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Tome premier. A - B.
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del'H^age

AMELIUS. AMESIUS. AMESTRÏS. AMYOT.

de Plotin ; ôc c’est ce qui l’obligea d’armer contre eux. II prit fur lui la défaite des Gnostiques ,pendant qu’Amelius combatroit contre Zostrianus , ôc que Porphyre attaqueroit les prétendues ré-vélations de Zoroaítre. Après cela, Amelius, aiant ouï dire que l’on accufoit Plotin de s’êtreparé des dépouilles de Numenius, prit la plume pour justifier son maître ; 6c , dans trois jours, ilcomposa un Ouvrage , qu’il dédia à. Porphyre , 6c auquel celui-ci donna pour titre , De la diffé-rence qui fe trouve entre la doStrine de Numenius , £5? celle de Plotin. Ce que je vais dire suffit à fai-re conoître l’estime que Plotin avoit pour Amelius. Comme Plotin se soucioit peu d’étalcr sesforces, il laifioit des doutes dans l’efprit de ses auditeurs , 6c il avoit en quelque façon besoin d’ê-tre forcé à montrer le meilleur de sa doctrine. C’est ce qui fit que Porphyre lui proposa parécrit plusieurs objections , pour prouver que nos idées font hors de notre entendement {d). Voi-là ce que le Pere Mallebranche a renouvellé de nos jours. Plotin, aiant lu ces objections, lesdonna à réfuter à Amelius. L’opoíànt répliqua: Amelius dupliqua ; 6c enfin, Porphyre, com-prenant la doctrine de Plotin , y donna les mains, 6c lut fa Rétractation en plein Auditoire. Lon-gin , dont le goût étoit si sûr , 6c la critique si redoutable , trouvoit à la vérité trop de verbiage,dans les Ecrits d’Amelius ; mais il le mettoit néanmoins au petit nombre des Philosophes dontles Ouvrages lui scmbloient dignes de considération (B). 11 écrivit une longue Lettre contre

celle qu’il avoit reçue d’Amelius , touchant les maniérés de la Philosophie de Plotin. Amelius étoitun dévot du Paganisme , grand observateur des nouvelles Lunes 6c des Fêtes (e) (C). II avoit citédans l’un de ses Livres le commencement de l’Evangile de Saint Jean , pour confirmer la doctrinede Platon: Eufebe a raporté ce passage (/) ; mais non pas aussi amplement que Theodoret (g ),6c que St. Cyrille (b).

(B) Longin ... le mettoit au. petit nombre des Philosophesdont les Ouvrages lui semblaient dignes de considération. ] Cenombre étoit si petit, qu'il ne comprenoit que deux Au-teurs , Plotin 8c Amelius. La gloire de ce dernier en étoitd’autant plus grande : cependant cela ne fit pas que sesEcrits ne déchussent assez tôt de leur prémiere réputation.Eunapius les met dans la même catégorie que ceux de deuxautres condisciples de Porphyre, 8c prononce cet arrêt con-tre tOUS '. ’Lvysçáu.pioiTií y 1 »ùr»v tvi Q Í7 usíl CCÍ. S.oyc.ç ô È «ù-tZv lêìí c h (ç). Quorum extant quidem volumina , sed exis-thnatio prose nulla est (6). 11 en donne pour raison qu’ilsétoient destituez des ornemens du langage , 8c purementdogmatiques.

(C) ll étoit grand observateur des nouvelles Lunes & des Bê-tes .] Je n’ignore pas , qu’au lieu des nouvelles Lunes , il se-roit plus sûr de dire , des premiers jours du mois , comme afait Marsile Ficin (7) ; mais j’ai cru que mon expressionseroit plus facilement entendue. Voici les termes de Por-phyre I QíAoûijtis ot yeyovóroç 7 » AficAÍx, tcct) rà ispòc tcctràvupLnnc&v , xctl ïoslùç iicorsptïovloç (8). Qison aille direaprès cela que les Philosophes font des impies. S’ils l’a-voient été , ils n’auroient. pas tant écrit en faveur du Pa-ganisme : ils n’auroient pas été les seules plumes que lesChrétiens eurent à combatte ; car pour les Prêtres 8c lesSacrificateurs, ils ne se mêlèrent pas de cela : leur ignoran-ce les en dispensoit.

AMESIUS (Guillaume) Anglois de Nation , fut fait Professeur en Théologieà Franeker , l’an 162.2.. II se mêla beaucoup dans les disputes des Arminiens , 6c il écrivit di-vers Ouvrages contre eux (A). C’est un des Théologiens Réformez qui ont traité avec le plusd’éxactitude 6c de méthode les Cas de conscience. II est presque inutile de remarquer qu’il écri-vit contre Bellarmin (a) -, car personne n’ignore qu’en ce tems-là les Ouvrages de ce Jésuiteétoient la bute de presque tous les Controversistes Protestans. Amesius fit un Livre intitulé Me-dulla Théologies. 11 écrivit auffi quelque chose contre les Soctniens , ôc contre la Métaphysique , ôtpour le Puritanisme , dont il étoit Sectateur rigide (B). II publia ce dernier Ouvrage en Angle-terre , l’an 1610. Je ne dis rien de ses Leçons fur les Pfeaumes , ni de son Explication des Epîtresde St. Pierre. II ne mourut pas l’an 163P , comme le Sieur Henning Witte l’aílure dans son Dia -riurn Bìojraphicum. L’Epitre dédicatoire de ses Leçons fur les Pfeaumes , en 163s , témoigne qu’ilétoit déjà mort. On voit dans cette même Epitre , qu’après avoir été douze ans Professeur à Fra-neker , il avoit obtenu son congé , pour aller être Professeur à Rotterdam.

(A) ll écrivit divers Ouvrages contre les Arminiens .] IIavoit commencé à disputer de vive voix avec Grevincho-vius, Ministre de Rotterdam : Sc , n’aiant pu dire tout cequ’il avoit fur le cœur, parce qu’oti les interrompit, ilcontinua par Lettres cette dispute , 8c publia ce qu’il avoitobjecté , 8c ce qu’on lui avoit répondu. II s’agìssoit dedeux choses, du rachat de l’homme par la mort de Jésus-Christ , 8c de sélection fondée sur la prévision de la foi.Grevinchovius fit une autre Edition de leur dispute , àRotterdam, l’an 161; , in 4. Amesius répliqua par unEcrit intitulé Rescriptio Scholastica er brevis , erc. II fitauffi un Livre intitulé Coronis ad Collationem Hagiensem , oùil réfuta les Réponses que les Arminiens avoient faitesaux Objections des Ministres de Hollande. Son Ouvrageintitulé Anti-synodalia , contient des remarques fur les Scrip-ta Synodalia des Remontrans. II fut imprimé à Franeker,l’an 162.9 : à Amsterdam , en 1646 , in 12 ; 8cc.

(B) ll écrivtt pour le Puritanisme dont il étoit seêla-teur rigide .] Vous trouverez dans la Préface que je cite (1)

quelques Extraits de l’Ouvrage qu’il publia contre les Epis-copaux , l’an 1610 ; 8c vous conoitrez par là , que selonlui , il n’y avoit pas d’autres gens de bien en Angleterre,que les Puritains. Ceux-ci se saisissent conoître par l'a ver-sion pour la comédie , pour les sermens , pour la danse,pour le jeu , pour les collations : le reste n'étoit que desjoueurs, des buveurs, des j meurs, des enfans de Belial.11 n’y avoit point de milieu entre ces deux extrémité?. , oud’abolir l’Episcopat, ou de faire revenir de l’Enfer l’EgliseRomaine. Hi scil. soli inter Anglos viri boni , simplices,quadrati : quos ex scelerifugio fit cognoscere , quibus ex repu-dio speSíaculorum , yuramentorum , chorearum , alearum , zxcommejsationum , inditum fit nomen Puritanorum : reliqui ve-ro insignes aleatores , potatores , religionis officia susque dequehabentes , verfiati institores Papistarum , ambitionibus praviscorrupti, juratores impii , hommes denique vanì, injusti, tur-

pes , e? omnes filii Belial . Adeoque vel e medio tollen-

dum ementitum hune Episcoporum ordinem , vel denuoPapam revocandum ab orco (z).

AMESTRIS, femme de Xerxes , Roi de Perse. Voiez 1 a prémiere Remarque de l’Article

Masistes.

AMYOT (Jaqjjes) Evêque d’Auxerre, ôc grand Aumônier de France , a été l’un desplus illustres Savans du XVI siécle. II étoit né à Melun , le 30 d’Octobre if 14. Son pere 6cse mere , gens de bien, à la vérité, mais de fort petite condition ( J) , emploiérent toute leur in-dustrie pour le faire subsister à Paris , où il fit ses Humanitez 6c son Cours de Philosophie au Col-foge du Cardinal le Moine. II avoit l’efprit pesant de son naturel ; mais le travail 6c l’aplica-tion remédièrent à ce défaut. Aiant été reçu Maître és Arts, à l’âge de dix-neuf ans, il conti-nua

,. (fi j Son pere z? fa mere .... étoient de fort petite con-fi‘ on -ì Quelques-uns disent que le pere d’Amyot étoit unourroyeur de Melun (i) .- selon d’autres, Hfiisoit ZST vendaites bottr fes zsr aiguilletes (?) ; enfin , selon d’autres, il étoit

(2) Rouliia,^ Antiquìtez de Melun, pag. íoj,

T O M. 2.

Boucher. Je trouve trois bons Auteurs pour cette derniereopinion , Mr. de Thou (3) , Papyre Masson (4), 8c Bran-tôme.

(4) Lanii fìlius erat, Meloduno oppido orttts , vir excellerai ingénia , Lati-néqtte dr Grâce dochIJimiis. Carolus Mngistrum etim appellolnt , inter iocosavnritiam objieiens ir fardes , quai linguis bubufs Mtrttnr. îapyr. Masso,in Histor. Vit* Caroli IX,

(e) Tiré dela Vie dePlotin, íom-posée parPorphyre.

(f) Dans faPraparat.Evangel.Lilr. XI,Cap. XIX.

(g) Grac.Affection.Libr. II,fag. j 00.

(b)In Julian.Libr. VJIi,

(7) Par en-tendis sacrafauret, dit-il.

(S) Fotphvt.in Vitâ PÍO-tini.

(a) Son Li-vre s’apelle

Bellarminu;

enervatus.

(2) Grevin-chovii Praf.Dislerr. deduabus Qu.tst.fol. ****iij.

(ì) Thua-nus, Histor.Libr. C, adann. is$r sî*î.