A M B O I S E.
Jugement
fur les Eciitsd’Abélard.
(n) Hist.de Melun,t“S’ 34 *.
sir) Lau-noius, Hist.GyranasiiNavarrx,f‘‘S- 801.
siz) Lc P.Oudin, Sup-plément!de Script.Eccleíiast.M- 4 H.
Í14) Spire-lius, Spc-cim. Bi-blio.ch. uni-vers* Konig*Bíbi. vet.
Ôc nova}
Christoph.
Hendreich,
Pandectar.
Branden-
burg. initia «
(15) Préfacesur Grégoi-re de Tours,
(16) Il n'eftpoint dans UBibliothè-que de Dau-phine du Sr .Allard.
(a) SocitisH.ivarricus,Launoius,HistoriceGymnasiiNavarre,pag. z 60.
(b) Ibid . pag ,
37 i, 372 .
(i)Launoius,Hist. Gym-nasiiNavarr.fàg- 799 , S00.
176
1616 (D). Cette Préface m’aprend une chose , que je nhivois point trouvée dans l’Histoire duCollege de Navarre : savoir , qu’il a publié un petit Traité du Concile , & une Préface sur l'His-toire de Grégoire de Tours (A) , dans laquelle il justifie cet Historien contre les acculationsde Flacius lliyricus , & Fabandonne fur le sujet des deux Denys, l’Aréopagite , & celui deCorinthe. II tient son rang, sous le faux nom de Thierry de Timophile , dans la Liste des Au-teurs déguisés, que Mr. Baiiíet a publiée.
J’ai une Addition à donner touchant l'Edition des Oeuvres de Pierre Abélard, ordinaire-ment attribuée à notre François d’Amboise (F).
principales avantures de ce personnage. Ce Récit contientun assez bon nombre d’erreurs : ce n’est pas ici le lieu deles critiquer ; ma ; s fans sortir du véritable sujet de cetteRemarque , je puis fort bien dire que François d’Amboisen’a pas procuré à Pierre Abélard toute la gloire qu’il croioitlui procurer par l’Edition de íes Oeuvres. Le public n’apoint trouvé dans les Ecrits de cet Auteur cette grande sub-tilité , cette grande force , qui 1e rendirent si célébré durantsa vie. Ecoutons encore une fois Sébastien Roulliard.§uant aux eferipts de cet A b a j e l a r d , dit-il (r l) , certai-nement ils ne mont semblé remplir e la capacité ni correspondreà la grandeur des titres c? eloges à lui donnez, par tant d'insi-gnes Aut heurs. Ft partant me suis-je persuadé que l'excellence decet homme gisoit en un esprit pr&sent , en un discours facond es?facond , en la force d'un genie philosophique qui le rendoitredoutable ZSZ invincible en toutes sortes de disputes. Comme onha veu de nos jours deux ou trois personnages avoir aquis gran-de estime par aucunes de ces perfections ; cr néanmoins , ce qu ilsont fait imprimer de leurs eferipts s’est trouvé beaucoup inférieurft ce que chafcun en auroit attendu.
(D) ll a mis une Préface apologétique aux Oeuvres d’Abé-lard de l'Edition de l'an 1616. ] La commodité des chiffresa i'es incommoditez. Les Imprimeurs y font mille fau-tes , que les Correcteurs n’aperçoivent pas, 8t cela mul-tiplie furieusement les êtres fans nécessité. Nous en avonsici un éxemple. Quelques-uns mettent cette Edition d’A-bélard en l’année 1606 (n.) , 8c quelques autres en Tani6zó (13). Ne doutez point que cela ne fasse dite à plu-sieurs, Auteurs , que les Oeuvres d’Abélard ont été impri-mées trois fois dans T espace de vint ans ; 8c , comme quel-ques-uns disent qu’on les imprima in folio , Tan 1616 (14) ,c’est un nouveau moien de multiplier les Editions fans né-cessité.
(E) ll a publié une Préface fur l'Histoire de Grégoire deToursfj Je ne doute point que ce ne soit celle dont Mr.l’Abbe de Marolles a parlé ainsi (15) : Son Histoire des Fran-fois , ( il s’agit de Grégoire de T ours, ) qui est le plus beaude ses Ouvrages , fut autrefois traduite par Claude Bonnet, Gen-tilhomme du Dauphiné (16), qui fe qualìfioìt DoCleur en DroitCivil zjr Canon , fur laquelle Mr. Hemery d’Amboise, Maifiredes Requeftes, a fait une ajjez. longue Préface, addreffée à Ma-dame Henriette de Balzac, Marquise de Verneuil, crsut impri-mée à Paris , in 8 , chez Claude de la Tour , en 1610.
(F) f 'ai une Addition à donner touchant l'Edition des Oeu-vres de Pierre Abélard, ordinairement attribuée à notre F. d’Arn-boife.] Cette Remarque n’est point de mon cru, 8tje la don-
ne dans les propres termes de celui qui me l’a fournie (17).
,, II y a des Exemplaires des Oeuvres d’Abélard , qui p or-„ tent à la tête le nom de Mr. d’Amboise ; mais on en l ° ar u,.
,, trouve , d’autres, où Ton voit celui d’André du Chesne, nancelot.
„ avec ce titre, Pétri Abdardi, Santli Gildasti in Britannia„ Abbatis , c? Heloijjk Conjugis ejus , que postmodum prima B f l jffeiír,, Cœnobii Paraclitensts Abbatijfa fuit, Opéra , nunc primum jss-
,, eruta ex AI S S. Codd. zjr in lucem edita studio ac diligen- *
,, tià Andrés Spuercetani , Turonensts. Parisis, Nic.Buon, suris.
,, 1616 , in 4. II y a beaucoup d’apparence , que c’est vé-„ ritablement à ce célébré Tourangeau, que nous devons„ cette Edition. Dans T Abrégé du Privilège , qui est au„ commencement de l’Exemplaire qui porte le nom de Du,, Chesne , on n’a pas manqué d’y dire , que ces Oeuvres,, étoient imprimées parles foins d’André du Chesne , edi-,, ta studio Andrés Gjuercetani ; au lieu que dans TExemplai-,, re qui a le nom d’Amboise, le Privilège ne dit pas un„ root de celui qui a pris foin de recueillir ces Oeuvres.
„ Ainsi , s’il étoit permis de conjecturer, on pourroit croi-„ re , que par quelque motif secret, 8c qu’on n’a pas jugé,, à propos de transmettre à la postérité , Du Chesne auroit,, cédé la gloire de son Ouvrage à Mr. d’Amboise, qui étoit„ alors en état de reconnoitre un sacrifice de cette nature.
,, Quoi qu’il en soit, les deux Exemplaires de Du Chesne„ Lc d’Amboise , que j’ai vus, ne font pas semblables en„ tout : par éxemple, celui de Du Chesne commence par,, une Epitre Dédicatoire adressée à Mre. Benjamin dc„ Brichanteau , Evêque de Laon, 8c Abbé de Ste. Genne-,, vieve. Cette Epitre manque dans la prétendue Edition„ de Mr. d’Amboise , aussi bien que la Préface que Du„ Chesne ajouta ; où, après avoir dit en général qui étoient,, Abélard 8c Héloïse , il rend compte de ce qu’il a fait,, pour rendre l’Edition de ce célébré Dialecticien la meil-„ leure qu’il a pu : il parle honorablement de tous ceux qui,, Pont aidé de leurs Manuscrits , 8c avoue devoir à Mr.
,, d’Amboise les Lettres 8c quelques autres petites Pièces.
„ Après cette Préface , suivent les Testimonia Veterum de„ Abdardo ztr Heloiffd , qui manquent aussi dans TExem->, plaire de Mr. d’Amboise. De son côté , l’Edition de ce,, Conseiller d’Etat a une Préface Apologétique pour Abé- ‘
„ lard , qui manque dans l’Edition de Du Cheiiie. Pour„ le reste , tout est semblable , 8c ces deux Exemplaires fe„ répondent page pour page. II ne fera peut-être pas inu-„ tile d’avertir le public de ce double titre , de peur qu’un» jour il ne soit cause qu’on augmente encore le nombre„ des Editions d Abélard, comme on Ta déja remarqué ”.
AMBOISE (Adrien d’) frété puîné du précédent, ne s’avança pas moins que lui, puisqu’il parvint jusques à la Prélature. II eut part comme lui aux libéralitez de Charles IX, quiFentretint assez long-tcms au College de Navarre. II trouva la même grâce auprès du Roi HenriIII. II étoit de la maison de Navarre (a) , lors qu’en 1779 on f élut Recteur de FUniverfité deParis. Pendant son Rectorat, FUniverfité demanda au Roi la confirmation de íes privilèges , 8 cil porta la parole , suivi d’un grand nombre de Docteurs. II reçut ses Licences en Théologie Fanif8z , & fut préconisé en cette rencontre par Michel Thiriot, qui, entre autres louanges , luidonna celle d’être sorti d’une très-noble famille (A). II étoit Prédicateur & Aumônier du Roi,& Grand Maître du College de Navarre (b) , lors qu’en 1^94 FUniverfité de Paris préta fer-ment de fidélité à Henri le Grand. Environ ce tems-là , il obtint la Cure de St. André à Paris;
Lc
(A) Thiriot lui a donné la louange d’être sorti d'une tres-noble familles Néanmoins cet Auteur fait expressémentmention de la Chirurgie du pere dans cet Eloge du fils.J’emprunte de Mr. de Launoi ce néanmoins ; car voicicomme il parle, „ Attamen Thiriotus ait, Hadrianum fun-„ datiffimâ 8c nobiliffimâ fatum esse familiâ. His enim ver-„ bis utitur : Franciscus primùm in duorum inferiorum Na-„ van* sodalitiorum disciplinant receptus est , 8c Caroli„ IX liberalitatc ad Rhetoricas ac Philoiophicas institutio-,, nés eruditus. Deinde , humaniores literas ibidem do-„ cuit, 8cc (1) ". Un très-bon moien de tirer d’assaireces deux Auteurs scroit de dire , que nobiliffimâ familia nesignifie point ce que les François apellent famille tfes-noble ,famille de Gentilhomme ; car si Thiriot avoit ainsi entenduson Latin > il eût parlé peu éxactement : la Chirurgie n’estpoint en France la profession d’un Gentilhomme. Si Mr.de Launoi avoit pris la chose en ce même sens, il eûtaporté des preuves fans nécessité , 8c ses preuves n’auroienteu aucune force. II n’est pas nécessaire de prouver queTon a donné la qualité de Gentilhomme à quelqu’un , lorsqu’en propres termes on a dit qu’il est né d’une famille très-noble , au sens que les François entendent ce mot ; 8c fi,pour prouver un fait de cette évidence , on alléguois laqualité de Boursier , Lc celle de Regent de Seconde , quece quelqu’un auioit eue dans le College de Navarre , il estfur qu’on ne songerait pas à ce qu’on dirait. Pareilles preu-ves de noblesse ne furent jamais de mise. II pourroit doncêtre, que non seulement Michel Thiriot, mais aussi Mr, de
Launoi, ont pris nobiliffimâ familia , pour une famille con-sidérable , Lc qui faisoit belle figure, Lc non pas pour unefamille de Gentilhomme. C’est â quoi il faut prendre gar-de dans les Eloges Latins des hommes de Lettres : on fetromperait, fi Ton prenoit pour des Gentilshommes tousceux dont on dit nobili loco , nobili genere , nobiii profapiàoriundì. Je sai bien que François d’Amboise se qualifieEcuier dans l’Edition d’Abélard : mais cela prouve toutau plus que son pere , ou lui, avoient été annoblis ; 8cnullement, que son pere eût été Chirurgien Lc Gentilhom-me tout ensemble. 11 me vient une pensée , que je don-nerai pour ce qu’elle me coûte : c’est que peut-être les pré-décesseurs de François d’Amboise aiant dérogé , il obtint laréhabilitation de fa famille. Que fait-on même , si du cô-té gauche il ne defeendoit pas de Tillustre Maison d’Am-boise ? C’est ce qui paraît le plus vraisemblable ; car il ra-conte qu’il alla au Couvent du Paraclet , pour y ramassertout ce qu’il pourroit des Oeuvres de Pierre Abélard, 8cqu’il y fut très-bien reçu par TAbbesse, Marie de la Ro-chefoucaut , fa parente , dont l’aieule paternelle, dit-il, An-toinette d’Amboise , femme du Seigneur de Barbes,eux, Cheva-lier de P Ordre , étoit fille unique de Guy d’Amboise , cr petìte-fille z? heritiere de Charles Seigneur de Chaumont , Maréchalde France : de sotte quelle recueillit toute la succession de M f Ifs,cette très-ancienne famille , Lc cju’elle transporta les biens Al £fatioo ede la branche aînée dans la Maison de la Rochefoucaut. 4polog et *Totam vetustijfmam familiam crevit , ç?primogenìta nostra in Op er ?ad Rupifocaldos transtulit (z). C’est une chose assez singu-
hère