans que tZiZT, pmìl’on voioit les miracles du Saint de Riom, il faudroit qu’il 398.’zleút fleuri vers la fin du I V siecle; 8c, en ce cas-Ià, on mettentne peut pas dire qu’un homme âgé de zo ans, en ;6z, /“ m ° n Aait vécu 50 ou 60 ans après lui. ss6 ‘

AMAMA (Sixtinus) Professeur en langue Hébraïque dans l’Académie de Franeker, aété un fort savant homme. II étoit de Frise, & il avoit été disciple de Drusius ( A). L’Uni-versité de Leide, qui enleve autant qu’elle peut aux Académies voisines leurs plus célébrés Pro- (dit-uàfesseurs, en leur offrant des avantages plus considérables que ceux qu’ils possedent, tâcha de l’ô- fsìZf'Z/ìter à l’Académie de Franeker (a). C’étoit pour remplir la place d’Erpenius, qui avoit été l’un a^ufcmtu_des plus habiles hommes de son siecle dans les langues Orientales. Amama ne refusa point cette Ts/itmLìsvocation; mais d’autre côté, il ne l’accepta pas absolument : il n’y’donna les mains, que pour- pro ssvu que ses Supérieurs de Frise lui accordassent son congé. Or c’est ce qu’ils ne firent pas (b)-, ma^Anti^.Sc íans doute ils améliorèrent de telle sorte fa condition, qu’il n’eut pas sujet de se repentir de ?“^ BlbI 'n’être pas Professeur à Leide. Le prémier Livre qu’il publia fut un essai d’un très-beau dessein ftmi'qduqu’il avoit conçu. II avoit entrepris de censurer la Version Vulgate, que le Concile de Trente sj°sfjssjsa déclarée authentique; Sc, sans attendre que tout son dessein fût exécuté, il publia la Critique de m paît Traitéla Version du Pentateuque (c). Voilà par où il débuta pour s’aggréger au Corps des Auteurs (d), MosoïasTII préparoit la fuite de cette Critique, lors qu’il se vit obligé de travailler à une autre chose; je 0

veux dire à conférer la Version Flamande de l’Ecriture avec les Originaux, & avec les plus éxac- ^Jss/tétes Versions. Cette Traduction Flamande avoit été faite fur la Version Allemande de Luther. II sslrT *fendit compte de son travail au public par l’Ouvrage qui parut (e) à Amsterdam en langue vulgaire, rZ iss».intitulé Bybelsche Confèrentie. On a parlé de cet Ouvrage dans le Suplément de Moréri {B ). Ce

(-<í) Il avoit été disciple de Drustus. ] Cela est certain pafvivers passages de l’ Anti-Barbarus Biblicus. Pour ce qui estde Sinestus, dont on le fait disciple dans le Suplément detuoréri, j’avoue qu’il m’est absolument inconu, 8c je dou-te fort qu’on le conoisse dans les Provinces Unies.

(B) On a parlé de fa Bybelsche Conferentie dans le Suplé-ment de Moréri. ] Ce Suplément porte que , selon Mr. Si-mon - le defiein de Sixtinus Amama dans ce Livre est de fairef ,r que la Bible Flamende , qu on lifoit parmi les Protestansther Pa ‘ S ~ Sas ’ ^ q ui av °it été traduite fur /’ Alemande de Lu-. ,» e *oìt remplie de fautes: z? c’est ce qu’il montre fort bien,la-d^sr t ' 0rL ^ our donner une instruction plus complettei -aeuus, jj àut raporter en propres termes ce qu’a dit

1 *Auteur que l’on cite. Les Protestans des Pdis-Bas , c’estMr. Simon qui parle dans fa Lettre à Mr. P. touchant l’ins-piration des Livres Sacrez, page 10, n ont apuyé leur Ré-formation que fur une Version Flamande, qui avoit été faitefur celle de Luther; mais enfin . . . -f résolurent de tra-vailler d une nouvelle Traâuâìion. Sixtinus Amama composapour ce sujet en Flaman un Livre intitule Bybelsche Confe-rentie , où il fait voir fort au long les raisons qu on avoit depublier une nouvelle Bible pour les Eglises Flamandes. Il assureque la Verston Flamande, qu ils lifoient dans leur Eglise, esr quiavoit été prise de celle de Luther, contenoit en de certains lieuxplus de fautes que de versets, i? il en donne dans cet Ouvragéun grand nombre d’éxemples. Dans la page 11, Mr. SimonY z rapor*