AMASEUS. AMASTRIS. AMBOISE.
r 75
plus que lui. II fut Secrétaire de ce Pape. II a fait paroître son intelligence de la langue Grequepar la Traduction de Pansa nias , & par celle d'un Ouvrage de Xenophon (c). II a fait aussi un volu-
(0 t’Expí-aition du
jeuneCyms. . „ ... . . _
T> . me de Harangues , & Sthoías duas de Rations infiituendi. Pour ce qui est des deux Livres qu’il avoitxxi Uvre eci 'rts, où il taifoit voir que la Langue Latine est plus belle que V Italienne , ils n’ont jamais été im-d-s ír - dc primez {d). Quelques-uns disent qu’il mourut l’an iff8, à l’âge de soixante-neuf ans ( B ;. IIBissa un fils, qui s’appelloit Pompilius, & qui ne dégénéra point j car ce fut un hommequi fut du Grec , 8c qui se mêla d’en traduire. II fut même Proíêlseur en cette langue àBoulogne (e). Je croi que ses Traductions se bornèrent à deux fragmens du sixième livre dePolybe (C): il y fit paroître plus de capacité, que Perot 8c Mufculus n’en ont témoigné entraduisent cet Auteur (/). Un habile homme ne laissa pas de l’accuser d'avoir passé tous les en-droits difficiles , fe contentant d’avertir qu'on en pouvoit trouver ailleurs Pinterprétation (g).Quant à son pere, l’on convient qu’il s’attachoit extrêmement à P élégance, 8c à la clarté: il éten-doit ce qui étoit trop concis, 8c serroit ce qui étoit trop diffus -, il éclaircissoit les endroits obscurs [b).Sa Traduction de Pausenias a eu besoin de la révision de Sylburgius.
T >>ou;4«f. à- ísAd( *itions
í - J fr. Tris-iicr.
W-Bumal-
fc. t"
B WUet ,gcmcns desSavans,
\Y
400.
(/) itjugement deCafoubon.Votez. Bail-lct , la-méme*
tg) Huetius,de Claris 1 n-terpret pag.122. Edit»Batav .
(b) C est U -jugement deMr, Huët,lù-même*
U.roi'te, le
5 r l 72Edûion
t V '»ìs' «
figures de^aiuic.
(B) Quelques uns disent qu il mourut tan 1558 , a l’âge de69 tins. \ Mr. de Thou s’eít trompé, en mettant la mort deRoniuius Amaseíis à Fan 1558. Car ce Romulus étoit mortdàs fan 1551. Nous en avons la preuve dans une Lettre deGiovan Antonio Serone , intime ami de Romulus , datée du2o Oâîobre de cette année-là , esr insérée dans le Recueil du Tur-<-in , pag.m. 257. Voilà ce que Mr. de la Monnoie m’a faitb faveur de m’écrire. Au reste, fl Amaseíis étoit mortFan 1558, on auroit raison de dire qu’il vécut 69 ans; carle jour de fa naiflànce est marqué dans les figures de LucGauric au 24 de Juin 1489 (1). J’ai trouvé dans cet Ou-vrage de-Gauric trois ou quatre particularité! que j'infére-rai ici. Amaseíis étoit maigre, de grande taille, chauve,
C*)
Croi
ta:•* du
& avoit la tête petite. II fut Secrétaire du Sénat à Bou-logne, 8c il enfeignoit l’Eloquence dans la même ville,aux gages de 300 écus par an. II enseigna ensuite dans Ro-me , fous Paul III, 8c eut pour cela une pension de íixcens écus: Nutu Pauli 111, ex letlurâ in urbe, habebat,6coaureos. Mr. de Thou ignoroit cela.
(C) Les Traductions de Pompilius Amaseíis fe bornèrent àdeux fragmens du VI livre de Polybe.j Pompilius Amaseíis,aiant traduit ces fragmens, qui traitent de la Discipline mi-litaire des Romains, les éclaircit par un Commentaire , qui estparmi les Manuscrits de la Bibliothèque de Mr. de Thou (2).Ce Manuscrit est en Italien. L’Auteur a traduit, tant enLatin, qu’en sa langue maternelle, ces fragmens-là.
(2) Votez. Upage 45 z duCataloguede cette Bi-bliothèque»
s f) Ê* m;.c '»el.Thi-
á F L »u-
í? tl one
«adriani
fUK°à°°'
S^nasii
ìfivam
if! 0 «U
dts
V^res
r, Ab élaid,
lí Titre
5 - e 8 « iix
fiactiore
r° n ÍÌ st °rio
Syafiliariì
fe***.
.^ain e n;
bU °th Fr^;Sotfç „ an '
’ptg 8s _
k,'- 1 ’bl 'othÇois e36j
<-)
t“í'
Bi-•Fran-1%
A U
V.
Du
nier, bi. r “bli °th. p'
^ io 'f'auçoiso,^■ 36 $.
duM aCl °fi
vJ^auie
« io ^'
%. 87,
AMASTRIS, niece du dernier Darius, 8c femme de Denys, Tyran d’Héraclée. Cher-chez son Histoire dans P Article de ce D e n y s. Vous y trouverez aussi la ville d’A mastris,fondée par cette Princesse.
AMBOISE (François d’) Parisien, mérite une place parmi les personnes que la Pro-fession des Lettres a élevées aux honneurs du monde. II étoit fils d’un Chirurgien de Charles neuf,8c il fut entretenu, par la libéralité de ce Prince, au College de Navarre, pendant ses études deRhétorique, 8c pendant celles de Philosophie. II enseigna ensuite dans ce College j car on trou-ve, qu’en 1 f 7z , il avoit déjà régenté la seconde classe pendant quatre ans. On le fit alors Pro-cureur de la Nation de France. II s’attacha depuis au Droit, 8c devint fort bon Avocat auParlement de Paris ; après quoi, il eut une charge de Conseiller au Parlement de Bretagne : 8c en-fin, il fut Maître des Requêtes (a), 8c Conseiller d’Etat (b). II voiagea en divers pais loing-tains ( A). II publia, pendant se jeunesse, quantité de Fers François , 8c quelques Pieces Latines ,qui sens doute ne lui íêmbloient pas des endroits fort honorables, quand il se vit élevé aux di-gnitez > car ces fortes d’Ouvrages sentent un homme qui court après les matières du tems, 8c quienvoie ses Muscs à la quête de part 8c d’autre, tantôt par des Complimens de condoléance, tantôtpar des Félicitations ; un homme, en un mot, qui auroit été pourvu en titre d’office de la chargede Porteur des Complimens du Parnasse chez les grans Seigneurs. On verra ci-dessous les titresde quelques Ouvrages de François d’Amboise (B). Ils doivent, ce me semble, moins contri-buer à l’immortalité de son nom, que la peine qu’il a prise de recueillir les Manuscrits de PierreAbéîard (C), 8c d’y joindre une Préface apologétique , qui se voit à la tête de l’Edition de l’an
1616
(A) il voiagea en divers pais loingtains (i).] Du Ver-dier Vau-Privas remarque que François d’Amboise feit àWarsovie une Description du Roiaume de Pologne, lors que Mon-seigneur Henry Duc d'Anjou > à présent Roy de France , futestcu Roy de Poloigne (2 ). Voilà l'un de ses voiages. On neíàuroit déterminer par les paroles que j’ai citées, s’il le fità la fuite du nouveau Roi, ou s’il fe trouva en Pologne,lors qu’on y fit sélection du Duc d’Anjou. Ce dernier sensíeroit le seul qu’il faudroit donner à ces paroles, si du Ver-dier Vau-Privas eût eu la coutume d’écrire très éxactement.
Voie! le Traité des Devises de François d’Amboise, oùl’on trouve (3), qu’au tems de cette élection, il étoit ence pats-là, che! l’Evêque de Valence.
Ce Traité des Devises est posthume. II fut imprimé àParis, Fan 1620, par Adrien d’Amboise, fils de F Au-teur. (Je fils publia, l’année suivante, à Paris, un petit Trai-té de fa façon, intitulé Devises morales.
(B) On verra ci-dejfous les titres de quelques uns de ses Ou-vrages. ] Les voici. Elegie fur le trespas £ Anne de Montmo-rency , Pair CV Connétable de France , avec un Panègyriq La-tin <£• ode Françoise, sur le désastre de la France, en 1568 (4).
Panégyrique sur le mariage de Monfieur le Duc de Guise, Henryde Lorraine, tv de Madame Catherine de Cleves, Comtessed'Eu, en 1570 ($). Lc Tombeau de Messire Gilles Bourdin,
Procureur Général du Roi en fa Court de Parlement d Pa-ris, tant en trois Sonnets, une Elegie traduite du Latin d’An-toine Valet, quen Hendecasyllabes Latins, en 1570 (ó). Les-Amours de Clion, où se voit un Poème intitulé , Les Dejes-pérades, ou Eglogues amoureuses, en i <;72 (7). Amours Co-miques , contenant plusteurs Histoires facétieuses, 8c entre au-Ves celle qu’il nomme les Neapolitaines, en 1584. Ces Nea-P°litaines étoient la Traduction d’une Comédie Italienne.
H fe nomme, à la tête de cette Version, Thierry de Timo-Pf ile, g. Picard ; & il prit austi le même masque , à la têtedes Regrets funèbres de quelques animaux, qu’il traduisit de
Italien , en 1576, 8 c à la tête du Dialogue & Devis des Da-moiselles, qu’il publia Fan 1583. La Croix du Maine, quim aprend cela, dit que cet Auteur avoit cowijfance de beau-toup de langues , cr qu il avoit publié plusieurs Ouvrages en
langue Latine. Son Recueil de Devises fut publié après famort, l’an 1620.
(C) ll a recueilli les Manuscrits de Pierre Ab élard.j II fitses diligences là-dessus, d’une maniéré à mériter la grati-tude du public : c’est à ses foins que nous devons une fortbonne Edition des Ecrits de ce fameux Dialecticien. Ellecomprend, I, les Lettres qu’Abéîard & Heloïse Récrivi-rent , qui sont précédées de la Relation qu’il fit lui-même deses Infortunes : 11 , les Lettres qu’il écrivit à quelques au-tres personnes, 8c celles que St. Bernard, l’Abbé de Clu-gni, 8cc, éclivirent au sujet de ses erreurs, ou de fa con-damnation, ou de fa mort; avec quelques Traités qu’unde ses Disciples publia pour lui : III, quelques Traitésdogmatiques d’Abéîard, comme l’Exposition de la PriereDominicale, celle du Symbole des Apôtres, celle du Sym-bole de St. Athanase , la Réponse à quelques questionsd'Héloïse, un Commentaire sur l’Epitre de St. Paul auxRomains: IV, plusieurs Sermons iur les principales Fêtes:
V, une Introduction à la Théologie > où fe trouve son Li-vre sur la Trinité: VI, de savantes Notes d’André duChêne fur l’Histoire des Calamite! d’Abéîard. II y a encorequelques Ouvages de cet Auteur , qui ne font pas impri-me!. On en peut voir les titres dans le Suplément du Pe-re Oudin (8) avec les Bibliothèques où ils se trouvent, (s)Pag. ^13,François d’Amboise a tait traduire en notre langue les Ré-glés qu’Abéîard avoit marquées aux Religieuses du Para-der. Sa Préface apologétique a déplu à bien de gens, 8cquelques-uns ont débité, qu’elle fut cause de ce que l’onfit à Rome contre l’Ouvrage qu’il publia. Et ce que depuisnagueres les Oeuvres de cet A e a j e l a r d , ayants été impri-mez, ils auroient passé par f indice expurgatoire de Rome,jeue. la faiilte rie.n doìht tant eílre imbutée a l Auteur au à.
croi que la faulte rien doibt tant estre imputée a t sauveur qu àcelui qui auroit fait la Préface ; en laquelle, au lieu d avertir leleóteur d’estre sobre en la leílure de tels ZV tels passages d’A b a-jelard, il se seroit ingéré de le vouloir desfendre : zjt de làle désordre. C’est ainsi que parle FAuteur des Antiquité! deMelun , Avocat au Parlement de Paris (9). On ne peutpas dire dans la bonne exactitude , qu’il ait fait la Vie dePierre Abéîard (10): il n’a donné qu’un court Récit des
princi-
(s) Seb:Roulliapag. 350Son LiiimprimeParis, 1162$,/}
(10) On Udit pourtantdans le Cata-logus Auto-ium Catalo-gorura, &c.dc Mr. Teií-siei, pag. 2jo.